Rb6. h, 1788, P
2. Reo. h, 1788, f^ 247. C'est dans une assemblée du Bureau de la Ville en date du 30 janvier 1580, que celte revision avait été proposée. On confia le cahier des coutumes à MM. Laisné, échevin, Lelièvre de Palluau, de Jumeauville, Sanguyn, d'Hierre, de Brévant, conseillers de la Ville, et M. Pierre Prévost, ancien échevin, avec mission de préparer un rapport sur le projet de révision et de veiller au maintien « des previllèges, franchises et libertez des bourgeois, manans et habitans. Le mardi 22 février, dans la grande salle de Tévéché de Paris, Christophe de Thon, premier président, et MM. Viole, Anjorrant, Longueil et Chartier, conseillers au Parlement, commencèrent & procéder a à la réformation et réduction de la coustume de Paris ». Les délégués de la Ville de Paris avaient demandé séance « sur un banc à part «. Voy. aussi l'Estoilb, t. I, p. 354.
3. L'ordre du Saint-Esprit datait juste d'un an. 11 avait été institué le l*r janvier 1579, « à cause de l'eiTréné nombre des chevaliers de Tordre de Samt-.Michel, qui estoit tellement avili qu'on n'en faisoit non plus de
magnifique collation au roi et à la toute la cour. Douze cents pièces de faïence italienne couvraient les deux immenses tables du festin : les pages et les laquais de la cour en brisèrent le plus grand nombre, « comme ils sont d'insolente nature », dit la chronique. Puis ce fut une série de diners consécutifs : chez le cardinal de Bourbon, à Tabbaye Saint-Germain des Prés, le 3 février, le lendemain à l'hôtel de Saint-Denis, chez le cardinal de Guise; les jours suivants, à Thôtel de Nesles, chez le duc de Nevers, à rhôtel de Ghàlons, chez le seigneur de Lenoncour et chez d'autres gentilshonmies, tant que la foire Saint-Germain dura. A l'Hôtel de Ville, il y eut aussi une cérémonie imposante à l'occasion de la réception de M. de Villequier en qualité de gouverneur de Paris. Cette nomination avait été accueillie par les Parisiens avec d*autant plus d'indignation qu'il succédait au maréchal François de Montmorency, enlevé à cinquante ans, le 6 mai 1579, par une attaque d'apoplexie, et qui, dit de Thou, emportait avec lui « le titre glorieux de dernier des Français * ». Le 4 janvier 1580, Villequier avait été reçu au Parlement; le 19 suivant, eut lieu sa réception solennelle à l'Hôtel de Ville, et les Registres nous en ont conservé le cérémonial '. Une assemblée générale avait été convoquée pour
compte que de simples aubereaus ou gentillastres, et les appeloit-on des piéça le graud collier de cet ordre a le collier a toutes bestes ». Jbid,, p. 296. Il n'y eut d'abord que vingt-six chevaliers du Saint-Esprit. Le duc de Guise, les cardinaux de Bourbon, de Guise et*de Birague ne furent nommés qu'en janvier i580.
1. François de Montmorency^ maréchal et duc, était le fils aîné du connétable Anne de Montmorency. C'est lui qui avait publiquement bravé le cardinal de Lorraine, rue Saint-Denis, et avait désarmé ses gardes; lui que son esprit de tolérance et de conciliation envers les protestants avait rendu suspect & la cour; lui qui avait été mis à la Bastille avec le maréchal de Gossé, après les interrogatoires de la Môle et Goconas (mai i574), et qui en était sorti le 2 octobre 1575. Il était rentré dans ses biens et honneurs. Paris lui fit des funérailles magnifiques. On peut consulter le Discours sur la maladie et derniers propos de M, le mareschal de Montmorency, Paris, MDLXXIX. Abch. curibuses, t. IX, p. 310.
2. Rbg. h, 1788, fo 255. Il y a sur ce point entre les Registres et l'Es-
la circonstance. Quatre notables par quartier s^étaient joints au corps municipal; devant la porte de la maison commune étaient rangés les arquebusiers de la Ville. Le prévôt des marchands et les échevins, « vêtus de leurs robbes de livrée », précédés des sergents de la Ville, vinrent au-devant du nouveau gouverneur jusqu'à Tcntrée de la première porte extérieure et le conduisirent avec sa suite « en la grand'salle où estoit ladicte assemblée gênéralle, passant par les galleries dudict Hostel de Ville et par dessus Tescallier de boys, y estant revestu des deux costez de lierre faict tout exprès ». Arrivé dans la grand'salle, Villequier prit place sur « une chaise couverte de velours cramoisy » placée sous un haut dais et présenta ses lettres de procuration vérifiées en Parlement; puis, quand le greffier en eut donné lecture, « le gouverneur a prins la collation audict Hostel de Ville et, ce faict, chascun s*est retiré ».
