Palma-Cayet, lOid
advenir », car il a ainsi « perdu Toccasion d'accommoder toutes choses à son contentement » ; en terminant il promet « de se comporter en très fidèle sujet et serviteur utile * ». Mais ce n'était là qu'un langage diplomatique. Dans les lettres qu'il écrivait à ses amis, le duc de Guise ôtait son masque et prenait le ton glorieux d'un vainqueur. Accusant nettement Henri III d'avoir provoqué les catholiques, alors que lui, Guise, était venu « baiser les mains de Sa Majesté, ne portant autre sauf-conduit que ses services », le duc avoue qu'il « a mis de Tordre » dans l'émeute, mais qu'après la victoire il a sauvé neuf cents Suisses et parcouru Paris jusqu'à deux heures du matin, « priant, suppliant, menaçant le peuple, si bien que, par la grâce de Dieu, il ne s'ensuivit aucun meurtre, massacre, pillerie, ni perte d'un denier, ni d'une goutte de sang ». Il met tous les torts à la charge du roi et de ses courtisans, car le peuple que « Dieu avoit miraculeusement excité à courir unanimement aux armes » n'avait pu contenir sa fureur, « pour avoir vu vingt potences prêtes avec quelques échafauds » et les exécuteurs de justice qui devaient frapper cent à cent vingt personnes qu'on nommait et dont le duc aime mieux « laisser deviner qu'écrire » les noms. Puis, la joie du triomphe éclate : « Je ne vous puis celer combien, de contentement m'apporta cette grâce immense de Dieu. » Il se vante « d'avoir pu, mille fois, s'il l'eût voulu, arrêter le roi » ; mais il ajoute : « A Dieu ne plaise que j'y aie jamais songé » ! Certes il n'ignore pas que le roi « depuis son par-
1. Mém. de la Ligue, t. U, p. 331, et Preuves de la SaL Mén., t. III, p. 76. Êdit. de Ratisbonne, 1752. La même lettre a été réimprimée au t. XI, l'« série des Arch, cur. de Cimbbi et Danjou, p. 449. Palma-Gaybt, parlant de la lettre du duc au roi et de celle que Guise adressa à ses amis, assure « que ces lettres ne furent si tost publiées et imprimées que le duc de Guise eust voulu les retenir en son cabinet : le commissaire Louchart fut employé pour en soliciter la déffense; il meine les imprimeurs et ceux qui les Tendoient prisonniers. Il fut toutefois comme contraint de les laisser vendre, puisqu'aussi bien il ne retenoit pas les copies qu'il avoil luy-mesme, •iree le conseil des Seize, envoyées hors et dedans le royaume »•
tementy a quelque autre conseil et aigreur ». Mais le roi s'adoucira : Guise a <c T Arsenal, la Bastille et les lieux forts entre ses mains... et si le mal continue, il espère par les mêmes moiens conserver ensemble et la religion et les catholiques, et les dégager de la persécution que leur préparoient les confédérés des hérétiques auprès du roi * ».
Suivant l'exemple du duc et certainement d'accord avec lui, les nouveaux magistrats de THôtel de Ville adressèrent au roi une lettre officielle, datée du 22 mai. Elle est fort courte et assez insignifiante. On y découvre cependant une intention ironique quand elle établit une corrélation entre la prospérité des affaires et Tamour que les Parisiens portent à leurs rois; puis, lorsqu'elle constate que le navire symbolique de la Ville « a passé légèrement » sur les écueîls qu'il a rencontrés « au milieu de sa navigation en la personne de ceulx qui approchoient les princes ' ». Le lendemain 23 mai, de concert avec le cardinal de Bourbon et le duc de Guise qui mirent leurs signatures à côté des leurs, la Chapelle-Marteau, Rolland, Compans et Costeblanche ' rédigèrent et transmirent une « requête au roi », qui est un document de plus longue haleine et constitue comme un programme des revendications de la Ligue après la victoire *.
