‹ Paris en 1794 et en 1795Chapitre 26 sur 47 · A CHre suprême, à la Nature, route de la Montagne · texte numérisé non relu

A CHre suprême, à la Nature, route de la Montagne

N* S. Au Genre humam, rue des Hommes-Libres.

H* 8. Au Peuple français, fdace de la Montagne.

K* k. Aux Bienfaiteurs de C humanité, place de la Liberté. 5. Aux Martyrs de la Liberté , rue de l'Unité.

K* 6. A la Liberté et à C Egalité, rue de la Force-Armée.

N" 7. A la liépubliritie, place <le la !• l alei tiilé. 8. A la Liberté du monde, rne <le.s i*i(pi< s.

N" 9. A C Amour de la patrie, chemin Vendémiaire.

N* 10. A Ut Raine des tyrans et dettraHres, me J. i. Routleau. N" ii. Aia Vér&é, me du Bonnet>Rouge.

N* 11. A la JusUce, me Mutins Scevola.

N« 13. A la Pudeur, rue Floréal.

N* 14. A la Gloire et à flmmortaUté, me Voltaire.

N* 15. A tAtnilii', me Heaurepaire.

W K». A la irayalité, nie Cliaslicr.

N" 17. Au Coiiraye, rue de la Bastille.

N* 18. A la Bonne Foi, rue Prairial.

N* 19. A tHéreHUme, me de Bmtus.

N* 90. Au Désintéressement, me de Descartes.

îl. Au SUOcùme, me Harat.

N" 22. A l'Amour, rue Pelletier.

N" 23. A l'Amour conjugal, place de la Raison. K* S4. A f Amour paternel, rue des Droits-de-l' Homme.

y S5. A la Tendresse matemeUe, place de la Rëiniioii. N* S6. A la Piété JiUale, me de« San»-Gnlottet.

Î7. A t Enfance, chemin de Pierre-Bayle.

X» 28. .( la Jeunesse y placi« «les Qiutre-Saisom.

X" 29. -1 fAfjr virily rue (!«• I.:i/»)iiskv. 'M). A lu ] ifillf ssr, pl.i» i- du I, avoir, ol. Au AJtiUteur, iiu> de rA(jriculturo.

N° ■M. A fAgricuiluri'f rue tieê JKohiie»,

N* 33. A (Industrie, place de la Rëf^énératioii.

N* 34. A nos Afeux, rae de« Élèves. ^

• Après la distribution des trente-quatre bannières, deux autres se placeront à la poHc du temple de TÉtre suprême, nii e^t inscrit n" 35, A la Posfc'rifc' , pnrlc-i' par la ninniripalitt* ; n» 36, Au lion^ hrur, p««rti <' par le ccunil»- de .siirv»Mllance, c'est-à-dire par un des nifml)r»'N di- «'liaciinc de «os aiiloritci».

> A sept heure!*, la tnii5«iquc et les tambours marcheront ensemble pour faire le dernier r.ippi-1 et le rassemblement.

» Tous les citoyens et citoyennes se rassembleront dans diaque rue, au pourtour de chaque bannière, et ne partiront qu'an coup de l'artillerie, qui avertira qu'il est temps que le peuple en masse aille présenter ses voeux à l'Être suprême et que la municipalité les attend pour se riK-lfi»- en niarclie.

" Les adoU'Mcnl s. depuis I "•{;"' <1<' «pialnivc ans Jusqu'à dix-sept et demi, se muniront d un iïisil, d'une pique ou d'un sabre, et surtout en habit de garde national s'ils le peuvent ; le drapeau et sa garde sortiront seulement de la force armée. Tous les pelotons de troupes de ces jeunes défenseurs se parti^eront en trois parties égales, ils auront chacun un tambour, ils suivront là-dessus Tordre du commandant de la force armée, le citoyen Glot, nommé commissaire à ce sniet.

- \.v premier pelf)tr»n ouvrira la marehe après les canonniers, et pnili-ra une bannière on >t ia iiiseril : Dvfrtiseur> (If In Ht'jmhlique , avant un tambour a leur téle. Le seeond pelottin se placera dans le centre, lu drapeau sera au milieu, porte par celui qui en est ordinairement diargé, accompagné de sa garde; il sera |iufté une bannière avec cette inscription : les Élèves de ta pairie ne tahan' donneront pas, avec un tambour à la téte. Le troisième et dernier peloton fermera la marche et se placera <len-ière la municipalité, il sera porté une bannière ayant pour légende : Aoitf soudendrons t ouvratje de nos jières.

