‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 208 sur 314 · L'EsTOiLE, t. III, p · texte numérisé non relu

L'EsTOiLE, t. III, p

GUISE ET Paris après les barricades 389

peu désintéressée du gardien de Tune des portes. Il fit nommer maire le sieur Nicolas de Haulte, son ami; chassa Pierre Lubert, membre du Grand Conseil, que le roi avait envoyé à Troyes pour résister à la Ligue; confisqua les fonds des receveurs, leva des impôts, nonuna une nouvelle municipalité, donna des jeux et des festins et, pour compléter le programme des divertissements, fit allumer des feux où Ton brûlait les effigies de Thérésie et de Théodore de Bèze *. Cette singulière administration du cardinal se prolongea jusqu'à son départ pour les Etats de Blois, au commencement de septembre '.

Ainsi rayonnait autour de la capitale Faction formidable de la faction qui avait fait de la grande ville son quartier général. L'influence des Guises et de leur clientèle réussit bien vite à transformer en administration régulière les éléments fort disparates que la fuite du roi avait laissés maîtres de Paris. Pendant les mois de juin et de juillet, do nombreuses mesures de police furent prises par la municipalité. Les quartiniers reçurent, le 31 mai. Tordre de visiter en toute diligence les « chesnes, rouetz et poteaulx de leurs quartiers ' ». Le l*"" juin, un mandement du Bureau invite les quartiniers à convoquer les dizainiers de leur quartier et à leur adjoindre « quatre notables bourgeois de chacune desdictes dizaines, afiectionnez à Thonneur de Dieu, service du roy et seureté de la Ville », sur lesquels le Bureau en retenait deux « pour visiter les coffres, malles, quesses, balles, tonneaux ou aultres choses que Ton vouldra faire transporter hors ceste ville * ». Ces mesures furent

1. C'était, parait-il, une distraction à la mode, car l'Estoile (t. III, p. 165) nous raconte qu'à Paris même, « le 23* juin, au feu de la Saint- Jean, le prévost des marchans et les eschevins firent mettre sur Tarbre la représentation d'une grande furie qu'ils nommèrent Hérésie f plaine de feux artificiels, dont elle fut toute bruslée ».

2. Voy., sur la prise de possession de Troyes par le cardinal de Guise, DE Tbou, t. X, p. 310.

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