1. Mém, de la Ligue, Ibid., p. 334. — Sat. Ménip., Preuves^ L HI, p. 19. Les Mém, de la Ligue, p. 337, donnent aussi une lettre circulaire que le duc de Guise écrivit le 17 mai « aux manans et habitans des villes du rolaume de France qui sont de la religion romaine ». Tout en se montrant respectueux pour le roi, Guise engage les catholiques des villes de province « de ne laisser être faite aucune altération dans leur ville, et de ne pas prêter leurs demeures pour servir d'arsenal aux passions inconsidérées de quelques-uns qui seroient bien aises, sous prétexte du service du roi, de dresser une armée dans leurs murailles et possessions... »
2. Rbg. db la V. h, 1789, fol. 139. — FéuBisir, t. V, p. 445. — Arch. cur,, t. XI, p. 433.
3. Le quatrième échevin, Robert Després, n'a pas signé la requête au roi dont il s'agit.
4. Rbg. db la V., fol. 133. — Arch, cur., t. XI, p. 422. — Mém, de la Ligue, l. n, p. 34 — La requête fut présentée au roi, à Chartres, par une députation que conduisait la reine mère elle-même, si Ton en croit Palma-Cayet. Cet
C'est, on le pense, sur le terrain « de Thonneur de Dieu 1*1 conservation de son Église » que se placent les ligueurs parisiens. Ils font remarquer au roi avec une ironie cruelle qu'après « les grandes victoires qu'il a pieu à Dieu lui donner », il lui est très facile d'arracher « la mauvaise plante d*hérésie qui a faict naistre en ce royaume tant de doHMnageables rcjeltons ». Mais c'est M. de Guise qu'il faut charger de l'opération. Sans doute, le roi a d'excellentes intentions, mais les bons yeux des ligueurs reconnaissent « quelques empeschemens qui peulvent non seulement traverser son sainct désir, mais encore amener ung jour la subversion de la religion catholique et de TEstat de ce royaume ». Les principaux s'appellent le duc d'Épernon et le sieur de La Vallette son frère, que la France et la chrétienté reconnaissent comme « les principaux fauteurs et suposts des hérétiques ». Et les chefs de la Ligue parisienne font, à leur manière, la biographie de cet horrible d'Épernon d'où vient tout le mal. Ils l'accusent, ainsi que son frère, de haïr les catholiques, d'avoir favorisé la retraite des reîtres, et surtout « d'avoir ravy et mis en leurs coffres toutes les finances de France ». Après avoir engagé le roi à prendre conseil sur ce point « de la royne sa mère qui, par la prudence de laquelle elle a usé au gouvernement de cest État, par le rang qu'elle tient, s'est acquise assez de puissance de parler franchement des choses », les auteurs de la requête somment nettement Henri III de bannir d'Épernon et son frère et de leur enlever leurs charges et leurs gouvernements. Alors tout ira beaucoup mieux : on pourra poursuivre la guerre en Guyenne contre les hérétiques, tandis que la reine mère « tiendra les choses très tranquilles » à Paris et que le duc de Mayenne, de son côté, se portera au secours des catho-
écrivain donne (Introd. Chron, nov., p. 33) la harangue de la députation au roi et analyse le conlenn de la requête.
liques dans le Dauphiné. Déban*assé des courtisans qui le ruinent, le roi sera en mesure d*alléger le poids des impôts et d'abolir les édits fiscaux de récente création ; bref, de supprimer tous les abus. Puis vient le chapitre des réformes qui intéressent spécialement la capitale : « Pour ce qui concerne vostre bonne Ville de Paris, Sire, vos très humbles, très obéissans et très fidèlles subjets les bourgeois et habitans d'icelle, et nous avecq eulx, oultre ce que dessus, vous supplions en toute humilité... qu'il vous plaise croire qu'en tout ce qui s'est passé ces derniers jours, ils n'ont jamais eu volonté ny intention de se départir de la vraie obéissance que les subjetz doivent à leur roy. h Ce qui n'empêche pas les fidèles sujets qui ont été très calomniés auprès de Sa Majesté de lui demander « seureté de pouvoir cy-après vivre en Iranquilité et repos », et, pour commencement, ils réclament le congé de M. d'O et expriment le désir formel « qu'il se desparte doresnavant du maniement des affaires de la Ville et commandement en icelle, pour quelques raisons qu'ilz ayment mieulx taire que publier, si Sa Majesté ne le commande ». Les Parisiens prient également le roi d'approuver le remplacecément des anciens prévôt des marchands et échevins par les nouveaux magistrats que « le corps des habitans » u mis pour deux ans en leur place. « Autrement, disent les ligueurs, la Ville ne pouvoit estre disposée à la tranquilité que Votre Majesté y désire. » Quant à l'avenir, on revendique la restauration des libertés municipales, l'abolition de la vénalité des offices qui depuis quelque temps s'était intronisée à l'Hôtel de Ville.
