Rbc. h, 1787, f
affecté de cette mort tragique d'un conseiller viril qui cherchait à faire de lui un vrai roi *. Cependant on informa pour sauver les apparences. Le prévôt des marchands, « suivant la volonté du roy », prescrivit aux colonels, le 1*"" novembre, de faire faire des perquisitions dans les dizaines « pour congnoistre ceulx qui sont coulpables ou soubsonnez c\o homicide commis le jour d'hier de nuict {sic) en la personne de feu sieur Du Guast, maistre de camp ' ». La suppression de Du Guast rendait grand service à Catherine et faisait disparaître le principal obstacle à la conclusion d'une trêve entre le roi et son frère. Tandis que la reine mère négocie, Henri III se distrait. « Au commencement de novembre, dit TEstoile, le roy fait remettre sus par les églises de Paris, les oratoires, autrement dits les paradis, et y va tous les jours faire ses ausmonnes et priètes, eii grande dévotion, laisse ses chemises à grands goldrons, dont il ostoit auparavant si curieux, et en prend à colet renversé, à ritalienne. Va en coche, avec la Reine, son épouse, par les rues et maisons de Paris, prendre les petits chiens damerets, qui à lui et à elle viennent à plaisir; va semblablement par tous les monastères de femmes estans aux environs de Paris, faire pareille queste de petits chiens, au grand regret et desplaisir des dames ausquelles les chiens appartenaient. Se fait lire la grammaire et apprend à décliner '. »
i. Voy. le récit des circonstances de cet assassinat mystérieux dans de Thou, t. Vll^ p. 300. Le grave historien attribue ce crime à Marguerite, la reine de Navarre, dont le malheureux Du Guast avait publiquement flétri les mœurs. — Uëstou^b, 1. 1, p. 92, prétend que le duc d'Alençon avait armé la main du baron de Viteaux, Tassassin présumé, parce que Du Guast était passé un jour devant lui « sans le saluer, ni faire semblant de le congnoistre, et avoit dit par trois fois qu'il ne recongnoissoit que le roy, €t que quand il lui auroit commandé de tuer son propre frère, qu'il le feroit ».