LE OOHITÉ DE VALUT PUBLIC
Dans ce mois, les fennlors fjénéraux et la sœnr du Roi, une sainte, Madame Élisabelh, étaient eiivovés h l'édial iud. Flcuriot avait «''t<^ noininé maire de Paris en reniplacciuent de Pache, mis cri arrestation par ordre des comités do salut public cl de sûreté );énérale. Santerrc, de son côte, fut incarcéré. Ainsi, on avait ddiiué satisfaction aux bruits populaires rapportés par les observateurs <le Tesprit public.
La démagogie est un gouvernement qui doit prendre sa règle de conduite dans les ordres de la populace. L*art consiste i hins
HARIS EN 179%.
«lire an maître oe que Tcsclave soiihaîle d'entendre. Son instrument est la police : celle-ci sème et récolte; elle jette les excitations, elle transporte les ordres. Nous Tavons entendue répeiv cutant les bniits des bas-fonds; pénétrons maintenant A Tétaipe supérieur, où ces bruits se transforment en actes.
« Au spectacle de la ▼ëlocité des opérations majeures qui ont eu lieu, on a pensé quM existoit à Pancien comité de lialut public un ordre de délibérations sages et constantes, arrêtées par les membres à la lumière de discussions graves et profondes, sous la présidence de Tun d*eux, et rédigées tiur un registre par un secrétaire. La République étoit dans l'erreur. Ofirant moins d'ensemble qu'une municipalité de village, le comité, presque toujours désert, n*étoit' le plus souvent composé que d'un ou deux ou trois de ses membres silternativement, commandant, ordonnant sans la participation des autres, selon que le basard les avoit amenés, et toutefois avec l'assentiment tacite de tous, <|iii approuvoieot de confiance les concessions réciproques. Travaillant chacun il part dans leur laboratoire, ils ne se rassembloient que dans des cas extraordinaires de danger et de crise , et alors (|iu'l(|ues-utis des membres du comité de sûreté générale éloient appeh's.
» Il n'y avoil (io plan svstéinatique dan.> le travail,
mais liien une contuMon liorril>l<' et croissante, où l'empire des incidriils et de l'irilliiciice des subalternes présidaient plu» <]ue la raisDu ( t la justice h re\p»-diti()n des détails de> affaire- toujours renais^jantes. De la des mesures insuffisantes, disjiaratcs , souvent conlratlictoires , propa{;eaut le désordre, 1 effroi el le désespoir sur tous les points de la République.
' Vilatr, auqnrl ivhi* ciiipriintoii'^ ci-j p.i|;<'-^, ••l.iil liii'ii pLicc pniif s.ivoir cp qui ac pansait au gouvernemeni. Il habitait Ivii Tuileries, dan« le voisiuage des comité* et de U Cîonvendon. Son titre de juré , U confiaBee qu'inipirait l'exagci-ntioii de set princi|ios, ilunt il avait donné le« preuves
et II' {îajjo , cicvait iit lui porinrlirt' do pi'n' in r p irloiif ri «Ir tout voir. <Jiicl(]iir(uii il C8i incKacl parce qu'il ckpiiuK- ni, il ce qu'il veut dire; cunimc ici , où par le mot dêiert U entend peu J'rétjuenté,
Le principe qui hàwlt tout aller étoît une tendance presque naturelle à la tyrannie, aux mesures fortes, vigoureuse» et terribles, que tous, maîtrisés par la gravité des choses, qui par là en deveooient plus aggravantes, a voient adoptées simultanément, moins encore par un sentiment réfléchi que par une inquiétude d*esprit disposé à tout faire avec emporte^ ment et violence. De là des tiraillements d*opinion, des jalousies, des défiances, des disputes, enfin la division sur le point où ils étaient le plus d'accord , la proscription d'une partie de la Convention nationale
