‹ Paris en décembre 1851Chapitre 68 sur 97 · Déposition de M, Nougaret au Conseil de guerre · texte numérisé non relu

Déposition de M, Nougaret au Conseil de guerre

Le maire Vernazobres venait de recevoir la nouvelle du rétablissement de l'ordre àBéziers. H se rendit à la Mairie et y convoqua tous les fabricants qu'il supposait disposés à résister à une insurrection. Il en vint une trentaine, mais bien peu résolus. « Les intentions des ouvriers ne sont peut-être pas aussi mauvaises qu'on le croit, disaient les uns. — Quand ils auront occupé la Mairie, ils se calmeront, disaient les autres. » Le commissaire et les gendarmes paraissaient seuls résolus *,

Vers quatre heures du soir la colonne populaire parut en bon ordre et sans armes. Bonnal, Gaux, Bonafous, les frères Combes, Babaut, Malaterre, Lignon, etc., petits bourgeois ou ouvriers influents, semblaient diriger la manifestation.

Le maire, somaié de se démettre de ses fonctions, répondit par un refus catégorique, et déclara qu'il ne céderait qu'à la force. Le peuple ayant fait mine d'envahir la Mairie, les gendarmes armer, nt leurs carabines et menacèrent de faire feu.

Les chefs du rassemblement se concertèrent quelques instants, puis la foule se sépara en criant : Aux armes !

Le maire qui avait voulu seulement qu'il fût constaté qu'il cédait à la lorce, enjoignit aux gendarmes de retourner à leur caserne et de se tenir prêts à partir pour demander des secours à Béziers et à Lodève. Il se retira aussitôt après lui-même, ainsi que le commissaire de police. Ce dernier, toutefois, entra chez l'horloger Bonnal qui était fort estimé même de ses ennemis politiques, et il l'engagea h. user de son influence pour e-npêcher une insurrection dont il essaya de lui démontrer l'inutilité. Il ne put rien obtenir, et, sachant combien sa personne était menacée, il quitta immédiatement la ville ^.

Le peuple revint bientôt en armes et prit possession de la Mairie.

Une commission municipale fut nommée par acclamation. Elle se composait de MM. Belugou, Bonnal et Caux.

M. Belugou étant absent en ce moment, Bonnal s'installa à la Mairie tt hi IfS fonctions de maire, il exigea que le secréiaire Théron restât en fonctions, voulant, disait-il, que tout marchât comme à l'ordinaire. Sa plus grande préoccupation semblait devoir être le maintien de l'ordre, et il y

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