‹ Paris en 1794 et en 1795Chapitre 43 sur 47 · MESSIDOR · texte numérisé non relu

MESSIDOR

19 JUIN AU 18 Juillet.

2 MESSIDOR (20 lUIll).

Bapport.

«Le nommé Picard, demeurant rue Montmartre, ii* 682, a été conduit hier à Thospice de l'Humanité par ordre du commissaire de police de la section Lepelletier. Il était tombé de besoin à dix lieures du nuitin, rue de la Loi, en face de celle de Ménard, il n'en a été relevé qu'à sept heures du soir; on Fa porté sur un brancard. »

3 MBssuMm (21 juin).

Bapport général. — La paytam*

« Nous voyons par les rapports de ce jour que dans celte grande cité le calme s'est soutenu pendant la journée d'hier.

LA H0£, LE CLUB, Là FAMINE. 569

comme les jours précédents; mais nous y remarquons en même temps que, toutefois sans menaces ni agitation marquée, les plaintes et les murmures recommencent, toujours à Foccasion de la pénurie du* pain et du prix exorbitant de toutes choses, qui s'accrott tellement, qu'on ne peut plus en approcher en quelque sorte avec des papiers dont la nullité parait s'opérer de jour en jour. Quelques inspecteurs ont remarqué que dans beaucoup de boutiques les marcliands continuaient à refuser de changer ou de prendre même pour comptant les gros assignats. Cette réaction est opérée ici par le refus que l'on prétend être Fait par les gens de campagne pour l'échange de leurs denrées contre toute espèce de papier: toutes ces causes excitent un mécontentement très-marqué. »

Tandis qu^on se plaignait de la rap^icité du paysan, tous ceux qui ont observé les effets de la Uévolutioii française constatent l'immense amélioration qu'elle avait apporlin; à la condition des gens de campagne. Mademoiselle Hélène-^Iarie Williams, entre

autres, écrivait dans son Aouveaii Voyaye en Suisse : « La

Révolution française semble avoir été faite pour le cultivateur ftaiir.iis. Pendant que le clerj'é, la noblesse, les rentiers, ont été ruines; pendant que le connnerce , ami de la paix, a été roiitrarié, iniei rompn par (b; «"oiitinueMes secousses politiques, le laboureur, émancipé de toutes les gènes féodales et de la servitude personnelle, déchargé de taxes onéreuses multipliécN sous mille formes différentes et dont (|uelques-unesentrainaieut le déshonneur, délivré des vampires du fisc (|ui seud)!aienl sucer le cadavre de la misère avec d'autant plus d'acharnement qu'il était plus épuisé, le laboureur, dis-je, plus que tout autre doit saluer

l'aurore de la liberté Le château était livré aux flammes, sa

« haumière était resptîctée; presque toutes les propriétés étaient xiolées, celle du cultivateur, à l'exception de quebjnes réquisitions, demeurait intacte; les villes regorgeaient de bourreaux et déjuges, la plupart des campagnes ne les ont jamais vus.

n Pendant la longue durée de la dépréciation du papier-monnaie, le fermier payait avec le travail d'une semaine le fermage d*une année; et ce bénéBce désordonné le mettait souvent à port^ de devenir Inl-mème acquéreur de la terre dont il n'était

m PARIS EN 1795.

aii|)ara\aiil <i«u' !o locataire. Assez égoïste pour lin-r tout le p.ii ti possil)lo tics (•irtoiistaiicps, en inôiiii' teiii|)s ([ii'il s'acquittait <lu ferina(;i' eu papier, il ne vendait ses denrées que pour de l ar- {jent, et le propriét.iiie allamé était lorcc de se défaire de son ar(;i'nterit', de ses meubles, |K>ur acheter le blé de ses propres terres et nourrir sa Famille et lui. Le retour des espèces Ta dé> livré de la misère; les fermiers payent en ar(;cnt, et cela doit leur être facile après ce qu'ils en ont amaasé sont le rè^edn papier. Les fermiers forment à présent une classe de paysans aisés inconnue jusqu à présent en France, et leurs femmes, leurs filles, qui allaient autrefois nu-pieds, à présent montrent fièrement une bonne chaussure, des dentelles, des boucles d^oreîlles, et surtout des croix d*or, témoignage de leur vanité enootne plus que de leur foi. n