» Le chaos affreux résultant de toutes ces choses entroit dans les vues ambitieuses de chacun des tyrans : de Gollot d'Herbois, attacbé aux béberlistes, pour les projets desquels il avolt inventé les bandes vajjabondes et sanfjiiin.iircs de l{()n>in ; de Barère, conrticr de tons les partis, secrolaire de tons les forfaits, banquier de crintes et de sediliotis, courageux défenseur du [)liis fort, se rendant sourdement dans des lieux seerets avec !»•> conipa{^;nons de >es débauclies »'rotiques ynniv \ nr(;<u ier les rava{j;es de la \ endée ' et aj^randncette j>laic révolutionnaire; de Tlobespierre , spéenlant sa fort une politique sur ia gloire de réparer tant de uiaux el de désastres
M Le contraste entre Collot d'Herbois et liillaud-Varennes n'est pas moins Frappant dans un autre (;enre que celui de Barère et de Robespierre. — Billaud-Yarennes, bilieux, inquiet, faux, pétri d'hypocrisie monacale, se laisse pénétrer par ses efforts mêmes à se rendre impénétrable; ayant toute la lenteur du crime qui médite et r('ner(;ie concentrée pour le commettre. Bas, rampant, implacable, son ambition ne peut soulïrir de rivaux. Morne, silencieux, les reg;ards vacillants et convulsifs, marcbant comme à la dérobée. Sa figure au teint pile, froidfs, sinistre, montre les symptômes
1 Noii'» ritiin<i Vil.itr srin^ prrtnidic atloptrr tous ses jn{»pmrnf Comme il écrivait au muinent où les membre» des aiicicn.-( comitéci étaient mena- CM d'un jugement capital, et que Ini-mème cherchait ù sauver jM tôlff, il te montre à leur éganl rigoareas joaqu'à rinjuitire.
d*an esprit aliéné'. — GoUot d'Herbois, sensible, enthou<siastc, facile, se passionne pour les idées gnmdes, élevées. Cruel, il croit être luimain. Son Âme varie comme son jeu sur le théâtre et à la tribune. Enclin à la débauche, passionné pour les femmes, sans choix; violent, colère,* emporté, air de vérité; son visaçe quelquefois enflammé, sdon la fboçue de ses passions; peut>étre eût-il été juste, compatissant, si la mauvaise compagnie ne Teût rendu plus fiéroce que le tigre et le lion. » {Continuation des Causes secrètes de la révolution du 9 thermidor, p. 122 et suiv.)
' Ni Collot irilerbois, ni liilIaud-Varennc, ni Barère lui-même, no «liriyt'aient à crtto rpoqiie 1(? coiiiilô <l<' .siiliit public. La haute police riait aii\ in.iiiis de Rohc-piene : nous avons de ce fait la , pii'uvc iii.iti'rii'llf dans Ic> i i f;i>lr(',s nirniivs dn comit»' «le ^alut I public. C'est lù un des cùtés les plus iui|)ortaiits du (jouvcrnc-
1 Quv dit done Vilate Ml|Mrlanl du r.irartèri> sombre et de l'âme crucUa Hill.nul - V.irt'imi' ? r.'csf , en effet , l'»|)iiiiuii qu'on «e fait {jciicralouirnt (le lui, mai« bien gr.ituilemeut , $i iiou» nom en rapportons k ce que Bil- Uttd écrivait peu de tempi tTant le« évéoeniMitt d« 17M. Noas le Toyon* dans la lettre ci-joiute, animé des plui tcndret aentinenis, d'une amitié pour Diimourter qui ne Knira <|u avrr sa vie. (Vvsl en !»C|»tembre I7f>2 <|iie la lettre a été écrite, et c'est en mai I79li que Uillaud-Varenne a jnmritutTÎ la proitcription dea Girondina, le« accuaant de traKîion parce qa*ib avaient été laa amia de Dainourierl
iàHtrt de Billaud'Varentie à M. Dumouriery général en chef de l'année
ifv JWi. (Inédite.)
Paris , Ir 33 lepiembre 179S , l'in I" de ta République franraite.
