LE MINISTRE DE L*INTBRIBUE A MM. LES GÉNÉRAUX
Tonte insurrection armée a cessé à Paris par une répression vigoureuse; la même énergie doit avoir partout les mêmes effets. Les bandes qui apportent le pillage, le viol et l'incendie se trouvent hors des lois. Avec elles on ne parlemente pas, on ne fait pas de sommations, on les attaque et on les disperse. Tout ce qui résiste doit être fusillé, au nom de la société en légitime défense.
Des ordres sont donnés en conséquence.
Le Commandant militaire^
BOURRELT.
Agen, le iO décembre i85i«
Des colonnes mobiles parcoururent tout le pays, réinstallant les autorités, opérant le désarmement et faisant de nombreuses arrestations.
Le nombre des fugitifs cachés dans les fermes et les bois fut grand pendant quelque temps encore. Le 25 décembre, le général le Pays de Bourjolly écrivait :
« Je rappelle à tous les chefs de colonne mobile et aux com-
mftttJUTiitg militaires 4eB départemeols 9a état 4e pîége, i*«rère déjà donné de fusiller siir-le-chanip tout indijida pris les armaB à la main.
tt Publié à Agen, le 27 décembre 1851. »
Un arrêté du comttiandani Bourrely avait prérenu tous les iniividus qui domiêraimî asile aux insurgés fugitifs y qu'ils seraient considérés comme complices de rinsurrection et traités comme tels. Cet arrêté ne resta pas une lettre morte. On en trouve la preuve dans l'article suivant de la Gazette des Tribunaux du 8 jan*vier 1852 :
<c Une première sanction vient d'être donnée à l'arrêté de M. le commandant Bourrely coaçemant les reeélmn^ D»iis U soirée du 2 de ce mois, les gendarmes de Lavardtc ont arrêté le nommé B^trand Fournier, charpentier et aubergiste, commune dj^NéiiMB» qui recelait chez lui le nommé Jean Duiaucet insaiigé. »
Toutes ces mesures de terreur atteignirent pleinement leur but. L'ordre et la tranquillité ne tardèrent pas k être absolus. Le vote du 20 décembre eut lieu avec calnote et donna une grande majorité en faveur des décrets présidentiels.