» Toutes 1rs ji'uncs ( ititvcinips depuis t'a;;*' île dix ans jusqu a celui de sei/.c, porteront une eorbeillr d«- Heurs, a l'exception de celles chargées de la corbeille et des tourtereaux.

LA nVÉ, LE CLUB, LA FAMINE. 895

» Cet jennet citoyennes, toutet orn^s de gaîrUndet de fleur» , frisées en cheveux qu non, ne metU«nt que pen de pondre si elles se dëCeminent à en porter, piqueront des fleurs dans lenr chevelnre ; elles seront vêtues de blanc et une ceinture tricolwe.

• Le rassoinbleinent de ces jciinos citoyennes se fera dans l'allée dite la Mt'nafjcrif, elles se j)arla{;« i ont en deux cjas.se.s ; la |)rcniière portera une corbeille de fieur$ garnie de rubans tricoloics, avec une bannière ayant pour inscription : Avs voeux sont à tLlrc suprême, notre devite est la vertu, La deuxième classe portera dans le centre un plat de porcelaine où sera posée une paire de tourtereaux, avec une bannière décorée de cette l^ende: lorsque nous serons nu-rcsj nous ffrometloiu if élever nos enfants dans Us principes de la vertu.

• Il V aura un autre (;roupe composé de la cntnpafjnic des canonniers ouvrant la marche du roilé{{e; il aéra lait cinq décliaiyen , une pour avertir du départ et une à chaque station devant le temple de rÉtre suprême, à l'autel de la Patrie, à la Montagne de la commune, et à celle des ÉlèviMs ils s'assembleront avant le départ sur la place Jacobite, portant une bannière avec ces mots > Notre union et notre force nous feront vaincre les iyrans. II y aura un (groupe composé de trente-six citoyens et citoyennes dans l'à{;e de la vieillesse, l'âge vil il et l'enfance ; cette compagnie resjicctable se nommera : la «Ça- (jcs.\c t'f Ift \ crtti ; elle sera composée des six plu» anciens d".t{;e dans l'un et l'autre sexe, de six pères de tamille <pii ont leurs enfants aux frontières, ainsi que de six mères de fiunillc, plus donxe enfiints de l'un et l'antre sexe depuis l'âge de quatre à six ans au plus.

• Ces trente-six citoyens et citoyennes seront choisis tant dans les fortunés que dans l'indigence, par lA l'on vem l'^plité, cette véri^ table liberté où doivent régner les mœurs et la veiiu, ce qui donnera à nos enfants le souvenir de respecter la vieillesse, et ces jeones élèves (pu auront le bordieur de jouir d'un spectacle aussi attendrissant, rappelleront eux-mêmes dans bien des années cette première fête de l'Être suprême et de la Kature.

• La Sagesse et la Vertu seront environnées d'un large ruban tricolore qu'ils tiendront d'une main, et de l'antre un bouquet formé d'épis de blé* Le ruban sera tenu pw les pères et mères qui ont leon enfiints aux frontières, et les douse anciens citoyens et citoyennes donneront la main à l'entance, les petites filles aux citoyennes, les petits fjarcons .\\\\ vieillards.

» Il sera porté une bannière oii on pourra lire : Soire devoir est de soulager la vieillesse et d'élever nos enfants dans les principes de Uê respecter.

a06 PARIS EM 179*.

• Noins des citoyens et citoyennes choisis pour remplir le cercle tricolore : *

• l.c» six anciens d'âge sont le« citoyens : Maofira, Picard, Paul

Mouliez, iJcrccau, Merry.

» I,('s six .'inrionncs d i;;<' sont les citoyennes : Lc^onard, Lecoiùte, (.«■ui'baiilt , I)ii|tiii>, li oili-aii. (tI)iiv.

» Le» pcie» de* voluiitaii « .s sont les citoyciij» : Levé, J. J. Cheviilon, Boaeauit atnë, Pindion , père du Jacoirite; Midron, Boaret, jardinier.

> Les six mères des volontaires sont les citoyennes : Jubain, Dieadonné, Bertrand, Guillon, veuve Paul Aubry.

- Les six jeiine<( f;nre(in» sont les citoyens : Dècle, Lamy, Ithier,

lluuv.il, II.iI.iihL cil liiiilt aiill .

■ L*-> >i\ ji-iii)c> filles .tonl lu« citoyennes : licreeau, Levé, Touret,

Clouet, Itoiivcl, Jiilii-lte.