• Arrivé depuis trois jours, mon t-lier général, à chaque instant, à chaque minute j*ai en Tintention de vous écrire aana pouvoir goâter cette taliafaciion. La multitude d*affairea qui est venu m'oln éder (ur) n«> m'a pat permis de dispo-icr dr mon ti'in|>s .\ mo») {»ré. Je voulais d'ailleurii von* donner des nouvclks de la .tiluation dans laquelle j'ai trouvé Pari^, tant pour let cboses que |ionr lea personnes, le voos dirai qne le 20 je suis allé ckec le ministre de la guerre, à (|ui j*ai rendu compte de ma million dans tons déf.iils. Je l'ai trouvé au lit, et siiccombant, à ce qu'il m'a paru, suui* le faix de ses occupations. Il est convenu de la bouté de toutes vos dispositions s alloa soitt d*ullenrs justifiées par vos succès.
• CTrat hier senlement, mon cker général, que j'ai pn avoir b parole li
t Cent quarante et'ttaième des pidecs iroovées dans las pqdars de Domonrier. (Cette nota est d'nae antre <erinre qne le corps de la leUra.)
Oigitizad by Qqû^c^
ment en 1794. Nous allons Taborder, ne fût-ce que pour ouvrir le comité aux yeux du lecteur, et pour lui &ire ju^ comment les choMB 1*7 passent.
Direedon de Ul poUce générale par Bobespierre.
Les Archives de l'Empire possèdent quatre registres renfei^ mant la subsunoe des rapports faits an comité de salut public, et des décisions prises par loi dn 4 floréal au 10 thermidor an II ; il y a quelques lacunes de peu d'in^rtance. La plus grande partie de la correspondance de la police générale de la Réptt> Uique se trouve là dépouilla, analysée; en r^rd, dans la marge qui occupe la moitié de la page, apparaissent g& et 14 des notes de Robespierre, de Saint- Just, de Couthon, de Barère et de Carnot, qui relatent sommairement la décision prise par le comité. Au-dessous de ces notes nn mot dn secrétaire du comité
la Conveiuioii iiatiuiiale pour lui taire le rapport de ma conduite à i'arnée «t d«s tait» doot j'avai» éti témoin. Ce récit a beaneonp intéremé, quoiqu'il n'ait pas laissé de causer (pieiques inquiétude^. Dans le même tempi* nn a lu v(Hre lettre au ministre de In {juerre, par laquelle vous lui annonciez l'action qu'a eue le 20 le général Kelermann. Il parait, d après une antre lettre que j'ai reçue de Cliélooa, que lea ennemia ont encore avancé, puisqu'ils ont intercepté la route. Je suia bien éloigné d'avoir des craintes à cet é(>,ird : ear. scion moi, plus ils avanceront, plus ils se perdent.
>» La Convention parait en masse excellente, et son début a été brillant. Aattei, mon eber général, exiarmines lea enneo^; et nous, je tous en ré|>oiMls, nous anéantirons les aristocrates.
» Le porteur de cette lettre, le citoyen Lariheaii, mon ami intime, est celui que je devais conduire avec moi dans la position où vous vouii trouvez.Jc suit clmmié qu'il ait eu le détir d'aller à l'armée, puisque ce «era pour vous un homme de confiance, et qui pourra avoir soin de votre santé. C'est mon ami que je tlunne h mon ami, et Cela seul allège le sacrifice que je fais de 1 un et du l'autre.
• Extrêmement preaaé, j'auraii encore mîHe dioaea à voua dire, que je renvoie à une autre fois; seulement je vous demande mie grAco, «alla do m'éerire aussi dans le» eiretinstanees déeisivcs pour me mettre en inestire d'agir. Bonjour, mon i-lier ijcnéral, ménagez votre santé, et cix>ye£-moi votre ami pour la vie.
• BiLLAinKVâiiBiniB, • Député 4 la GonvMlian nationale. •
Au général Dumourier, tommaandtmt «n chef Vmrmét du Nord, au fttorlMr gémirai, h SaintfMntahmdl,
38i PARIS EN irn.
indique que Tordre a été exécuté en marquant la date de Texécution.
Donnons une idée de leur contenu.
Nous ouvrons le premier r^istre.
