Rbo. Ibid
2. Etienne Pasquier fait deux remarques importantes au sujet de la constitution de la nouvelle municipalité. II dit d'abord qu'on ne donna pas à Brigard le titre traditionnel de Pt'octireur du roi et de la Villes mais simplement celui de Procureur de la Ville, par cette raison « que tous les estais de THostel de Ville estoient populaires et qu'il n'y falloit point de procureur du roy ». Pasquier ajoute u qu'en toutes ces assemblées de Ville, nul (le messieurs du Parlement, des comptes et généraux des aides n'a esté
livre des saincts Évangiles et figures de la mort et passion de nostre Sauveur Jésus-Christ » que leur présenta le duc de Guise. Il y eut un remarquable incident. Nicolas Rolland, Tun des échevins élus, déclara qu'il ne pouvait accepter sa charge « sinon soubz le bon plaisir du roy et jusques à ce que aultrement en ayt esté ordonné par Sa Majesté » et requit acte de sa déclaration. La Chapelle, Compans et Brigard imitèrent son exemple. Compans manifesta à son tour son intention de ne pas prêter serment si Rolland, qui cependant avait eu moins de voix que lui, refusait d'accepter le titre de premier échevin. Rolland finit par accepter cet honneur, non sans beaucoup de façons. Guise, après avoir reçu tous les serments, délivra à La Chapelle les sceaux de la Ville et enjoignit aux nouveaux élus « de bien et deuement exercer leurs charges et y servir fidèlement Sa Majesté et le publkq * ».
La municipalité ligueuse montra immédiatement de quelle façon elle entendait respecter la volonté du roi en destituant « tous les présidents, conseillers et officiers du roy qui avoient esté créés colonels et capitaines Tan 1585 ' ». On les remplaça par des hommes de bas étage dévoués à
délégué pour s'y trouver ». Lettres, liv. XIl, I. 6, édil. d'Amsterdam, 1723, 2 vol. in-fol., t. II, p. 338.
1. Rbg. h, 1789. Ibid, 11 est à remarquer que le Parlement rerusa d'envoyer aucun délégué aux deux assemblées qui remplacèrent la municipalité ré;;ulière. Si l'on en croit le récit du président du Vair (manuscrit de Dupuy, n<> 661), Guise, étant allé au palais avec le cardinal de Bourbou, pour arracher aux magistrats la consécration de la révolution municipale» se troubla au point d'en perdre la parole et s'attira une foudroyante réplique du premier président, qui lui dit : « Pour cette compagnie, elle est assise sur les fleurs de lis, et, étant établie par le roi, elle ne peut respirer que pour son service : nous perdrons trestous plutôt la vie que de fléchir à rien de contraire ». Palma-Caykt, Introd. à la ChronoL nov.f dit que la reine mère reçut le serment des nouveaux officiers municipaux « et les eut pour agréables ». Ce fait important n'est pas consigné dans les Registrey de la Ville,
2. Palma-Gatet, Itfid. Cet historien dit avec précision : « Du consentement du duc de Guise, la première chose qu'ils firent {les ligueurs), ce fut de changer les colonels, capitaines et quarteniers qui n'estoient de leur faction «. Le Dialogue du Maheustre et du Manant constate que Catherine s'opposa vainement & ces destitutions.
la faction des Seize. Il n*y eut aucune résistance, mais Ir peuple, tout en obéissant aux nouveaux officiers de la milice, ne tarda pas à les tourner en dérision et à les appeler, suivant le métier qu'ils exerçaient : « capitaines •de la morue, capitaines de Taloyau ». Les vainqueurs -complétèrent Toccupation de Paris on mettant la main sur la justice du Chàtelet, oii les causes se jugeaient en première instance et qui connaissait des contraventions à la police municipale. La charge de lieutenant particulier fui donnée à La Bruyère, qui avait pris une si grande part à la formation de la Ligue : quant à Autruy Séguier, lieutenant général civil, chef de la justice du Châtelet, il resta sourd à toutes les avances et, quand les ligueurs firent succéder les menaces aux caresses, il quitta Paris pour aller rejoindre le roi. La Sorbonne et l'Université furent aussi Tobjet d'une épuration : Boucher et les jeunes docteurs n'eurent pas de peine à y prendre une influence absolue *. Maître incontesté de Paris, le duc de Guise pouvait ou bien se mettre en lutte ouverte avec le roi ou bien entamer avec lui des négociations. Il débuta par une guerre de plume à laquelle s'associa la nouvelle municipalité de la capitale. Dès le 17 mai, le duc adressait au roi à Chartres une lettre curieuse où il essayait de justifier sa conduite. Rappelant les « faux bruits et calomnies dont Ton usait pour entretenir toujours Sa Majesté en défiance de lui », les mesures violentes prises par le roi, notamment l'introduction de soldats étrangers dans Paris, il soutient « qu'il n'a jamais tant craint que de déplaire au roi », et qu'il Ta bien prouvé « en contenant le peuple », en l'empêchant « de venir aux effets », en sauvant les Suisses et les officiers des gardes. Il affirme que le départ du roi lui a causé « un des plus grands déplaisirs qui lui pouvoienl