MAI AL 18 JUIN
La terreur se signale, dans ce mois, par un redoublement de riffiienr et de mesures oppressives, à la suite de Tattentat d' Admirai sur Collot d'Herbois (4 prairial). Une jeune fille de vinf^t ans, C<k'ile Renault, qui se présente au domicile de Iloht '5 pierre |K)ur voir un ty ran , sera condamnée à mort avec son père, son frère, sa tante. Cependant Rarère répond à Toffre faite par plusieurs st^Mioiis de Paris de fournir des {j.udes aux nieujbres des roinilés de salut public et de sûreté griiérale : x Motre {;arde, c'est Tamour du peuple français » (t) prairial^. Connue témoigna(j;e de cette confiance, TafFrcuse loi du 22 prairial autorise les jurés du tribunal révolutionnaire à condamner les accusés sans les entendre, sans entendre la défense et les témoins; il suffit que la conscience du jury se déclare éclairée. — Deux événements de nature bien diUBkente, la fete de l'Être suprême (20 prairial), dans laqndle Rd^pierre officie pontiBcalement, en qualité de président de la Convention, et le procès de Catherine Théot, qu*il étoufife, jettent dans les comités les germes d*une profonde irritation qui préparera le 9 thermidor. Mais rien encore ne fait pressentir cette explosion, et, pendant ce mois de prairial, la volonté de Robespierre parait toute-puissante. C'est elle qui dirige la police générale de la République, c'est elle qui dicte et inscrit ses décisions sur les registres du contité de saint public. Nous poursuivrons donc le dépouillement soniuiairo de ces rejjislres jusipi'au jour où nous verrons la niaiu de Robespierre s'en retirer.
Sur le 1" prairial nous ne trouvons rien qui mérite d'être cité, mais nous trouvons dans un rapport en date de ce jour, sur le prix des vivres, quelques renseignements qui nous décident ù le reproduire.
l>AltlS E> 1794.
1*' PRAIRIAL (20 mai).
Rapport de poUce.
Le grand art des démagogues de tous les temps est de fîiîn.* diversion aux privations de U mnlHlude par l'excitaliiMi de tp» jalousies et de sas haines. On ne lui dira {>as, par exemple, qm* la disette provient de Finsuffisance de la récolte, de la sèche* i«ssc on de l'humidité excessives, enfin de quelqoe cause natiirelie. Le peuple ne serait pas satisfait de ces simples explications* Que peut-il contre la nature? Rien, que se résigner. Or il ne veut pat de la résignation; il souffre, donc il jalouse ou il déteste celui qu'il suppose ou plus riche ou moinit malheureux que lui, celui en qui il avait confiance la veille et <}iii n'a pas su l'empêcher de souffrir : le roi, le prêtre ou le riche. Il est irrité; donc, comme IVnfant en colère, il Faut qu'il brise quelque chose. Les déinafjofjues lui fournissent avec empressement l'objet sur lequel la Kireiir fera diversion à la faim. Eux-mêmes, dans leur précipilalion à m«''riter ses faveurs, s'offriront l< s uns les autres à ses coups. Mais reiuiemi commun dont ils convoitent les dépouilles, douf ils ne se lassent pas d'a(Ciis('r les forfaitii cl de harceler Texistence, c'est le riche, le riche ou le noble.
« Les ci-devant nobles r(>j)andns dans le> eonnnuneN des environs (le Paris ont fait tout ce (prils ont pu pour corrompre les habitants de ces communes, et principalement ceux qui contribuent à rapprovisionnement de Paris; et un certain nombre de ces hommes, à ce qu'il m'a été dit, ont arrêté qu'aucune subsistance ne sorliroit de leurs communes , et que l'on se permettoit même d*arrétcr celles qui viennent à Paris. Je me sois transporté hier à la Chapelle et à Belleville à ce sujet. J'ai marchandé chez les différents traiteurs la viande et les œu&, qui étoient abondamment étalés, et on m*a fait, sans vouloir en rabattre, un gigot de quatre livret environ, quatorze livres, mais ne voulant pas le donner ft mmns de treize ;
les pigeons, quatre livres; volailles assez l>ellcs, quinze livres; des œufs, une omelclle de dix-huit, eiuf] livres, et le pain viii(jl-quatre sols les (juutre livies; et (t)ll^ les l)oueliers, connus sous le nom de niarcandiers , sont répandus dans tous les environs de Paris, et tuent considéraldcnieut de vaches et de veaux, qu'ils vendent au-dessus du maximum) et les municipalités desdites communes autorisent ces abus, nuisibles au bien public.
» Si^: MoNTEiLS, Pasqots, Bicbet.
» Pour copie certifiée conFoi-me à la minute déposée dans les bureaux de Tadministration de police.
» FaBY. — LbUÈVBB. a
ExtnUU des regùtres du comité de hUuî public.