COMITÉ DE SALUT l'I BI IO. BI HKAI X DK SLHVKILI.ASCK
ADMIMSTHATIVt: KT DK LA POLICE UÉMÉRALK.
Rapport du 4 floréal.
M Dénonciation faite par le comité révolutionnaire «le Fontenay contre Iliicliet, {;ônérul ù Lanoour, fesant un usage despo* ti<]iie et criminel de miu autorité. » Un membre du comité a ajoiilt' : .1 Prévenu de cnrres|)Oudri' avec les rebelles, qui a dit à «nie lillr <]iril la \i«>!er,iil sur un cada\ re , et a f.iit fusiller. »» De la niêiiif «•< i iiiiic , (|iii nous parait celle de Sairit-Just, en niarj;e : « Dcstitttcr < c ijc'ncral rt le faire traduire à Paris, n Le socn taire a ajouté : i> l-al( le 6. »»
« La municipalité de Sapris, district de Librement, département des Vosges, né{;li(;e rezécutîon des loîx. » En uiarye : a Renvoyer cette note à Chaunardpour Biliau<^Vareimes ^ afin qv^il écrive une lettre à cette municipalité. « Puis, cette noie : « Les pièces renvoyées le%.*
Ces registres pourraient s'appeler les Arcbives de la dénoncia* lion. Le dépouillement de la correspondance parait avoir été fait par le secrétaire du comité , et il ressort de Texamen des réponses qui y sont laites que la plu part des questions étaient résolues par Robespierre seul, sauf i lui de soumettre pour la forme ses décisions à ses collègues, ou de demander leurs signatures. Nous allons analyser tr軫»mmairement ces n^istrcs pendant le temps du gouvernement de la police par Robespierre. Notre intention n'efrt pas de rendre compte des dénonciations et de leurs suites : nous ne nous proposons que de montrer comment le bureau de la police et de la surveillance administrative était conduit.
10 PLORÉAL. — Dix-sept dénonciations ou observations adressées de tous les points de la République au comité de salut pu-
blic : huit d*eDtre elles sont l'objet d'une décUion ou d'une observation de Robespierre. — En général les décisions prises •ont exécutées le suriendemain. Ainsi, à la correspondance soumise probablement au comité le 10 floréal au soir, toutes les réponses sont fiiites le 13. Voici an exemple : « Les administra^ teuTS du district de Tarbes mandent que des méchants font courir le bruit dans les campagnes qu'on Ta guillotiner tons les vieillards et les enfants parce qu*on manque do pain. Les subsistan* ces inquiètent beaucoup, m — Réponse de Hobespierre : « Arrête que les administrateurs du district de Tarhes feront arrêter les auteurs des bruits et les enverront sous bonne garde à Paris, à la Cnncierijerie . Ils rendront compte dans b' plus bref délai de t exécution. " IK; lu main du sécrétai iv : u Fait le l.'î floréal. »» Robespierre avait ajouté : « Faire un arrête' donnant pouxxiir à Garrigues de reeherclier avec sévérité les cunspiralenrs, cl jmrficulièrement ceux (fui sont dénoncés par le district, et <fen rendre compte au comùé. » Le secrétaire fait suivre de cette note : m La meturé à t égard de Garr^uei a été révoqntée à la signature. «
Ce sixième cahier porte en suscription sur la dernière pa(;e : A remettre à Lqeune — bureau de la police générale — de la part du citoyen Robespierre.
11 PLOBÉAL. — Une vingtaine d'aflaires» sur lesquelles dix notes de Robespierre.
Un certain Simuiet, de Paris, dénonce trois personnes comme étant en correspondance avec les émigrés; Robespierre dit : tt Renvoyé et recommandé expressément au comité de stiteté générale. » D'ordinaire , c'est impérativement et eoinnie ù des subordonné*» qu'il s'adi-esse au comité de sûreté générale. Il ne lui renvoie d'ailleurs que les affaires secondaire»; il garde les . autres et statue sur elles.
