THERMIDOR (29 JUILLET
«.Le mot (le Terreur est proscrit; les comités révolutionnaires, les tribunaux et les coininissions niililnircs emploient les derniers jours qui leur restent k résister v)<ilemment. Nombre «le monfa{;iianls sont itieatvéït's. l'ivroii appelle <"ontre eux les jeuues {;eiis de Paris, qualIHés de ffuncssc dnrce, (pii tons portaient (les ( ollets noirs, n (Frudhoiuiiie, Histoire impartiale des hcvnbitions de France.)
Barras offi-e s<i (iémissiun du cominaiidcmeiit général de la force armée de Paris.
Le même jour, Uonlaiider, {|éuéral de bri(^ade, Sijas, adjoint à la comuiissfon des aniu'es de terre, et soixante-tieuf membres de la commune de Paris, tous mis bon la loi, sont décapités sur la place Louis XV.
Le lendemain, donzc autres ont le même sort.
13 TIIERMIDUH (31 JUILLKT).
Rapport du décret qui permettait aux comités de feire arrêter les députés sans un rapport préalable, u Souffirtrez-vous , dit André Dumont , qu'un complice de Gatilina, que Oatvid , ce tyran des arts, aussi lâdie qu*il est scélérat, siège encore dam votre comité de sûreté générale? » (André Dumont n'était (pière moins haïssable que David.) La Convention voie le remplacement de David, Lavicomterie et Jagot, au comité de .sûreté générale. — Le(jcudre, Merlin de Tliiouville, Goupilleau du Fontenay, André Dumont, Jean de Ury, Bernard de Saintes, finent nommés le lendemain au romité de sûreté j;<'néralciTalIien, Briard, Eschassenanx, Laloi, Thuriot, Trcilbard, mirèrent nu comité de salut public, qui devait être renouvelé par <piart tous les mois. Il fut établi en outre qu*on ne pourrait être réélu qu'un mois après éire sorti du comité.
DISPOSmON DES LOCAUX 01l*OGGirpAUBllT AUX TUILRIUBS LES COMITtS DE SALUT PUBLIC ET DE SORBTt OÉNtEALB.
Un auteur royaliste a donné des bureaux des comités de salut public et de sûreté g^énérale une description à laquelle nous empruntons les détails qui suivent :
Le comité de salut public s'était [)la( é dans les petits appartements du Uoi aux Tuileries; de nombrenx corps de garde l'entouraient, et les bureaux occupaient la seconde enceinte. La nuit et le jour, des canons, mècbe allumée, étaient placés aux portes extérieures.
Un lon(| corridor, faiblement éclairé, conduisait aux antichambres. Toutes les avenues de ce comité étaient sombres, tristes, et contrastaient avec les salons où s'assemblaient les décenivirs. Celui qui pouvait parvenir près d'eux était surpris et ébloui d'un pareil chan(;emcnt; les plus beaux tapis des Gobe- Itns en recouvraient les parquets; le marbre, les bronzes dorés et les places brillaient de toutes parts ; de magnifiques pendules, de fiistneoses girandoles, garnissaient les cheminées.
Le comité était permanent, c'estpà-dire qu'il y avait toujours nn membfe autorisé à tout ordonner. Les décemTirs se réunie saient vers les dix heures du soir... Cest là que les comités révolutionnaires venaient recevoir le root d*onlre et donner des renseignements précieux; c'est là que les députés de la CSonvention venaient humblement solliciter des missions dans les départements; ils luisaient antidiambre et se tenaient respectueusemciit sur le passage de Robespierre, attendant et recherchant de lui un regard de bienveillance.
La représentation nationale était entièrement dans ce comité. La Convention n'était qu'une sorte de place publique où les mesures étaient proclamées. Beaucoup d'issues, de couloirs et de salles étaient presque toujours encombrés de paquets et d'objets de tout genre, provenant de diverses captures, ce qui frisait ressembler à un mont-de-piété.
Le comité de sûreté générale attirait la plus grande foule. Continuellement assié(;é par des familles en larmes, il les repoussait avec brutalité et férocité. Il ne s'y faisait rien qu'après av<nr obtenu l'cMrdre ou l'approbation du comité de salut public.
Il (allait franchir plusieurs guidbeto pour arriver à la porte du redoutable cabinet qui ouvrait ou fermait des milliers de bas» tilles ou de cachots. Des architectes étaient occupés à tracer dei plans et devis pour de nouvelles maisons d'arrM. — Le comité de sûreté générale était le centre où venaient aboutir tons ks comités révolutioniudres de France.
