‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 229 sur 314 · Rbg. h, 1787, P · texte numérisé non relu

Rbg. h, 1787, P

2. n est bon de consigner ici, d'après un manuscrit provenant de la bibliothèque de Saint-Gerraain-des-Prés et qui est reproduit dans le Recueil des pièces originales et authentiques concernant la tenue des États généraux (Paris, chez Barrois Talné, 1789), Fintitulé de cette précieuse liste : « Noms, surnoms et qualités de ceux qui ont été élus par les duchés, comtés, bailliages, sénéchaussées, provinces et villes de ce royaume pour être envoyés comme députés aux États généraux tenus à Blois l'an 1588. »

le cierge : W Pierre Ruelle, président es enquêtes; Lazai*e Cocquelay, conseiller au Parlement, chanoine de l'Ëglisc de Paris; frère Michel, prieur des Chartreux de Paris; Jean Hérault, prieur de Saint- Victor ; Jacques Cuelly, curé de Saint-Germain TAuxerrois ; Julien Pelletier , curé de Saint-Jacques de la Boucherie ; enfin, pour le tiers état : Michel Marteau, prévôt des- marchands, nommé doublement par les électeurs de la prévôté et par ceux de la Ville de Paris proprement dite; Etienne de Neuilly, premier président de la Cour des aides; Jean de Compans, échevin; Nicolas Auroux et Louis Bourdin, bourgeois de Paris; Louis d'Orléans*, avocat au Parlement.

Le rôle de ces personnages dans le grand drame des États de Blois a été assez considérable pour mériter d'être étudié avec soin, d'autant plus qu'on ne parait pas avoir signalé encore avec une suffisante précision les rapports entretenus, pendant la durée des États, entre la députation parisienne et l'Hôtel de Ville de Paris. C'est le 14 septembre que les députés de Paris arrivèrent k Blois '. Dès le 16, le tiers état tient sa première réunion à deux heures, dans une des salles de l'Hôtel de Ville de Blois, « suivant la publication faite ledit jour matin, à son de trompe et cri public par ordonnance du roi Henri UI ». La convocation fut faite par le sieur Merle d'Oignon, maître des cérémonies. Jehan Courtin, l'un des députés du bailliage de Blois, fut chargé d'enregistrer les noms des membres présents, sans être pour cela nommé greffier ou secrétaire

1. Louis d'Orléans est appelé Louis Dorlbt par le Procès-verbal de Penrollement du tiers état. Recueil^ etc.

2. Des Étais généraux et autres assemblées nationales» Paris et La Hatb, 1189, t. XI V. Ce volume contient, à partir de la p. 440, le Journal des États de Blois tenus en 4388 et 4589, par Af« Etienne Bernard, avocat au parlement de Dijon, député du tiers état de ladite Ville pour y assister. Par sa sincérité et sa piH&cision, ce journal est un document précieux pour l'histoire; et il trouve un utile complément dans le procès-verbal du tiers état qui se trouve au t. IV du Recueil des pièces originales cité plus haut*

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de rassemblée. Cette opération préliminaire, qui avait une grande importance, à cause de l'habitude qu'ont les honunes de ratifier le fait acquis, fut dirigée sans opposition par le prévôt des marchands La Chapelle-Marteau. « Messieurs de Paris étant arrivés à ladite maison de Ville, écrit Etienne Bernard dans son journal, fut proposé par Iv prévôt des marchands qu'il seroit expédient de nommer quelqu'un de la compagnie pour recevoir la comparution des présens, avec protestation que ce qu'il avoit pris la parole n'étoit pas pour revendiquer l'autorité de président, laquelle il savoit bien dépendre de la nomination des États, ains seulement pour acheminer les progrès desdits États, suivant la volonté de Sa Majesté; ce qui fut trouvé bon. »

Dans cette première séance, se produisit un curieux incident. « Honorable homme Jean de Compans, bourgeois de Paris, l'un des échevins de ladite Ville et Tun des députés d'icelle », vint déclarer à ses collègues « qu'il a ceddé et cedde le lieu de sa nomination deuxième à M. le président de NuUy \ tenant l'un des premiers lieux de ladite ville de Paris et ayant séance au Conseil privé du roi, et aussi qu'il a été, puis peu de temps, par quatre années consécutives, prévôt des marchands, sans avoir occasion, en protestant toutesfois que ladite cession ne puisse, en quelque sorte et manière que ce soit, préjudicier par ciaprès, en la qualité ou autorité du lieu et rang que tient

1. On remarquera cette manière d'orthographier le nom du premier président de la Cour des aides. C'est celle du Prixiés-verbal de PenroUement et évocation des pays, gouvernemens, provinces, sénéchaussées et bailliages du royaume de France et présentation des députés pour le tiers état du royaume, etc^ qu'on trouve avec une pagination spéciale dans le t. IV du Recueil des pièces originales. Il est asseï curieux que la liste des noms et stimoms des élus qui se trouve en tète du même volume, donne l'orthographe suivante : Etienne de NeuiUy, qui est aussi adoptée par l*Estoilb, t. ni, p. 153. Lbroux db LmcT, dans sa chronologie des députés de Paris, écrit ce nom de la même manière; il est vrai que, dans sa chronologie des officiers municipaux, le même auteur imprime Etienne de Neully, C'est une troisième variante.

et possède pour lejourd'huy ledit de Compans en ladite Ville, et que ce qu'il en fait n'est pour diminuer ni amoindrir ledit lieu et place qu'il tient, ains seulement pour ledit respect, en considération desdites qualités, lieux et place tenus par ledit sieur président... »

Le tiers état aurait de suite constitué son bureau définitif si le roi ne l'avait prié, par l'intermédiaire de M. de Rambouillet, de reculer l'élection du président, du greffier et des autres officiers jusqu'à l'arrivée des députés retardataires (séance du 19 septembre). Il fut décidé d'un commun accord « que l'on iroit vers Sa Majesté pour la supplier de limiter un temps dans lequel les absens seroient attendus, vu que le jour de l'assignation des États étoit passé et que les présens y étoient à grands frais pour leurs provinces, pour leur particulier, avec beaucoup d'incommodité ^ ». Conformément à ce vote, l'assemblée nomma une commission, dans laquelle figurait le président de Neuilly. Cette commission alla trouver le roi (20 sept.), qui fixa un délai de huit jours, avant l'expiration duquel il était interdit de nommer un président. Henri III ferait ensuite connaître sa volonté. Une réponse aussi hautaine n'était pas propre à satisfaire les députés, et dès le 24 ils délibéraient déjà sur la question de savoir s'il n'y avait pas lieu d'envoyer au roi une députation nouvelle, quand le sieur de Marie, maître des cérémonies, se présenta dans la salle de l'Hôtel de Ville où se réunissaient les députés du tiers, et leur déclara que Sa Majesté désirait que les députés nouvellement arrivés et qu'il n'avait pas encore vus, eussent à venir « le lendemain, jour de dimanche, à l'issue de son diner, pour lui faire la révérence et lui baiser les mains ». Puis de Marie, « ayant tiré son rôle de tous les gouvememens et bailliages de ce royaume, auroit sur

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