9 MESSIDOR (27 JIIN).

Bapporî général,

u Les inspecteurs de police dans leur rapport de ce jour nous présentent la position de Paris toujours calme et tranquille ; ils nous parlent très^peu aujourd'hui de l'esprit public sur les afifoires politiques. Toutes leurs observations ont pour objet de nous entretenir de la ruine publique, relativenient à la cherté des denrées et marchandises, tellement haute, tellement progressive, qu'elle paraft ne plus avoir de bornes, ce qui fait dire à beaucoup de citoyens: « 11 faudra donc pour vivre être voleur on agioteur? » Les a^jents de police ont encore remarqué que le public continue à se plaindre trèsamèrement de la libre exposition du pain, que Ton vend pul>lir|uemeut et avec une espèce de din-elé dans les cours du palais Kfjalité et autres lieux à sci/e tian(> la livre; de là ce propos banal : « Il n'v a plus (jue les ricbes qui pourront subsister. • De là encoi e des (liscuui's tre>-vioIenls contre les yens de canipu(;ne, taxés de la plus liorrible cupidité et accusés d'être des sangsues publiques, ainsi que ces fripons d'agio-

LA RUE, LE CLUB, LÂ FAMIiNË. 565

teurs de profession qui Tiennent tout récemment d'imaginêr une ruse diçnedebrigandsde leur sorte; cettecoquinerie»d*iuie espèce absolument neuve, consiste, de la part de ces roattres jurés filous, à faire courir le bruit, dans le moment favorable

où les sots viennent apporter montres et bijoux, qu'on cerne le jardin ; alors c'est de courir et de se sauver à toutes jambes les mains pleines, et les niais de re^^arder et de voir emporter leurs ettets. »

11 MESSIDOR (29 juin).

Extrait du rapport tjcncral.

«Dans un de nos rapports précédents, nous avons dit que le

public se plaignait très-amèrement de ce que Ton vendait du pain à seize francs la livre; à cette observation {jfénérale nous ajouterons aujourd bui un lait jjarliculier cité par Compère : un bomme, dit-il, se plai(jnant de n'avoir pa^ niante depuis vingt -quatre lieincs, s'empara d un pain expose eu vente sur la place du palai-i K';alil»i et le man(;ea en présence de beaucoup de femmes qui l'applaudirent. En vain la marchande voulut-elle défendre sa marchandise ou la faire payer, elle en fut empêchée par plusieurs individus. Compère ajoute que lui-même, en sa qualité d'inspecteur, voulant faire parler la loi qui maintient le respect dû aux proprié* taires, il a été insulté et forcé de se retirer dans un cafSé voisin, où il a entendu les consommateurs qui s'entretenaient de ce fait dire qu'il était fort dur de voir du pain ayant iaim et de ne pouvoir en manger ; que ce commerice scandaleux et trop libre semblait, en insultant è la misère publique , provoquer les troubles et le désordre. »

19 MESSIDOR (7 juillet).

Extraits du rapport général.

• Pain. — La portion la plus ordinaire ost de six or>re^. Cependant « liez Gilbert, siour de Gravillicrs, onreçuit constamment iiiput's plusieurs jours nne demi-livre,

» Le commissaire des sections murmurait beaucoup de cette préférence.

» Nota. — Il a éti- écrit au commissaire de police de la

SECTION DES GrAVILLIERS POUR S* ASSURER DU FAIT. »

20 MESSIDOR (8 miLLEX).

Extrait du rapport général.

« Notre tâche n^aurait rien de pénible si nous n'avions à annoncer que des choses satisfaisantes ; mais comme la vérité est due tout entière, nous n'hésitons pas à présenter le tableau tel qu'il e>t et à dire : Quoique le calnie ait réjjné hier dans Paris, ravilissenient des assij^nats résultant du brigandage des agioteurs, cette vermine indestructible, ainsi que le prix exorbitant des diverses denrées, provoquent sans relâche les plaintes et les murmures que Ton entend de ■ toutes parts. Ces sombres vérités se trouvent consignées dans tous les rapports de ce jour, et spécialement dans ceux dont suit Panai jse : — Valent, dans son rapport du 17, que ron vient de nous remettre, annonce que la veille il y avait une grande quantité de citoyens rassemblés au perron du palais Égalité, qui voyant du pain et ne pouvant en acheter à cause de U cherté, disaient : Il est bien fiSÉchenx de voir du pain partout, d'avoir faim et de ne pouvoir en manger; si tout le monde pensait connue nous , nous l'aurions à bon

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marché. L'un disait : » Je suis père de trois enfants » ; Tautre : «J'ai une famille à sodtenir, j'ai vendu ma montre et mes boucles. » Ces propos, ajoute l'iaspecteur, étaient approuvés par beaucoup de inonde, qui, à l'aspect d'une patrouille, s'est dissipé aussitôt.