14 TMERMIDOB (1* AOUT).
Lecointre fait rapporter à Tunaniinité par la Convention la loi dti 22 prairial sur la nouvelle oqjanisatiori du tribunal révolutionnaire. Fn'-roii s'(''('ri»' : n Tout P.iris rt-rlanir le supplice d«' Fnui|uier-Tinville. Qu'il aille ( incr dans les crilcrs le sanfj qu'il a vers*''. » — II est drcirir qur l'diKjiiicr st'ra incarct'ré et traduit floxant le tribuu.il rt'voliifioim.utc renoiivelf. Propi.-ition de rétablissenieiit «le douze roiiilti > de la (^>uveiitioii . dont \v> travaux serout relatif:» aux opérations des douze coumii:>sions executives.
15 TOEaiiiDOR (3 août).
Dénonciation des habitants de Cainl>rai contre le déput«^ Joseph î>ebon. Charles Delacroix ricitiTpelle et lui deujaude s'il n'a pas eu la barbarie de tenir un hoiinue sous le couti>au de la (guillotine tout le temps n(''ces.saire pour lire des nouvelles? I^ebon répond qu'ayant reçu la nouvelle d'une victoire, il monta pour la lire sur le balcon de la Ck>médie, et qu'en même temps , le condamné étant arrivé, il voulut lui feire emporter à la mort la dottlenr de nos tuooès. Son arrestation est décrétée. Sur Tobiervation d'un membre que le Jloi David est encore libre , on vote également celle de David.
Rapport de poUee,
« Uesprit public est ezceUent; les événements da jour loi ont donné une nouvelle énergie et mettent en garde tout les citoyen^ contre lae abus d'aveugle confiance.
LA RUE, LE CLUB, LA FAMINE. kW
V Chacun manifeste sa satisfaction sur les mesures prises par la Convention nationale. L'on demande Vépuration totale des membres du tribunal révolutionnaire, que Ton nomme aujourd'hui le tribunal de sang,
» Le citoyen Bfauclair, graveur, travaillant aux
assignats, s'est donné un co.up de pistolet, et, s'étant manqué, a pris son rasoir et s*est coupé le cou. Il est mort en entrant à Thospice. Ses adieux finissaient par ces mots : La Uheni est perdue, je meurs pour elle; mes deux pistolets viennent de rater, je recommence \ »
LS PRÉSIDENT, l'aCCUSATEUR PUBUG, LES JURÉS DU TRIBUNAL RÉVOLUnONNAIRB, LRVR8 MOEURS, LEUR PANILLE.
Le peuple avait , le 15 thermidor, donné au tribunal révolutionnaire répilhèCe qu'il retiendra dans l'histoire : le TVtfruna/ de sang»
Mous avons reproduit le tableau des meurtres juridiques commis par lui. Entrons maintenant dans quelques détails :
Quel appftt offrait-on aux juges et aux jurés pour leur &ire exercer leur affreux rainistèret CSes juges étaient-ils des hommes ou des bétes féroces?
Le traitement des ju^^es comme le traitement des jnn's avait \ été porté par le discret du 24 juillet 1793 à dix-huit livres par jour. Ceux du président et de l'accusateur public étaient de dix* huit mille livres par an. La di\ ision du tribunal en quatre sections, le nombre <l«'s jii{>(;s porté à seize, des jurés à soixante, dfs substituts (it> racrusateur puhlir à cinq, des Commis greffiers à huit, m- inodilirrent pas les traitements.
Autres ronst'ijjnonu nts inatt i iels :
L'accusateur public avait son appartement au palais de justice où se trouve aujourd'hui encore le cabinet du procureur général.
I Ce rapport porte encore en titre : Rapport de ta turveiUance de la po-
lire. Miù-i à partir ilii i7 tliormidor, los r.ipports pi emipitt ce titre : Rapport , gênerai de iu surveillance de la poitce itbCK>ÉaKfc:. C e^l une puritication el une régéncratioa univcnelles.
La justice da tribniud révolutionnaire était composée des chambres suivantes * :
Les chambres du président et du Tioe-président , Celles de Faccusaienr public et de ses substituts , La chambre des jurés , Celle des huissiers.
