‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 232 sur 314 · Tome II, col · texte numérisé non relu

Tome II, col

battre le désordre ot la corruption de l'Ëtat... Si vous en usez autrement, s'écria-t-il dans un beau mouvement oratoire, vous imprimerez une tacbe d'infamie perpétuelle à votre mémoire ; vous ôterez à votre postérité ce beau litre de fidélité héréditaire envers votre roi qui vous a été si soigneusement acquis et laissé par vos devanciers. Et moi je prendrai à témoin le ciel et la terre, j'attesterai la foi de Dieu et des hommes qu'il n'aura point tenu à mon soin ni à ma diligence que les désordres de ce royaume n'aient été réformés; mais que vous avez abandonné votre prince légitime en une si digne et si louable action. Et finalement vous ajournerai à comparaître devant le juge des juges et le roi des rois où les intentions et les passions se verront à découvert, là où les masques des artifices et des dissimulations seront levés pour recevoir la punition que vous encourrez de votre désobéissance envers votre roi et de votre peu de générosité et loyauté envers son État *... »

Si grande que fût l'audace du duc de Guise, qui était placé immédiatement devant le roi, il ne put entendre ces fiëres paroles sans « changer de couleur et perdre contenance et le cardinal son frère encores plus * ». Cependant la séance continua. Le nouveau garde de sceaux', François

i. Recueil des pièces originales et authentiques concernant les États gênéfxiujr. Édit. de 1786, t. VII. Y. aussi PALMA-CAYer, Inti^. à la chron. nov.^ d'Aubigiié et DE THOCt t. X, p. 373.

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