Il faut que désormais « vaccation advenant par mort ou forfaiture desditz officiers, tant des conseillers de Ville que quarteniers et autres, il y soit pourveu par eslection, pour en joyr par lesditz esleus durant deux ans, ou tel aultro temps qu'il sera advisé pour le mieulx; et, ce temps
GLISE ET PARIS APRÈS LES BARRICADES l^Ti
4\\piré, sera proceddé à de nouvelles esleclions, selon qu'en avez esté cy-devant requis par plusieurs fois ». Les ligueurs parisiens, en terminant leur requête, supplient le roi « quand il luy plairoit retourner en ceste ville » de n'amener avec lui que ses gardes ordinaires, et de tenir éloignées les autres troupes d'au moins douze lieues de la <*apitaIo.
C'était sur ce ton menaçant et superbe que les Parisiens <it leurs chefs parlaient au roi de France, humilié et presque déchu. Ils adressèrent en même temps aux villes catholiques une série de lettres pour célébrer la victoire de la Ligue et jeter les bases d'une sorte de fédération contre les ennemis de la religion. Plusieurs de ces lettres sont déjà connues et publiées *, mais d'autres, et non des moins curieuses, sont encore inédites. Pour donner une idée du ton et de l'esprit de ces correspondances municipales, nous Tie reproduirons que la circulaire uniforme que l'Hôtel de Ville de Paris adressa le 28 mai 1588 aux villes de Rouen, Troyes et Sens *. Au point de vue commercial, la Ville de
1. CiMBBR et Danjou, Arch» cur., t. XI, !'• série, p. 436, ont reproduit, d'après les registres de la Ville H, 1789, fol. 141, une lettre de la municipalité de Paris à celle de Lyon en date du 26 mai 1388. Elle se trouve aussi imprimée dans les Preuves de Félibien, t. V, p. 443. — Félibien, ibid,, p. 446, a donné aussi, d'après le registre H, 1789, fol. 130, une lettre de la municipalité de Paris à celle de Tours, en date du 8 juin. — Capbfioue, dans son livre intitulé : la Ligue et Henri /F, a publié des lettres de THôtel de Ville de Paris aux magistrats municipaux de Montereau, d'Orléans, et des réponses des échevins d'Amiens et d'Abbeville qui font acte d'adhésion à la Ligue des villes catholiques,
2. « A messieurs les maire et eschevins de la ville de Rouan. Pareilles à messieurs les bourgeois, manans et habitans de la ville de Troyes, du XXX may 1388; aultres pareilles lettres aux maire et eschevins de la ville de Sens ». « Messieurs, sy les malheurs procçdans de la désunion des François n'estoient congneus à ung chacun, ne sçavoit que la racine en est extraicte des hereticques et pullule maintenant par leurs confederez et associez qui par ruses et artiffices veullent rendre le party des catholicques si foible par leur discussion qu'avec le temps ilx puissent parvenir à nostre entière ruyne, si les effectz de telz dcsscings ne nous en faisoient saiges ; nous ne serions esbahis comme nous sommes d'ouyre dire que, tout à coup et sans congnoissance de cause, on vous veull persuader de rompre avec 410U6 le commerce par lequel nous avons eu ensemble telle communaulté que noz affaires <ont parmy plusieurs sy annexes et conjoinofeF que tnfailli-
Paris invoque la nécessité de maintenii' des relalious d'affaires ([ui ont existé de tout temps entre Paris et les autres cités, relations dont la rupture causerait une ruine générale; ou point de vue politique, la municipalité parisienne prend violemment à partie le « pernicieux conseil du roy » qui, après avoir déchaîné la guerre sur la capitale, vise à troubler Tordre établi de toute antiquité dans le royaume, met le feu aux quatre coins de la France, ôte leurs dignités aux grands officiers de la couronne et est
