Ibid., p
Clerc entendait, d'ailleurs, la tolérance à sa manière, et il se montra plein d'égards pour un de ses prisonniers, le ministre huguenot Damours, « disant le dit Bussi et jurant Dieu en catholique zélé qu'il étoit plus homme de bien, tout huguenot qu'il estoit, que tous ces beaux politiques de présidens et conseillers qu'on lui avoit baillés en garde, qui n'estoient que des hipocrites, et qu'il eust mieux aimé lui faire plaisir qu'à eux, encores qu'il n'alloit point à la
messe * ».
Tandis que ses alliés se donnaient ces distractions lucratives, Mayenne, avec une persévérance remarquable, s'occupait de « nouer et estraindre par un ordre et règlement toutes les villes qui s'estoient déjà mises du party de l'Union et celles qui s'y mettroient encor à l'advenir « ». C'est dans ce dessein qu*il publia, au commencement d'avril^ un règlement en vingt et un articles, pour régulariser l'action combinée des forces de l'Union et arrêter les actes de pillage. Plusieurs articles défendent : de saisir « les biens meubles appartenans aux ennemis... n'est raisonnable de souffrir que les biens des particuliers soient exposez au pillage et appliquez au profit particulier d'aucuns, mais qu'ils doivent estre employez au secours des affaires publiques »; ainsi la Ligue ne rend pas l'argent, mais elle veut régler l'emploi des biens confisqués. Défense aussi d'arrêter les suspects sans ordonnance écrite des magistrats; d'occuper les maisons des absents et de s'en approprier le contenu, comme le faisaient, paraît-il, certains « gentilshommes du party de l'Union ». D'autres articles convoquaient les États généraux à Paris pour le 13 juillet suivant et rétablissaient le Grand Conseil, « à la charge que les officiers d'iceluy feraient le serment de l'Union ' ».