Reg. de la V. h, 1789, fol
2. L'£sToiLE nous a conservé un sonnet bizarre, où Achille de Harlay et Hector de Pereuae sont comparés à Achille et à Hector d'Homère, avec celte différence que le poète anonyme les suppose d'accord pour faire entrer les Grecs (lisez les Huguenots) dans Paris et leur permettre de massacrer les Parisiens. T. III, p. 9.
Les Guises, qui, par leurs intrigues, avaient certes con- Iribué à exaspérer Elisabeth et, par suite, à précipiter le dénouement, tirèrent parti de Témotion causée au peuple par la nouvelle de Texécution de Fotheringay et firent publier dans toutes les chaires que si le roi de Navarre devenait maître de royaume, il agirait avec la même cruauté qu'Elisabeth. Les prédicateurs ajoutaient que la religion de Marie Stuart était la principale cause de sa mort. C'était une façon ingénieuse de surexciter la haine des catholiques français contre les huguenots et de rendre impossible la paix que Henri III eiit voulu rétablir *. Afin de donner un témoignage public de ses sentiments de douleur, le roi prit le^ deuil, avec toute la cour. Il ordonna qu'un service solennel aurait lieu le 13 mars à Notre- Dame , en présence de tous les grands corps de l'État, des princes et des grands du royaume. Les membres du corps de Ville y assistèrent, comme ils avaient déjà assisté la veille aux vigiles des morts qui avaient été dites également dans la cathédrale. Le roi prit à charge les irais que ces cérémonies entraînèrent pour la municipalité *. D'ailleurs ces démonstrations ne contre-balançaient pas l'effet des menées de la Ligue. Grâce aux avis de Poulain, le roi prenait bien quelques mesures de précaution. C'est ainsi qu'un mandement du Bureau de la Ville, qui porte
1. Voy. DB Thou, t. IX, p. 618. L'Estoile, t. III, p. 13. Féubieic, recueillant le mot d'ordre des écrivains cléricaux, écrit aussi : « La mémoire de celte reine infortunée, dont le crime capital avoit esté l'attachement à la religion ^atholiquei réveilla tout de nouveau Tanimosité des ligueurs de France 4!ontre les huguenots. » Hist. de la Ville de Paris, t. II, p. 1158.
2. Voici, d'après les Registres, le préambule de la lettre écrite à la Ville par le roi à l'occasion du service funèbre en Tbonneur de Marie Stuart : *< Nos très chers et bien amez, comme il a pieu à Dieu appeller à soy noslre très chère et très aimée la reyne d'Escosse, douairière de France, nostre belle-sœur, et désirant singulièrement honorer sa mémoire, pour le rang qu'elle tenoit par la pompe funèbre et service (jui se fera pour son •dme en Tégllse Nostre-Dame de cesle ville de Paris, nous voulons et vous mandons que vous, ains le procureur, receveur, greffier, conseillers, quarteniers, quatre notables bourgeois de chacun quartier de noslre dite Ville, etc. >» Voy. Rbo. H, 1789, fol. 31.
la date du 13 mars, ordonne aux colonels des quai'liei"î> dt? « faire faire la ronde de nuict par Tun des capitaines de leur quartier accompaigné de trente hommes ou plu» grand nombre, tant de pied que de cheval * ». Celte ronde commençait à onze heures du soir et finissait au point du jour. Elle se faisait « par toute la ville, es quartiers de deçà les ponts seulement ». Mais c'étaient des alertes continuelles. Dans la nuit du 15 mars, on avait remarqué dos groupes d'hommes armés singulièrement suspects, notamment rue aux Ours et dans le faubourg Saint-Germain. Il y eut une panique qui n'était pas sans fondement ; mais le Parlement s'assembla des le lendemain et décida « qu*on feroit la nuit par la ville bonnes gardes et sentinelles, et^ de jour, exacte garde aux portes : ce qui fut exécuté. — L'EsïOiLE ». Se voyant devinés, les conspirateurs craignirent d'être victimes de la colère du roi, d'autant plus que leurs principaux chefs quittaient Paris et que le duc do Guise, éloigné aussi de la capitale, désavouait les imprudences de ses partisans. Henri III eut donc un moment de répit.
Il en profita pour essayer de regagner la faveur des catholiques par des démonstrations de piété qui, jusqu*à présent, n'avaient trompé personne. Le 5 avril, il fit assembler aux Âugustins tous les capitaines des dizaines de Paris ', assista avec eux à la messe, « durant laquelle il marmonna toujours son grand chapelet de testes de morts que, depuis quelque temps, il portoit à sa ceinture, ouist la prédication tout du long et fist en apparance tous actes d*un grand et dévot catholique ». Mais, quand les dizainiers eurent le dos tourné, le roi dit « en se moquant de toules ces simagrées : Yoilà le fouet de mes ligneux, monstrank