Rapport du général de Géraudon
bourgeoisie, ils se soulevaient spontanément, et conduits par quelques-uns d'entre eux, ils prenaient à leur tour le chemin d'Auch.
Toutes ces bandes marchaient d'entraînement, tambour battant, drapeau en tête. La plupart des paysans, croyant trouver Auch entre les mains du peuple, pensaient n'aller qu'à une sorte de promenade militaire. Ils étaient armés de fusils de chasse, de fourches, de faux. Les munitions étaient rares. La plupart chargeaient leurs fusils à plomb, faute de balles.
Il ne fallait pas que ces Jacques fussent animée de passions bien mauvaises, car dans cette longue marche, on n'a pas relevé la moindre tentative de violence ni contre les personnes, ni contre les propriétés. Les quelques vivres pris en route furent scrupuleusement payés.
Quand la colonne de Barran, commandée par Lagrave, rencontra celle de Vie que conduisait Gassaet, les deux chefs s'embrassèrent en tête de leurs bandes qui saluèrent cette accolade par un grand cri de : Vive la République !
Gassaet prit la tête avec les gens de Vie mieux armés que ceux de Barran.
Les bandes réunies montaient bien à trois mille hommes*.
Elles marchaient sans organisation et sans plan préconçu.
Aussi, lorsqu'elles arrivèrent sur les hauteurs qui dominent Auch, elles ne firent nulle disposition d'attaque, et continuèrent à s'arancer formant une colonne profonde et encombrée sur la route de Condom et le faubourg de l'Oratoire.
Nous avons vu comment elles s'étaient arrêtées devant le détachement du capitaine Michel.
Cependant l'autorité s'empressait de prendre des mesures de défense. Le colonel Gourby de Gognord se portait avec un escadron à l'entrée du faubourg et parlementait à son tour avec les paysans. Geux-ci insistaient pour entrer en ville, protestant de leurs bonnes intentions et promettant sur leur tête qu'aucun désordre n'aurait lieu^.
Il était évident, du reste, qu'ils n'avaient nulle intention