I. De Tlioc» UX, p. 39i. Pâuu-CATCT
Bourges, qui disserta pompeusement sur la gravité du serment et les peines éternelles qui sont réservées aux parjures. Cette harangue terminée, Henri jura foi de roi <[u'il observerait Tédit u tant que Dieu lui donnerait vie ici-bas » et reçut le serment des députés « mettant par les ecclésiastiques les mains à la poitrine et tous les autres levant les mains au ciel ». L'assistance couvrit le prince d'applaudissements que de Thou qualifie d'ironiques, puis on se rendit à l'église Saint-Sauveur pour entendre un Te Deum '. Henri HI avait tellement perdu l'habitude d'entendre crier Vive le roi! qu'il se laissa gagner lui-même par la joie de la Ligue triomphante, sans songer qu'elle triomphait contre lui. « En cette joye populaire, écrit Palmai^ayet, il saresjouit et dit à plusieurs, et mesmes au prévost des marchands de Paris, qu'il sçavoit estre un des premiers de la faction des Seize, qu'il oublioit la journée des Barricades et tout le ressentiment quïl en pourroit avoir; que jamais il ne s'en souviendroit ny de tout ce qui s'estoit passé, pourveu qu'on n'y retournast plus V »
Pour célébrer tant de bonheur, un seul Te Deum ne suffisait pas. Henri HI crut nécessaire d'envoyer un messager à la Ville de Paris pour lui donner Tordre de faire chanter un second Te Deum à Notre-Dame, d'allumer des feux de joie et de tirer le canon en signe d'allégresse '. L'ambas- •
1. Voy. sur cette seconde séanee la brochure intitulée : « Actes de la seconde séance des Estais généraux de France «. Lyon, par Jean Pillehotte, 1588. Avec privilègi! du roi. Conf. dbThou, t. \, p. 393; d'Aubioné, col. 177; Palma-Cayet, introd.
2. Bernard rapporte le môme fait dans son journal :«.... Jamais le roi, la cour et le peuple ne furent si joyeux. Le roi déclara au prévôt de Paris, qui Pavait remercié avec moi, qu'il oublioit tout ce qui avoit été fait à Paris, selon que jà il Tavoit promis et lui promettoit encore, parole et foi de roi. » T. XV, p. 14 du Recueil des États généraux, Voy. aussi d'Aubigîié (col. 118), qui ajoute ce détail qu'au moment où le roi invitales députés & renouveler le serment d'observer l'édit d'Union « tous levèrent les mains et la voix, avec une joye si grande et un si haut cri de Vivb le loi! qu'il courut par toute la ville ».
3. Voici, d'après les Registres de la Ville, le texte même de la lettre du roi : « De par us Roy. Chers et bien amez, nous envoyons en nostre bonne
sadcur que choisît le roi dans celte circonstance , fut maître Pierre Senault, clerc du greffe, « qu'il congnoissoit pour un des plus mutins ligueurs de Paris et le plus factieux de tous les Seize, lequel il voulust honorer de ceste commission exprès pour agréer à la Ligue, laquelle connoissait ledit Senault pour le plus mauvais serviteur qu'eust le roy à Paris V». La Ville de Paris fut-elle sensible à cette attention du roi? Toujours est-il quVUe fit chanter le Te Deiim en grande pompe et adressa au monarque une belle lettre, en date du 23 octobre, qui, à travers force marques de respect, exprime quelques souhaits ironiques, tels que « lignée capable de succéder à la couronne », et le plaisir qu'auraient les Parisiens k revoir le roi dans la capitale *.
ville de Paris Senault pour vous faire entendre bien particullièrement ce qui s*est passé à ceste ouverture de nos Estatz généraux; desqueiz nous voyons le commencement estre tant favorisé de Dieu que nous n'en pouvons attendre que une semblable yssue, au contentement général de toute la France; et, pour ceste occasion, vous ferez rendre louange et actions de grâce à sa divine bonté par un Te Deum que vous ferez chanter en Téglise Notre-Dame où ceulx de noz courtz souveraines assisteront, suivant ce que nous leur en avons mandé, faisant aussy faire des feux de joye et tirer rartillerie, en signe de resjouyssance, que nous espérons augmenter dans peu de temps par la nouvelle d*une bonne résolution des Ëtatz... Escript à Blois le XLV jour d*octobre 1588. Signé Henry. » Rio. H, 4789, r>201.