JUIN AU 18 JUILLET
Dans ce mois, nous assistons au plein dével<^penient dos conséquences de la loi du 9S prairial. Le nombre des victimes condamnées par le tribunal révolutionnaire, débanasséde toutes les formes juridiques, augmente considérablement. Jlaràre a exprimé Tarrière-pensée de la loi dans cette parole célèbre : « Les morts seuls ne reviennent pas. n (Rapport du 16 messidor.) 11 prendra la (léfens(î du proconsul d'Arras, Joseph Lebon, qui avait fait du supplice de la guillotine un de ses divertissements, vu ne lui re|»rocliant que d'avoir eu des formes acerhes. Lebon, Carrier, sont des noms jjravt's dans t()llt^^ les mémoires; svuouvmes du génie du meurtre, ils doiim iit le fri^ion aux femmes, et ils ont plus contribué à inspirer aux niasses une instinctive antipathie pour le gouvernement ré'publicain, que le souvenir des privations et des sacrifices supportés par nos pères. Ces deux monstres n*éuient pas étrangers cependant aux sentiments humains : la femme de Carrier, qui est morte à Àurillac, n'a jamais voulu croire aux atrocités dont on accusait son mari, et ce Lebon , dont le fils a défendu la mémoire avec plus de sèle que
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de succès, était an onitorien si donx, si patient, avant Pépoquc de la tourmente révolutionnaire, que ses élèves Pavaient appelé A Arras le bien nommé.
Les grands faits d'aiincs de nos soldats couvraient, pour )(■•> conteniporains, les cris et les géiiiissenienls (îcs victimes. Le 9, victoire de Flem us; le 13, prise des villes de Mons et de Ilruçes; « ordre <'St donné de passer au fil de l'épée les {j.irnisoiis de Landrcciis, Quesnoy, Valenciennes et Cond»'', <\u'i ne se seraient pas rendues à discrétion dans les vinjjt-qiuitre lienres. » Ainsi la {fnerre |)rend le caraetère iinplacahlt- du jjonvcrneinent. C/élail bien la mort et non la jnsf ice, quoi (m'en eût dit le président de la Coa\enlion, qui était à Tordre du jour!
Robespierre peu à peu se retire du comité : bientôt il cessera d'y paraître. Cette retraite est si{;nificative ; Robespierre est irrité, donc il frappera. On sait de quelles forces il dispose, les Jacobins Ini sont dévoués, la commune est toute à lui, le peuple respecte Vincom^^Ue et en a peur; il est si captieux, si mielleux, si habile, qu*i1 a su gagner jusqu*anx femmes, celles du moins qui assistent habituellement aux séances de la Convention. De part et d^autre on se prépare à une Intte décisive; cenx-ci conspirent dans les comités et dans la Convention; ceuxlà, confiants dans leur force, s'appuient sur les masses populaires dont la pression, si la Convention résiste, servira à faire un nouveau 2 juin, une nouvelle épuration de l'assemblée. Mais la Convention, habituée à obéir, pétrifiée lorsqu'elle voudrait résister, éleetrisée lorsqn'elle se laisse aller à la parole du maître, ne luttera pas; elle n'en a ni la volonté ni la force, car si elle avait en la force, se fût-elle laissé enlever Danton?... Voilà, du moins, ce que pense Maximiiieu.
1* MESSIDOR (19 iriit).
Extraits des registres du comité de salut pubiic.
BofpoH de Reussetnile. — Suresnes, — Il s*est dit dans cette commune une vente d'ornements d'église. Tons les citoyens se sont empressés de les adieter. — Le matin du 29 prairial le Inrnit courait dans Paris qne Tallien, Bourdon et quelques antres
410 PARIS E.\ 17 9i.
étaient en An^^leterre. — Cette nouvelle n'avait pas été débitée dans les environs et on y ignorait même l'opinion publique an sujet de ces deux représentants du peuple.
Itapport in(<'>n>ssaiit d'Alexandre, agentdu comité» sur l'armée de l'Ouest et la Veudi>e.
« Perrier, employé à la bibliotbéque de rinstruction publique, président de sa section, département de la Seine, dénonce au comité, pour la troisième fois, les membres du comité révolutiomuiire de PlndiWsibiUté. Leur promotion est le fruit de leurs iotriçues. Depuis qu'ils sont en place, on a remarqué une pro{;res!>ioo dans leurs facultés pécuniaires. Ils se donnent des repas splendides. Hyvert a étouffé constannnciit la voi\ de ses concitoyens dans les assemblées {jéncralcN. l)esj)ote dans ses actes, il a porté les citoyens à ^'('nti'é{|or(;('r à la porte d'un hoiicinT. Ce tait <'>l constaté j)ar jiroccs-verljal. (îroslcr a dit hanteinent qin- les assenil»U'<'s M't tionnaire> étaient au-<le?>>n> de la Convention. 11 a rt*tal)li sous les >cell«'s des tiarnlicaux d'argent qu'on l'accusait d'avoir soustraits. (îroslcr n i-lv pn-dicateiu' de I athéisme. 11 a dit à Testare et (Miérin (pie liohespierre, nial{]ré son
fameux décret sur 1 iùre suprême, serait (guillotiné). 11 a
annoncé dans un café le prochain rétablissement des sociétés sectionnaires. Vt'are a mis des riches à contribution. 11 a insulté des (^ens qu'il mettait en arrestation. Lainé a été persécuteur d'un Anglais, qui s*est donné la mort pour échapper à sa ra^je. Allemain , commissaire de police, est dépositaire d'une lettre de lui. Lainé et ses collègues ont été probablement en relation avec Hébert. Il est certain qu'il faisait fréquemment des sorties nocturnes. Il a fait, en présence du citoyen Bossu, un usage indécent d'un décret de la Convention. Fournier a traité les représentants de scélérats, d'intrigants, qui seraient guillotinés. Lors de la présentation du salpêtre, il disait qu'il voudrait que ceux qui le fusaient se cassassent les jambes. Enfin, le comité révolutionnaire s'est refusé à Tenir complimenter la Convention du décret de l'Être suprême. Ils ont traité d'intrigants ceux qui s'y rendaient. »