Prairial. — « Le commissaire des administrations civiles, justice et tribunaux, demande si, dans les maisons de détention, Von peut réunir les maris, les femmes et les enfants d'une maison à l'antre. »— Non, rép«»nd durement Robespierre. {Écrit ie 2 prcUriaif dit le secrétaire du coiuité.)
Vn des ajfents dont les rapports ont le plus d'importance auprès du conntf e>t Uoussevillc. clianjé de lasurveiUance des prisons de Paris. On vt-rni par les <'\traits d'un de ces rapports dans quel esprit ils étaient faits, et quelle était la situation matérielle et morale des communes des environs de Paris.
Bureau de ta surveillance administrative et police génëraie.
Rapport du 2 prairial.
« Rousseville, chargé de la surveillance des environs de ^aris, fait passer son rapport :
» Vaugirard, — Il y a dans cette commune plusieurs partisans de Momoro qui ont sucé des principes d'insurrection
contre la Convention nationale et le comité de salut public, et ont divisé la' société populaire et la municipalité. Ce sont les nommés Boulanger, exclu du comité de surv^llance pour avoir abusé de ses pouvoirs, et condamné pendant six ans à la privation du droit de citoyen; Bordeaux, ci-devant curé dudit, actuellement à Paris, rue des Lombards, n* 17, de plus ami de Gobel, et Caille, menuisier. — Réponse : Arrêter les trois individus dénoncés. — {Fait k  prairial,)
• Versailles, — Dans cette commune, les habitants regardent comme avantageuse la résidence des cidevant nobles et étrangers, qui y sont au nombre de quatre cents, et pouvant être nuisibles par leurs richesses.
» Dans le département de Seine^-Mame , la présentation journalière des ex-nobles ne se fait pas exactement.
» Ctamart. — Cette commune réclame un noniiiK' Berloiiillo, détenu, qui faii^it les aft'aires de la municipalité, et contn' lequel il n'est rien veiui à sa connai!»>;uice. On cioit que L«)N(j(), détenu à l'aris , n'est pas contre-révolutionnaire.
— Réponse : Faire venir au comité les deux individus <lésignés. — (L'arrclé a été envové au conutt; de surveillance de Clamart , et porté âur Lougo et tiertouilie. il a été tait le A prairial.)
» Châtillon. — La municipalité surveille avec .>oin quelques individus suspects datis cette commune. — La cinlevant dame de cette conunuîH', épouNê divorcée du banquier de la cour de Madrid, dit qu'elle compte beaucoup sur Barère pour avoir une réquisition du comité de salut public. C'est une femme séduisante, qu'on croit avoir été maltresse d'un Lameth; elle a chez elle un jeune bomme inconnu.
• Bagnieux. — Rien d'important.
• Bougie, — Douxe religieuses forment une espèce de couvent chex un nommé Verniquet, ci-devant arcbitecte du tyran et juge du tribunal criminel du département de Paris.
— Le drdevant curé est assez mauvais sujet. — Réponse Arrêter Verniquet. — {Fait le A prairial,)
• Chàtem^, — Rien d'important.
L A RUE, LE CLUB, LA FAMITtiE. 373 » Plessit'Liberlé, — Idem.
• Antony. — La maison dite le Pérou continue d^étre un entrepôt de denrées qu*on y achète et revend au-dessus du maximum, et où tous les es-nobles qui sont à Gbàtenay font acheter ce qui se trouve par leurs cuisiniers, -r- Réporue : Communiquer à Lindet. — (FaiV le 10 prairial,)
» Lefretne. — Il est passé dans cette commune deux individus qui ont fait courir le bruit qu'on venait requérir les hommes depuis douze ans jusqu'à cinquante. Us sont rignalés i toutes les communes voisines.
» Ch>isysur^ine, — Il j avait dans cette commune deux citoyens qui se dénonçaient mutuellement. Le premier, Benoit , jouit de Testime des patriotes ; le second , nommé Lenoir, est un intrigant qui a flatté les habitants pour surprendre une place d'agent national. Il ne peut donner aucun rensei- {^nement clair sur sa conduite antérieure à son séjour à Choisy. Le district lui a refusé le certificat de civisme. On le dit j)eiisionnaire de la liste civile. Un nommé Fauvclle est dénoncé comme préte-nom de Danton dans l'achat de plusieurs helles maisons aux environ^ de Paris. — Réponse : Kclaircissemeuts. (^elte dénonciation nous a déjà été faite. — {^Écn't le 4 prairial.)
1» Vilry-sur-Seitte. — Le maire et les autres membres de cette comnume exciteut un vif intérêt; le premier est père de (piatre enfants volontaires, a été trois fois inaire, et ne peut être convaincu d'intentions contre-révolutionnaires ni de dilapidations à son proHt; les autres sont de bons cultivateurs, aussi pères de famille.
» Sceaux. — Le maire a voulu interpréter la loi sur la réquisition des chevaux d'une manière préjudiciable aux intérêts de la Répuhlirjue. Il serait utile qu'un représentant du peuple épurât les autorités constituées du district Égalité.
