Procès-verbal du tiers, p
vêque de Lyon et le président de Neuilly. Henri III prit la parole et dit « qu'il vouloit régler sa maison et la réduire au petit pied ; que, s'il avoit trop de deux chapons, il n'en vouloit qu'un ; qu'il avoit trop de regret d'avoir vécu de la façon du passé, et qu'avant de partir il promettoit aux députés grand contentement ». Mais ce 7nea culpa n'était que pour la forme : au fond, le prince refusait de ramener la taille au pied de l'année 1576, conmie le demandaient les États ; il avait besoin de ressources pour continuer la guerre contre les hérétiques, « et ce n'étoit pas lui donner du courage que de lui retrancher ses moyens * ». Content de sa rhétorique, il faisait monter les députés du tiers qui attendaient dans la cour du château l'issue de la conférence, et rééditait son discours. Puis Coussin et Bernard répondirent longuement, ne tarissant pas sur la misère du peuple et la mauvaise administration du Trésor. Écoutez ce que vous dit Bernard, interrompait le roi en s'adressant à MM. Marcel et Pétremol, intendants des finances, qui se trouvaient présents. Enfin Henri reprit encore une fois la parole, compensant le refus de diminuer les tailles par de bonnes paroles : « Nous tendons au même but, mais nous y venons par divers chemins ». Ni le but, ni les chemins ne se ressemblaient, mais la douche émolliente de l'éloquence royale détrempait un peu l'arrogance des députés du tiers. Un auxiliaire inattendu s'entremit, et cet auxiliaire n'était autre que le duc de Guise. Le chef de la Ligue commençait à trouver que les députés allaient trop loin et poussaient le roi aux extrêmes. En bonne conscience, il fallait voter quelques sommes pour continuer la guerre civile, car si le roi se décourageait et se jetait dans les bras des huguenots, que deviendraient les Guises, sinon de purs rebelles? Alors, coup sur coup, il assemble les députés notables,