‹ Paris en 1870-1871Chapitre 7 sur 14 · DERNIÈRES NOUVELLES · texte numérisé non relu

DERNIÈRES NOUVELLES

Nous recevons à l'instant au journal officiel, (à 5 hj), la dépêche de G-arabetta, expédiée le 11 de Tours et anuonçaut la prise d'Orléans par nos troupes, outre celle de 2 canons, de plus de 1000 prisonniers, de fourgons, de munitions etc

Enfin !

Aidez-nous ! aidez-nous et l'on verra ! —

On prépare un moyen de correspondance avec vous. Je vous adresserai par exemple quatre questions, avec une carte sur laquelle vous inscrirtz les réponses numérotées, et consistant simplement en oui ou mm. Vous jetterez la carie à la poste de Pornic. Nos initiales et les vôtres et les quatre oui ou non seront imprimés avec des milliers d'autres, sur une grande feuille, que l'on réduira et reproduira par la photographie. Un pigeon nous apportera la réduction. —

18 novembre *70.

(Lettre arrivée le 25 à Pornic.)

Rien qu'un mot, pour vous donner de nos nouvelles. J'ai grand'peur que les ballons, qui nous servent de facteurs et de boites aux lettres, ne soient tombés en des mains prussiennes.

Quoi que vous entendiez dire, sachez qu'on mange encore à Paris, et même assez bien quelquefois. Il est vrai que les m -nus sont éi ranges : de l'âne, du mulet, du cheval. Plus de préjugés, el c'est pour le mieux. L'âne à la casserole est un mets fort substantiel.

La viande de boucherie se distribue encore ; mais les rations ne sont pas étouffantes. La vente chez les boucheis est bien organisée maintenant, dans la plupart des arrondissements ; espérons qu'elle le sera partout et tout-à-fait, — quand nous n'aurons plus de viande de boucherie.

L'avantage remporté à Orléans nous a fait grand bien. Hardi la Province ! Ne nous laissez pas manger les chiens, les chats, les rats, avant que vous tombi'-z sur MM. les Prussiens.

Nous travaillons ferme de notre côté. N>s compagnies de la garde Nationale s'équipent, s'organisent et se préparent à prendre la campagne. Car uous avons uue campagne autour de Paris, une campagne Française. Il est vrai qu'elle n'est pas large, et qu'on y est quelque peu expo>é aux balles allemandes.

Nous tenons bien ; nous ferons notre devoir ; mais pour Dieu ! ne nous laissez pas " cuire dans notre jus ", comme dit agréablement M. de Bismarck. Avec des vivres nous pourrions lui rire au nez ; car les Allemands doivent commencer à être mal à l'aise. Ils ne s'entendent pas, comme nous autres français, à être gais jusque dans le malheur et la souffrance.

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