» Bour^'Égalité, — Hien qui peut donner matière à dénonciation. »
PARIS BN 1794.
3 PBAIBIAL (22 mai).
Dénonciation de Roiisseville : « Blot, marchand épicier, fett mal conduit au 10 août; le maire de Bercy, traiteur et riche de trente mille livres de rente, tient des discours inciviques; Michel, ctrdevonl cocher tfÀntoinetle, est toujoun lUreeteur en chef des charrois rtnhiîs à Bercy, n — Robespierre répond : Faire arrêter Btot, le maire de Bercy et Michel. On se demande pourquoi Hicht'l? La seule raison qu'on puisse entrevoir, c'est qu'il a été cocher d'Antoinette.
An sujet do Villcinortc, Hou.sseville fait re rapport: u Les habitante (le ce pays paraissent vivre dans une {grande intiinit»'ave<' les ey<le\.inl nobles qui s'\ sont retir(''s. » — ■ Le premier mouvement de H()l)e>pierre est d'écrire : Arrêter ; puis il efface, puis il reprend la |)lume : Arr('tt'r ct ux-ci. EnHn la réflexion lui fait faire une se( ()n<le niture, sans laquelle tous les habitants d'un pays étaient arrêtés paix*e qu'ils paraissaient vivre en bonne intelligence avec des ci-devant!
« L'agent national de Romainville loge xhes lui plusieurs cidevant nobles sous préteite de les mieux surveiller. » Arrêter f agent natàmuU et les cy-deveml logés ehet lui, — a L'agent national de Gharonne fait de même que le précédent. » Idem, répond Robespierre. Ainsi il suffit d'avoir été noble pour être arrêté et emprisonné. Aucun autre grief n'est nécessaire.
Rousseville n'est pas content de Belleville. « Partout lescydcvant nobles affectent du luxe dans leurs habits, les femmes affectent de cacher leur cocarde nationale dans i^es touffes de rubans; elles la portent très-p<:?tite. Les citoyennes de campa^e ne sont pas très-exactes à se parer de ce siçne de républicanisme. >» Cependant I^obespierre n'a pas écrit : Arrétez-les tous!
M Les administrateurs du distri( t de Bourj;-ri-[;.»lité , département de Paris, instruisent le comité qu'il existe dans la commune de Fonlen.iv-soMs-Hois nn nommé Frédéric-Charles, se disant comte ré(;uant de liethunue, en Westphalie. Cet homme réside en France depuis quarante -neuf ans, il est âgé de soixante-dix ans, et il a avec lui cinq domestiques, ils croient que le comité |>ourrait le garder comme holage dans la guerre
que nous soutenona contra l'Allemagne, n Ces «dninittratean étaient de grands patriotes et de profonds diplomates, ik avaient trouvé un moyen sûr d'abréger la guerre, ou tout au moins de contenir I* Allemagne dans son exàq»ération, c'était de retenir un luraTeliomme d'Allemand, Français depuis quarante-neuf ans, qui ne songeait point A s'en aller. Aussi Robespierre de répondre avec empressement : Arrêter U comte*
Rapport du 4 prairial,
tt Cliintiiler dit Soli(»tiy, sergent-major clans la section de (Juilkuun<;-Tell , rue Montmarat, n° i7, expose qu'il a été emplovt' à Thionville par le ministre des affaires étrnnjjères, depuis le 22 brumaire jnsfprau 5 nivôse. Ses certificats de civisme attestent (pi'il s'est comj)()i t(' avec zcle, activité et prudence, et qu'il a donne des preuves de civisme. Il demande à être employé j»;u" le comicé comme agent secret dans le département qu il coonait, et principalement dans les environs de Thionville. «
Un membre du comité de sûreté (générale.
Nous n'avons pas l'intention de nous occuper ici du comité de sûreté générale, et nous.renverrons à l'ouvrage de Sénart, que nous avons déjà cité, ceux qui voudraient en connalue l'esprit * et la composition'. Robespierre Tavait subordonné au comité de salut public, au grand mécontentement de plusieurs de ses membres , d'un entre autres auquel nous sommes invité par les documents curieux qui se trouvent entre nos mains, à consacrer au moins quelques lignes. CSes documents sont deux lettres de Vadier.