6 MESSIDOR (24 jriN).
Suite de* extraits des registre* du comité de salut pubUc,
« Le comité révolutionnaire de la section de la Fraternité fait passer deux nouvelles lettres adressées à la citoyenne Cabarrus, femme divorcée de Devin. — L'une, insignifiante, est datée de Bordeaux; l'autre, même timbre, est sijjnée Manoury. Ce dernier est allé à Rouen. — Réponse de Robespierre : Donner une idée plus précise de ces lettres, et tâcher de découvrir Munnnry . (F^-xp. 10 mess.)
» Département de Paris. — Le comité révolutionnaire fait passer au comité deux nouvelles lettres adressées à la citoyenne Cabarrus, femme Devin, divorcée. Klles ne contiennent rien de susp«^ct : les sujets sont tous en amoroso [sic).
— Réponse de R. : IL faut réunir toutes les pièces relatives à la Cabarrus, »
Robespierre se montre sîng^ièrementroide surlesurarpalions de titres, soit ^'elles lui parussent un empiétement contraire à régalité républicaine, soit qu'il y vit une usurpation de pouvoirs. Un jour c^est un dénonciateur qui s'appelle président de district. Robespierre répond i II n'y a pas de président de district,
— Le 6 mesttdor : a Le président de la commune d*Exmes demande si les croix que les femmes portent à leur cou sont, dans les rues, des signes extérieurs de cultes quelconques; » Robespierre, furieux , sans s'occuper de la question, répond brusquement : « // n existe pas de président de commune dans la République. Il faut renvoyer la lettre de thomme en question au commissaire de la police générale, pour s'informer si c'est un fou ou un fripon . d
Du 6 moftsidoi , nous passons bnisqucnient au 12. Dans la mar^e, des annotalions d'une antre ('critnrc, que nous crovons f^tre colle do Sainf-Jnst. s'entroniéiont aux aiuiotations do Robespierre. Kn tète du rapport on lit : Les mesures de ce rapport n*ont pas été exécutées. — Pourquoi? On ne le dit pas.
Le rapport suivant est du 14 messidor : à partir de ce moment les annotations de Robespierre disparaissent. Cette date marque
Tépoquc précise où il cessa d'assister aux séances du ootniti^ de salut puÛic et où il abandonna la direction de la police générale. Beaucoup d'aflhires sont renvoyées à GoIlot<d*IIerbois.
Le l**" messidor, sur un rapport de Pcrricr, Robespierre avait (ait arrêter iiti iioinnié Gioslei , qui avait dit que Robespiern*, inal{{ri> son f..,. décret sur l'J^tre suprême, serait ^illotiné. — Après la retraite de celui-ci, le comité se montro moins sévère, l'n certain Roloy est accusé, par le comité de la section de la Fraternité, d'avoir nnnoiué que, srtH.t deux mois et mfhnc iwmit, le citoyen l\ohrsj)icrrc serait ijrtUlQÙne . — Lo membre qui tiiMil la ))lume écrit en réponse : Mander cet homme au comité pour Y être interro(ji*.
On n arrête plus, on int« rro(je, car on conspire; fl, qni sait .'' celui qu'on va interro(;er »era un complice peut-être...
13 MESSIDOR (I" juillet).
L'agent national du district prés le département de Paris envoyait donc chaque décade son compte rendu îàiX d'après le rapport de la police municipale.
Ces rapports manquent généralement d*intér6t. — Voici , par exemple, celui du 13 messidor an II :
• La disette du charbon donne toujours lieu à des rassemblements considérables.
» L'esprit public est généralement bon.
» Biens nationaux, vendus 234,100 livres. » Estimation, 130,-483 livres.
V Biens d'émigrés, vendus 263,000 livres. » Estimés 196,133 livres.
» A délivré douze mandats pour le* pensions aux parents des défenseurs de la patrie, montant à 7,980 livres.
• Vingt-deux sections n'ont point envoyé leur travail sur les secours à distribuer aux indigents.
» Du 21 prairial au 9 messidor, il a été fabriqué 28,757 livres et demie de salpêtre. •
14 MESSIDOR (2 juillet).
S'il V avait au inonde qnoKuruu «rinoffensif, c'était assmviiUMit raiinai)le Floriaii, Tauteur iïEstellect Némorîn, K'pèie des lU rquinadcs, rinvcnteur d'nn genre qui comptait au nondire de .■ses plus ardents admirateurs licaiiconp de terroristes de la Montagne. Le {jentilli(»mine de S. A. le due de Penlliièvre s'était avisé de faire uu jour sa proK'ssion de foi républicaine eu chaulant sur sa guitare Tair de la Carmagnole :
LE -ND.M DE 1" Il È H E.
