MiCBBLBT, t. X, p. 103. Édit. Lacroix
3. Db Thou iosinue que le duc d*Anjou a été peut-être empoisonné : « Sa mort ne fût pas exempte de soupçon de poison ; et les chirurgiens qui rouvrirent déclarèrent quMls avoient trouvé des parties rongées et queL ques autres marques de cette nature », t. IX, p. 184. — Le duc de Nevers assure de son côté dans ses mémoires que le duc d'Anjou « fut empoisonné par une dame de ses bonnes amies », et il rapproche sa destinée de celle d'Hercule, dont il portait le nom et auquel le présent d*une femme coûta la vie. {Mém, de M, le duc de Nevers, 2 vol. in-4o, édit. de 1665,. t. L p. 91.)
4. « Db pab lb mot : Très chers et bien amez. Aiant pieu à Dieu d'appeler à soy nosire très cher et très aimé flrère le duc d'Anjou et désTrant singu-
à CCS prescriptions, un mandement adressé aux quartiniers les pria d'engager les habitants « par devant les maisons desquelz sera porté le corps de monseigneur le duc d'Anjou, frère du roy, à tenir devant leurs dictes maisons une torche ardente, lorsque le convoy passera, sans y faire faulte ». On tendit les chaînes pour empêcher « les coches et harnois » de passer par les rues conduisant de Saint-Jacques du Haut-Pas à Notre-Dame de Paris. Deux cents torches de cire furent commandées par la Ville à Jehan de la Bruyère, épicier, pour les faire porter par les archers, arquebusiers et arbalétriers de la Ville. Enfin le peintre Jean Dangiers fut chargé de peindre douze cents armoiries pour orner les portes Saint-Jacques et Saint-Denis et les torches des archers. Le 23, plusieurs officiers du roi et du feu duc viennent convier la Ville aux obsèques. « Tost après seroient aussi venuz audict bureau vingt-trois crieurs de corps et de vins de ladicte Ville, vestuz en robbes de dueil, qui en auroient faict le cry et prière accoustumée au grand Bureau d'icelle Ville... * » Le 24, jour de la Saint-
lièrement honorer sa mémoire pour le rang qu'il tenoit, estant la seconde personne de ce royaulme, nous voulons et vous mandons que vous aiez, avec les procureur, receveur, greffier, conseillers, quartiniers, quatre notables bourgeois de chacun quartier de nostre bonne ville de Paris et aultres officiers d'icelle ville que adviserez, à assister : assçavoir vous, prévost des marchans et eschevins, procureur, receveur, greffier et trois conseillers de nostredite ville en ducil, pour aider à porter le ciel dessus Teffigie à la pompe funèbre de nostredict feu flrère, tant en caste Ville de Paris que en nostre ville de Sainct-Denis où il doit estre inhumé, pour y marcher par vous, ainsi que dict est, en corps et rendre par vostre présence rassemblée qui se y fera, plus solennelle et auctentique. Car tel est nostre plaisir. Donné à Paris le 20* jour de juing 1584. Ainsi signé : Hbnbi. » (Rso. H, 1788 bis, f« 403.)