■ Il sera écrit a « es treiitc-six citoyens une lettre d'invitation par les commissaireii, ipii prieront les riches de garnir la taUe, l'indigent d'apporter son repas frugal et les citoyens et citoyennes i ne pas se refuser à l'invitation ; si des causes de maladie les empêchaient, ils se feraient remplacer par un de leur^ parents.

• Les muHiriens formant te fjroupr seront le» citoyens Garnon fils, violon; Tliinn , violon ; jenne élevé, violon; Boursieu , violon ; Puis» sant, violmi ; Cli iinpiti. vioIihi.

■ L'Auiiay, violon; Alexantlre Mouliez, Ilote; ilnpliaïue, serpent; Boursier jeune, tambourin.

« Tous seront invités de jouer des airs patriotiques et avec le plus d'accord que laire se pourra.

• La citoyenne Lœkmann sera invitée à toucher sur l'oiigne des airs républicains, et snrtont des hymnes à l'Être suprême; et ii elle sait joner d'nii instniuienl , elle voinli .1 bien se joindre aux musiciens et

au dîner de l.i Safje.s.sc cf de la W'rfo.

» Les t indioitrs seroiil n-qoi.s par le eoMiniaiidaiit de la force année de ne pas mantpier : le citoyen Tliorc sera du premier peloton, le citoyen Courtois, du deuxième peloton, le citoyen Ko(;cr, du troisième peloton.

• Tous les citoyens qui font nombre de trente«six dans le ruban

tricolore sont invités à nn banquet, et la taUe, i ceteAet, sera dressée parles citoyens aises qui y sont conviés, et, pour y suppléer, chaque habitant y portera nn hommage, k> lrerite-si\ liariniére.s se plaeoront derrière ehaqiie eitoyen et citoyenne, la musique se partagera aux deux boutis de la table.

• Il sera £iit un cercle dans le milieu de l'allée des Marronniers, en

LA nU£, LE CLUB, LA FAMINE. 397

lace (le la Honlagae, qui sera aoMÎ d^orëe ; il y aura Irente^ix poteaux formant trente colonnes garnies au pourtour de feuillage; on fera des f;uirlarides entrelacées avec une lumière des troU couleurs à chacjue et deux transparents acconipii^jnès d'une inscription l'épublicaine ; une draperie tricolore formera «'{jaleinenl reiiccinte.

> Tous les cituycns qui ne sont pas indiques dans 1rs groupes ci- «leMtu, comme pères» mères, parents, amis, voisins, seront munis <rune branche de chêne dans la main, pour les hommes senlement, et donneront la main à on petit gar^n, tel petit qu'il soit; ces jeunes eiifiiil^ tiendront une couronne de cliène ((u'il.s mettront SUT la téte du vieillard lorsqu'il sera à table et chaque Sois que le cmi^e se reposera.

» Tontes les mères et grajides i itnvi unes porteront un houtpiet dans leur uiam et donneront Tautrc a un jeune ell^anL qui portera aussi une couronne de chêne et fera la même ccréiuonîe.

• Les hommes se placeront pendant la durée du cortège à droite de chaque rue , et les femmes à gauche ; ils n'iront que de deux en deux en se tenant par la main, ne s'écarteront pas de leur bannière et marcheront de Ble. *

«La municipalité niarelura dans le rentre, le comité de surveillance et tons les f;roupes ainsi que ics cauouniers , le» pelotons milttaues, la Sagesse el la Vertu.

« Les membres composant la municipalité seront décorés de leurs écharpes, le maire seul et l'agent national auront un bonnet rouge, et chaque membre tiendra une branche de chêne, à l'exception de celui qui portera la bannit n* 35, ayant pour légende : À la PoUérité. Tons les membres <In comité de surveillance seront en bonnet roM(;c, avec une ceinture de chêne, tenant aussi à leur main une brandie, excepté le citoyen qui portera la bannière n* 36 avec cette inscription : Au Bonheur.