Air <l« la CarmagnoU,
Sur ma (piitare aiseï lonifteiiips
J'ai chanté tendres anuiots; Chanluiis la liberté, La nintft égalité , Et le doux nom de frère.
Soyons uniâ, Me* amis.
Dî«paraiii«, tiare* si Tains, Qu'enfanta l'oifueil de* humains *
Le seul que l'on i liôtit.
Le «cul qui nuu.>i «utiit. C'est le dons nom de frire* Soyons unis.
Mes amis.
Que faut-il au rcpublicaint Une arme, du ccenr et du pain!
L'arme poiu- rt'-ti iiiijjer, , Du cœur pour le danger, £t du {lain jK>ur ma fri-rcs.
Soyons unis, Mes amis.
])«s voleurs nommés f^nquéranU Quand je Us les exploits sanglants.
Tout m«>n cwur en frémit } M.il.-t il s'épanouit S'il est qur«tiun de frèrcâ.
Soyons unisj Mes amis.
Uih PARIS EK 1704.
J'aime à voir les fils d'Abraham
6'av.iiiccr «lan-i le Chanaan} I.iM Ci>l)(iiir[^ du |).ivs l' tirciii hii iitni soumis Par ce jKMi|ilt- de frères.
Soyon» uois , Met amb.
H fut un cVicval «le roiiotii , Celui des qualrt; Aymoii; Pourquoi ranlîi|uiié L'a-l-dle tant vmité?
C'est qu'il portait des frères.
Soyons nnU , Me.s iiuiiii.
Dans le joli mots des beau\ jours , Quel signe préside aux amours?
Aliiian.H-lis vieux, nouvrnttX , Vous diruitt Ich Grnii'aux, Cesl-à-dire des frètes.
Soyons mus, Mes ami».
Deux frère*, fib de Jupiter, L'un l'autre allaient eu enfer.
Knviou)» tuu8 le sort De Pollux, de Castor, Et monrons pour nos firèret I Soyons unb, . Mes amb.
La rliaiisoii dt- I loriaii lu; lu sauva pas. I n jour, !«• 17 j)rairial, il arriva à I aj;t' iil Uoiisseville de rapporter une va(jue ruini'iir de ooll^piration ou plutôt d'informer SaintJust qu'un poëte, antreibis gentilhomme de la maison de Penthièvre, vivait aux environs de Paris. L*aatenr d*Organt donna aassit6t l'ordre de rairèier. Ilorian fut jeté en prison; il en sortit après le 9 thermidor, ne fit plus (}ue lan{piir, et monnit le 13 septembre 1194 , à l'âge de trente>huit ans. L'incarcération de ce doux écrivain n'a été qu'une cruauté gMtuite- à la charge de Saint- Jnst, comme tant d'autres.
i \jO comité de salut pnlilit charjje Ilonsseville , conjoiuteiiiciit avec le comité de surveillance de Sceaux, d'arréteisur-le-cham|) Floriau, d'apposer les scellés sur ses papiers, et de le transférer dans une maison d'arrot de Paris.
» Ils rendront compte sous deux jours de rexécution de cette mesure.
(La minute «si signée) » Saint-Just. »
Expédié pour ie bureau de texéeuUon det Uâ$,
« Paris, le 17 messidor, l'an II de la Uépublique française une et indivisible. — JUe comité de salut public arrête qu'il sera fait cbaquejour, par la commission de radmiDistralioii de police et tribunaux, an rapport à l'accusateur public du tribunal révolutionnaire sur la conduite des détenus dans les diverses prisons de Paris. Le tribunal révolutionnaire sera tenu, conformément à la loi, de ju(jer, dans les vin(];t-quatre heures, ceux qui auraient tenté la révolte et auraient excité la fermentation.
{Ont signé) * Saint-Just. — Billaud-Yaiibnues.
m COLLOT D*HeRBOIS. »
Le sang det MU/^Heiés,
Nous avons don in- le i rlexé ties coiulainnalion.*» à nioi i en I7ÎH. A (•»• (ahleaii se lattacliont les documents (jui sui\ent et tpu" iioii> avons eiiipinntés à rintérossant recueil publié par M. Louis Lazare sous le titre de Bibliollicque municipale (4* vol., l» livraison).
« Pendant la terreur, la ville de Paris comptait deux cime> tiéres pour recevoir les restes des condamnés : l'un, situé à Pouest, servait de déversoir à la guillotine en permanence
416 PAÏUS EN 1794.
sur la place de la Révolution (aujourd*hui place de la Concorde); Fautre fut établi à l*est, pour les suppliciés de la place du Trône renversé.
9 Le premier de ces cimetières avait son entrée dans la rue de la Ville-rKvéque, et dépendait de Tancienne é(;li$e de la Madeleine.
» Quant à Tancienne église, elle fut supprimée ; devenue propriété nationale, on la vendit, le 4 pluviôse an Y. Le citnetiére, qui touchait à l'édifice reli{;ieux et dont Tentrée se trouvait dans la rue de la VilIe-rÉvéqi|e, à Tangle de la* deuxième partie de la rue de la Madeleine, avait été conservé dans le but de PafFecter spécialement à Tinhumation des condamnés exécutés sur la place de la Révolution. La commune de Paris avait promulgué déjà cet aiTété :
m Séance du 23 aoiit 1792. — Le procureur de la com- » mune entendu, le ronseil {jciicral urrt'te qne la |;nillotine » restera (he>see >nr la [tiare rie la H«*voliit iuii jusqu'à ce » qu il eu ait <*té aulreintînt (Jidouu»' , à 1 e\rej)ti()U néau- » iu(jiii> <lu coutelas, rpje Pcxeculeur de» hautes a'u\r»'s ^era « autorise d'enlever apies ehaquc exécution. » i^Jtet/istres de la roinnntne, t. IX, p. ."{rii).)