M Amélie dit que se troavant hier chez un marchand de vin, il a entendu dire à un particulier qu'un laboureur avait reloué à la Saint-Jean dernière, suivant l'usage de la campagne, son maître charretier et son berger, qui lui ont demandé l'un et l'autre, au lieu de trois cents francs, une somme de quinze mille francs, en lui disant : « Avec trois sacs de blé vous pourriez nous payer. » Ce même particulier, ajoute Amélie, a dit avoir feit part de cette particularité ù un des membres des comités du gouvernement. »

24 MESSIDOR (12 juillet).

Extrait du rapport,

• Spectacles. — Aucun fait contre le bon ordre. Mailly rapporte qu'au théâtre des Arts le passage de la tragédie de Phèdre où il est dit qu'il est des princes malheureux qui ont été punis injustement, a été applaudi trois fois de suite et a produit un effet étonnant ; il a ajouté que la tranquillité publique n'en a pas souffert. •

85 MRSSDOH (13 juillet).

Rapport,

« Rapidité soutenue dans le commerce des agioteurs, avilissement sensible, discrédit progressif des assignats ; même pénurie, cherté du pain, augmentation révoltante du prix

exorbitant <lc toutes ( liosos, qui ne jn ut plus recevoir fl'accroi>sein('iit que pour faire passer le> t itoNcus de l\>tat de det ouraj;enient dont iU sont tous trappes à celui du désespoir.

» Telles sont, d'après les rapports du jour, les causes qui ag[itent tous les esprits, font gémir et pleurer rbonnëte homme dans rintérieur de ses foyers sur son sort et celui de sa famille, et qui provoquent enfio les munnures et les clameurs de la multitude, lui font perdre tout sentimeut de respect, de subordination, et méconnaître la loi et les principes.

* Groupes, — Bouillon rapporte que le mécontentement . est toujours le même sur la cherté, que la classe indigente perd courage et a peu de confiance dans Pespoir d*uii avenir plus heureux, d'autant qu'on lui fait entendre que la portion

de pain ne sera pas au{;nientêc avant quatre mois.

» Mailly déclare qu'il voit depuis <pielquc ten>ps un {;rand relàclieuienl ; les dècadis, dit-il, tie sont p!u> ol>>er\t's, le titre d«' cilovcn « -l tourne en ri<licule, et l'un porte peu de respect à la Couvcation nationale. »

2G MESSIDOR (14 juillet).

Rapport.

« Groupes, — Beaudes dit qu'hier après midi, plusieurs ouvriers rassemblés dans un groupe sur le pont au Change racontaient chacun leurs peines. L'un disait : • Je n'ai pas mangé de la journée • ; l'autre : « Je ne suis pas rentré chez moi, parce que je ne sais que donner à ma femme et 4 mes enfiants qui meurent de foim. » Tous s'accordaient à dire que. puisque la Convention ne pensait pas aux pauvres, il leur devenait é{;al que les An(;lais ou les chouans vinssent à Paris, qu'ils ne les rendraient pas plus nialheureux. Les uiémes inspecteurâ ubAcrveat encore que partout ou mur-

mure contre les paysans, qui refiisent les nssi;;nats et ne veulent prendre ep payement que de Targent ou des effets, qu^ils reçoivent jusqu'aux gros meubles. »

27 MESSIDOR (15 juillet).

Extrait du rapport,

«Dunal rapporte, d*après les conversations qu'il a entendues entre gens de la classe peu fortunée, qu'il paraît qu'ils ne se prononcent pas ouvertement pour un roi, mais ik ne semblent pas non plus s'y opposer. L'appât d'avoir du pain et de devenir plus heureux , le leur ferait accepter, et les ferait renoncer au serment qu'on leur a fait prononcer; «car, ajoutaient-ils, continue l'inspecteur, nous avons d'abord prêté de'bon cœur le serment d'âtre fidèles à la République, mais on ne nous avait pas dit en nous le faisant prêter, qu'on nous laisserait mourir de faim et manquer de tout au milieu de Tabondance. » '

28 MLSsiDOH (IG juillet).

Extrait du rapport.