La chambre du président se trouvait aux tourelles tur le bord de la rivière, Celle de Taccusateur public était dans Pintérieur, ' La chambre des jurés se trouvait à reztrémité oppoeée, du ofrié
des galeries du palais,
La quatrième, dite des huissiers, était en face de la ftorto d'entrée de la (jrandVliambre , vis-Â-vis de l'est-alier dérobé qui descend dans Pintérieur de la Conciergerie. Cest par cette issue que Ton faisait monter les prisonniers au tribunal; aprî's leur condamnation, ils «'taient réint»''(jré8 dans la Concier^jerie p.»r le même rst alior; ils t'u sortaient quelques heures après pour être condiiiiN .111 |)|)li<'c.
I.I-SJIUV& muntaieut déjeuner chez Je concierge, qui tenait uue buvette.
Les pri.s«)nniers ('-taient dans Tinterxalle entcruxés dans une chambre, sons la (j.uile d antani de {gendarmes.
Les liiiissiers dn tribunal a\. lient : 1" à rwevoir tons les prisonniers ; ""2° à evéïMiter le niandal soit iWimrncr, soit tl arrt?!. — Ils avaient des eleres chargés de l.i lranM'ri|)tion des actes d'socusation ; dix, quinze rangés autour d'une table ronde, écrivaient sous la dictée le uièuie acte signifié parfois à vingt, tivnte accusés.
Tous les matins, les huissiers descendaient à la Concier/jerie accompagnés d*antant de gendarmes qu'il y avait d'accusés à traduire ; cbaque gendarme prenait on aceusé sons le bns et le conduisait au tribunal.
Un huissier s'emparait des condamnés, les remettait à resécoteur, assistait à rexécution, et dressait du tout un procè»wlial>
Telles étaient les fonctions. Passons aux hommes qui les ont exercées.
Le tribunal a eu deux présidents jusqu'au 9 thermidor : Herman et Dumas.
t Les Tuileries f le i'emple , le Tribunal rëfoiutioimaire ^ la C«»"<"'^''* gerit, in-8", 1814.
i^iyni<-Cd by C^O
Herman, — rancîen président du tribunal pendant le procès de Marie-Antoinette, a publié, pour défendre sa tête qui devait tomber le même jour que celles de Dumas et de Fouquier, un mémoire justificatif auquel nous empruntons les renseignements suivants relatifs à son genre de vie. Répondant A un des grie£i de Taocusation, il s'écrie :
« A l'en croire, j'aurais donné à souper à 29 personnes le jour où la section a Jait ses repas civiques : Le Bas j aurait été.
» Impudente calomnie ! Mon trère, ma femme, sa cousine, sans invitation, mais parce qu'ils se trouvaient là, deux garçons de bureau et leurs femmes, étaient les seuls convives. Un morceau de b(euf froid, un plat de haricots, une salade, étaient les mets. Depuis que je suis oommissaire , il est arrivé deux ou trois fois que trois ou quatre personnes ont mangé avec nous. Je n'ai pas trois douzaines d'assiettes, je n*ai que cinq serrices d*aigent et trois d^étain... — Du ministère de rintérieur Ton me transplanta dans une des douae commissions exécntives; mon petit mobilier était toujours sur les crochets...
» Pour bien juger un homme il £But IcToir auùi dans son déshabillé ; un mot sur ma vie privée ne peut pas être déplacé
» J'ai un petit {garçon de quatorze mois, je l'ai nommé Aristide; s'il m'est permis de l'élever, il sera digne de la liberté et de la patrie.
» Le donieatique du commissaire était composé en tout d'une srrur à sa femme, née comme elle au village, et dont les manières grossières encore auraient elFarouché, déshonoré même autrefois le plus simple bour(^eois.
» Notre ménage était composé de trois personnes , nous tirions de la boucherie, comme tout citoyen, trois livres de viande par décade.
» Je ne mangeais point dehors, je ne domiais point à manger; je ne visitais personne, je n'étais pas visité, tous mes moments, toutes mes pensées étaient à la République;
5()2 PAKIS EN 179*.
toute ma jouissance dans ma famille, dans raccomplissemeDt de mes devoirs publics. »
Dumas, — ancien prêtre, <|ui remplaça llmnan, «>tait fort craintif. Il sortait toujours accompagné, comme F'ouquier. Si ou venait frapper à sa porle, il ne l'ouvrait pas. Par un guichet (grillé, semblable à relui d'une |)rison, il ré[)ondait à ceux qui venaient implorer la justice.