('elle qu'on va lire a été reproduite incomplètement par notre, ami M. Campardon', qui l'a empruntée au Rapport fait au nom
■ le TVitmnal rivohaionnairt , t. V, p. 8M.
de la rnmmission des 21, par Saladiii. La lacune qui s'y trouvait Ta induit en erreur. Il v est bien question d*iin accusé nommé Gazes, qui, parait-il, avait conimis le crime de refuser sa fille au fils de Vadicr, inaiN il n'y est nnlN iiu'iit question de Dannaing. Les personnes nuniuH'es sont I)arilij;na (Hernard), notaire, qui a ét«'; {{uilloliné le 2 thermidor; Voizard CJoseph-Marie), notaire, mis à mort \c mônjc jour; les.sinc. dont nous ignorons le sort, et (^/.est (Jean-Paul), (onM.'iller au parlement de Toulousi-, (;uillotiné le 20 prairial an II , dans celle belle rournc>c de trente parlementaires. Nous donnaiw la lettre intégralement, d'après rorigioal de la collection Labédoyère. Il est fiicile de reconnaître, à Tardeur et à Tinsistance de Vadier, qu'il poursuivait une vengeance personnelle. Vadier n'admet pas que les accusés puissent être acquittés par le tribunal révolutionnaire, mais s'ils l'étaient, il demande qu'ils soient repris par des commissions populaires et frappi^s du peines fMVsque aussi rigoureuses que la mort. El le misérable avait été conseiller au présidial de Pamiers, et il était membre du comité de sûreté (|énérale ! «Vadier, dit Yilafe, comme Barère, parlait avec le plus grand mépris du peuple de Paris; selon eux, ce peuple si grand, si éclairé, si majrnanime, n'était qn'«/j vit (ntuf/cau, un composé ffi'inhccilrs : dver ttnc ptiillf on jKUirrni( rnuduirc ce tas de badauds. — Vadiei-, Vouland se ira iisj»oi l.iient souvent an bureau de Fou<|uier et disaient : (Vr ne vu pas assez vite, \ adier a souvent répété : // faut renouveler les jures faibles K »
< Vadier fiit le rapportenr dans Taffidre de Catberine Tli^ot, et devint
nn des pliin ardonls adTcrs.«ire!t de Robespierre. Il ne lui |i.-irdunnnit |i.m ^ il'avf>ir (ni.iliHr -«du r;ipport tie fane ridicule, et d'avoir réduit à un mie ^ tuut à fait Hubaiterne le cumité de sûreté générule. Cet acharneuicitt luiitre Robespierre contraste stngttlièrement avec les sentiments qui sont exprimés dans la lettre nuivante de la rolicctïon Labédoyère, et que iiuuA re|trodul?ion.H parce qu'idle ext inédite <•( »|u'c'lle nous inoutrc do r|uellei« flagurnerics était capable, lurMjue suu lutercl l y poussait, 1 huuiuie (jui avait toujours à la bouche ses soixante an« de vertu. An reste, c'etft à ge» nniix qu'il fallait parler a Maximtlirii pmu lui |it.iiri'. Vadier, qui avait placé le portrait de Hoiicspierre a < ôlé de celui de Pction, fut un des auleur« du 31 mai et du 9 iherniidur.
Vadier k RxAespUrre.
L'adresse de la lettre est ainsi conçue : A Monsieur, Monsieur Robciipierre, membre «le l'Assemblée nationale constituante et de la Société des
CONVENTlO^i iN ATlOI«i ÂLE.
COMITÉ DK SiniSnÉ OBHKBALB BT DR «VUTBILUIRCB DB LA OORVBtmO!!
BATIONAIB.
Vadier à Fouguier-TinvaU^ ,
Du k prairial, l'an II de la République françaue une et indiTMÎble.
H Je t'adresse, cltoven , des piéres relatives aux quatre accusés traduits, par ordre du comité de sûreté générale,
• ColleciioD Lal>éiloyère, F. P., 312, p. 224.
anU de la Constitution de Paris, à Paris. (Rcoommandé an comité de corf«spondaQce.)(Collectioii Labédoyère, FF., 312, p. S25.)
• VertiuMix et {^t'nrrriix .uni, la lettre a ffcr tueuse que voii< venez de m'écrire e«t un baume précieux qui a cicatrisé les plaies de mon àmc ; je la garderai comme un monument i^kwieux, car rien ne peut être plus bo> noiaiilc ù un amant de la liberté que l'amitié de Robespierre t'i IV-stime in;>|i|in ( i.ililc ilc ce Irilmti iTHr>rni|itil>li> du pouplf. >!<■ \on< ni d/jà «lit, courageux frère d'armes, ijuc j'étais avare de la louange, mais pardonnez Il une effusion de cœur (jue je ne suis pas le maître de contenir; la société 4le Paris m'avoit annoncé cette frvcnr, j'en étois encore plus impatient qu'enorgueilli; rcccvc/. ilnnc mon remOTCîment, et calcules , s'il se pevt, l'étendue et la vivacité de ma reconnoisMUce.
■ Notre situation, mon dier collègue, ne s^est point améliorée, ni par le chaii|;cment du ministère, ni par la mort de l*Emperenr, ni pnr los triomplu's i\v-i irilrépidi's .I.icoliiii'. .Nous connues dans une exirémité «le i LMiipirc OÙ l'cApril public ne «.nuoil prévaloir «itùl sur les rava{;es du de<([)oli!»me, les amorces de Tintérit, les leçons de l'égoïsmc , les |)resti(;< it de la vanité; des tètes vides et incandescentes goûtent rarement le sel de la pliilo^ophie et de la raison ; il n'a donc pas élc difficile h un niinistèie peifid:' et itinlvetUaut d'y corrompre tous les pouvoirs subordonnés , et d'y agiter les torches de la fpierre civile.