» Si le représentant du |>'Miple est au district de l'Kgalité, il sera invité, on lui délivrera le puL-pectus de la ftte, de la cérémonie qui aura lien, tous les discours, hymnes prononcés et chantés; le tout sera imprimé aux frais de la commune et distribué également è tous les citoyens, vieillards, âge viril et jeunesse jusqu'à l'ège de dix ans, à Texception des douze conviés, qui en auront aussi un exemplaire. Il y aura cinq stations : la première au temple de l'Kfre suprf'nie , d'où tortira la municipalité^ le comité de surveillance ensuite; potn* la deuxième station, a l'aidel <|ni sera dresse a la iJivitnté dans le liaut de l'avenue ; la truisieme station a la Montagne ; la (|uatrième à la Montagne des Élèves, et la cinquième et dernière au banquet civique, placé dans l'avenue devant la Montagne, allée des Marronniers.

aM PARIS EU 179J^

• L'on reriemlm entuile déposer tout ce qui aora aerrî ao cortège dan* le temple de l'Être «npréme, excepté les trento-six bannières avec \c< (](iirlandet, qui mettront au pourtour de la table, attachées

prorlu- l<'s colonnrs d»* vcnliire.

» La corbeille et les deux fomtcrciux se fk'po8frotil sur la fable; les musiciens, invites a ce bantjuet, »v plaeerunt a eha({ur btnit «le la table, au-ile«»us de laijuelle sera suspendu le niveau de rc(;aliU>.

• Il sera nommé an commissaire pour chaque me, eoi^me 3 est déjà expliqué, douae maîtres de cérémonies poar préparer et veOier i Tordre do cérémonial et de la marche du cortège

» Le chetniii (il' la Montagne sera réIabK et les rues débarrassées; il sera jeté du sable priiieipalemenl au devant du temple, au bas firv deux inori(a{]fTie8 , plare de la Liberté? et à l'autel dresse au liaut de l'aventie, au pourtour de la table de la Saj;e8se et de la Vertu.

« Tous les citoyens «ont nivilt's de porter leur repa.s et s'as.seou sans distinction les ons contre les autres, autant que faire se pourra; que le nombre ne passe pas douze à ipuu/.e par (;roupe i la distance dedouae à vin^ pas de b grande table ; il sera établi un gradin pour la musique. '

Ordre de la marche.

• Le cortège s'ouvrira par la compagnie des canonnicrs avec leur» canons; un rang de sapemv; le premier peloton de la fiirce année; le premier groupe des jeunes filles tenant la corbeille de flenrs ; le cmnité de surveillance; la Dédamtion des droits de l'homme portée par deux membres du comité ; les dix-sept premières sections des citoyens et citoyennes nommés ; les dix-sept bannières delà vertu; ensuite une rbarrue <lesfi(»is eouleiu s ; uu petit eliar rempli d'outils d"a{friculture ; le i <M [i> (\\- iiiusj(nii' ; etisiiite le (^;roiipe de» eitoveus et ritoveune.s cumpu.> int le t'iioup*-' de la Sagesse et de la Vertu entoure d un ruban tricolore , qui se placeront comme il est indiqué ; la table du décret du 18 floréal, où seront inscrites les trente-six Cites; le disconn de Robespierre et le report de David; la pyramide qni sera après déposée dans le temple pour y placer les noms de ceux qui sont morts aux frontières et qui ont bien mérité de la patrie ; le deoxième peloton «le la jeune forée armée avee la {jarde du draj)eau, le commandant a la téte avec un tambour; les <lix sept deiuières sections des citoyens et citoyennes poiiant les dix-sepl bauniere» de la vertu; le second groupe des jeunes citoyennes portant une paire de touiiereanx, et le reste dea corbeilles de flenrst quatre vases de parfimis portés par quatre jeunes citoyens; le tableau de la Gonstitntion porté

.|»ar deox notable* de la commone ; emnite le corpt de la municipalitë, le troidème peloton de la force année <■( un tambour.

» Le rassemblement se fera place de la l.ibcrli-, où le maire prononcera la prière à l'Kire snpr/>ino ; le devant du temple «cra décoré ie plus artisterneni que faire se pourra.

• Les jeunes citoyens jetteront des fleurs à chaque station, les pères embraaaeronl leurs enfiinU, le* mères élèveront leurs yeux an del.

> Tous è cette station seulement inclineront le ^enou en terre an coup du canon; Ton passera me Pelletier, place de la Raison,* la porte Verte, le Parc, la Maison nationale par les cours, Pautel de la Patrie, où le maire prononcera un discours analo^^uc à la fête : il montera sur une éminence en verdure qui sera dressée à cet effet. Aux (ju.itre coins de 1 autel de la Pairie sccofit déposés les (piatre vases de parfums entourés de feuillage. La musique jouera des uirs républicains et acconipa^jnera les voix des jeunes citoyens qui entoureront Tantel de la Patrie. ^

■ L'on descendra l'avenue, l'on prendra la rouie de la Montagne, qui sera décorée simplement avec huit grandes statnes représentant tous sujets analo|jiies à la llévoliition : sur une éminence sera la statue de la Liberté, au pourtour de laquelle seront les bustes dés fytands hommes (lé( orés de verdure; il y aura une fbataine jailUssantc de la Régénération.

