JUILLET AU 18 AOUT
3 THERMIDOR (31 JI'ILLET).
Commission de police adminislraùve de Paris*. — Rapport (général
de la surveillance.
» Paris, le 8 thermidor.
« Esprit public, — Du rapport de ce jour il résulte que la tranquillité au moins apparente a ré(;né noU'Seulement dans
1 Arcbires de l'Empire, F. 1 c. n» iO.
574 PARIS EN i7f9.
toutes les sections de Paris, qui ii*oiit pris aucune part aux
derniers troubles, mais même dans les quartiers qui, dereDus le théâtre des cH.si-u.»ions , avaient l'air de présenter le tal>leau «I'uir' areno do {;Iadiateurs, Au reste, la jeunesse, comprenant î>es véritable^ intérêts, a cessé de se livrer à ses fougueux éearts, elle sendde même reprendre des sentiments de modération. Nous voudrions bien pareillement annoncer la cessation des autres calamités, mais c'est avec douleur que nous sommes forcés de répéter qu'il est impossible d'en prévoir le terme, car rauçmentation du prix de toutei choses va toujours croissant; aussi la consternation esIpeUe générale, et la misère, dont la mesure est comblée, attaque indistinctement toutes les classes de la société couibées sous le fiu^eau de ses longues et pénibles souflfirances.
» Groupes. — Destavi(^ny, officier de paix, Saint-Bemy, Chaton, Farçue eCGhailly, inspecteurs, rapportent que les plaintes et murmures du public se font toujours entendre, et qu'elles sont provoquées par l'excessive cherté, surtout par la vente publique du pain exposé sur toutes les places à un prix exoi bitanl ; il> ajoultînt (juele {;ouvernement, <pii e-t en étal de K inédier à tant de maux, est vivement inculpé par le public de ne pas s'en occuper : on va même jusqu'à dire que la Convention nous a mis au bord du précipice et qu'on doute qu'elle puisse nous en retirer. Dufresnoy jeune et Duval annoncent qu'hier, places Égalité et des Victoires, les espriu étaient fort échauffés à l'occasion de la vente du bois et charbon qui se feit d'habitude sur ces places, et qu'elle a donné lieu à une rixe qui a été apaisée par la force armée, qui a conduit deux particuliers chez le commissaire de police de la section.
» Au surplus, d'après le dire des agents de police il parait que l'esprit public de la masse du pen|>Ie reste toujours bon, et que les commerçants honnêtes blâment la conduite tenue ces jours-ci par la jeunesse.
» Cafés. — Le{jraud rapporte, d'après les entretiens qu'il a entendus dans ie^ catés, que les citoyens s'occupent
toujours de la misère, et s'effrayent beaucoup sur le sort
à venir.
» Compère rapporte que dans les cafés les citoyens prclendHicnt r|iie les jeunes ({ctis ne s'en tiendraient pas là, qu'iU attendaient un fjrand n()nd>re de Nantais, pour s'opposer avec eux à certains articles de la constitution et connaître plus particulièrement les nouveaux terroristes ; le même Compère ajoute que dans les cafés Manoury et du Parnasse on ' disait au contraire que les Marseillais étaient furieux contre la jeunesse de Paris. — Ces diverses assertions tant de part que d'autre nous paraissent sans fondement , d'autant qu'il est impossible que les habitants de ces villes ciniessus citées puissent encore être instruits de ces derniers troubles.
w Journaux. — Le rédacteur de la feuille ayant pour titre Correspondance politique, dans son n* 437, à la date du lundi 20 juillet 1795 (v. s.) ou 2 thermidor, an III, article Paris, 8*e8t permis des réflexions plus que critiques contre la Convention. Nous avons surtout remarqué cette phrase ainsi conçue : «« Sa conduite est d'autant })lu.s inconcevalile que c'est contre ceux qui lui ont sauvé la vie dans les premiers jours de prairial qu'elle diri{je ncs terribles mesures. » — Dans le reste de cet article, le journaliste, bien loin de croire aux sentiments de justice qui animent la représentation nationale, lui suppose le dessein prémédité de rétablir ce système de terreur, et lui reproche toutes les mesures qu'elle prend comme des moyens astucieux et perfides propres à ramener le régime d'oppression et le régime de sang./
» Maisons garnies. — Il résulte' du relevé général de la mutation des maisons garnies qu'il y est arrivé du 2 au 3 courant 344 personnes, dont 3 militaires, 21 citoyens de la première réquisition, 106 né(;ociants, 4 cultivateurs, 7 employés de la République, 98 ouvriers, 4 officiers de santé, 101 personnes sans état, et que 3G n'ont fait que chan^jer de maisons.
