‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 234 sur 314 · L'EsTOiLB, t. ni, p · texte numérisé non relu

L'EsTOiLB, t. ni, p

en vain sollicité Tintervention de la reine mëre. D^Espinac somma Henri III d*adoucir certaines expressions trop vives de son discours d'ouverture des Etats, car les chefs de la Ligue ne pouvaient tolérer qu'on le publiât tel qu'il avait été prononcé. Le roi résista d'abord, alléguant qu'il n'avait nommé personne, mais que, s'il ne prétendait pas porter atteinte à la liberté des États, il ne souffrirait pas non plus qu'on entreprit sur la sienne. L'archevêque de Lyon, voyant qu'il ne gagnait rien, haussa immédiatement le ton et en vint aux menaces ; il déclara que si le roi ne donnait pas satisfaction aux Guises, la plupart des députés quitteraient Blois sur-le-champ et que la guerre civile recommencerait ^ Henri III, comprimant sa colère et circonvenu par la vieille Catherine , consentit à laisser détruire les exemplaires déjà imprimés de sa harangue. D'ailleurs, les ligueurs les avaient saisis avec une audace incroyable, avant même d'avoir obtenu le consentement du roi. La phrase « aucuns grands de mon royaume ont faict des ligues, etc., » disparut de la version officielle. L'Estoile raconte « que pendant cette rétractation, il survinst une si grande obscurité par un orage et gresle qu'il falust allumer la chandelle en plain jour, pour lire et escrire : ce qui fisl dire à quelqu'un que c'estoit le testament du roy et de la France qu'on escrivoit, et qu'on avoit allumé la chandelle pour lui voir jetter le dernier souspir ».

Chaque jour apportait, en effet, au roi, une humiliation nouvelle. Le mardi 18 octobre eut lieu la seconde séance royale pour renouveler le serment à Tédit d'Union. Après quelques mots prononcés par le roi, le secrétaire d'Ëtat Ruzé de Beaulieu donna lecture d*une déclaration royale coulirmant et déclarant loi fondamentale du royaume l'Édit r Union. Puis la parole fut donnée à Tarchevèque de

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