12 Fi.oRK u, (8* cahier). — Quatorze afiaires, et seulement trois notes de Robespierre.
13 FLORÉAL. <— Treixe aflaires, sept notes de Robespierre; entre autres cdle-ci : « Le comité de surveillance d'Alençon vient de découvrir une pétition faite en I79S, tendante à maintenir le tyran sur le trône : trots signataires sont détenus. Beaucoup de
fond ion liai r-es publics l'ont si}jn(''0. Il doniandr ce qu'il faut faire. » H»''j)ons(.' : u Ecrire nu comité de surveillance qu'il envoir la pétition K lui ordonner d'arrêter Goupil de Frefeln, ex-consti' tutiotmeL et de rendre compte dans trois jours de l'exécution de cette mesure, n Le secrétaire a ajouté : « Goupil est arrêté. »
14 PLOBiAL. — Seize affaires , six notes de Rdbespiem. Renvois à la commission du mouvement des armées, ans oomit6s de sorveillance locaux, aux représentants du peuple près des armées, pour avoir des renseignements.
I(> FLriHÉAi.. — Vinjft <'t une affaires on d«'nonciations , six notes de Robespierre, qui nmnli'e des scrupule"^ et remet à des informations pins précii>es avant de faire droit aux conclusions des dénonciateurs.
17 PLoaiAL. — Neuf lettres ou rapports, une seule note, et
elle n^est pas heureuse, de Robespierre. « La' Société régénérée de Dijon accuse Chauries, capitaine dans la légion botave, d'in» civisme et d'aliénation d'esprit. » 11 répond : « Donner ordre au commissaire du mouvement darrêter ce a^iUUne, » L'accusation était pourtant singulièrement vague.
18 FLORÉAL. — Douze lettres , quatre notes.
19 FLORÉAL. — Seize lettres, au sujet de dénonciations relatives à des ofRciors : u Communi^^ à Camot, à SainÊ-hui}
d'autres relatives à Soissons : « Communiqué à Lindet. r> — «Le comité de surveillance de Moret prévient qu'il se forme autour <le l'ontaineblean des rassemblements pour célébrer le culte de la Secte cathoIiqu(», ces rasst'uiblement.s sont présidés par deux moines. )> Kob«'spierre répond : u Quil donne les nom<i et demeures des moines et des principaux institjateurs , et des détails sur ces rassemblements. » — L'ageut national de Compiègne dé-
t Bobespierre avait «joaié d'abord : Et tfuUt fiate arrêter les njmataîres.
Cm mois ont été effacéi*. Peut-i'ire .i-t-on rti- vfFravi' dtt aonbra d*ams-
tatïons qu'il aurait fillu faim. MaÏM dn iimiin Ttohospirrrc ne nianqur pas son ancien collègue de la Constituante. On vuii le jkremier élan : Arrétet tout k monde, — et le Meond, qu'amène la réflexion : Bomex>'inm» à mrriter h seul de eea iigmmtairee que Je ecmnaiuef un onetfn ny^mUtte eom$ne moi.
LA RUE, LE CLUB, LA FAMINE. Wl
nonce de» malveillante qui dierchent à plon^jer le peuple dans la superstition et le fanatisme. » Réponse : a (^uand on envoie wu dénonciatàon^ il fntt la préd$er oMttrement* » — Ces réponses ne sont pas d*un ennemi acharné du catholicisme. — Panvie Santerre! « Santerre, détenu à -la maison d*arrét des Garmes, envoie au comité les détails de sa conduite depuis le commenceinent de la révolu l ion , et réclame la plus prompte justice, n Pas de réponse! — On était appelé au théâtre par réquisition, car la réquisition ré{[lait tout eu ce temps de liberté. « Angéline Fontana, étrangère, àçéc de dix-sept ans; elle est élève de TË-
col»' do danse Elle demande une n'quisilion ()ui la mette en
état d'exercer et de cultiver des talents qui peuvent élre utiles, n Lesquels ?
