L'ËSTOiLE, t. ni, p
3. Le roi avait, en effet, créé une taxe supplémentaire de cent sols par minot de sel; or le minot revenait déjà à treize livres. La perception du nouvel impôt fut commencée avant même la promulgation de Tédit. 11 y eut quelques velléités de résistance de la part du Parlement, mais le roi lui imposa silence (mars).
du duc de Joyeuse. Les Registres de la ville en décrivent le faslueux cérémoniaK
Le 7 mars 1788, les sieurs de Versigny et Legoux, conseillers et maîtres d'hôtel ordinaires du roi, accompagnés» d'un héraut d'armes de S. M. et de plusieurs officiers du feu duc, viennent « présenter à MM. les prévost des mar^ chans et eschevins d'icelle ville lettres du roy pour le faict des obsèques et funérailles de feu mondict seigneur due de Joyeuse ». Ces lettres invitaient les représentants de la cité à assister le lendemain à une heure au convoi du ducv « dont Teffigie serait portée de Téglise Saint-Jacques de Haut-Pas en l'église et couvent des Augustins * ». C'est à Saint-Jacques du Haut-Pas que, le 8 mars, le corps d<f Ville, avec son cortège d'archers, d'arbalétriers et d'arquebusiers, alla chercher ce qui restait du brillant Joyeuse et de son frère Saint-Sauveur. Un immense cortège, où figuraient des pénitents de toute couleur, des compagnies de Suisses, des évoques, des délégations des compagnies souveraines et douze cents pauvres portant des torches,, traversa la grande ville, indignée de tant d*honneurs, et accompagna le char funèbre jusqu'à l'église des Augustins^ où furent chantées les vêpres des morts. Le lendemain 9^ à la même église, eurent lieu « le service et sermon funèbre » vu présence du roi, de toute la cour et des grands corps de TËtat. Ce fut Tévêque deMeaux qui dit la messe et l'évèque de Sentis qui prononça l'oraison funèbre. L'Estoile a donné un post-scriptum à ce morceau d'éloquence sacrée en expliquant à sa manière la raison de toute cette pompe. « C'est la coustume ordinaire et la couverture de tout. Quand un mari a perdu ce qu'il vouloit perdre, il faif faire un beau service, qu'il avoit voué dès longtemps à Dieu pour une si bonne fortune que celle-là • ».