Nous ne rroyons pas que eette manière de vivre fût de natim^ ù faire envier le |x)uvoir des chefs de la plus puissante juridiction ([ui ail jamais existé.
Fouquicr-TinvUie. — L'existence de Fouquier était-elle pln> agréable? Ce qu'il faut constater d'abord , c'est l'effrovable travail dont il était accablé, u Le tribunal, dit M. Campardon, était surchar{;é de U^sogne. Fouquier-Tin\ ille, doué d'une dévorante activité, faisait tout faire dans ses bureaux : les mandats d'arrêt, la rt'tlaclion des actes d'accusation, le choix des jurés, tout euHu était soumis à la surveillance du terrible accusateur. Aussi les euiplovés du parquet passaient-ils presque toutes les nuits au travail, n Fouquier leur fit donner par la Convention, le 25 frimaire an II, une augmentation de traitement. Cet horrible Fouquier était père de famille. Dans un des mémoires justificatifs «ju'il a publiés, il dit : «Je u*ai absolument rien. Cependant j'ai eu du patrimoine |>our plus de cinquante mille livres ' ; j'ai exercé un état avant la Révolution où on pouvait l'augmenter : eu ce mometit, je n'ai que des dettes, et pour tout |)atrimoine une femme et cinq enfants, dont deux jumeaux de vingt et un mois qui ont besoin de mon secours. "
Le soir, quand il sortait de son cabinet ou du tribunal pour se rendre au comité de salut public, il était {larfois saisi d'hallucinations effroyables. Il regardait la rivière avec épouvante, croyant y voir non de l'eau, mais du sang. Il n'approuvait pas tout; il lui arriva de blâmer Robespierre de la brusque solution du procès de Danton, de la loi du 22 prairial; il sentait bien qu'il finirait par y passer lui-même. Mais en face de l'accusé, l'instinct de tigre qui est au fond de l'accusateur public reprenait
' Il l'avait g.i«jHllé.
Googk
son empire. Il ru|;issait, lorsqu'on ttulait de lui ravir sa proie ou lorsque la xictinie prétendait se détendre.
Enfin le jour v int ou il dut descendre à son tour dans l'abiine OÙ il avait précipité tant d'innocents. A son aspect, les prisonniers de 1a Conciergerie éclatèrent en invectives et en menaces. Le conciexiBfe dnt enfermer Fouquier dans une chambre pour le soustraire aux mauvais traitements | et c'est de là que le misérable écrivait à la Convention : « Depuis seize mois que j'ezeroe les fimctions d'accusateur public, j*ai dressé l'acte d'accusation de Marie- Antoinette, et je l'ai feit frapper, ensemble tous les grands coupables, du glaive de la loi; moi qui ne trouverais dans aucun pays un pouce de tene pour y poser ma téte, moi qui m'ai employé jour et nuit pour asseinr la Révolution autant qu'il dépendait de mes fonctions, etc., devrais-je rester dans les fers? — Devrais-je m'attendre à un pareil sort, moi qui depuis seize mois n'ai pas fréquemment dormi trois heures par nuit?n
Certes, une telle existence, mêlée de tant de soucis, de remords et de fetîçues, punit déjà les bourreaux et venge les victimes! — sans parler de la nu>rt des monstres et de Texécration du genre humain qui poursuit leur mémoire à travers les siècles.
Ce n'était pas la fortune, ce n'étaient pas les jouissaïu es matérielles, ce n'était pas même une cruauté naturelle <jiii attachaient ces hommes h leur fonction sauffuinaire : — (jiioi donc? C'était le pouvoir! Les lâches et les per\ers ne résistent pas à son enivrement. La terreur a sa majesté, dont on aime à s'envelopper comme de la puissance de Dieu.