■ Le groupe de la Sagesse et de la Yertu se placera au haut de la montagne. Les jeunes citoyennes portant les ooriieilles de fleurs se placeront de droite et de gancbe sur les deux pentes de la montagne.

• Au bas des collines sera un peloton de chaque côté de la force armée. Dans le milieu. <l( vaut le rocher, seront la municipalité et le comité de surveillance. A dinilc, du côté de STeaux-l'lInité , au milieu du c'iieruiii. >eia la troisième' partie de la force armée avec le drapeau. A {^aiiciie, du cuti' de Paris, sera la comp.ignie des canonniers. Le corps de musique sera dans le milieu, monté sur la terrasse de l'allée des Marronniers.

■ Un citoyen prononcera un discours sur les meeurs , sur la vertu, et sur le* devoirs à remplir comme républicains vétérans.

• Les pères et les mères chanteront des hymnes à la lonange de ta Convention et la cliausou de la Montajjne, la musique les accompagnera. Ensuite l'o^ prendia la rue des Hommes-Libres, la rue de l'Unité, la place de la Fraternité, la montagne des Élèves.

• Un discours sera prononcé par le commandant de la force année, un par le jeune commandant. Des chansons seront chantées par de jeunes républicains. Ensuite l'on prendra ta me de Voltaire, place de la Régénération, ta me des Sans-Cnlottes, ta me Marat, place de la

400 PAIIIS KN 1794.

Raison, riio Lepelleticr. pl.u-e do la Libei-të, avenue des Marronnin-x. où il sera dress»* uni- I dilc vi'is (m rondiiiia la Safjr.sse et la

Vertu : len tiinsicicns prcndroiit leur place, et les citoyens «e placeront a la dittancc indiquée (,'a cl la.

■ Après ce banquet, le même cercle qui entoui'ait la table servira de point central • la dan$e, et les mnsiciem «eront ëlevët sur un gradin '. •

21 pftAiMAL (10 ntn),

Coiltbon présente à la Convention un rapport snr les nioyriis d'améliorer les jugements dn tribunal révolutionnaire. 11 dit (|uc jamais la justice nationale n'a montré Tattitude impoêante ni déployé Ténergie qui lui convenait; que l'ou a semblé se piquer d'étrt; juste envers les piirticnlicrs sans se mettre l)eanroup en peine de l'être envers la Uéptilditjue, foiume si les tril»mi;ui\ tlestinés à punir ses ennemis avaient été institués pour l'inlérel di's conspirateurs vi nnu pour le salut de la pairie, a Le «l«'lai pour puiiif le> euueuii> de la patrie ne «loit être que le temps de les recouiuiitie : il s'ajjit iiioin- de les punir cpu' de les aiu'-antir L'indulgence envers eux est atn>re, la clénience est parricide. Gelnî qui veut subordonner le salut public aux préjugi'^s du palais, aux invertioDS des jurisconsultes, est un insensé ou un scélérat qui veut tuer juridiquement la patrie et rbumanité. »

Quelques protestations éni igiques éclatent dans TAssemblée contre la présentation d*uneJ<M qui ne semble laite que pour imprimer au tribunal , dans l'expédition de ses jugements h mort, la célérité qui avait été donnée par la machine au couteau du bourreau pour les exécuter. Alors Robespierre parait à la tribune. D'une voix menaçante, en promenant ses regards à tra* \'er8 ses lunettes bleues, snr les bancs où les murmures se sont fait entendre, il déclare qu'i/ n'y a pas un arUch du prtyei qui

I Kn reconnu tsxant l Éue !>iijiri iiie, la Convcnlioti avait-cilc r.uiiciié les» maMea au cake du bon Dieu? Il est pcrmiii d'en douter, lorsqu'on lit

l'.iiK i dole siiixantr, ra{i|iui (t'c par I>a Harpe: — Uo saus-CttloUe {i.nl.tit di- JUi'h : • T.ils-tni ilfutr, lui dit un de SOS camaradet, it n*y a pitts de

Dieu; il n'y a plus iju'uh Etre supiéme, »

ne soit fondé sur la juitàce et la raison. Les révoltés s'humilient; Ruamps , qui avait dit qn'il se brûlerait la cervelle si la loi était adoptée, reste immobile, et la Convention vote la loi , comme elle vote tout ce que lui propose le comité de salut public, dont elle proroge les pouvoirs expirés.