» Mais le couteau de la fjuillotine (aucliait tant de letes, que le [>avt* de la rue de la \ ilie ri'.vécpie était couslaninieut rouj^i de sauj;; d'aillejus ce charnier se trouvait aussi daa» le voisinajje trop ininiéthat de la place de la Rtfvolution.
» Cette doni>le rirconstauce, nientiounée dans un rapport du commissaire de police de la section du Mont-iilanc, motiva ia suppression de Taucieu cimetière de la Madeleine. .Sa fermeture n*eut pa» lieu pour cause d'encombrement, attendu qu'on s'empressait, dès qu'une tram hce était remplie de cadavres» de les couvrir d'une couche de chaux vive, mais bien pour les raisons iudi<piées plus haut, et consignées dans le procès-verhal du magistrat, qui termine en ces termes son rapport : D'ailleurs U cimetière de la Madeleine est le stjget des diatrihes des aristocrates et des contrC'révolution^ naires.
• Avant la fermeture du cimetière de la lAadeleine, la commune de Paris avait fait choix d'an nouvel emplacement» à reztrëmttë du fenbourigr de la Petite-Pologne.
» Près de rancien mur d*octroi , à la rencontre de la rue des Errancis et de celle de Valois , on voyait, au commencement de la •Révolution, un vaste terrain ayant Ifi forme d*un carré long, limité à Fouest par le mur du parc de lAonceaux, qui avait fait des Folies de Chartres le plus déli* cieux séjour.
» La commune de Paris fit abattre les arbres plantés dans * ce terrain, qui devint le cimetière des Errancis et remplaça celui de la Madeleine.
» GharlottjB Gorday fut une des premières victimes dont les restes Airent inhumés en cet endroit..
» Philippe Égalité n'avait pu faire oublier que pour un temps le duc d'Orléans. Le corps du prince fut enferré , ditou, au pied du mur de son parc de Monceaux.
» La fosse qu'on crcu>a pour recevoir les restes de Robespierre, Saiiit-Just, Fleuriot, Tiescol, Payan, Vivier et antres victimes du t) iherinidor, fut établie au nord ilii cinietière, le lon{j du mur de rancien cl)emin de ronde de Glicliy, réuni maintenant au boulevard de Monceaux. On comptait vinjjtdeux troncs dans deux tombereaux (les léles avaient été mises séparément dans un (j;rand coffre), puis le cadavre de Lebas, le seul qui fut au complet. Les frais de transport et d^inhumation s'élevèrent à 193 livres, plus 7 livres donni'-es comme pour-boire aux fossoyeurs, y compris 1 acquisilion <le chaux vive, dont une courbe fut étendue sur les restes des tyrans pour empêcher de les diviniser un jour.
« Séance du 2(5 prairial an II. — Sur le rapport des ad- ■ ministraleurs des travaux publics, relativement à la néces- » site d'établir un cimetière pour recevoir les cadavres de » ceux que le glaive de la loi a frappés, que cet établisse- » meut pourrait avoir lieu dans un terrain provenant des ci- • devant chanoines de Picpus, et qu'il était d'une si grande » nrgence qu'il ne pouvait y être apporté le moindre retard.
418 PAlUS EN 1794.
• le corps municipal, Tagent national entendu, arrête la « formation dudit établissement dans le lieu ci-dessus énoncé: » autorise les administrateurs des travaux publics à donner « des ordres prOTÎsoîres pour sa prompte exëcutioa, sauf à » fisiire un rapport au prochain corps municipal. > (Registre 43 du corps municipal, p. 7561.)
Voici un autre document (jUiciei ( oiicfrnant ce cimetière. Nous le transcrivons, en i oii.xTvaiit l'orthojjraphe des nia(;i>trats qui ont rcdi(jc ce curieux procès-verbal.
• Section des Quitue- Vingts. — Conseil civil et de police. — . Observations que font au déparUment des travaux publics Us citoyens Gillet, commissaire de police de la section de la rue de Montreuil; Àlmain, commissaire de police de la section de VlndivisibiUté , et Benêt, de la section des Quinse-Vingis , dans F arrondissement de laquelle se Jont,, au haut du faubourg Antoine, les exécutions et inhumations des condamnés par le tribunal révolutionnaire et à cette occasion,
" I" Sur la place de Texéculion ou a creusé un Irouv d'environ une toise cube, où s'écoule le sanjj des suppliciés et l'eau ave(^ la(pielle ou lave la place. Ce troux est presque plein et jette une odeur pestiféré dont tous les habitants environnant sous le vent se jiieijjne {grandement ; il conviendrait combler ce troux cl en faire un autre auprès plus profond, où r«)n rencontra une terre où ce sany s'imbiba.
» 2° De la place de l'exécution au cimetierre il n'eviste qu'un chenùiî le loujj «la mur de clôture en dedans, lequel n'étant point pavé, est impraticable, surtout aux nouveaux tombereaux qui transportent les cadavres des suppliciés au cimetière; ses tombereaux, ayant des roues trop basses, s' entrave dans le sable et les terres mouvantes de ce chemin et les font demeuré malgré le nombre de chevaux que Ton y peut atelier; il conviendrait faire paver une étroite chaussée le long de ce mur qui alla jusqu'au dit cimetierre, ce qui peut être évalué à 200 toises superficielles de pavé.