Kefitont les jures. Ceux-ci étaient des enragés ou des brutes. Les lirules se déclaraient la consiience parfaitement tranquille, du moment qu'ils touchaient dix-huit livres par jour. La somme est faible, mais les gens qui recherchaient ce salaire valaient si peu! Pour donner une idée de cette valeur des jurés, il suffira de rapporter la lettre de l'un d'eux, que M. Gampardon a publiée dans son WsUm du trUmnal révobtdonnaîre. Le menuisier Trincbard, qui siégea jusqu'à la loi du 22 prairial et fut ensuite promu aux fonctions plus importantes de président du comité révolutionnaire de sa section, r^^ardail les accusés avec lacnrio* sité qui conduisait an Cotisée les prolétaires romains pour le
divortis^i mcnt desquels on jetait les chrétiens aux béte>. Il ne lui venait pas à l'esprit que des accusés pussent être acquittés, el il invitait ses amis avant le procès à venir voir les condatnnés à mort. Vingt et un membres des parlements de Toulouse et de Paris , Thouret , Déprémenil , Lechapelier , Lamoignon de Malesberbes et toute sa fitmille, furent, par lui et par les brutes ses collèg^ues, qui lui ressemblaient, envoyés A Pécbalkud. Trinchard voulant régider sa ièninie de la vue de ces beaux messieurs encore vivants, lui écrivait :
« Si tu nest pas toute seulle et que le compagnion soit a travalier tu peus ma chaire amie Tenir voir juger 24 mesîeurs tou» si deven président ou consdies au parlement de Paris et de Toulouse. Je t'ainvite a prendre quelque cbogeaven de venir parcheque nous naurons pas fini de 3 hurres.
» Je tembrasse ma chaire amie et epouge.
» Ton mari,
» Trinchabd
Ce juré Trinchard fut acquitté pan le tribunal qui condamna Fouqnier. Il s'était déclai^ t homme de ia nation! Sa simplicité et son orthographe justifiaient Tépithète.
16 TBBBIIIDOR (3 AOVV).
Suspension du décret qui exclut les nobles et les prêtres des fonctions publiques. — Le comité de salut public présentera la liste de ceux de ces citoyens qui peuvent être utiles.
17 ET 18 THEHIUDOR (4 £T 5 AOUT).
Décret : Il est enjoint à toutes les autorités constituées et à tous les fonctionnaires publics, civils et militaires, d*envoyer
> Àftkives de VEmfir*, canon W. 500.
îHi comité (le saint public, dans la décadf, copie des différents arrêtés pris jusqu'à ce jour par les représentants du |>cuple qui ont été et qui sont on inis-sion. — A la Convention, Fréron demande par motion d'ordre que rhôiel de ville, ce Louvre du tyran Robêqtierre, soit raié. — On Ini répond : Funiaet let ermimel$, et ne démoUuet nm. C'était un pro(jrcj.
— Décret portant que tons les 'détenus qui ne sont pas compris dans la lot du IT septembie 1793 seront mis en liberté par le comité de sûreté {générale; et que oe comité j les représentants du peuple et les comités révolutionnaires seront tenus de donner aux détenus et à leurs parents les motifs des arrestations.
Goffinhal, vice-président du tribunal révolutionnaire, mis bors la loi , est exécuté sur la place de la Révolution.
On lit dans un des mémoires justificatifs de Fouquier qui répond à l'accusation d'avoir été le complice de Robespierre dans la prétendue conspiration du 9 thermidor, au sujet de GofBnhal : « La fuite du monstre Coffinhal , le dernier des cbeft de cette conspiration, me formait un poids sur le cœur; avant mon arrestation comme depuis, j'ai toujours manifesté le plus vif désir qu'il fut trouvé. Ce monstre a été enfin arrêté. 11 est arrivé à la Conciergerie tlans la nuit du 17 au 18 thermidor, vers deux heures du matin ; il a été mis dans le même corridor on je suis, et dans une chambre à dix pas de celle que j'habite sons la {j[arde des {^endarnies; il n'a cessé jus<|u'à l'heure de cinq heures de relevée du 18, de se li\ rer aux reproches les plus amers contre Hanriot et autres conjurés, de rendre compte de tous leurs projets liberticides et monstrueux, de se vanter qu'il avait eu à sa disposition dix-sept compagnies de cauonniers, que sans l'ivresse d'ilanriot ils auraient réussi, etc.; lui, qui a cité tons les noms des conjurés, aurait-il oublié le mien?»
Gtilfinhal était un bomme intelUnent, très-résolu et très^nei^ 0iqne, et un des plus cruels parmi les hommes de sauç. Il est fort probable que le 9 thermidor eût tourné tout autrement, si les canonniers eussent été commandés par lui au lien de Fètre par Hanriot.
PARIS EN i7*Jk.
Rapport du 18 thermidor,
u Ciiaciin parntt satisfait de la i'éor(jani$ation du tribunal révolutionnai rc. Ou cite particulièrement les nominatioiis du président et de raccusatear public.
* ... On se plaint de ce que Ton Toit heaacoup de soldats, d'officiers de différents corps et de jeunes gens de la première réquisition , se promener dans Paris. On ajoute que ces hommes n*étaient venus que pour favoriser le projet de Robespierre.
