‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 70 sur 314 · Voy. dbThou, U vu, p · texte numérisé non relu

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s'opposer par la force à leurs entreprises. Mais, pour faire la guerre, il faut des troupes, et, pour avoir des troupes, il faut de l'argent . Le roi en demande à Paris, sa bonne ville *. Il se contentera, pour cette fois, d'une somme de 300,000 livres, et, aOn de la réaliser, Henri recommande aux magistrats municipaux de « prendre pied sur la taxe des deniers qui se lèvent pour la fortification sur les maisons de ladite Ville et faulxbourgs, laquelle taxe sera multipliée jusques à huict fois pour revenir auxdietz 300,000 livres )>. Le prévôt des marchands et ses collègues commençaient à recueillir le fruit de leur conduite aux États généraux. Ils avaient poussé le roi aux résolutions belliqueuses ", et voici que la cour demandait déjà une provision. Une assemblée eut lieu le 8 mars 1577 au bureau de la Ville pour délibérer sur la demande du roi. Mais « attendu l'importance de l'affaire », le bureau décida qu'une assemblée générale serait convoquée pour le 11

1. « Considérant la bonne volonté et asseuré. debvoir que ceulx de nostre bonne ville de Parie, capitalle de ce royaume, ilz ont toujours rendu à la conservation de ceste couronne, nous avons admise vous requérir de nous aider et servir, en ccsle tant bonne et saincte occasion, de la somme de trois cens mil livres tournois, pour partie des deux millions de livres que sommes contrainctz lever sur tous les manans et habitans de noz villes et plats pais. » Reg. H, 1788, fol. 58 r«.

2. A côté des fanatiques, d*ailleurs très nombreux, il y avait à Paris beaucoup de partisans de la paix religieuse. Au début de 1577, les huguenots, dans une foule de petites pièces volantes dont TËstoile nous a donné des échantillons curieux, <« descbirèrent tous ceux qu'ils tenoient pour aulheurs et conseillers de la guerre, et par conséquent de leur malheur. » Voy. l'Est., 1. 1, p. 167. — D'autre pari, le parti des Politiques ou modérés faisait afflcher, le 12 janvier, des placards anonymes qui engageaient le peuple et la cour à faire la paix avec les huguenots. Dans un de ces écrits qui fut collé sur les portes de l'Hôtel de Ville, on lit : « Placcaro de Paris. Messieurs, c'est chose certaine que le pauvre peuple aime mieux un jour de paix que dix ans de guerre... La paix affermit un Estât, la guerre estrangère Tesbranle, la civile la ruine du tout. C'est trop fait des fous... Nous avons le navire pour devise; si la guerre se renouvelle, nous sommes plus près du naufrage qu'il ne semble... » Suit un tableau de la misère des Parisiens auxquels le roi ose encore demander de l'argent. Puis le placard conclut ainsi : « Unissons-nous seulement comme bons bourgeois et concitoiens catholiques, assemblons-nous et nous mettons en devoir d'estaindre et estouffer toute semence de division et de sédition. » Ibid.f p. 177.

dans la gran(Vsaile de THôtel de Ville. Los délégués des compagnies souveraines cl les bourgeois s'y trouvèrent en grand nombre. On y arrêta que des remontrances seraient faites au roi « attendu la pauvreté du peuple et que les bourgeois ayant rentes et revenus en ladicte ville et aux champs ne peulvent aucune chose rccepvoir, h Toccasion des guerres et troubles... » (^eux que rassemblée chargea de rédiger les remontrances étaient : MM. Le Gresle, échevin, de Bonneuil, Larcher, J. VioUe, Gâtîneau, de Machault, Aubry, de Saint- Yon, Leconte ot Lepeullre *. Répondre par une menace de remontrances n'était pas pour satisfaire la cour, qui ne pouvait se consoler de la détresse du Trésor ' et faisait argent de tout. Aussi le roi écrit-il de nouveau, le 19 mars, à la Ville. Il constate avec aigreur que « cest affaire est pour tirer en longueur »; ajoute que le duc d'Anjou a un urgent besoin d'argent pour faire le siège de La Charité, et conclut en insinuant à la Ville qu'au lieu de faire des remontrances « qui ne sont pas encore dressées » elle ferait beaucoup mieux de se conformer aux intentions royales *. Le 22 mars, le roi adresse encore une lettre à la Ville pour lui annoncer qu'il expédie à Paris le contrôleur des finances Marcel, avec le conseiller de Saint-Bonnet pour « dire de nostre part aulcunes particularités ». Il assure que ses intentions sont « bonnes et sainctes * ».

i. Ainsi les registres placent au 11 mars 1577 celle importanle assemblée générale. L^Estoile donne la dale du 12. C'est une légère erreur de la part du chroniqueur. Voy. t. I, p. 185.

2. Ce n'était pas seulement la capitale qui était mise à contribution. Par lettres patentes du mois d*avril, Henri Itl « avait fait injonction et commandement aux villes de son roiaume de lui fournir la somme de douze cens mil livres pour faire les frais de la guerre & laquelle avoit esté conclud par les Estais. » L*£stoilb, iàid. De nombreux offices furent vendus. Il faut citer notamment la création de quatorze offices de conseillers du roi, contrôleurs généraux des greniers à sel. Ëdit de mai 1577 (Font., t. Il» 1038). Des lettres, datées de Blois, 12 février 1577, et confirmant les privilèges du clergé (Isambert, t. XIV, p. 319), récompensèrent l'ordre ecclésiastique des subsides accordés au roi.

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