Voici quelques-uns des articles de la loi du 22 prairial :

« Le tribunal révolutionnaire est institué pour punir les ennemis du peuple.

n Les enrieiDis du peuple sont ceux qui cherchent à anéantir la liberté publique, soit par la force, soit par la ruse.

• Sont réputés ennemis d\i peuple ceux qui auront provoqué le rétablissement de la royauté ou cherché à avilir ou à dissoudre la Convention nationale et le gouvernement républicain et révolutiounaire dont elle est le centre, etc.

» Ceux qui auront cherché À inspirer le découragement ; ceux qui auront répandu de fausses nouvelles , etc.

» La preuve nécessaire pour condamner les ennemis -du peuple e!»t toute espèce de document, soit matériel, soit moral, soit verbal, soit écrit, qui peut naturellement obtenir ressentiment de tout esprit juste et raisonnable. La règle des jugements est la conscience des jurés éclairés par Famour

de la patrie; la procédure, les moyens simples que le

bon sens indique peut parvenir à la connaissance de la vérité, dans les formes que la loi détermine.

» Tout citoyen a le droit de saisir et de traduire devant les ii) .ij;t^tratsles conspirateurs et les contre-révolutionnaires. Il est tenu de les dénoncer dès qu*il les connaît.

» S'il existe des preuves soit matérielles, soit morales, indépendamment des preuves testimoniales, il ne sera pas enlendu de témoins

» La loi donn^ pour défenseurs aux patriotes calomniés des jurés patriotes; elle n'eu accorde point aux conspirateurs. »

Mf- PARIS EN 1794.

Le jour même de la loi du 22 prairial, Tallien écrivait à nu comité révolutionnaire une lettre qui paraîtrait une lâcheté niaise, si elle ne révélait toute la terreur dont il était pénétré, et pour lui-même et pour la femme qu'il aimait. Il fuit la rapptœher do extraits que nous donnons drs r» ;;i>ties du comité de salut public aux <l.iti'« «in 1" et du 6 messidor, l'n .if^ent <1ii comité constate que le bruit courait aux environs de Paris, le I» messidor, que Tallien tétait arrête. Oui avait pu faire courir ce bruit? Sans doute celui «ini lecoininantiait expressément, le t». (If n'unir Itttitrs les fn'iu t s rclntivr'; à in Cahnrrus. Ainsi tout s'e\pli«|iie; je 1 1 < 'ii i l)l('int'n t «le Tal 1 it ii en «'•rri\aut au coinit»'" n''N()lntionii.iire. I épom aiife d»- la ( It.ii rus (pii srui sim elle une haine (pii ne lait jamais {;ràce; la résolution de Tallien, « onduit à tout oser, pour arriver à tout »auver, car tout est perdu!...

«i Tdllù'H, rrjtn'Si'ntanl du peuple, aux cilnyt'ns rinnjmxint le l i imite révolutionnaire de la section du Mont-Blanc . (Inédite.)

• Parifi, re 22 )irairial sn If.

» Il m'est parvenu bier soir, (■itov<'nN, tnie lettre non signée, qui paroit écrite par un citoyen actuellement en état d'arrestation dans votre section. II me dit avoir été arrêté en se promenant avec une citoyenne, et il me demande de m'intéresser pour lui.

• Voici ma réponse, que je vous adresse.

» Je ne m'intéresse qup pour les personnes que je oonnoîs bien; or je connois si peu cet individu que je ne sais pas même son nom. Quant k la femme arrêtée avec lui , je Tai connae à Bordeaux, ovi j'étois envoyé en qualité de représentant du peuple; mais il y a quatre mois que je suis de retour à Parts. J'ignore ce qui a pu se passer depuis oette^époque, et je ne ▼eux en aucune manière m'en mêler. Les autorités qui OQt fait arrêter ces individus avoient leurs raisons. Elles s*empresseront de leur.rendre la justice qu'ils pourront mériter. Un représentant du peuple trahiroit ses devoirs, aviliroit son caractère, s'il recommandoit des personnes suspectes.

» Veuillez (loue, frères et amis, rocovoir ma (ItM-laration formelle (|ue je ne prends auctm intérêt à ces iiidividu.s , et m'aeeuser la rét eption de cette lettre.

> Salut et frateroité.

» Taluem. h

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