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5. M. de Montpensier avait envoyé chercher ses chevaux, qui se trou* vaient au faubourg Saint-Germain. 11 voulait leur faire traverser Feau dans le bac où se trouvaient déjà quelques gardes du roi. Mais les bourgeois, croyant que les troupes allaient attaquer le faubourg Saint-Germain, coupèrent la corde du bac qui s'en alla jusqu'aux Bons-Hommes, où le rejoignirent les chevaux de M. de Montpensier. {Relat. du Bourgeois.) Le même récit prétend que le roi partit en carrosse et non à cheval, et que ce carrosse ne le vint chercher qu'aux Bons-Hommes, où il se serait rendu à pied. Mais Gheverny, témoin oculaire et qui était du voyage, dit formellement que Henri III partit & cheval avec toute sa suite. L'Estoile et
M. d'O, le comte de Saint-Paul, le cardinal de Lenoncourt, les maréchaux de Biron et d'Aumont, Jacques Faye, avocat au Parlement, M. de Bellièvre et les secrétaires d*Ëtat Villeroy et Brulart. Les magistrats étaient en robe longue. L'avocat d'Espesses n'avait pas d'éperons ; Mme de Fréluc iui en fit un en bois dans les Tuileries; mais le pauvre 4iomme, dans son empressement à suivre le roi, perdit sa bourse, qui contenait trois cents écus. Le secrétaire Brulart partit avec « deux testons en poche, pour n'avoir eu le loisir d'aller jusques k sa maison en prendre davantage * ». Ouant^ Pinart, le roi le renvoya à Thôtel de Guise « afin de faire entendre à la reine sa mère les raisons de son subit partement ' ». Le chef de la Ligue savait déjà que le roi était parti. Dès que Henri III sortit du Louvre, le bruit de sa fuite courut dans Paris et fut porté à l'hôtel de Guise par plusieurs émissaires, notamment par Maineville, l'un •fies plus intimes confidents du duc. (Catherine conférait avec Guise, cherchant à gagner du temps ; mais le mot que Davila prête au duc : « Me voilà mort, madame! tandis que Votre Majesté m'amuse ici, le roi s'en va pour me perdre! » paraît bien problématique. Le Bourgeois île Paris rapporte, au contraire, et avec beaucoup plus de vraisemblance, qu'aux ligueurs qui lui demandaient s'il fallait empêcher le roi de quitter Paris « il fit response, avec grande véhémence, que non; que c'estoit son roy et qu'il estoit en sa liberté d'aller ou de demeurer où bon luv sembleroit ».
Cependant la retraite du roi de France rappela beaucoup Irop par sa précipitation et ses côtés presque ridicules la manière dont, quatorze ans auparavant, il avait quitté la
Sainct-Yon conflnuent les détails donnés sur ce point par Cheverny. D'après SainetrYon, la petite troupe comprenait environ soixante chevaux.