‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 209 sur 314 · Rbo. h, 1789, f · texte numérisé non relu

Rbo. h, 1789, f

i. Ibid.

complétées par un mandement du 4 juin qui prescrivait aux bourgeois chargés de cette besogne d'apposer « leur cachet en cire au lieu de Touverture, afin que, après ladicte Visitation, il ne soit rien remis ny chargé èsdictz coffres, tonnes et balles *. »

Il était urgent de rétablir dans la Ville une police régulière, car les actes de pillage et de désordre n'y étaient pas rares. Tantôt c'est un pauvre pédagogue, le nonmié Mercier, qui est poignardé et jeté à Teau, sous prétexte d'hérésie, par deux coquins, le potier Poccart et le tailleur Pierre la Rue (mai); tantôt c'est le prévôt des marchands, Pereuse, qui, après avoir été mis en liberté par le duc do Guise, est assiégé dans sa maison et ramené à la Bastille (4 juin); tantôt ce sont des étrangers, comme l'Italien Masseï, le Portugais Roderic, qui subissent les attaques à main armée des « capitaines et gens de guerre affamés, se renommans du duc de Guise », simples brigands au fond qui visaient principalement à mettre la main sur les bourses bien garnies. Guise s*indignait de ces désordres et menaçait de les réprimer avec la plus grande énergie; mais il fallait compter avec ceux qui s'abritaient sous son grand nom, même pour le compromettre. Le 28 juin, en vertu d'une sentence du prévôt de Paris, confirmée par le ï^arlement, on brilla en place de Grève les deux filles de Jacques Foucaud, procureur au Parlement '. Leur crime

1. Ibid., f° 149. Les relations du temps prouvent que cette inquisition était poussée très loin. Le dernier jour de mai, les bourgeois qui gardaient la porte Saint-Antoine avaient arrêté 13 mulets appartenant au duc d'Épernon et dont chacun portait deux bahuts pleins de vaisselle d'argent. Bien que les gens du duc fussent munis d'un passeport signé de la reine mère et que les mulets portassent des couvertures aux armes royales, le convoi fut conduit à THÔtel de Ville, et l'Estoile conclut par celte réflexion mélancolique :« Tant se monstroient hardis et insolents les Parisiens, sous couleur de Pappui et support du duc de Guise. »

2. Le 16 juillet 1588, en vertu d'un arrêt du Parlement, on brûla encore sur la place de Grève un sieur Guitel, accusé de calvinisme. En réalité, c'était un athée qui n'était pas plus catholique que protestant. Voy. l'Estoile, t. 111, p. 171.

était do refuser d'abjurer le protestantisme. On les mena bâillonnées au supplice, et tel était racharnement du peuple que l'une des deux sœurs fut brûlée toute vive, des forcenés ayant coupé la .corde avant qu'elle fut étranglée * .

Le beau temps de la Saint-Barthélémy revenait : chacun dénonçait ses ennemis et voulait en faire un suspect. La soif du sang, la passion de Tor s'alliaient au fanatisme. Autour de la capitale, dans la banlieue, des bandes de partisans erraient, comme des bètes de proie le soir d'une bataille. On s'en émut à l'Hôtel de Ville, et un mandement du 2 juin, « pour ce que ès-environs de ceste ville de Paris se retirent nombre de gens de guerre qui font grans degatz, ruyne et oppression au peuple du plat pays, y consommant tous vivres et commoditez; par là disette et pénurie de vivres en ceste ville, s'il n'y estoit promptement pourveu... », fit défense « aux capitaines et aux autres chefs des gens de guerre d'approcher à six lieues à la ronde de ceste dicte ville, ny aulcune chose y prendre, fourraiger et enlever, sous peine de la vie et d'estre les contrevenans taillez et mis en pièces ». Par le même mandement, il fut enjoint à tous les gens sans aveu de quitter promptement Paris « sur peine de la hart ' ». Un peu plus tard, le 20 juin, sur les remontrances du procureur du roi et de la Ville, qui avait cru devoir s'élever contre les actes de pillage commis dans Paris et dans la banlieue, le Bureau décide que « les quarleniers de chacun quartier de ceste dicte ville feront assembler, en chacune dixaine de leur quartier, les capitaines, lieutenans et bourgeois d'icelles dixaines, pour faire eslection et convenir ensemblement de dix personnes, bourgeois et habitans de chacune desdictes dixaines, tant mousquetaires, harquebuziers que picquiers

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