blement la ruyne des ungs attire après elle la ruyae des aullres, et sans lequel vous confesserez que sy aisément ne feussiez-nous en la commodité qui tient voz ayses jusques icy, pour n'avoir Toraige encores esté jusquesà vous, nous rooongnoissons vivement ung mesme Dieu, une mesme foy et ung mesme roy, nous protestons d^y voulloir vivre et mourir, et ne prétendons privileiges ou franchisic que celles que nous sommes légitimement acquises, sy ce qui s'est passé depuis quinze ou seize jours en ça a esté, comme beaucoup d'aultres choses, tant artificiellement desguysé, le mal qui en proviendra ne se doibt prendre particulier à nostre ville. Le pernicieux conseil du roy, qui a recongneu sa faultc en nous prostituant à une sédition et sac de nostre ville dont il a pieu à Dieu seul par sa bonté préserver ses bons et fldelles serviteurs, ne veult cesser de dissiper Tantien ordre estably en ce royaume; et comme désespéré de veoir seullcment esmouvoir les plainctes du peuple françois contre soy, il vouldroit par quelque moien que ce feust avoir mis le Teu aux quatre coings du royaume pour ne faire qu'une ruyne des bons et des mauvais, tant ilz se sentent coulpables des crimes qui leur sont imputez, pour lesquelz sy toute la France a paty, sy les grands ont esté deschassez, sy les officiers de la couronne, de la justice et de la police ont esté changez et corrompus par argent, par mesroutentement et aultres voyes, et sy tout le peuple a esté mangé jusques aux os pour engraisser ung si petit nombre de gens qui ne se peulvent encores rassasier et assouvir, est-il raisonnable que Paris seul porte le faix du restablissement, et qu'ayant, comme la première et capitalle ville du royaume, commencé à le demander par très humble requesle à leur roy, elle soit en cause sy juste abandonnée de toutes les aultres qui n'y ont nioings d*intérest ù ceste réformation? Non, elle ne le sera pas ainsy. Mais d'ouyr maintenant dire que la ville de Sens, qui tient au cœur de ce royaume ung rang notable des bonnes villes, se vouUust séparer ou se mettre à Tabry et aux escouttes, pendant que les aultres travaillent à ung si sainct euvre, ce seroit chose monstrueuse, et plus encores de la veoir pour telle occasion rendre partie et unie à celle qui luy est la plus utille, voire nécessaire de toutes les aultres, nous ne demandons rien pour nous en particullier, nous demandons pour vous et pour toutes les aultres villes, voire pour tout le royaume; du fruict que nous en espérons, nous n'en prendrons plus de part que vous et y ont tous les gens de bien ung pareil et commung interest. Que si par lesdictz artifices on vous desguysé nos prétentions, patience du moings que vous soiez bien informez de la vérité et sachiez quelle est nostre requeste, et en ce que vous trouverez à redire» refusez vostre assistance, mais précipitamment ne vous rendez pas con-
cause que « tout le peuple a esté mangé jusque» aux os pour engraisser ung petit nombre de gens qui ne se peulvent encore rassasier et assouvir ». Paris ne trouve pas juste de supporter seul le poids de la résistance et demande le concours des bonnes Villes catholiques, on faisant valoir que la capitale est le centre de Tadministration du pays, le siège de ce Parlement qui homologue tous les édits et statuts, le grand marché de tous les commerçants de France, le foyer intellectuel qui attire toute la jeunesse du pays. En terminant, les magistrats parisiens prient
Iraire ou eiincmy de vos amys. Pensez à plus d'une fois desquelz membres est composé le corps de Paris, que la court la plus souveraine des parlemens, la court des Pairs, unicque en France, est celle de nostre Ville ; qu'en icelle doivent estre osmologuez les ecdictz et slatutz, plus important que la négociation et commerce d'entre nous et vous. Pensez encores combien il y a de communaultez entre les marchans de voslre ville et la nostre et à ung plus chair dépost que nous avons de vous par les coUeiges de cesle ville où vous ne vouldriez desnier à vos enlTantz ce que l'on vous veult et ' aux aultres villes persuader de nous desnier, par les vivres et aullres commoditez