Relation de Sainct-Yon
avaient ouvert la porte Saint-Honoré aux Suisses et aux gardes-françaises. Aussi, dès que Témeute devînt menaçante, les trois magistrats se cachèrent et ne parurent plus de la journée *.
Cependant reffervescence croissait de minute en minute. Une chaleur lourde régnait dans Paris, et les hommes de la Ligue, à force de boire, s^exaltaient de plus en plus *. Enfin, sur les deux heures, ceux qui gardaient les barricades de la Cité, notamment celles de la rue de la Calandre, firent circuler la consigne de charger les Suisses lorsque retentirait « la batterie, tant du clocher de Saint-Germainle-Yieil que de toutes les maisons de la rue de la Calandre » qui dominaient le Marché-Neuf ' ». En même temps, les capitaines de T Université s'assemblaient chez un bourgeois, nommé Pigneron, et décidaient d'envoyer une députation à rilôtel de Ville pour annoncer leur intention de chasser par la force les troupes étrangères, si le roi ne les rappelait pas de bon gré. On confia cette mission au colonel du quartier de l'Université : un de ses capitaines l'accompagna. Les autres regagnèrent leurs postes respectifs. Crucé *, qui commandait la barricade du carrefour Saint-Séverin, était en train de réunir ses hommes, quand un coup d'arquebuse fut tiré par les Suisses. Il croit que les soldats du roi veulent en venir aux mains et ordonne de faire feu. Les
1. Relation de Sainct-Yon. U faut cependant uc pas oublier que Sainct- Yon, en présentant bous un jour peu favorable la conduite du prévôt des marchands de Pereuse et celle des deux échevins Lugoly et Le Comte, plaide sa propre cause, puisqu'il était lui-même du parti de la Ligue.
2. Db Tiiou. t. X^ p. 259, Mém. de Cheverny, Coll. Michaud, i** série, t. X, p. 486.