« Les esprits sont très-agités, les tètes fermentent, l'agio continue ses rava(jes ; le discrédit des asbi(;nats, méprisés *par les uns, re(jrettés par les autres, va toujours croissant ; la pénurie du pain, la cherté révoltante de tontes choses,

pèsent plus que jamais sur Paris et la France entière. Telle est l;i siil)>lan< e des rapports de ce jour, dans lesquels nous avons encore remarqué que l'on peut craindre, comme surcroit de malheurs, le Feu des passions que peuvent allumer encore les opinions opposées. •

» Mailly rapporte que les murmures du public sont ton*

jours très-animés , sur l'extrême cherté des denrées, contre les man hnn(l> do pain, et contre ^i^^ollciance du (jouvernenieut. I.crov jcuiK' dit avoir reniarcjui' le plus f^rand mécontentenienl dans le peuple au Nujet des sul»sistanccs.

» Groupes. — Baude rapporteque les ouvriers ne cessent de murmurer et de se plaiodre de la Convention, sur les subsistances qui faisaient le sujet des entretiens d'im {jronpe» à la porte Martin ; il ajoute que le bruit se répand que les soldats de la République passent avec les chouans, et que Ton assure que ces derniers payent à nos soldats cinquante firancs par chaque cartouche.

1» DuTal, — qu'on se propose de donner une Tolée de coups de b&ton aux marchands de pain ; que c^est par eux que Ton doit commencer : il ajoute que c'est la classe ouvrière qui se charge d'en fiiire les frais.

» Saint-Rcmy, — que les jeunes gens formaient hier soir des {[loupes dans le jardin l .fjalité, où ils se plaijjuaient que les'roniites de {jouverut inent mettent en liberté beaucoup de terroristes, et que Ton v disait querelle mesure avait causé ies malheurs de Lyon et de Marseille.

» Legrand, — en parlant des mêmes groupes, rapporte y avoir entendu dire que Ton avait bien fait de s'opposer à ce que rhymne des Marseillais fiûlt chanté à la garde montante, parce que c'était le moyen de ressusciter le règne de la Terreur ; que l'on y disait aussi que sept cents législateurs feraient beaucoup mieux de donner le plas tôt possible un bon gouvernement, des lois et du pain, au lieu de s'amuser à des chansons.

« Chaton, — après avoir rapporté les mêmes propos , dé-' clare qu'il a entendu dire que le 9 thermidor avait sauvé la France, qu'il fallait que les Jacobins périssent, et qu'il valait mieux mourir <jue de souffrir davantage que cette race impure reparaisse.

« Bouillon, — que les déclarations contre Thymne <le-. Marseillais ont continué hier au jardin Égalité, que ies jeunes

gens se coalisent pour empêcher la Terreur de reparaître ; il termine en annonçant que les plaintes et murmures de la clasde ouvrière et indig;ente sont toujours les mêmes.

V Vannier rapporte avoir appris que les jeunes gens se pi uposent de se réunir décadi prochain dans leurs sections» à l'effet de requérir qu*il soit présenté une pétition à la Convention pour faire réincarcérer ceux des terroristes qui ont

été mis en liberté ; tous ces propos, ajoute-t-il, ont été tenus avec !)eaiicoiip de chaleur, principàlemeut par un capitaine de dra(j[ous qui animait beaucoup.

» Cafés. — Compère dit avoir été pris «dans le café de Chartres pour un Jacobin et mené au corps de garde, où il a demandé à être conduit au comité de sûreté générale, qui l'a fait mettre en liberté sur-le-champ d'après les explications qu'il a données.

» Plusieurs inspecteurs déclarent dans les cafés qu'ils ont surveillés, ou y tenait les mêmes propos (|ue dans les groupes.

» Spectacles. — Ont été presque tous fort agités. Au théâtre de la rue Feydeau, les couplets du Béveil du peuple ont été chantés et applaudis avec chaleur, surtout celui ou il est dit qu'il faut que les Jacobins et la Terreur finisseuL Au couplet des représentants, on a crié : La toile I de manière qu'il n'a pu être chanté.

