INTRODUCTION XXV
abbayes et prieurés et huit notables de chaque quartier *. Les assemblées générales avaient pour principale raison d'être la fréquence des demandes d'argent adressées par le roi aux bourgeois de sa bonne ville de Paris; à l'ordinaire, on cherchait à marchander, à gagner du temps, en invoquant ce prétexte que telle ou telle assemblée n'était pas en nombre, et le prévôt des marchands en convoquait une seconde ou une troisième, pour se ménager le temps de demander au roi une réduction du subside ^
Il serait superflu d'insister sur l'importance considérable, au point de vue politique comme au point de vue administratif, du prévôt des marchands et de ses auxiliaires, les échevins. Leur origine élective, le rang qu'ils occupaient dans les cérémonies publiques, la magnificence de leurs costumes, l'immense hiérarchie de leurs subordonnés, tout contribuait à rehausser leur prestige et à faire d'eux pour la monarchie soit de précieux serviteurs, soit les plus redoutables des adversaires. Mandataires de la cité, ils avaient qualité pour parler au nom de tout Paris et pour dire la vérité aux rois. Ils ne faillirent pas à ce devoir, et les remontrances de la Ville, moins connues que celles du Parlement, attestent peut-être un esprit plus large, une plus grande pitié pour les misères du peuple. Administra-
i. Géiaiiy dit le Reo. H, 1783, f» 255, u rassemblée la plus complète et au plus grand nombre de gens notables qui y fut vue, passé à quarante ans B.
Nous ne citons ici que les trois principaux types d'assemblées municipales^ mais il y avait bien des circonstances où la composition variait. Ainsi, le 31 décembre 1533, Léonard Gouard est admis' en qualité de successeur du procureur du roi et de la Ville, Jehan Benoist, par une assemblée composée non seulement du Bureau de la Ville, mais encore des quartiniers, et Léonard Gouard soutint qu'on aurait dû convoquer, en outre, deux bourgeois notables par quartier, ce qu'on trouva contraire aux précédents. (Rbg. H, 1719, f^ 158.) En général, le Bureau de la Ville statuait seul sur les résignations d'offices municipaux. (Rbg. U, 1779, f» lU, 138, 215, etc.)
2. On peut prendre comme exemple ce qui se passa le 20 mars 1558, sous le règne de Henri IL (Red. H, 1783, P 26.) Mais ces pratiques dataient de Louis XII (Rbg. H, 1778, fo 107) et se reproduisirent sans interruption.