• \oiii verrez, cher et vertueux ami, parla nouvelle adresse que notre Société vient d'envoyer notre Soeiéié mère, l'étal déplorable de ee département et de notre ville en particulier; nous lui proposons les moyens de venir à notre secoure ; peut-être en découvrira-t-eile de plus efficaces en sa safgesse, peut-être votre sèle en imaginera-t-il de particnlieri ; je me livre entièrement k cette bonne volonté qno vous m'exprimes avec tant d'affection.
• Il suffit de vous dire que les brigands dont l'aristocratie nous environne se sont juré de promener ma tête avant qu'il soit un mois, qu'ils en ont reçu le salaire et qu'ils s'engagent à le gagner.
■ Vous sçaves que nous avons appris ensemble à braver la mort, et que
du lieu de Montaut, district de Mirepoix , département de rArié(;c, et dont je t'ai donné la note*. — Ces scélérats
ont montré, depuis rorigine do la révolution, une aversion proftbndc pour le nouveau rt'{;ime, et ont machiné )>an.s cesse en lavt iu" des prêtres et «ie la rovauté. Ils sont accusées à l'endroit d'avoir été les insti|jateur> d une nouvelle Vendt'o (]ui se inanilcsta, lors du 10 août ?), dans les environs de PaiMiers. Si \r> pièces que je l't'UvoNr ne p«'nvent suftirc pour la eonvietion deN jurt ^ vl j)Our servir de hase à nue l<{jitime accusation, je t'invite à recueillir dans ces pièces le> moyens de coniplclter Pinstruction pai' h's témoignages indiqués par ces mêmes pièces. Je t ohserve que le nonunt* Daidijjna, qui est un des (|uatre coaccusés, n'est puinl délenu, qu'il est néanmoins à Paris, et qu'il sera
CM Benacet ne sçsmroient fli*atlpiii«)r<> ; je nr vou* en pnrle qui* |>oiir VOOH attacher à un»* cau<f où ncut ^tn- liT- Ip sm t tir IV-mpirc, ri e'e«t lOM CM unique rapirari i|tie j'y tneu taui d .irilciir et di- pcriinaciu-.
• Je ne veux pa« vont ckav|^ ici de» derniirea pMoea qpe noua adreasiiiis par ce coiirrÏT h la Société, main jVapère el j>> •<ui% bien aeur que tous iif dfd.ii(;npri'z pas «J'en prcndrr ronnoisMinrf , et «rentraîncr en notre Faveur, avec celle éluquriice iii.tic et facile qui vuuii est ordiuaire, loi aof» frsigef et l'activité des vrai» amia de la Conutitation.
" Le patriotismr r<'>crnt de M. G.i.<(ion e t l'atteatalMMI Ifti nous en a été ilunnée n'avoionc pu lout à coup cffarrr la <l« li.inrf qu«* noii<i inspiroient de t.icheux souvenirs et de luauvai» «crvice^ rendue, ^uus nuuâ étiunn un peu eKatpérén pour jiistiier cette déSanee, maia lea élof^es qu'il a nçm de aes rallè||ne« et de la !}octélé l'ont entiirement efTacéc : noua lui ren<i<>iis, de Cl in «cul , notre «attaae et notre amitié t veuilles lui en garantir le témoî* (piage.
• Nous avons reçu et admiré vos sublimes discours; ils nous aoni parvenus en leur teina, ils ont été couverte d'applaiidÎMement*, et notre Société en a fait dr«n« «<tti prnr«'s-verl).il l.i mention honoralde qu'ïli méritent. J'ajoute que votre portrait a été placé dans notre salle, à côté de ceux de Pétion et de Mindicau, et qu'il y reçoit Ifiommi^ journalier de^ amis de la liberté et dr^ admirateurs des grands hommes.
« Je sui.<, mon cher cl illu.>in> rollA(;iie . ivt^r le* teudlM senCimens quo VOUS avec si bien u;ù tn'iiiiipirer, votre mciUcur ami.
• Vadies. •
> l*aiiiicr$. Il- 12 a^ril de 1 au IV île la Liberté. • ^ Les li|;ne.4 qui siuivenl depuis ce mot ont été soulignées au crayon ronge jusqu'à : si les pièces ^u* Je VeHPoytt etc*
LA RUE, LE CLUB, LA FAMI^iE. 37»
facile de découvrir son domicile. Les autres , nommés Gazes, Tissure et Voisard, doivent être aux Madelonettes, à moins qu'on ne les ait transféiés.
» Je t'observe que si par malheur ces hommes pouvoient être acquittés, ce qui seroit une calamité publique, il est au moins indispensable de les réclamer on de les renvoyer aux commissions populaires pour prommcer leur déportation et la confiscation de leurs biens.