» ... Le bruit s'était répandu que le citoyen Julien de la Drôme, représentant du peuple, s'était donné quatre coups de canif, dont un seul était avant dans la chair ; un inspecteur s'est transporté sur le lieu , et parlant à Tëpouse de ce citoyen, dont le cœur était gros et les yeux hai(|nés, il apprit qu'un événement arrivé à son fils, â{jé «le dix-neuf ans ' (sans lintre éclaircissement), avait occasionné une fièvre violente au citoyen Julien duut il était encore agité. ■»
19 THeaMiDOR (6 août).
Dt'crct : il n'y aura plus de connnandement général ni de chef de Ic^on de la (farde nationale de Paris.
21 TiifciiMiuon (8 août).
Extrait du rapport de pofiee,
u Le commissaire de police de la section des Quinze- Vingts rapporte que faisant sa ronde dans les maisons d'arrêt de son arrondissement, il a remarqué que la joie était générale
< 11 •'agit do G<lèbr0 Jnlliflii qui t*eti fait appeler Jnllien de Parit, « qne lliialorian peut appeler Jnllien de BordemUf car c'est à Bordaata qa*fl s'est acquis la trisM notoriété qui s'attaclie h son non.
parmi les détenus, que la gaieté brille dans leur cœur, qu'ils bénissent la Convention et les autorités régénérées, qu'ils juient de mourir pour leur défense.
I* Paris jouit de la plus grande tranquillité. »
LES SOLDATS AÉCOMPENSBS PAR LA aÉPUBLIQUB.
On a, de nos jours, inventt^ bien des m oy(>n$ pour stimuler et récompenser l'ardeur du soldat. On a comblé ceux ipai avaient
le mieux prouvé leur mépris de la vie, de tout ce qui )>out]a rendre agréable : de places, d'bonneurs, de titres et de rubans; de rubans en ti llf profusion qu'ils pourraient faire ressembler un vieux militairo i li;ni;t' do tontes ses rroix à une momie envelopp(^'e d«- ses bandelettes ou à une Madone d'Italie parée jK)ur un joiu' de fête.
Kn ce temps-là, on récompensait autrement l'héroïsme. î,a Convention avait it'cu sur celte affaire de Fontarabie dont tmiis avons déjà parlé ailleurs, anticipant sur les dates, des détails comme ceux-ci :
" Le l.î au matin, les deux colonnes de Moncev et de Laborde, auprès desquelles étaient Pinet et Cavaignac, s'ébranlèrent et arrivèrent à la vue de la montagne de Haya: mais le temps affreux qu'il fit la plus grande partie de ce jour4à, des brouillards qui empêchaient de s'aperoeroir à quatre pas, ne pennircnt pas d'entreprendre de parvenir au sommet d'une montagne presque inaccessible et défendue par douse cents Catalans et Aragonais, les meilleores troupes de l'ennemi. L'attaque fut remise an lendemain. Le soir même, ▼ers les onze heures, Farmée se mit en mardie sur deux colonnes, et après des difficultés infinies, parvint au pied de la montagne.
s Cette monta(;ne terrible a deux chemins inaccessibles, ceux d'Irun et d'Oyarson. Celui que nous prenions ne pou*
m PARIS EN 1794.
