‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 241 sur 314 · Procès-verbal^ p. 23 i · texte numérisé non relu

Procès-verbal^ p. 23 i

Ainsi le roi se trouvait placé entre un coup d*Ëtat et une abdication ^ La duchesse de Montpensier montrait à toute la cour ses ciseaux d'or, destinés k tondre le moine Henri. ËUe quitta brusquement Blois, sous prétexte d'accompagner Catherine de Glèves, duchesse de Guise, qui allait faire ses couches à Paris, et le roi crut qu'elle retournait dans la capitale afin de fomenter une nouvelle insurrection ^ Le propre frère de Guise, le duc de Mayenne, faisait dire* au roi par le colonel Ornano de se défier du chef de la Ligue. Dans une audience particulière, obtenue d'ailleurs à grand'peine, la duchesse d'Aumale donna au Valois les mêmes avis que Mayenne ^ Une intervention énergique du maréchal d'Aumont, que Guise avait essayé en vain de gagner k sa cause, et qui déclara que le duc voulait se faire nommer connétable par les Etats; enfin l'audacieuse demande du gouvernement d'Orléans par Guise, achevèrent de porter au comble l'exaspération de Henri UI; mais ce qui contribua peut-être plus que tout le reste à lui inspirer un acte de désespoir, c'est la crainte d'être ramené de force à Paris.. Le cardinal de Guise conseillait à son frère d'aller occuper Orléans, tandis que lui-même enlèverait le roi et

i. L'assassinat du duc de Guise s'explique, à coup sâr, par les raisons politiques qui sont indiquées au texte, oaais il peut avoir été décide sous rinûuence d'un état pathologique de Henri III. C'est le chancelier Cheverny qui a donné à l'historien de Thou de bien curieux détails sur la santé du dernier Valois. 11 était, en hiver, sujet À des accès de bile, et alors il devenait intraitable pour ses ministres et ses serviteurs, n Je me souviens, écrit DE Thou, que, quelque temps avant la mort du duc de Guise, comme je passais par son château d'Esclimont, au pays chartrain, pour me rendre à la cour, ce magistrat (Cheverny)me parla de ces humeurs du roi et me prédit que, si le duc continuait à pousser ce prince, il serait homme à le faire quelque jour assassiner sans bniit dans sa chambre méme^ parce qu*on était dans une saison oit il s'irritait aisément et où sa colère approchait fort de la fureur, » T. X, p. 678.

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