» Aux théâtres du Vaudeville et de T Opéra-Comique, moine iijjitalion, avec applaudissement des couplets du Héveil, à la réserve des derniers que l'on a refusé d'entendre ; au spectacle de la République, il s'est fait un mouvement particulier occasionné par l'impatience des jeunes gens de ce que l'on ne chantait pas assez promptement les couplets du Réveil; six d'entre eux sont montés sur le théâtre pour se rendre maîtres de la toile. Alors il s'est élevé une rixe entre un de ces jeunes gens et l'artiste Dugazon ; le jeune homme t'est mis en devoir de tirer son épée. Mailly rapporte que cet emportement a beaucoup indigné ses parti-

87f PARIS EN 1795.

sans ; les acteurs sont intervenus, qui ont séparé le^ champions, et Dufjazon s'est soustrait ; alors on a demandé que Dumas chantât le Réveil^ ce qu'il a tiiit. Il a été vivement applaudi; le couplet des représentants a d'abord été applaudi ; quelques voix ontdit : Pour les bons députés^ à la bonne heure!

• Hier, vers midi, au moment delà garde montante, iU*est feit un grand rassemblement de jeunes gens dans la cour du Louvre, lesquels ont arrêté la troupe au moment de son entrée dans la dernière cour, ayant en téte le général Menou; ils ont demandé. À grands cris que la musique jouât le Béveil du peuple. Le général ne voulant pas recevoir d'ordre de leur part, dit qu'il ferait jouer toute la série des airs analogues à la Révolution, et fit commencer par les Marseillais; on cria aussitôt -4 bas les Marseillais! avec menace si elle continuait d'arraclicr et briser les instruments de mu>ique. Le {;< lu-ral croyant alois qii il elait prudent de consulter la Convention, qui passa, dit-on, à Tordre du jour, et s'en rapporte la discrt'tion du ;;étiéral. Cependant les cris redoublaient, les esprits s'cchauttaient , on faisait la motion de se battre jusqu'à la mort plutôt que de céder: alors le général |>roposa un parti qui pourrait concilier tous les esprits. Il dit au peuple: Ai^je mérité ou non votre confiance? Tous s'écrient que oui, qu'il était un brave général. Alors il dit : « Si j'ai mérité votre confiance, vous devez vous en rapporter à moi. Je vais fiiire avancer la troupe, je la ferai ranger sur deux colonnes, ensuite chacun aura satisfoction. » On y a consenti. La troupe avança aux ordres du général, qui se mit en téte et fit jouer aussitôt le Héveîl du peuple. Alors chacun levant son chapeau se mit à crier. Vive la nation l Vive le général Menou! A bas les terroristes et les jacobins! Et le rassemblement se dissipa. (Extrait du rapport de Conipere.)

w Boisselte. — Hier à (juatrc heures de raj>rès-niidi , place Maubert, nu bonniie tombé (mi fail)lesse de besoin cst mort au milieu des secours qu'on lui donnait; il se nommait Antoine Marcelin, âgé de soixante et un ans, ouvrier au Jardin des plantes, demeurant rue de l'Ourcine, n* 20, section de

Digiiizea b

' rObservatoire. Procès-verbal a été dressé par le commissaire

de police de la aectioD du Pantliéou. »

30 MEMiDoa (18 juillet).

Extrait du rapport.

m Baron Vatné, Didier et Legraodeiposent que les jeunes gens sur le soir sont venus en foute chanter le Réveil du peuple à la porte du citoyen Louvet. La garde est venue aussitôt pour maintenir l'ordre. Le représentant Lonvet a riposté aux jeunes gens en entonnant le couplet : Allons, enfants de la patrie, ce qui a occasionné du bruit de la part de la jeunesse, qui à son tour a i i|u>Nté pur des propos ironiques, tels que ceux-ci: A bas la Louve! à bas la belle Lodoïsha! à bas les gardes du corps de Louvet! Les injures ont succédé à l'ironie: on a traité Louvet de sciMérat, de ([ueux , de vouloir narguer le peuple. Le commandant Hatfet est survenu et a invité les jeunes gens à se retirer, ce qu'ils ont fait, et a congédié la garde. »

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