LA RUE, LE club', LA FAMIMË. 41U
» 3* Dans le cimetierre, il est de tonte impossibilité de pouvoir verbaliser, le plus souvent de nuits, à l'injure de l'air, à la pluie on qu'ant il vente à ne ponvœr tenir de lumière.
• Comme il eiiste dans ce cimetienre une grotte toute couverte et close en partie, il ne s'agit plus que de mettre deux petits châssis et de clore par devant et fermer d'une porte ladite grotte; alors on pourra dresser à couvert letat exact des effets des suppliciés; on pourra là, sur une tablette, laisser lè registre, y avoir plume, encre, et y tenir de la lumière. Toute la dépense de celte clôture n'ira jamais i 50 livres, et une seule redingotte oublié peut être souvent une perte de plus de cent livres pour la nation , et quant il pleut a verse ou vente, on peut en échapper beaucoup. Ces observations étante des plus justes et Texécution des plus urgentes, il convient que les citoyens administrateurs s'en occupent promptement et donne leurs ordres en conséquence.— A Paris, ce 21 messidor, l'an 2* de la République firançaise une, indivisible et impérissable.
» Signé : Gillkt, Almain et Uenet. »
Voici la copie d'une lettre dont la publication n'est pas sans intérêt :
« Cimetière des tupplkiét à Piepus*
Paris le SI nuisidor, Tan II de la Répnbliqiie.
» Je m'empresse de donner au département des travaux
publics comnuinication des mesures renfermées dans un rapport (le Coflînet, relativement à la sépulture îles suppliciés, et «ju'il croit iiidispeusables pour prévenir tonte odeur niépbitique. Cet inspecteur, qui est descendu dans la fosse établie à Picpns , v ;i «'prouvé une odeur qu ii ot inij>ortant d'atténuer par tous les mo\ens possiMe-,. Celui qu'il propose eu ce moment corjsiste à établir sur celte fosse un plancher en cliarper)(o, snr lequel on prati^jncra des trappes pour la facilite du ;>ervice. Ce moyen est le seul que l'on puisse em-
ployer en ce moment pour concentrer dans cette fosse les émanations dangereuses, qui pourraient en sortir sans cette précaution.
» Il existe un autre fover de corrupliun qui n*a point échappé à la surveillance de cet inspecteur, et que je crois de nature à être pris en très-grande considération par le département des travaux publics. Au lieu même de Texécution, place de la Barrière renversée, il a été pratiqué un trou, destiné à recevoir le sang des suppliciés. Quand Texécution est terminée, on se horne à couvrir le trou avec des planches, ce qui est insulTisant pour renfermer Todeur résultant du sang corrompu , et qui s'y trouve en assez grande quantité pour faire naître une odeur méphitique. Le sieur CotTinet pense que, pour supprimer toute espèce d'exhalaison meurtrière dans la saison actuelle, il serait convenable d'établir, sur une petite brouette à deux roues, un coffre doublé d'une feuille de plomb, dans lequel tomberait le sang des suppliciés, qui serait ensuite versé dans la fosse de Picpus. Le département des travaux publics s'empressera sans doute d'adopter cette dernière mesure, et je Fy exhorte d'autant mieux que le lieu du supplice et celui de la fosse n'étant pas trcs-éloignés l'un de l'autre, il serait possible que ces exhalaisons s'attirassent entre elles et vinssent à produire un fover de méphitisme d'autant ])lus dangereux que, dans cette hvpotlièse, elles ne laisseraient pas d'embrasser une grande étendue de l'atmosphère.
» J'attends sur les dispositions qui font l'objet du présent rapport les ordres du département.
» L'architecte de la commune,
» Signé : PoYET. »
4îi
22 MESSIDOR (10 JLILLET).
Ordre géiUral itHanriot.
Nous continuerons à introduire un pen de gaieté dans le triste sujet de ce livre, en reproduisant les harangues de Han-
riot jusqu^à ce que ce lu'-ros ait disparu. Si la révolution du 9 thermidor a sauvé la France des liorreurs du système d'extermination, elle a coûté cher à Téloquence démagogique et nous a privés certainement de nouvoiuz chefni'œuvre dans le genre de celui-ci :
a Mes frères d'armes les tambour» de la '.i' et la i' lc(;ion se comportent mieux que par le passé; ils détestent avec raison la rue du Bouloi; ils savent que les iioninies libres n'aiment pas à être privés de leur liberté; depuis vingt jours aucun d'eux n'a été puni....