» Surveillance. — Il s'exerce depuis fpielque temps un nouveau genre de brigandage : des femmes rôdeut à cet effet
dans les rues, guettent les enfants qui s'avancent sur le |ia$ des portes ou des boutiques, elles les attirent à elles par de douces paroles, des cerises et des bonbons, elles les emmènent dans la première allée, et là elles les dépouillent sans les faire crier; elles les enlèvent aussi par le même moyen à leurs parents inattentifs ou & leurs bonnes insouciantes dans les rues ( t les proinenadeit. — Il s^exerce des mesures de »urveillauce répressive à cet éjjard.»
4 THEalllDOR (22 jvillet).
Commùnon de poUee aebnùutttiUhe de Paru** — Rapport générd
de la surveiUanee.
m Esprit public. — Suivant les rapports de ce jour, le 'calme a régné bierdans Parts; le calme des jours précédents paraissait comme non avenu : la jeunesse est paisible et silencieuse. L*affiche posée à la porte de diaque boulanger portant que chaque citoveu. recevra désonnais une demilivre de pain et deux onces de riz, produit un bon effet. Le public, quoique toujours trés-mécontent de Tezcessive cberté de toutes choses et toujours indicé de voir vendre publiquement du pain, surtout celui de munition des soldats, à un prix exorbitant, prt-sajje ( epcridant de cette légère au^meutalion de raduii un avenir |)iii<> liinireux.
» Ouelfjues ajjents fie police nou> oltscrvent que jamais le palais I ,;;alitt'- n'a été rempli comme hier d'agioteurs, qui y tourmillent de toutes parts.
« Mailly rapporte quMiier rexêcution de deux assassins faite à la place de Grève Ta été d'une manière si maladroite que les patients ont souffert très-longtemps, ce qui a inspiré la plus grande borraurau public, qui a murmuré beaucoup. Le
' Cest le litre df. tous le» mpjHtrU de police de l'an 111 (|ue nous avoni reprodttitt par estraiu.
LA RUE, LE CLl n, LA FAMINE. 577
mémeMailIy ajoute qu il serait bien nécessaire de taire poser une sentinelle pour empêcher les enfonts de monter comme ils Pont foit hier sur i*ëchafoud, après l'exécution, ce qui est absolument contraire à l'horreur du sang qu'on doit inspirer à la jeunesse.
» Baude annonce qu'il a entendu dire qu'à présent on exigeait 5 à 600 livres de bénéfice pour échanger un assignat de 10,000 livres. Legrand parle du même lait. On désire
beaucoup l'établissennent du bureau d'échange.
>» Le ciloven Cherd'honitnc, boulanjjer, section des Tuileries, De voulait doiuier que quatre onces de pain et cinq au plus >an> ri/, ce qui a occasionné beaucoup de flisputcs, cinquante personnes à peu prc» u'out point eu de pain dans retendue de cette section.
» Marchés, — Les 3 et 4 thermidor, onze cent soixante voitures d'approvisionnements ont été déchargées sur les difFérents carreaux de la halle. Lesceufs se sont vendus 740 livres le mille; la sachéede pois, 201 livres; les fromages de Brie du plus grand moule, -400 livres la douzaine ; les haricots, 8 à 9 livres le litnm; la viande, 9 livres la livre; la chandelle 50 livres la livre; les pommes de terre, 40 livres le boisseau. Dans beaucoup d'endroits il s'élève des plaintes contre la vente beaucoup trop hâtive desdites pommes de terre , qui sont très-malfaisantes et dont la cherté a u(;m entera encore l'hiver prochain parce qu'elles deviendront plus rares. Déjà plusieurs personnes ont été incommodées pour en avoir uianjjé.
» Bois. — Le hois flot II' au chantier de la Hàpée s est vendu 270 livres la voie; au port IJeruard, 200 à 300 livres; le bois neuf à Tfle Louviers, ^80 à 450 livres, les marchands cordant fort mal.
» Âu port au charbon, les cbarlionniers mettent les citoyens à contribution en demandant 15 à 16 francs pour porter une voie.
» Bourse. — Les inscriptions se sont faites à 22 et 25 pour 100 de bénéfice en grosses parties. Change : Ham-
578 PABIS EN 1795.
l)Our(; <;500, Gènes 3100 à 3150, Amsterdam 11 lylG, Bâle 31/4. Or fin 2700. Ar{;ent lin(jot l'iiO. » Pour rapport: Les membres de la commission.
m Boys de Lourt, Gosset. »