Uém, de Cheverny, Coll. Micbaud, t. X, p
3. a Et comme je retoumois de ce voyage, mondit sieur frère du Roy fut aussi persuadé par les mesmes conseillers de m'envoyer prendre et arrester ou tuer par les chemins; et pour ce il dépescha un de ses plus confidens capitaines avec cent arquebusiers à cheval qui, grâces à Dieu^ vindrent trop tard et ne me peurent joindre. » [Ibid.)
gislres de la Ville indiquent quelques-uns des mouvements de troupes qui furent ordonnés pour faire face aux reîtres allemands dont Montmorency de Thoré conduisait la marche à travers la Lorraine et la Champagne. Dès la nouvelle de rentrée des Allemands en France, Henri de Guise était parti pour son gouvernement de Champagne, à la tète do mille gendarmes. Il fut rejoint par Philippe Strozzi, colonel général de l'infanterie française, qui amenait dix mille hommes de pied, et par les troupes amenées par les ducs d* Usez et de Montpensier qui arrivaient Tun du Languedoc, Tautre du Poitou. Par ordre du roi, la Ville de Paris avait également envoyé trois des compagnies levées aux frais des Parisiens * ; les quatre autres compagnies eurent pour mission de garder les principaux passages de la Seine. Le choc eut lieu près de Château-Thierry. Après une courte résistance, la petite armée protestante fut mise en déroute, et les reitres, qui formaient un corps de cinq cents hommes, se rendirent sans combat. Thoré put s'échapper et se retira avec quelques-uns des siens auprès du duc d'AIençon. En elle-même, cette victoire n'avait pas une grande importance, mais elle eut une réelle influence sur la popularité du jeune duc de Guise, car le vainqueur, ayant reçu dans la mâchoire gauche un coup d'arquebuse, il gagna le surnom de Balafré et la réputation d'un héros.
C'est le 1 1 octobre qu'on apprit dans la capitale la non* velle de la victoire des troupes royales. Le roi ordonna des Te Deiim qui furent chantés d'abord à l'église Saint-Jehan en Grève, et ensuite, le lendemain, à Notre-Dame, en présence de toute la cour et des compagnies souveraines. Le corps de Ville assista à cette double cérémonie '. Mais les cantiques d'actions de grâces n'empêchaient pas la caisse municipale d'être vide, et le clergé ne payait pas les arré-