20 Fi onÉAL. — C'est à \>eu près chaque jour k- nièiue nombre d'afïaiies et de d«'nonciatioiis. — A mesure qu'on avance, il .semble {}uc les décibious de Robespierre deviennent plus tranchantes.
21 Fi.oRÉAL. — Sur la d<'iu»n< iation d'un .siiiijtle aj;ciit du comité, Demaillot, cinq iiidi\idus .sont envoyés à la Conciei{;eiic sans que Demaillot ait eu besoin de citer aucun (ait à l'appui de sa dénonciation. « Le citoyen Franchet dénonce Dorfenille et Millet comme étant de la fiiction d*Hébert. » Réponse : « Faire arrêter Dorjenil et B^Uet, n — « Un anonyme donne avis qne dans les communes de Violay, etc., il se fiiit des rassemblements de prêtres însmnentés qui disent des messes dans les maisons. 11 a lui-même entendu la conversation de plusieurs fitnatiques ; fl accuse même de concussion la police et ses siiballemes, Charouy, de Thîsy, Dulac, Saint^Bonnet , Perrier, perruquier, Derigny et autres, n Sur cette dénonciation d'un anonyme y sans précision , sans preuves, on croit rêver en lisant la décision de Robespierre : « Envoyer à Dupuis la dénonciad'on et lui dire de faire arrêter les individus désignés. " — D'autres fois il se montre un peu plus circonspect. Du 23 : « Lu anonvme dénonce Paran de la Rochelle pour avoir abusé de la confiance des représentants du peuple, et avoir influencé la Société populaire et avoir voulu en chasser Ganct fils, le seul qui osât dire la vérité. » Réponse : « Demander wrbalenunt dee retu^gnement» à
JuUien fils, i» Jullien fils était cet agent du comité qui s*est •ignalé à Bordeaux.
Rien n*égale parfois la niaiserie, le vague de œs aocusafions, qui portent sur une population tout entière. À la date du 25 : a Pechiqtty, instituteur à Ghinon, dénonce plusieurs individus qui infliicnrent los (l« lil>('?ralioii.s tle la Société popu* laire. Il dénonce des dilapidations, des abus d'autorité, des propos inciviques, nomme les auteurs,, et ne donne pas leurs adresses. .» Robespierre ne demande pas mieux que de faire incarrérer ; mais, en celle circonslance, force lui est de répondre : « Qiiund on dénonce, l'I faut nommer. »
Qu'il passe par la tète d'un indiv idu (|aLl( on(|ue de dénoncer comme incivique, ami des prêtres, entieini de la révolution ^ une ou plusieurs personnes auxquelles il veut du mal, il serait bien exiraoïdinaire que rincarcération des dénoncés ne lui fût pas accordée immédiatement. 11 n*est pas même toujours nécessaire que le nom du délateur soit connu pour que le transfèrement à la Goncieiigerie soit ordonné. En temps ordinaire, être arrêté n*est que demi-mal , un mal qui peut être réparé par le juge; mais alors, paraître devant le juge sur les iameux gradins de Fonquier, c'était avoir à peu près la certitode d*être condamné. Aussi on frémit en voyant avec quelle fccilité Tesprit malade de Robespierre croit à tant de complots et accepte comme prouvées tant d'accusations, avec quelle promptitude sa plume est disposée à écrire : « Tratuporier «eus garde sûre à la Conciergerie. »
Le sans-géne avec lequel les comités révolutionnaires parlent des autorités est parfois extrême : « Le comité révolutionnaire de la section du Panthéon Français fait passer au couuté diffi'i-crites dépositions qui prouvent (|uc Dauj^uin , qui remplit les fonctions de ju|;c de paix de ladite section, est yvroyne, voleur et turhulant. La section du l\intlu''on croit devoir instruire le coniité dt? ces faits, pour (|u'un homme chargé de ibnctions aussi importantes soit examiné scrupuleusement. La section déclare que Dauguin fi'esf pbuéigne de sa confiance. » Il parait que, bien que voleur, yvrojneetturbulant, il n*en avait pas paru indigne jusqu'alors. •>
LA nUE, LE CLUB, LA FAMINE.