» Vertueuses républicaines, au nom de la patrie, qui est notre mère commune, dispenses donc les hommes armés de fer d'aller près de vous. La raison a>t-elle besoin d'armes pour vous ré{;ler dans vos petits besoins? N'étes-vous plus ce que vous étiez vous-mêmes? Je tous ai vaes si sa(jes et si dignes de vous-mêmes ! Vous qui avez tant de franchise et qui aimez la patrie, ne ferez^vous rien pour elle? £t vous, mes frères d'armes, lorsque vous êtes armés, lorsque vous êtes présents aux différentes distributions, mettes yw armes dans un coin; qu'un de vous les garde; et puis ailes près de nos concitoyennes, rangetles six par six, que chacune tPelles se souvienne de la compagne qui l'a voisine, que chacune aille i son tour prendre la petite portion qui lui revient, avec décence, sans propos et sans injures; je vous ai vues si bonnes et si justes dans nos dernières fiâtes républicaines; je TOUS ai vues dans ces amusements proscrire d'auprès de vous le vice et tendre la main à la vertu : que ne feîtes-vous
Wi PAUI8 EN 1794.
toujours de même! Souveoez-Tous que vous êtes la moitié de la société, et que vous devez un exemple de morale que les hommes seosibles ont droit d'attendre de vous. «
23 MESSIDOR (Il iVILI.P.T).
Bien que la lettre qui suit no se rapporte pas directement au sujet de ce livre, nous prenons le parti de In publier, parce tprt ile est inrdite et <|u'elle offre pour Tliistoire de la Vendée un véritable iutéiV't. I. 'ennemi que Klrlier avait si bien peint dans sa lettre à D( lalM)rde, ce serpent qui ecliappe en rampant, Lai(;nelot se tlatte de l' avoir afiéanti. Nous laisserons au représentant toute la responsabiiitt* de l'admiration dont il se seot pénétré pour ses modestes exploits.
« Le reprétenUua du peuple dam Us département» de la Mayenne et de Ville- et- Vilaine aux représentants du peuple membres du comité de salut public ' .
a A Laval, l« S8 neindor. Tan II de la République.
» Citoyens collègues,
• Voici encore une Tictoire que vient de remporter la petite année de Vacfaot. Je vous fois passer la lettre de ce général. Il ne manque à la gloire de nos représentants que d'avoir un théâtre plus digne de leur valeur. Croyez que je ne perds pas un moment et que le général me seconde parfaitement. Je vous le répète , et je n'exagère jamab ni ne mens : sans les mesures heureuses que j'ai prises, sans l'activité de Vacliot , sans la bonne volonté de son état-niajor, parfaitement composé, nous ne pouvions éviter la guerre civile; le plan était très-bien combiné, et il eût réussi. Voici ce que j'ai vu :
« Les brigands échappés de Savenay et du Marais étaient
> Cette lettre est titée de la collection Labédoyère.
en plus grand nombre qu'on ne l'a dil. Ne pouvant se montrer, ils se sont cachés tout 1 hiver aa milieu des immenses forêts dont ce pays est couvert, dans des retraites souterraines qu'ils avaient pratiquées, et où les alimentaient les habitants des campagnes» qui pour la plupart les avaient suivis à Grand ville; mais, toujours pleins du même dessein, ib ne se cachaient que pour ne plus agir. Leur défeite les avait rendus plus circonspects et non moins dangereux. La Vendée avait été funeste à leur parti; il en fallait faire ou» . blier le nom; il fallait de même changer celui de brigands, car sous ce nom ils ne pouvaient espérer de relâche; ils prirent celui de chouans, nom ignoble et sans conséquence; Puysaye se 6t appeler Nicolas , et à la fieiveur de cette obscurité ils purent travailler efficacement et avec sécurité & la réonganisation de la nouvelle guerre. Elle était sur le point d*éclater, nourrie des levées de la première réquisition, lorsque vous m*aves envoyé dans ces départements. Des bords de la Vilaine à ceux de la Loire, de la Mayenne à la Sarthe, s*étendaient les fils contre-révolutionnaires : j*ai eu le bonheur de les couper. Mes exploits ne peuvent pas être brillants, nous les avons empêchés de le devenir. » Salut et fraternité.
• Laigmelot. »
Le juré Sempronius Gracehut.
Los emprunts (jue nous avons faits et que nous devons faiiv cncort' à Vilate nous obligent à dire quelques mots de ce jiersonnafje. C'était un prêtre défrofjiié, qui vint à Paris le 20 mars 1702. A son retour du Midi, ou il avait accom- [SagiTé les représentants du peuple Ysabeau et Neveu eu qualité de secrétaire, il fut mis par le comité de salut public sur la liste des jurés du tribunal révolutionnaire, et reçut un logoneiit aux Tuileries, dans le pavillon de Flore. Il avait alors moins de vingt-cinq ans ; on le voyait aidait, dévoué, sans
m PARIS EN 1794.
