Histoire du 1 décembre, par P. Mayer, page
Plus loin, le même écrivain raconte l'anecdote suivante à l'appui de son appréciation :
« Il faut le dire, l'armée n'était pas seulement convaincue, « mais fanatisée. Le brave et spirituel colonel du 7« de lanciers, « M. Férây, racontait une anecdote qui a la valeur d'un événec ment. Il se trouvait avec un escadron de son régiment dans î les environs de Ghaillot. On lui amène un des plus notoires « démagogues de cette commune, pris les armes à la main et « les poches pleines de balles Le colonel, voulant essayer jusc qu'où allait l'obéissance chez ses soldats, appelle ses deux « plantons d'ordonnance, et leur dit, en secouant la cendre de c son cigare : Vous clUz me brûler la cervelle à ce brigand-là! a Faites le mettre à genoux^ et au commandement de : Feu ! cassezc lui la tête. Les deux lanciers arment froidement leurs pistolets, ff prennent à la cravate l'homme qui se tordait et criait : grâce! e lui appliquent leur arme sur chaque tempe, et attendent, « avec le plus grand calme, le commandement du colonel, Emff menez-le, dit M. Féray, il est trop lâche pour être fusillé par « de braves gens comme vous. Et il le fit conduire-k la Préfecture « de police. Quels hommes! disait-on à M. Féray, quand il ra- « conta cet incident — Tout mon régiment eût fait de même, « répondit le gendre du maréchal Bugeaud'. »
Le 9 novembre, le Président de la République avait réuni ï TÉlysée les officiers des régiments nouvellement arrivés à Paris. Le discours qu'il leur avait adressé ne manquait pas de signification.
En voici le passage saillant :
« Si la pravité des circonstances les ramenait (ces épreuve^, t et m'obligeait de faire appel à votre dévouement, il ne me « faiU'rait pas, j'en suis sûr, parce que, vous le savez, je ne « vous demanderai rien qui ne soit d'accord avec mon droit « reconnu par la Constitution, avec l'honneur militaire, avec les t intérêts de la patrie ; parce que j'ai mis à votre tête des kom- « mes qui ont toute ma confiance et qui méritent la vôtre, parce a que, si jamais le jour du danger arrivait, je ne ferais pas « comme les gouvernements qui m'ont précédé, et je ne vous c dirais pas: Marchez, je vous suis: mais je vous dirais : Je « marche, suivez-moi ! »
Il paraît que les mots reconnu par la Constitution, lesquels sont dans le texte du discours au Moniteur, n'avaient pas été