» Salut et fraternité.
» Vadibi. »
Rapport du 6 pra&rieU,
« Nanterre, — Le comité de surveillance de Nanterre a demandé au comité de sûreté {générale que les ving[t-deux ermites restés au mont Valérien * sous le nom de cultiva-
1 La lettre qu'un va lire de Merliu île Thionville, extraite de lu Cullcirt!on Labédoyère, montre qae cet ancien Montagnard, enrichi ilana la révolution , était devenu poawMeor du mont Valérien.
D.tri> ([ucllc l iicnti'^lnnn' a\,ut-il .x iiui-; l'o morrrnii tir [niiirr, que !,i Reine, que le comte d'Artois, avaient envie, dit-il? Som 1 ijjnuruns; mais nons admirent avci- quel art il en hit Taluir les aTantages «tratégiqnea et aïKres pour en obtenir un bon prix, avec la protection d'un deaetanciem Coll«'(;iu"-i de In Montnj^ne, S. A. S. Camli.ut'iès.
Nous ne «avonji à qui la lettre e«t adrestéc : peut-être ieperaonnage dont on implore l'intervention toute-pniamnte nti4l Fouché , un Montagnard auui, et «les nieillonrs. Au reste, nOttS lîtons dant la Biographie des contemporaine de Rabbc cjui' Mi rlin port i dans sa retraite des affain-s |>iiMiqoes ■ le surnom de Calvaire, qui lui fut donne à cauiie de l'acquisition de l'anden couvent du Calvaire, près Paria. • Il s'agit «ans nnl dioute du mont Valérien.
• Paris, le 11 fraeiidor an XII.
• Monaienr,
» Permettez que j'aille \nm chercher et vous interrompre au Tond ou au bout du momie; S. A. S. ( '.aml>acér«''H a adressé à l'Kmpercur une ileniande en échange du mont Valérien en mon nom. Ma demande ei4t appuyée par toutes les puissances qui nous restent ici; mais je n'ai pas autant de confiance daiM ce qu'elle* ont écrit* ([ii'<'n ce que vous pouvez dire; je demande un domaine de la même valeur du mont Valérien, soit en
880 PARIS BM 179».
leurs de domaines nationaux, fussent expulsés ou mis en arrestation, comme ayant donné asile ù des contre» révolu-
tionnaires, notamment à Davrincourt et à Rougaud, punis de mort. — Le même i Diiiité a écrit aussi que Farrété du C(»inite (le salut public relatif aux auteurs <\e> dr'jien>es criminelles qui se sont faites (lan> un repas donné par les cidevant MoMes à Nanterre, vient d'avoir son exécutu)n (ian> la pei sonne de Hm h. Les autrj'> convives >ont le> députés Laplan< lie et La|;u('ule, le ci-devant secrétaire de la commune de Paris Colondjeau , un ti{ ;;o( iant dont le nom est échappé. Il y avait sept à lunt Icniiiies; elles ne sont pas nommées. — Réponse : ilapprocher ces renseigoemeots des précédents ' . »
Rapport du 7 prairial.
« Les administrateurs des postes à Paris eiïToient copie
par extrait d'une lettre adressée au citoven Las>e, distillateur, rue Pasloinelle , au Marais, portant qu'on a i cru de Danton deux lettre-, adiosées à nu ei-devant n)ar<piis, contenant deux assijjnals faux de -400 livres; ces lettres sont adicsM-esen Suisse. Klles ne Nont pas ci-jointes. — Réponse: Faire apporter celte lettre. — (Ecrit le D prairial.)
France, miit dan* les départemenU rénnif, ci ce, sur estimation, yons «•«ex que la Reine* le comte d'Artois et d'.uiucs ont Ji'^siré autrefois le
nioiit V,)!('i icii ; vouh savez tjn'il vnit S lloiui <r l.i M^lmaison, qu'il (Itiiiiine les gr.iiidc's ruut)-^ et la St-ine; vuii« savL'2, eu un mot, q^u il faut i{u< je le vende pour avoir Ique riiose d'utile. Protcges'moi dosic, faite» valoir les rai^ns que vous dictera la bienveillance qne vous m'aves cooservi-f. .li* in'i'n D-nK'r-i à vniis ; jt> ooin|tt<- sur votre ponvoir, et je vous prie de croire que je vous Auii acquis pour la vie.
• MbRLI^C DB TniO^TILLE. •
' ]i n y avait de rapproclieuient |iossililc entre tous ces faits (pic celui que Tesprit inqnlet de Robespierre pouvait faire, toujours disposé k voir det conspirations partout. Le r<-|iaH dont il s'a{;it était un repaa de noce^ cotiunc l'établirent les explications fournies dans la suite an comité de
salut public.