scrupules, on ne dfinnndail pas aiilro < h<»M'. Sfiiipronius Gracclais, c'est le nom dont s'atïubla Vilate, avait <|iielque instruction : il ne manquait ni de sagacité ni dMntelli(;('uce. Aussi paralt-il, d*après ses enrrDtiens avec Barère. qu'il a rapportés, que celui auquel il ressemblait d'ailleurt sous plus d'ua rapport, ne se déplaisait pas i sa oonversation. Mais il était présomptueux, insolent et indiscret, il eût tout sacrifié à un bon mot ; ces bons mots lui feisaicnt des ennemis dans le comité, avant qu'ils lui coûtassent la vie. Par l^reté ou par suffisance, pour se montrer bien informé, il dit un jour (vers la fin de messidor) devant des représentants : Le trihunal révolution.' noire attend une vingtaine de députés.,» Le lendemain il était incarcéré à la Force. Cest en prison, d'où il ne devait plus sortir que pour aller au supplice, qu'il écrivit trois mémoires (jui ont éié piihliés en Tan III : 1" ('autes secrrtrs de la Hcvoindon du 1> au 10 llirrinidnr; 2° Continuation des causes secrètes de la Rcuotulion ; les Mystères de la mère de Dieu dt'voilds. En ce qui coikituc la jn^liti^dliun de Vilalr. (]ni ne les a rédijjés ct'pendant que pour tâcher d'échappi i a la guillotine, ces mémoires sont plus que faillies. L'auteur ne se justifie pas d'avoir participé comme juré à tel ou tel jn(j^ ment, et c'est sur ce chef qu'il était poursuivi. Il se borne à raconter tout ce qu'il a vu , su ou entendu, k la chaire des membres du comité. Plusieurs des fiiits et des convocations qu'il rapporte sont très^urieux et caractéristiques. CSomme ils se trouvent d'accord avec d'autres témoignages d'une véracité inoonte»> table, nous les avons reproduits. Dans le procès de Fouquier, Vilate fut accusé d'avoir dit : « Quant à moi, je ne suis jamais embarrassé, je suis toujours convaincu , » et un jour que les d^ bats se prolongeaient au delà de riieura où les jurés allaient d'ordinaire prendre leur repas : « I>es accusés sont doublement coupables, car en ce moment ils con^ipirent contre mon ventre, n On ne lui tint pas compte des sentiments de repentir et d'humanité exprimés taiiliveuïent dans ses brochures, les jnopos atroce> (pi ii a\alt tenus le Hrent envoyer à l.i mort, a\e( (piinzô autres nRMnbres du tribunal révolutionnaire (17 Ûorcal au 111- 28 mai 17U5).
« V orage grondait sur la montagne; la plaine retentissait de sifflements; la mersoolerait ses flots agités. Je m'attachai fortement à eonnatlre d'où partait la tempête.
» Je découvris qu'il s'agissait d'entamer de nouveau la représentation nationale. Le 22 ou 23 messidor, au milieu de
la place adjacente à la salle des Jacobins, était rassemblé un groupe entourant un honnne effaré; on s'écrie : C'est un assassin de Robespierre, de Billaud-Varennes ; il y a des scélérat>5 dans la Convetition! A peine dans la société, Billaud se retonrne et me dit : On est venu chez moi m' assassiner. — // n'est pas étonnant qu'on en veuille à tes jours, répliquai-je, 5 // y n des scélérats dans la Convention ! — Mommeles. — Je ne les connais pas. Cette manière de répondre me priva d'obtenir des éclaircissements. Naulin ' dirait aux Jacobins : // Jaut chasser de la Cçnvention tous Us hommes corrompus.
» Le soir où Barère présidait la société, le voile tut entièrement déchiré : il me prie de lui faire venir ses rapports sur lc^s victoires; je vais les chercher et les lui remets à luimême. Il jouissait d'avance du plaisir d'émouvoir la société et les tribunes. Vaine erreur! Robespierre occupe toute la séance par un discours artificieux, fait pour tromper les hommes même ëdairés. Barère souffrait; sa réputation politique fût attaquée, compromise. Après la séance, j'accompagnai Barère dans son laboratoire, voisin du cmnité de salut public. Tout défaillant, il s*étend sur son fauteuil. A peine il pouvait prononcer ces mots : Je suis soûlées hommes; si J'avais un pistolet!... Je ne reconnais plus que Dieu et la nature. Après quelques minutes de silence, je lui fais cette question : Quelle a pu étre.sa raison de f attaquer? La crainte et la douleur ont besoin de s'épancher. Ce Robespierre est insatiable, dit Barère; parce qu'on ne fait pas tout ce qu'il voudrait, il faut qu'il rompe avec nous. S'il nous parlait de Thuriot, de Geoffroy, Hovère, Leeoinire, Panis, Cambon, de ce
' ^ksulin fut subdtilut de i'accuHaieui- jiubitc prè« le U-iLunal révulutionuiie. Plm heareas que Vilate, il Au acquitté.
Monettier qui a vexé toute ma famille, nous nous enten^ drions; qu*il demande encore TalUen, Bourdon de l'Oise ,^ Legendre, Fréron, à la bonne heure.,., mais Vuval, mais Audouin, mais Léonard Bourdon, Vadier, Vouland, il est impossible <ty consentir! ^ Ce sont donc là, répliqiiai-je, les scélérats, les hommes corrompus de la Convention?... Nous Dous séparâmes, lui dans un accablement aflreaz, moi consterné de ce que je venais d'entendre. — Rentré dans ma chambre, j'écris les noms des TÎcItaMt désignées, an milieu do trouble '. » (Causes de la Révolution du 9 thermidor, p. 40.)
On peut su|)|)(),M r que loin d'i'tre consti t ué ilt- celtt> cojifi- , ileiuf, Vilate .sV-m pressai de la mettre a profit, en «Hrixani les nunis qu'avait prononcés Barèru et en se faisant valoir lomuic le dépositaire des intentions secrètes du comité. Celui-ci seuipressa de lui fermer la boudie, on sait comment.
26 MESSIDOR (14 iUtLLBT).
l/ép()(jin' (le l'annivi-rsaire du 14 juillet, prise de l.i Bastille, approi liait. Ou demanda ù M. J. Gliénier les parole:» d'un hymne guerrier et h Méhul la musique. Le poëte et le musicien eurent à peine le temps , l'un d'écrire, l'autre de composer. Cependant, au jour indiqué, l'hymne était chanté au milieu d'un enthousiasme indescriptible. L'efiet était surtout prodi^ux sur ce vers:
Le peupla souverain a*avaoce !...
