Rbo. h, 1788, f
Saint-Jehan en Grève. Il fut aussi « ordonné au capitaine et maistrc de l'artillerie de la Ville de tenir Tartilleric preste, lorsque Ton mettroit le feu à celluy que le concierge de la Ville fut chargé de dresser devant la grande porte de l'hostel de ladicte ville * ». Après le Te Deum, la municipalité offrit une collation à MM. d'Escars et de la Mothe- Fénelon. L'Est oile parle « du feu d'allégresse, avec force canonnades », mais il ajoute que « le peuple en fist fort peu de compte et moins signe de joie. Le frère Maurice Poucet, prêchant à Saint-Sulpice, disait hautement : « Tédit et ceux qui l'ont fait et les conseillers d'icclui, tout n'en vault rien * ».
L'édit de Bergerac, que le roi appelait « mon édit », par opposition à la paix de Monsieur, clôt la première étape du nouveau règne et impose une courte trêve à la mêlée des factions. Les masques vont bientôt tomber, et la scission c?ntrc les Guises et Henri III deviendra de plus en plus profonde. Il faudra que le corps de Ville parisien prenne parti. Aux États généraux de Blois, il a déjà manifesté ses prédilections ligueuses, sans se départir toutefois d'une soumission respectueuse aux ordres du monarque. L'Hôtel de Ville est déjà suspect : l'intervention du monarque et
i. Rbo. h, 1788, Î9 158. Voir Hist, munie, p. 535, sur le cérémonial observé pour la publication de la paix signée le 11 avril 1564 entre Charles IX et la reine Elisabeth d'Angleterre. Le feu allumé sur la place de Grève était une des parties du programme des réjouissances. Tl ne faut pas confondre cet usage avec celui d'allumer un feu au même endroit la veille du jour de la Saint-Jean ; mais on avait l'habitude de tirer les canons de la Ville et de faire des feux de joie en Grève, et même dans les différents quartiers de Paris, chaque fois qu'il survenait un événement heureux pour la famille royale ou pour la France. Voy. p. 432 et la note. Ibid.
2. « Voilà, de mot pour mot, dit l'Estoile, 1. 1, p. 219, le plaisant dialogue qu'en flst nostre M. Poncet en sa chaire et le peu de contentement que messieurs de l'Eglise, aussi mal conseillés que le peuple estoit sot, avoient de ceste paix... » On peut consulter sur le frère Poncet le livre de Ch. La- BfrTB : De la démocratie chez les prédicatew^s de la Ligue. Paris, 1841, 1 vol. in-8o, p. 23. C'était un bénédictin de Melun qui devint curé de Saint-Pierre des Arcis, homme vertueux au rapport de Félibien {Hist. de Paris , t. 11, p. 1148), bon théologien d'après de Thou, et « vieil fol » d'après Henri III. 11 a joué un certain rôle dans l'histoire de la Ligue, et nous en reparlerons.
de Catherine dans les élections municipales d*aoùt 1377 le prouve suffisamment. Le 16 août, l'assemblée générale des électeurs parisiens s'était réunie à l'Hôtel de Ville pour nommer deux échevins, en remplacement de ceux qui avaient fait leur temps. Mais le roi avait ordonné Tenvoi du scrutin au cardinal de Bourbon, son lieutenant général à Paris. Conformément à cette injonction, les scrutateurs portèrent le scrutin, clos et fermé, au cardinal « estant en son abbaye de Saint-Germain des Prés m, et requirent la confirmation de l'élection suivant les ordonnances et privilèges de la Ville. « Lequel sieur cardinal, disent les registres, auroit prins et receu ledict scrutin, et déclairé à icelle compaignie qu'il avoit commandement exprès du roy de luy envoyer icelluy, ce qu'il feroit dès aujourd'huy ». Cependant ce ne fut pas un simple agent du cardinal, mais le sieur le Conte, quartinier de la ville et l'un des scrutateurs, qui porta le scrutin à Poitiers, où se trouvait Henri lU. Le Conte, après avoir rempli sa mission, rapporta une lettre du roi, datée du 20 août, dans laquelle le souverain nommait lui-mêtne les deux échevins nouveaux. <c Nous vous dirons que nous avons esté bien aise que vous ayez faict ladicte ellection et que, suivant nostre intention, vous en ayez mis le scrutin ès-mains de nostre très cher et très aimé le cardinal de Bourbon, qui le nous a envoyé; et, après l'avoir veu, ?îous avons choisi maistre Jehan Boue et Loys Abelly pour estre et demeurer eschevins, au lieu des deux qui sortent de service *. » Une lettn» de Catherine, datée de la veille 19 août, s'exprimait à peu près dans les mêmes termes. Méditant sans doute de prochaines revanches, la Ville se soumit en silence aux injonctions royales. Elle manda Jehan Boue et Loys Abelly et leur fit prêter le serment accoutumé.