Digtood by Coqgle
LA RtJE, LE CLUB, LA FAMINE. 381
» Mallet, d-devant employé comme fournisseur à Tannée des Alpes , a donné un tréâ-(;rand repas à Sèvres ; il se flatta
d'avoir paçné beaucoup d'argeut, et a dit qu'il désirait acheter une terre de 5 à 600,000 livres, qu'il a ga(;nces en si\ mois. Cet homme est encore en place dans la mênie partie. — lieponse : Arrêter cet individu. — (Fait le 9 prairial. On np >ait pas encore l'adresse de Mallet. On e-.j)ero se la jirocurcr sous quatre jours. Les deux autres articles sont expédiés.). »
Rapport du 8 prairial.
« Hijjest, demeurant rue de Grenelle, t.ml>oin;; (u'iinaiii, n°.'i7.'i, dénonce Muon de Coudrav et sa fennne, {'.ros inarcliands de sucre à Orh'ans, et chez qui il a été doniesti(jue , pour avoir retiré et déguisé cliez eux deux prêtres réfractaires et une religieuse. Il promet de donner les renscignemetils qu'on pourrait lui demander et de fournir plus de six témoins s'il est nécessaire. 11 annonce en outre avoir des trames horribles à Faire connaître, et dont les fils sont jusque dans les bureaux du comité de sûreté générale. 11 prévient qu'ayant été employé dans les bureaux des oT)servateurB de Tex-ministre de KiiUérieur, il a été à même de découvrir que les chefs étaient tous des gredins, des hypocrites, des contre^volutionnaires ; qu'ils lui ont escroqué 500 livres pour les donner à une femme qui ne feisait aucun rapport , et qu'il est devenu leur enoemî pour avoir toujours dit la vérité dans ce qu'il faisait. Il se plaint que, depuis quelque temps qn*fl est de retour de la campagne, il n'a pas été assez heureux pour trouver Poccasion d'être utile h sa patrie , et prie le comité de lui en fournir les moyens. »
Nous avons reproduit le rapport du 8 prairial et les plainfes de rhonnète Digest, à cause des accusations qu*il renferme
m PARIS EN 1794.
conire ces observateurs de l'rspril pubiii ., aux eonimnnicalioii.s desquels nous avons fait de si nombreux einpi-unls. On ae sera pas étonné que les opinions de quelques-ans d'entre eux, exprimées avec modération, parfois avec courage, les aient 6iit traiter de contre-révolutionnaires. Les mêmes imprécations avaient retenti contre eux à la Convention.
8 piiAiHiAL (27 mai).
Nous revenons à ces rapports d*Hanrtot qni accusent si éloquemment la détresse et l'agitation morale de la population : iM>us n*avons pas besoin d'ajouter que c'est Jeur seule éloquence. Il en aurait follu cependant beaucoup pour persuader aux ménagères qui font leur mo<leste cubine au charbon de s*en passer et de faire ee petù Mocrifice à ta patrie,,. Il est vrai que la disette randait un peu superflue la persuasion. Mais on tenait aux masses un langage qu'elles entendent toujours qiumd elles soufflent : Dénoncez!
Ordre générai du commandant Hanriot.
• Mes frères d'armes, il se fait toujours un nombreux rassemblement prés le charbon : cette denrée n'est pas d'aussi grande utilité que le bois, le pain et la viande; comme nous avons suffisamment d'autres denrées, je vous prie, au nom du salut de la patrie, d'inviter les bonnes <âtoyennes de se priver pendant quelques jours de cette denrée ; toutes les mcres de fomille, toutes celles qui sont vertueuses, doivent foire ce petit sacrifice.... Femmes respectables, femmes républicaines, conservez votre première médiocrité, donnez l'exemple de la résignation, de la justice; dénonces celles de vous qui vont au charbon sans un besoin réel. »
19 PRAIRIAL (7 juin).
Ordre général du commandant Uanriol.
« Ce soir, le service sera doublé à tous les postes ; toute la gendarmerie à cheval et à pied sera sous les armes h quatre heures du matin; les pairouilles seront fréquentes autour des maisons d'arrêt, des prisons et tous les établissements publics....
» Demain , j'espère que mes concitoyens et concitoyennes se comiuiront à la fête comme de purs républicains; nous montrerons aux peuples des autres climats cet exemple de douceur, de fraternité, d'ég^alité, d'amour pour noire pays, et de respect pour les lois , les mœurs et les vertus. »
(Test ainsi que Hanriot se préparait i célébrer la fête du lendemain.
2U PltAlHIAL (8 juin).
Fête de tÊtre suprême.