desquelles de tout temps nous nous sommes secourus réciproquement; et pour ne vous laisser du tout en suspens de ce qui s^esi passé par deçà et sur quoy ledict mauvais conseil fonde et exige soubz main des causes artificielles pour faire faire en cachette ce qu'il n'ose ordonner publicquement, nous ne vous représenterons que Tunion admirable et comme infuze spirituellement n par tous nos concitoyens pour, soubz la bonté de Dieu, nous préserver de la tirannye en laquelle ce malheureux conseil vouloit prostituer les plus fidelles et respectueulx snbjectz du roy nostre souverain Seigneur, pour le service duquel nous protestons derechef vouer en perpétuelle dévotion de sacriffice noz vies, nus enfîans et noz biens, en l'obéissance et fidellité que Dieu nous commande de luy porter. Et cependant vous prions, s'il vous demoure quelque scrupule de noz actions, que par la conférance qui nous est aysée, pour estre si voisins que nous sommes, vous en soiez esclaircis, sans vous despartir d'ung seul poinct de nostre antienne et invétérée amityée, association et commerce; nous mandant sur ce de voz nouvelles par le porteur de la présente qui vous pourroit rendre compte d'aultres particularitez que désirez sçavoir. Messieurs, nous estans en cest endroict très affectueusement recommandez à vos bonnes grâces, nous prions Dieu vous donnez en très parfaicte santé très longue et très heureuse vye. Du bureau de la Ville de Paris, le XXVIU* may 1588 ». Vos très affectionnez frères et amys les prévost des marchans et eschevins do la Ville de Paris ». Req. H, 1789, fol. 143. Une autre lettre, datée du 30 mai 1588 et adressée par les prévost des marchands et échevins de la ville de Paris à a Messieurs les maire et eschevins de la ville de Chaaions, aussy aux maire et eschevins de la ville de Reims, et aussy aux maire et eschevins de la ville d'Amiens. Pareilles aussy à messieurs les maire et eschevins de la ville de Montdidier », diffère peu de la précédente. Nous nous bornons à en analyser au texte les passages les plus intéressants.
leurs collègues de se mettre en relation avec eux et de demander tous les éclaircissements nécessaires au porteur de la circulaire.
Dans la lettre adressée aux municipalités de Chàlons, do Reims, de Montdidier, d'Amiens, sous la date du 30 mai, la Ville de Paris développe des considérations analogues. Il faut toutefois citer un passage de cette seconde circulaire où les membres de la nouvelle municipalité ligueuse exposent les raisons qui les ont portés à supprimer révolulionnairement les magistrats en fonction, ainsi que beaucoup de capitaines de quartier : « Que sy les mesmes magistrats du corps de ceste Ville estoient encore à leur authorité, nous sçavons qu'il seroit fort malaisé et peutêtre impossible de les faire condescendre à nostre rcqueste, pour avoir esté les ungs d'eulx tellement entachez d'hérésie que leurs œuvres ont tousiours faict paroistre combien ilz inclinent de ce costé-là; les aultres guaignez et corrompus de la faveur d'ung siècle sy misérable, cela nous a meu de procedder à nouvelle eslection d'ung prévost des marchans et eschevins, et d'ung procureur de ville, et mesmes des cappitaines de quartiers où nous avons pensé la nécessité le requérir, espérant par ce moyen, désormais diriger noz actions, de telle sorte que Dieu les bénice, le roy en soit plus fidellement servy et le peuple mieulx asseuré et aullrement souUaigé qu'il ne Pauroit esté par telz magistratz *. » Il y a aussi quelque intérêt à relever dans le document auquel nous faisons allusion, la prétention des administrateurs parisiens de donner le mot d'ordre à toute la France. « Comme de toute partye au moins où Dieu a conservé les catholiques en leur estât, Ton nous a plusieurs fois faict entendre que selon les déportementz de Paris, toutes les aultres villes s'y conduiroient, qui nous