Rb«. h, 1787, f
3. UEsTOiLE, t. J, p. 93. C'est ce qui faisait dire à Pasquier :
Bis rez qui fuerat fil modo gprammaticos.
Pasquier a revendiqué la paternité de celte épigramme. (Livre XIX de ses Lettres, t. II, p. 483.)
Profitant de cette inertie du roi, Catherine signa le 21 novembre avec Alençon une trêve de sept mois, à des conditions honteuses *. Non seulement la cour s'engageait à payer aux reltres de Jean-Casimir une somme de 500,000 louis pour les empêcher de passer le Rhin, mais on accordait au duc d* Alençon cinq places de sûreté : Angoulême, Niort, Saumur, Bourges et La Charité; et au prince de Condé, Mézières. Il est vrai que le roi n'avait pas Tintention de tenir ses engagements. Il ne donne pas Mézières au prince de Condé, il s'arrangea pour ne donner ni Bourges ni Angoulême au duc d' Alençon; enfin il ne paya pas Jean- Casimir. Par contre, il enrôla six mille Suisses, et chargea le comte de Mansfeldt, Gaspard de Schomberg et Christophe de Bassompierre, qui vinrent à Paris, d'amener en France huit mille reitres allemands, moyennant 1 00,000 écus d'or comptant et 450,000 autres, lorsque ces troupes fran-
1. Le recueil de pièces publié par la Bev. rétrosp, conlient (l. V, p. 271) une très longue lettre par laquelle Catherine apprend à Henri UI qu'elle a signé la trêve avec le duc d*Alençou. Au dernier moment, les huguenots, ne trouvant pas encore suffisantes les concessions de la cour, prétendirent que Catherine n'avait pas apporté de pouvoirs réguliers pour signer la trêve au nom du roi. La reine mère répondit avec noblesse « qu^elle n'ea avait pas demandé, pensant que ayant rhormetir d'être la mère du roi et plusieurs lettres écrites de sa main, qu'il nen était pas besoin. » Cette lettre importante, qui est datée du 12 novembre 1575 (Biblioth. Nat, sect. des man.j Fonds Colbert, V, 7, p. 663; Fonlanieu, 339-340), contient un postscriptum écrit de la main même de Catherine : « Je vous supplie, monsieur mon fils, pensez que ce n'est pas colère qui me fait parler autre que de voir qu'il y en a qui ne serait jamais content qui ne nous ait vu couper la gorge, à vous et à votre frère, et ce royaume parti à qui en pourra le plus prendre; je vous supplie, ne leur donnez ce contentement, et je prie Dieu qu'il leur fasse voir tout le contraire, pour les faire crever de chagrin. » Mais Catherine n'avait pas l'intention de tenir les promesses faites au duc d'Alençon. Par une lettre, en date du 7 décembre 1575 (coUect. LucAS-Mom-iG.NY), elle donne ses instructions à M. de Rambouillet. « Vous ne délivrerez point encore La Charité, dit la reine, à celui que mon fils y envoie, jusqu'à ce que vous ayez plus amplement de mes nouvelles; et quant à Bourges, je vous prie de vous assurer que vous la puissiez avoir et délivrer es mains de mon fils quand nous voudrons; mais ne la délivrez pas aussi que je ne le vous mande. » Chose curieuse! Henri UI écrivait le lendemain, 8 décembre, à M. Rambouillet de faire consigner immédiatement la place de La Charité entre les mains du sieur Davantigny, mandataire et délégué du duc d'Alençon.
duraient la frontière *. L'occasion était belle pour présenter aux Parisiens une demande de subsides. Henri III ne s'en fit pas faute.
Dans une lettre en date du 10 décembre 1575, qui nous a été conservée par les registres de la Ville *, le roi expose les mesures qu'il a prises ou compte prendre pour faire face à tous ses ennemis. Aux reîtres de Jean-Casimir qui se massent sur la frontière de Lorraine, il opposera une armée en Champagne « et, pour cet effect, a mandé convocquer toute sa noblesse pour se trouver en deux armées qu'elle {Sa Majesté) entend avoir tant près de sa personne que en son païs de Champagne où aussy s'assembleront la pluspart de toutes ses gens d'ordonnance et enseignes de son infanterie. » On lèvera vingt-huit cornettes de reîtres, soldées sur la subvention accordée par le pape, cl douze mille hommes d*infanterie française.
La Ville de Paris recevait la part du lion dans cette répartition des charges militaires. « Et pour le regard de sa bonne ville et généralité de Paris, que Sa Majesté aura toujours en plus spécialle affection, d'aultant que Icsdictes forces sont principalement destinées pour conserver ladicte ville et païs circon voisins, elle désire que ses bons et fidelles subjectz, les habitans de sadicte bonne ville et pareillement ceuls de la dicte généralité le secourent promptement du paiement de 3,000 Suisses pour quatre mois,
se prenant ailleurs le paiement d'autres trois mil le
tout sans tirer à conséquence pour l'avenir. » Pour le présent, la solde des trois mille Suisses devait s'élever à 200, 000 livres. Le roi engage la Ville à se procurer la somme dont il s'agit au moyen d'une taxe assise sur tous les habitans des ville et généralité de Paris, privilégiés ou non, sauf les ecclésiastiques « pour leurs biens et revenus
i. Voy. DE Thou, t. VIF, p. 296.