1. Nous croyons devoir reproduire exactement le cri du duc d'Anjou, parce qu*on n'en trouve que le début dans Féubiek, qui a transcrit plusieurs passages des Registres de la Ville, relativement aui obsèques du prince. — Voy. Histoire de la Ville de Paris. Preuves, t. Hl, p. 440 :
« Priez Dieu pour l'âme de très hault et très puissant, très illustre et magnanisme François, fils de France et frère unique du roy, en son vivant duc d'Anjou, d'Alençon, de Berry, de Touraine, d'Evreux et Chasteau- Thierry, comte du Maine, de Dreulx, de Mantes, de Meulan et de Beaumont, lequel est trépassé le dimanche, dixiesme de ce présent mois, en son palais de Chasleau-Thierry ; priez Dieu qu'il en ayt l'âme. — Lundy
Jean, le roi, vêtu d'un grand manteau de 18 aunes de serge de Florence violette, dont la queue était portée par huit gentilshommes, se rendit à Saint-Magloire pour jeter Teau bénite sur le corps de son frère; toute la cour suivait : seigneurs montés sur des chevaux blancs, le chaperon sur Tépaule; évèques, avec le scapulaire et le manteau de serge noire, cardinaux « de violet, à leur mode ». Autour du roi, les archers de la garde écossaise et les autres archers de la garde, aux hallebardes crêpées de noir, aux pourpoints, chausses et bonnets de deuil. En avant du cortège défilaient les Suisses, « le tabourin, couvert de crespe, sonnant * ». En arrière, on admirait la Reine « séant seule dans un carroche couvert de tanné, et elle aussi vestue de tanné; après laquelle suivoient huict coches plains de dames ». Cet enterrement dut profiter aux marchands de drap et aux tailleurs. Le roi se chargea de fournir la serge nécessaire aux prévôt des marchands, échevins, procureur, greffier et aux trois conseillers de la Ville qui étaient commandés pour porter, avec trois échevins, « le poisle sur Teffigie ». La pompe funèbre eut lieu le 25 juin avec une magnificence extraordinaire, offrant à l'admiration du peuple, que contenaient avec peine les bâtons noirs des archers, les splendides' costumes des chevaliers de Tordre, le collier par-dessus leurs robes, les pages montés sur des chevaux housses de velours noir que coupait une grande croix de satin blanc, les évèques et les ambassadeurs à cheval, MM. du Parlement en robes noires et chaperons à bourrelet, les hérauts Anjou et Alençon avec leurs cottes d'armes, les gardes du
prochain, sera levé le corps dudict sieur de l'église SaintrJacques du Uault- Pas, pour estre porté en l'église de Paris ; à ce mesme jour seront dictes vespres et vigilles de mortz, suivant la bonne et louable coustume, et le lendemain, faict son service solennel, et à la fin d'icelluy, porté en l'église Saint-Denis en France; et mercredy prochain sera faict son service solennel et inhumé. Priez Dieu qu'il en ayt l'dme. » Rbg. H, 1788 bis, t9 405. 1. L'EsTOiLB, t. 11, p. 756.
corps en longues robes, Farquebuse baissée et enveloppée de crêpe, les 200 pauvres vêtus de deuil, une torche à la main, les vingt-trois crieurs de la Ville faisant sonner leurs clochettes, et enfin Teffigie « faicte d'après le vif et naturel, portée par les hanouars porteurs de sel, vestus de deuil, et les quatre coings du poisle par les sieurs de la Ghastre, la Vergne, Saint-Ligier et Fergy, devant laquelle marchoit le sieur d'Aurilly. Le ciel porté par les chambellans et escuyers dudict seigneur (le duc dC Anjou) depuis Féglise Saint-Jacques du Hault-Pas jusques à la porte Saint- Jacques où il fut par eux mis es mains de MM. Huot, Gédoin, et de la Fa, eschevins, de Jumeauville, de Bragelongne et Aubry, conseillers de Ville, qui le portèrent jusques à ladicte église Nostre-Dame *. »
Le roi, vêtu de violet, resta cinq heures à une fenêtre de la maison faisant le coin du parvis Notre-Dame pour voir passer Tinterminable cortège ; derrière lui, le duc de Guise, fort triste ou affectant de l'être. Il y eut un seul incident : les généraux des monnaies voulurent précéder MM. de la Ville, mais le Parlement leur fit injonction par huissiers d'avoir à se retirer. Le 27, la municipalité parisienne se rendit à Saint-Denis avec les grands corps de l'État et dans le même ordre que pour la translation du défunt à Notre-Dame. « Et, après le service et enterrement faicts, furent appeliez les dicts sieurs officiers d'iceluy feu sieur duc pour apporter chacun au droict soy leurs dites enseignes, guidons, armes, espérons, gantelets, bastons et autres choses cy-devant nonmiées, ce qu'ils firent et les mirent sur la fosse d'iceluy feu sieur '. » Puis toute l'assistance se rendit à la maison abbatiale de Saint-Denis, où le roi avait fait préparer un vaste banquet.