SOULLIER
L'émotion produite par l'apparition de ces deux pièces fut immense.
• Le journal l'Opinion, orgare du « parti de l'ordre, » p;iblia
immédiatement une vive protestation contre la nouvelle catastrophe, qu'il comparait à celle du 24 février*.
On pense si l'émotion dut être profonde dans le parti répuhlicain.
Deux journaux le représentaient à Auch : le Démocrate, organe des républicains modérés, anciens partisans du général Gavaignac, et l'Ami du Peuple, organe des démocrates socialistes.
Il n'est pas inutile d'ajouter qu'avec l'intelligence ordinaire aux partis, les hommes du Démocrate et ceux de l'Ami du Peuple n'avaient entre eux aucun rapport, et se sentaient plus d'éloignement pour ceux dont ne les séparait qu'une légère nuance que pour leurs adversaires^ déclarés. Aussi n'y eut -il aucun rapprochement entre ces deux groupes.
L'^ parti avancé avait seul, du reste, une influence sérieuse sur la population.
Une réunion nombreuse fut tenue dans l'après-midi du 3, dans les bureaux de l'Ami du Peuple.
Parmi les a-sisiants se trouvaient MM. Benjamin Gaslineau, rédacteur en chef, et tout le per^onnel de la rédaction; Dansos, ex-commanJant de la garde nationale d'Auch ; Zsppenfeld; Violet, ofticier en non activité; Victor Prieur, médecin; Canteioup, avocat, etc. M. Arexy, le véritable chef du parti démocratique socialiste, était en voyage^.
Plusieurs des citoyens présents étaient accourus des petites villes voisines.
La réunion fut unanime pour décider qu'il fallait résister au Coup d'Etat. Mais quand il s'agit de déterminer le mode de résistance, il paraît que l'accord cessa.
Les plus ardents voulaient une insurrection immédiate : soulever Auch, barricader les rues et appeler les républicains des campagnes.
D'autres repoussaient cette résolution comme intempestive et inutile.
Une lutte à Anch, lorsque le reste de la France restait calme, ne pouvait aboutir qu'à une protestation impuissante. M. Victor Prieur fît ressortir vivement cette considération et finit par entraîner la majorité de la réunion à son avis.
On se décida à rédiger et à signer, séance tenante, une protestation, à préparer tout pour le combat, et à envoyer