vait pas présenter Ptdëe d'un chemin : la natore paraissait s'être plu à agglomérer là des obstacles pour rendre la montagne inabordable. Nos soldats pour f; ravir étaient obligés de passer l'iin après l'autre, de se pousser et de se soutenir mutiielleincnt, de s'accrocfuM' aux t oc hei s avec le? pieds et les malus et de se tenir suspendus au-dussus de précipices aussi affreux f|uo j)rof()nds. Tels sont les obstacles contre lesquels ces hraves militaires ont eu à lutter pendant six heures avant d'être parvenus jusqu'à l'Espagnol. Avec cent hommes, des pierres, et du courage, l'ennemi nous faisait tous périr, et jamais le passage des Thermopyles n'ofiFrit des difficultés pareilles à celles que nos troupes harassées de fatigue ont surmontées avec ardeur, avec gaieté et avec le seul sentiment du désir de parvenir enfin à joindre l'ennemi, qui, après les avoiriusillées quelque temps, étonné de tant d'audace, abandonna ses camps, prés de cent cinquante tentes, et s*etifuit du côté d*Oyarson. Dans leméme instantoulesdivisionsde Moncey et deLaborde {[ravissaient le rocher pour joindreles Espagnols, celle de Fr^eviUe, auprès de laquelle était Garrao, traversait la Bidassoa avec de l*eau jusqu^à mi-ooips, sous le feu croisé de deux batteries ennemies. Nos soldats opposaient à cette artillerie formidable Tomissant la mort au milieu d'eux Tordre, le calme et l'intrépidité. Cette manière de se présenter, le souvenir de ce qni s'était passé à Commissari, et cette ardeur héroïque avec laquelle nos soldats s'avançaient au milieu des boulets et des balles qui pleuvaient sur eux, intimidèrent l'Espagnol dans ses formidables retranchements ; dans le même instant, il aperçut les divisions de Moncev et de Laborde sur le sommet de la montagne de Haya et allant le tourner par ses derrières ; la tète acheva de lui tourner. Il abandonna tous ses retranchements, dont il fit sauter une partie, il fuit de toutes parts, laissant son artillerie, ses munitions, ses magasins, à plusieurs desquels il mit le feu, et se retira du côté d'Emani. Nos colonnes le poursuivaient vive ment, et les divisions de Frégeville, deMonoey et deLaborde se réunirent à Oyarson.... Cinq drapeaux sont tombés ea» .
' LA RITE, LE CLUB, LA FAMINE. Stf»
notre pouvoir. Nous toiis les envoyons par le jeune Lamap>
que', capitaine de g^renadiers, qui a donné des preuves d'iutelligeoce et de courage dans la belle journée d'hier »
Signé : Garbau, Cavaignac, Pinet ainé.
La Convention ayant en eonnaissnncc de ces faits et voulant reconnaître, par le témoig^naçc le plus éclatant, la valeur prouvée et le service rendu, vota ce jour-là (21 thermidor) le décret suivant :
« La Convention nationale, après avoir entendu le rapport dé son comité de salut public, décrète :
« Art. l"'. — LVmée des Pyrénées occidentales a bien mérité de la patrie, principalement dans la journée du 14 tbermidor.
« Art. 2. — Les nouvelles officielles de cette armée sur la
prise de Fontarahie et des redoutes de Saint-Martial et d'Yrun seront im|)rimées et envoyées sur-len^hamp aux autres armées de la République. »
C'était un brevet de noblesse, décerné, devant le front des armées de la République, à l'année des Pyrénées orientales par I.i nation elle-même. On n'étalait pas alors une médaille militaire sur sa poitrine, mais on pouvait dire : •fêtais de t armée des Pyrénées orientales !n Ëi chacun, comprenant la valeur de cette parole, s'inclinait.
L'empereur Napoléon a adressé de bien admirables proclamations aux soldats; il les avait apprises du général Bonaparte, et relni-ci les tenait de la llépnblique.
Peu de temps après la prise de Fontarabie, le comité de salut pid)lic porta an counnandcnieiit en chef de l'armé»' le «*ollè(jue de Delaborde, Moncey. Celui-ci eut honte de devenir le 5n|iérieur de ceux dont il se croyait sufHsamment honoré d'être l'égal en titre et en mérite. H s'empressa de refuser et d'écrire à Delaborde la lettre que voici :
I C'c4t le même qui, en octobre 1808, enleva sous le feu des canon* et de la muus<|ucteric de« Anglais 1 ile de C.ipréc, par un prodige d'audace que l'aspect des lieux rend incomprclien^iLIc, ci duiu il était en quelque MMte oontnaiicr, ayant été an dee «oldatt de b Répubii^.
Lettre de Moncey, génial de division, au général de division
Detahorde, (Inédite.)
Eliioudo, le lî frnctidor de l'an II.
■ Les papiers publics, mon camarade, m'ont appris que la Convention nationale m'avait confié le commandement de cette arnu-e. Je voudrais pouvoir répondre à la confiance qu'elle veut bien placer en moi en m' élevant à ce (];rade ; mais ma fiiible santé, mais des infirmités crueDes, et surtout une incapacité absolue, rendent mon acceptation impossible. J'écris aux représentants du peuple et au comité de salut public pour les prier de me laisser contiooer de servir la République dans le grade que j'occupe actuellement. Je suis trop attaché aux intérêts de ma patrie, je tiens trop & ton estime et à celle de mes frères d*arnies. {lour accepter des fonctions que je ne >aijr;us remplir. .îe compromettrais les premiers, et je perdrais sûi t'inent ton estime et l'olle de mes camarades. >i, aveufjlé sur mes movens, j'osais penser seulement à une place d'une si haute importance.
