‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 192 sur 314 · K CRIQUET · texte numérisé non relu

K CRIQUET

Pologne et perdu sa première couronne. Alors qu'il avail autour de lui quatre mille Suisses et soldats de sa garde française et de nombreux officiers, fort braves, qui lui auraient au moins assuré une retraite fière et digne, il fuit éperdùment, sans donner d'ordres à sa garde, avec un<» escorte de chevaux de louage et de courtisans, sans manteaux et sans bottes, poursuivi par les huées du peuple et les arquebusades de la milice ^ !

En quittant Paris, Henri III avait l'intention de se rendn* à Saint-Germain; mais il fit cette réflexion qu'il serait là trop près de la terrible capitale, et, après avoir hésité un moment entre Rouen et Beauvais, il finit par se décider pour Chartres '. Cheverny, qui était gouverneur de cette ville, partit en avant pour annoncer l'arrivée du roi, qui fit collation à Trappes et coucha à Rambouillet « tout botté ^ ». Le lendemain, 14 mai, Henri III entra, vers onze heures du matin *, dans la ville de Chartres, dont Tévêque , Nicolas de Thou, était fervent royaliste. Ce prélat ne négligea rien pour recevoir magnifiquement son souverain malheureux, et Henri put même entendre les cris de : Vive le roi! que les Parisiens ne lui prodiguaient pas ^. Ni les Suisses,

1. « Ainsy que le roy sortoit par la Porte-Neuve« quelque quarante harquebusiers que Ton avoit mis à la porte de Nesle tirèrent vivement sur luy et ceux de sa suite; le menu peuple, qui ne va que comme on le pousse, crioit au bord de l'eau mille injures contre le roy. » Palma-Cayet. Introduction à la Chronologie novenaire.

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