On s'est lucxnn' nos jours de I ordonn.Tnre el des détailsdi's fêtes (le la Répiiblicjue , coiiiine on u trouvé ridicules certaines fondes vieillies du lan^a(je, parliculièrement dans réloquunce de ce temps-là. Nous ne prétendons pas admirer Temphaseet l'exagération des expressions alors en usage, non plus que les cérémonies païennes de 1793 et de 179i, qui nous parausent plus (grotesques que sublimes. Mais il est du devoir de Thistorien de reconnaître que ces fttes et ce langage, que nous jugeons comme une lettre morte, sans Taccent et le relief qui en faisaient la vie et la puissance, étaient parfaitement en rapport. L'impression produite par les létes républicaines sur les masses populaires, que les contemporains «ont unanimes à reconnaître. Fut un des grands leviers du gouvernement : elle les électrisait, elle les Binatisait.
Une des plus imposantes fut la fêle de TÉtre supréino à Paris. Nous croyons inntile d*ea reproduire le récit, qu'on trouve partout, et auquel suppléera la reproduction d*eatanipes du temps insérées dans ce livre. Cette cérémonie était de l'invention de Robespierre, qui en arrêta les détails avec son ami David. Il y parut comme Scipion montant au Gapitole. Vilate a raconté qu'il avait ce jour-là déjeuné avec Mazimilien. Voici son récit :
« Arrive le jour de la fête de l'Être suprême : jamais le ciel ne hrilla d*un éclat plus radieux; la Divinité semblait tout à la fois appeler les hommes à lui rendre leurs hommages et descendre au milieu d'eux pour les consoler de leurs malheurs. Barère et Collot d'Herbois s'étaient priés de déjeuner clic/, moi, afin de jouir du coup d'œil de la féte. La femme de Dumas, président du tribunal révolutionnaire, était venue i Fimprovisle, de très -bonne heure, pour le même motif. Je descendis vers neuf heures du matin. En revenant de me promener dans le jardin, je rencontrai près l'esplanade Barère, Collot d'Herbois, Prieur et Camot; Barère ne paraissait pas content. « Nous ne t'avons pas trouvé dans ta chambre; nous comptions y déjeuner. • Je les engage à rétrograder; ils s'y refusent et m'entraînent quelques pas avec eux en me pressant vivement de partager leur repas chez un restaurateur voisin; je les quittai. En passant dans la salle de la Liberté, je rencontrai Robespierre, revêtu du costume de représentant du peuple, tenant à la main un bouquet mélan(;c d'épis et de fleurs; la joie brillait pour la première fois sur sa figure. Il n'avait pas dëjeuné. Le cœur plein du sentiment qu'inspirait cette superbe journée , je ren(;u{;e à monter & mon logement; il accepte sans hésiter. 11 fui étonné du concours immense qui couvrait le jardin des Tuileries : l'espérance et l;i jjaiett' rayonnaient sur tous les visa{;es; les femmes ajoutaient à l'einhellissenient par les parures les pins éléfjantes. On >>(>ntRit qu'on célébrait la fete de lu nature. Robespierre niau(;eait peu. Ses regards se por-
talent souvent sur ce ma{;nifique spectacle. On le voyait plongé dans FiMehsc de renthousiasme.
» Voilà la plus intéressante portion de l' hionduito . L'iint" vers est ici rassemble. O Nature, que ta puissance est sublime et délicieuse! Comme les tjrans doivent pâlir à l'idée de cette Jeté!
» Ce fut là toute sa conversation!
» Maxiniilien reata jusqu'à midi et demi. »
Vilate ajoute eu iioto : k J'ai .su depuis (ju'ou l'avait clien'hé longtcuips. N'aurail-il pas uiis de l'orgueil à faire attendre despotiqueuieut le peuple et la Convenliou? >>
Et pour faire de cette citation de son uiémoire un $pécimeu complet du hni^age littéraire du temps, nous emprunterons )e tableau sentimental qui termine son récit :
nl''u qiuirt d'heure après sa sortie, paratt le tribunal révolufiouuaiie, conduit chez uioi par le désir de voir la féte. Un instant ensuite vient une icuue mère folle de {;aieté, hrillante d'attraits, tena!it j)ar la luaifi un petit eulaiit plein d'intérêt : c'était Vénus et rAniour. Elle n eut pas peur de se trouver au milieu de celte redoutahle société. La compa- (ynie commençait à défiler; elle s'empara du l»ou<piet de Robespierre, qu'il avait oublié sur un fauteuil. Lecteurs, excusez à la tendresse séduite et détrompée ces détails frivoles. »
On sait que cette société du tribunal et des jaiés révolutionnaires n'était pas redoutable àVénus et à TÀmour. Le trait de la jeune mère qui s'empare avec empressement du bouquet de Robespierre dont l'éloquence était surtout ([oûtée des femmes, rexclaiiiation <le Vilate invoquant sa tendresse séduite par Ro-> bispierrcct détrompée par ia prison de la Force, sont caractéristiques.
Ou la pompe importante des fêtas républicaines se retrouve tout entière, où leur solennité apparaît, où leur puissance édate, c*cst dans les hymnes et la musique qui y sont chantées.
On ne rit plus alors; on écoute dans un religieux silence; bientôt on se sent ému, transporté, et Tâme de nos pères passe dans la nôtre 1