Ah î sans doute la terreur opprime les citoyens, installe l'injustice et le meurtre dans le prétoire du magistrat, dresse la guillotine partout, et partout sème la misère et la faim, mais
1 11 ajoute : • Ce discours de Robespierre me parut aToir pour objet d'amener Barère à les feir par la terreur, ou de le perdre •*>! e'obstiDeit dans sa résisianoe. ■
LA RUE, LB CLUB, LA FAMINE. 4t7
tel est rhéiolsine de k Intte dans laquelle U nation est en- {jagée, que sa grande âme t'aperçoit à peine des oonps qui sont portés anx membres du corps social et qui doivent l'épuiser. Chasser Tctranger, se voir libre sur une terre affiranchie, voilà
son premier besoin. Sitôt qu'on touche à la fibre gnerrière* elle oublie Robespierre, elle oublie Fouquier; elle ne se sent plus frappi'^o par ùerrière, lorsqu'elle s*élanoe à l'ennemi et qu'elle le voit iacc à face.
a LE CHANT DU DÉPART.
BTHnB VB OCBaSB.
Parolet de Chénicr; musique d* 11 Ant.
La victoire en rhantant nous ouvre la barrière,
La liberté ffiiidc nos pa» ; Et du rSonI au Midi la trompette {{uerrière
A sonne l'heure des combats.
Trembles, ennemis de la France,
Rms ivres de sang et d'orguen.
Le peuple souverain s'avance ;
Tyrans, descendes au cercueil I
La République nous appelle ; Sachons vaincre , ou sachons périr.
Un Français doit vivre pour die; Pour elle un Français doit mourir.
CUOKUB OB OCBHBlSaS.
La République nous if»pelle j
Sachons vaincre, on sachons pdrir.
Un Français doit vivre pour elle; Pour elle un Frunçuiii doit mourir*.
rSB ItiaB DB rAMILSB.
De no» yeux niatcrurls ne crai{;Me/. point les larmes;
Loin de nous de làclics doub ui s : Nous devons triompher quand vou» preues les armes;
C'est aux rois de verser des pleurs.
I Après chaque strophe le choeur des guerriers, des vieillards, des épouses et île* jMOis ailM r^M MMcasiimMal et rtfrsia
Nous vous avouit donne lu vie ; Guerriers , elle n*e«t plat i toim ; Tout To» jonn «ont à U patrie ; Elle est votre mère avant nous.
CaOBOm DBS MÈaSS DB FAMII.LBt
La République tous appelle ; ' Saches vaincre , ou sachez périr, etc.
DKr X V IKILLAIUIK.
Que le fer palornci arme la iiMiii des braves;
Son{;( / il tii>Ms aux rliatiips de Mars : Consacre/, dan» le Aaii(j des ion el des esclaves
Ce fer bénit par vos vieillards.
Et rapportant sons la chaumière
Des blessures et des vertus,
y eu*/, fermer notre paupière
Quand les tyrans ne seront plus !
CnWrR DES VIEILLARDS.
La R. piililiijiie vous a|(jielle; • Sachez vaincre^ ou saches pJrir, etc.
CV BSFABT.
De^Ilarra, de Viala, le sort nous tait envie;
Ils sont morts , mais ils ont vaincu.
Le lâche, accablé d'ans, n'a point connu la vie ,
Qui meurt pour le peuple a vécu.
Vous êtes vaillants, nous le sommes :
Guide/.-noufl contre les Ivrans;
Les républicains sont des hommes,
Les esclaves sont des cufants.
caœva dbs brfaiits.
La Re|»iil)li<[ue nous appelle;
Sachuii» vaincre, ou sachons périr, etc.
CBB éPOVSB.
Parlez, vaillants époux, les (-(iriili>it> ^ont vos fêtes Partez, modèles des guerriers :
Nont cndlleroiu des Ûean pour en ceindre voe t6te«; No» main* tresseront vos lanrien.
Et »i le temple de Mémoire
S'ouvrait à vos in;'iiiOH vainqueurs.
Nos \ i-))aiitt>r(Mit volro (jloiro, Et nos Hancii purtent vos vendeurs !
CnOBOII SIS ÎPOVSBS.
La République vous appelle ; Saches viuncre , on aadiex périr, etc.
V«B JIUKK PILLI.
Bt nous, soeurs des héros , nous qui de Thyménée
I{jnorons les aimables nœud» , Si pour 8'iinir un jour à notre (leslinrc Le» citoyt'us forment <li*.s v<rux , Qu'îIh reviennent tlan» nos nuiraiiles Beaux de gloire et de libelle , Et c|ue leur sanç dans les batailles Ait coulé pour l'^^ilé.
caOKCR I{ES JBUSIBS FILLES.
La République vous appelle ; Sacheic vaincre, ou sachez périr, etc.
TROIS cckrhikhs.
Sur ce fer,, devant Dieu, nous jurons â nos pèreS,
A nos t-pouscs, à nos sirurs, A nos représentants , à nos Hls , a non nieres , •
D*anéantir les oppresseurs.
En tous lieux, dans la nuit profonde,
PlonCfeant Tin^me royauté,
Lee Français donneront au monde
Et la paix et la liberté.
C II OE l' R C K M K n A L.
La République nous appelle; Sachons vaincre, ou haciioiiH p<''rir :
Ln Français doit vivre pour elle ; Pour elle un Français doit mourir.
PARIS BN £79».