A cette époque élégante et sensuelle, où tout ce qui parlait aux yeux avait une grande importance, l'étiquette et le cérémonial jouent mi rôle considérable dans la vie politique et aussi dans la vie municipale. Rien ne donne une idée plus claire de l'importance des fonctions que les formalités ou les honneurs qui en accompagnent la collation ou la fin. A qui voudrait, par exemple, se rendre compte de la place éminente qu'occupait un échevin de Paris dans la société de son temps, on pourrait recommander d'étudier les honneurs funèbres qu^on décernait aux auxiliaires du prévôt des marchands. Il y avait tout un cérémonial, réglé minutieusement, pour les obsèques des échevins. En décrivant Tordre et la marche du convoi de Jean Bouer,
toile, qui ordinairement concordent à merveille, une légère différence. L'Estoile fixe au Jeudi 7 janvier 1580 la réception de Villequier à TUÔtel de Ville et ajoute qu'il partit le lendemain « pour se faire recevoir pareillement aux autres villes estant du destroit et gouvernement de Tlsle-de- France n.
qui mourut à la fin du mois de juin 1379, les registres prennent soin de rappeler qu'on a observé ce qui s'était fait « es convoiz et enterrement de deffunct Maître Mathurin le Camus, qui fut le 26* jour de janvier 1562, et à celluy de deffunct Maître Jean Liescaloppier, qui fut le seiziesme jour de novembre 1563, comme estans tous lesdictz^ sieurs le Camus et Lescaloppier en leur vivans eschevins de ladicte Ville de Paris » *. On faisait d'abord « la semonce » au Bureau de la Ville; c'est-à-dire que les « jurés crieurs de corps et de vins de la Ville * » venaient prier le prévôt des marchands, les échevins et les autres officiers municipaux d'assister au convoi. Le prévôt des marchands mandait aussitôt : 1® l'apothicaire de la Ville, pour lui commander seize torches, de deux livres pièce, aux armes et écussons de la Ville de Paris; 2® seize hannouars % porteurs de sel, pour leur prescrire de se tenir prêts à porter les seize torches commandées par la Ville; 3* les conseillers de Ville et les quartiniers pour les prier de se rendre au Bureau à une heure déterminée et accompagner le chef de la municipalité. L'heure venue. Messieurs de la Ville « veslus de leurs robbes my-parties » quittaient la maison commune et se mettaient en marche, dans l'ordre suivant : « Premièrement, marchoient les hannouars porteurs de sel, vestuz de noir, portans les torches, puis les
1. C'est le Reg. H, 1784, f^ 222, qui décrit les obsèques de Jean Lescaloppier. Ce passage du Reg. a été reproduit dans la ColL des arch. cur,^ !»• série, t. V, p. 432.
2. Sur les crieurs et leurs attributions, voy. Hist, munie, p. 39, et Lbrous DE Lufcr, p. 222.
3. Sur les hannouars, voy. Hist. munie, p. 41, et Lekodx de Linct, p. 225. Cet auteur dit bien que les hannouars (dont le nom s'orthographiait' dans le principe henouarts) avaient le singulier privilège de porter le corps des rois de France défunts, lors des cérémonies funèbres; mais il n'ajoute pas que les hannouars remplissaient le même ofûce pour les officiers municipaux. J. Chartier, Histoire de Charles Vif, p. 317, explique de la façon suivante la signification du privilège des hannouars : « Ce sont ofûciers au fait de la saunerie à Paris, au nombre de 24, qui sont en possession d'ainsi porter les corps des défunts roys, afin de faire voir que leur mémoire, ainsi que le sel, se conserve toujours. -
sergens de Ville, aussi vestuz de leurs robbes my-parties, à pied ; et après eulx le greffier, vestu aussi de sa robbe mypartie, à cheval; puis, mçsdictz sieurs à cheval, et le procureur du roy et de la Ville, aussi à cheval et vestu aussy de sa robbe rouge; et le receveur, en son habit ordinaire, et quartiniers d'icelle ville; et en cest ordre allèrent au logis dudict defunct. » Du logis à l'église, le convoi était composé ainsi qu'il suit : 1* gens d'église; 2° corps du défunt, entouré des hannouars, les torches en main; 3* le greffier, le procureur, le receveur et tout le corps de Ville; 4"* la famille et les amis K
Ainsi les vieux usages se perpétuaient à l'Hôtel de Ville, conservés et fixés par les archives municipales. Les infractions commises n'étaient jamais imputables au corps de Ville. Presque toujours elles étaient le fait du roi. C'est ainsi qu'après les élections du 17 août 1580 pour le choix d'un prévôt des marchands, Henri HI consentit bien k sanctionner la nomination d'Augustin de Thou comme prévôt des marchands ', mais élimina de l'échevinage celui qui avait eu le plus de voix, le conseiller de Ville Jacques Paillard (cinquante suffrages). On lui substitua Pierre Mesmin, qui n'avait réuni que vingt-quatre voix '.
En « cest an 1580 », comme disent les chroniques, la municipalité parisienne s'occupa beaucoup moins de la guerre civile, qui désolait le nord et le midi de la France *,
1. Pour les obsèques de réchevin Jean Bouer, cons. Reg. H, 1188, f» 226. Le 8 décembre 1579 eut lieu avec le même cérémonial Penterrement d'un autre échevin, nommé René Baudart, élu Tannée précédente. i6i<f.,f^244.