» ISalut et fraternité ,
» MONCBT. »
Dclaixtrde répondit à Monccy :
Béponse du général Delaborde,
Inin, 14 fructidor an II.
«A ne considérer ton élévation au f^rade de général eo chef que sous les rapports d'utilité «pic <loit justement s'en promettre la RépuMique, on a trés-bieu tait, à mon avis. Tu es effrayé de l'étendue des devoirs que Ton t'impose : niais celui qui n'ose envisager qu'en tremMant l'importaïue de ses ibnctions, est hien près de les dignement remplir. "
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LA RUE, LB CLUB, LA FAMINE. Ml
Corneille, par un miracle du ^énie, a fût parler les anciens dans un langage digne d'eux* Aurail-il trouvé un dialogue plus serré, plus fier, plus généreux, que.ces simples paroles échangées entre deux hommes dont l'un ne vent pas devenir le supérieur et l'autre ne veut pas rester l'égal de son frère d'armes?...
Dans Monoey, duc*de Conegliano, inspecteur général de la gendarmerie, on ne retrouve guère l'abnégation et l'indépen* danoe hardie du grand citoyen , sauf le jour ou, par une lettre admirable, tout inspirée de INMan de sa jeunesse, il refusa au roi Louis XYIII de présider le conseil de guerre appelé à juger le maréchal Ney. Chez rin^ecleur de la gendarmerie, on peut mesurer la dégradation que Tempire a hit subir aux âmes qui avaient (jrandi au souffle des vertus républicaines. Quant àDela- Lorde il resta le même sous la rufjueuse écorce de sa première fortune; sensible et bon, sans se préoccuper d'avoir les formes (le la l)<)iilé; simplement simple; suivant le drapeau de la patrie partout ou les mobiles ardeurs de la volonté nationale Tavaient placé; trouvant toujours la République dans les camps et n'allant point où il crai(;nait de rencontrer la servilité; ne s'étonnant de rien, pas même de vivre, après tant de batailles gagnées mx perdues, tant de blessures reçues, tant d'infirmiti's acquises, conquises et bien méritées, — à travers les monta(;nes brûlantes, les marais humides et les fleuves glacés; — héros des anciens â(;es qu'on aurait dû ensevelir dans quelque vieux drapeau troué comme lui par la balle, la cocarde nationale sur le coeur, Tépée à sa droite, avec l'inscription antique :
SOS âSCIâ.
23 THsmiiiDon (9 août).
Bapporl de poUce»
« IjCs groupes sont peu nombreux, les entretiens roulent toujours sur les succès de nos armes, sur les sages mesures
' Nom recomoMiidoiM à esvs qm voudront connsltre la ^néral Deb* borde 1« beao livre de M. de Bo«iiî|oing , un de tet wdes de camp , 5Snivtnin «Thidoire eoMempormtne , i vol. in-8*, IM^.
51Î PABIS EN 17M.
de la GoDTentioo, La liberté rendue aux détenus parait resserrer les liens de la fraternité.
« Les ports ont été ooTerts à volonté. Aociin ouvrier n*j est venu travailler. Ils se livrent avec joie à la consécration
(lu 10 août.
» Des citovenncs murniumit do ce que le> rhaircuiti«*rs de la rue de la Huchelte ne dclivreut qu'un carteron de porc par personne, tandis quecliacuneen a une demi-livre dans la section des Piques. L'on désire mie répartition éjjale.
a L'article U du comité de salut public du 1) de ce mois portant que Us bouchers qui ont quitté leur domicile depuis le {•* germinal pour exercer leur profession dans les corn" munes voisines de Paris ^ seront tenus de rentrer dont le Ueu de leur domicile, a produit la plus vive sensation parmi les citoyens, qui en désirent T exécution.
• Les citoyens des faubouiigs Saint-Germain et Uarœan se plaignent de ce que les marchés ne sont pas approvisionnés. Il n*e8t arrivé le SI que 220 livres de beurre et 70 douzaines d*œufs au marché Saint<Germain. •
23 THERMIDOR (10 AOI T).
Les nouveaux jn(;cs et jurés du tribunal révolutionnaire, pré* sidé par l'avocat Dopsent, entreront sur-le-champ en activité. Deux jours après, le 25, le tribunal était installé.