Voir V Opinion du Gers du 4 décembre
2. Voir l'Opinion du Gers du '22 décembre, article intitulé : Troubles du Gers.
awt cantons l'ordre de se tenir prêts à marcher au premier signal.
Ls protestïCtion fut rédigée et signée de soisante-qua:tre noms. Quoique fort vive, ce n'était pas un appel aux arniês/
Il parai^" qu'au moment où cette résolution venait d'être prise, les plus ardents revinrent à la charge, soutenant, qu'en' temps de révolution, hésiter c'est tout perdre, et insistant pour l'insurrection. Un violent débat s'engagea. M. GâstineafU' se rangea à cet a\is. M. Prieur et plusieurs autres membres quîttèreiit la réunion. Après leur départ, les membres restant décidèrent qu'on enverrait aux affiliés des cantons le mot d'ordre de prendre les armes et de marcher sur Auch.-
L'autorité se trouvait dans une position réellement critique'. Elle ne disposait, pour toute force armée à opposer à une insurrection qui pouvait amener dix mille hommes sur la ville, que de quatre escadrons du 6" hussards. La topographie de^ la ville suffisait, d'ailleurs, pour rendre ces forces complètement insulfisantes.
Auch est bâtie sur les flancs d'un coteau élevé, perpendiculaire à la vallée du Gers et se rattachant par une étroite arête à la ligne de collines qui court parallèlementà la rivière. L'Hôlel-de-Vi'le, la cathédrale, et une place assez spacieuse, occupent le stmmet du coleau. Une rue longue et droite mène de l'Hôtel-de-Ville au faubourg de l'Oratoire et à la route dé Condom. Cette rue suit l'arête du coteau jusqu'à l'issue du faubourg. Le reste de la ville est composé de rues étroites, tortueuses, à pentes rapides, tout à fait impraticables à la cavalerie. Il aurait suffi de quelques barricades pour réduire la garnison à l'impuissance.
La garde nationale avait été dissoute, et l'autorité ne pouvait guère compt&r sur des défenseurs volontaires du « parti de l'ordre. »
Le préfet et les autres hauts fonctionnaires, faisant une subtile distinction entre l'adhésion ouverte au Coup d'État et des mesures répressives prises dans le but de maintenir l'ordre matériel, se disposèrent, malgré toutes ces difficultés, à empêcher toute manifestation hostile aux décrets présidentiels. Le procureur de la République, M. Saint-Luc- Gourborieux, paraît avoir été le principal promoteur de l'attitude ainsi prise par l'autorité. Le commissaire de police se présenta par son ordre aux bureaux de VAmi du Peuple. C'était quelques heures après la réunion de l'après-midi. Il y fut reçut par les plus vives protestations. M. Prieur, qui
avait fait tant d'efforts pour dissuader ses amis d'une insurrection immédiate, se faisait remarquer parmi les protestants les plus énero'iques. Il suivit le commissaire de police à la Mairie où toutes les autorités se trouvaient réunies. Lk s'engagea entre lui et M. Saint-Luc-Courborieux une vive altercation. Le procureur delà République, ayant voula se prévaloir de sa qualité de magistrat, s'attira cette verte réplique ;
oc Vous n'êtes plus que le magistrat d'un magistrat déchu ! »
Cependant la nuit lut calme.
Le lendemain, le journal du « parti de Tordre. » l'Opinion^
parut ayant en tête de ses colonnes une protestation conçue
'dans des termes dune rare violence. Ce numéro ne fut pas
saisi, mais le journal dut, par un coup d'État préfectoral au
petit pied, changer immédiatement de rédacteurs.
Dans la matinée, l'autorité fut avertie que les principaux membres du parti républicain modéré, MM. Reynal, Boubée, Alem-Rousseau, ex- constituant, Dupetit, Senîoux, Faure et Gaubet, s'étaient réunis dans les bureaux du Démocrate et y avai*er^ rédigé une protestation.
Presque en même temps, un certain nombre de démocrates réunis à VAmi du Peuple y faisaient imprimer un appel aux arraes qui était immé natemect affiché '.
Des groupes tumultueux formés sur une foule de points discutaient avec chaleur les événements.
Gepenrlant l'attitude du peuple n'avait rien de menaçant. Les divisions survenues parmi les chefs du mouvement araient eu leur contre-coup dans la population, et rien ne faisait prévoir une insurrection immédiate.
Les quatre escadrons du 6^ hussards avaient pris les armes. Un détachement avait été dirigé sur Fleurance, petite ville à trente-quatre kilomètres, au nord d'Auch, pour y protéger l'arrivée de la malle-poste et du nouveau préfet du Gers, qui était attendu.
Un autre détachement avait pris la route de Mirande, où de graves événements venaient de se passer.
Les trois escadrons restant avaient été disposés en majeure partie sur la place de l'Hôtel-de-Ville ^
A onze heure-, le commissaire de police se rendit, par ordre du procureur de la République, aux bureaux du Démo-