II
1 2 ij.o aoaDlihitéy subsiste lel quel^ 4^ ' »>
Il {audraîl que le nombre de$ juris fait knpair, pour que la progression fût parfaite* ment symétrique ; ici je n'ai augmente la proportion de ,1a peine , qu^à compter du iiui-
tième jure. X 17)
Le dimanche à Londres est mortellement ennuyeux : point dëdivertissemens ilide commerce , sauf A:elui qu'exercent soixante mille propagandistes du culte de Vénus ; mais tandis que les rues de Londres sont désertes, celles de Paris fourmillent de ^ens qui vont au spectacle et au bal ; et malheur à Thonnéte homme qui s'expose au- contact et ^aux ayanies de cette sale cohue.
Un goujat , un homme ivre yous cherche querelle en rue qu même au spectacle; ce misérable tous frsqppe. Ce ne sera que par un hasard singulier' qi|e vous apprendrez «on nom et sa demeure. Vous avez la pré,caution de TOUS adresser à un médecin pour constater
rétat de vos blessures , et le sensible disciple
d'Hippocrate a de son côté Tattention de se faire payer comptant le pri^ de son certifi-* cat^ non compris ses visites ultérieures» .
Le commissaire de pokce auquel vous vous
adîredsez' n^est pas visible , car c^est dimailche. Le lendemain, après une nouvelle course' trèsr-contraire à votre guérison , vous y retournes^ ;> mais , dit-il , Faffaire concerne le commi33aire du quartier où l'accident a eu lieu. Nouvelle course. Vous vous plaignez d'abord de l'exigence du médecin qui vous a rançonne; ' le commissaire vous rëpond que vous eût- on demandé cent francs, cela ne le régarde pas, et qu'il n'y* a point de taxe pour cet qbjel:.
Ayant fait prendre dans un bureau une feyiile de papier timbré , vous déposez votre plainte , en' vertu de laquelle vous aurez Ife plaisir de faire connaissance avec le tribunal correyctionnel.
Après cinq heures d'atieutte daYirs la salle d'audience, où ^ous êtes suffoqué par le. mauvais, air, et vous trouvez côte à côtteâvec Votre agresseur, le tpur de votre affaire arrive.
Grâ(ïes à la sagacité de vos.juges, votre partie adverse est condamnée maigre ses lâchés dénégations; mais eltë appelle de ce jugement^ il faut vous rendre à la Cour royale.
Là, un impudent énerguitiène , afîoblé Fou u^ sait comment de la* robe -d'avocat , s'est chargé sans scrupule de la cause , de l'étré infâme qui vous ^ insiflté; et dont là puldeur
ûe permet pas de nommdr la hoi^ëuse {)X^ofession, laquelle, grâce au silence de la loi » nourrit , loge., nabille et régale vingt mille jeunes gens ^ fils de bo^langers, de bouchejcs^ marchands de vin^ tapissiers, qui , tous lies avec les gens de la police , sont , ^bsi que les proslituées, les im^iofables de la capitale ( j[8). Vous vous ëtiez' d^abord adressé' à un avocat jouissant de quelque célébrité; m^is comnte il aurait fallu lui payer au moins 200 francs , vous choisissez un défenseur mpiris exigeant, mais qui vous est plutôt nuisible qu^iltile , n'importe, vous gagnez votre procès^ét votre homme estcpndçimiié à ciqçjjour^ dé prison et à 25 francs de dommages-intérêts pouav vous avoir faitdes blessures qui juraient exigé 3o,QOo francs de dommages- intérêts .eii égard à vôtre position sociale et aux efféts.de cet accident sur votre physique et votre morale Maiâ le misérable qui vous a attaqué a dis-^ paru de son dorpicile; le commissaire dé police qui a re£a«é de rarréler nt s'est point engagé à le retrouver; Ainsi , non-$eulement Vous perdez la* somme que vou9 avez payée à votre médecin, celle que Vous avez remise à voire a^cat et au fisc pour I^ ci^tion dès témoins , etc; , mais, eiftcore Vous fi'dbtcnez
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pas les ridicules dommûgeiâ - intëréts qu^on VOUA à accordés. Bieii plus, on vous poursuit irôus-méme , on saisit xos meubles , on vous conduit peut-être en prison j)our vous faire payer(^S2MÎ votre recours entièrement illusoire) les'fraià auxquels votre partie adçerse a été condamriée /. . .
Voltaire /en parlant d'Athalie, s^ écriait:
admirable ! admirable ! Quand un homme
sensë jette un coup d^œil sur la législation et la jurisprudence françaises, il doit être souvent tenté de s^écrier : absurde ! absurdissime !
Les dommages-ifitérêts en Angleterre sont mieux proportionnés à Tobjet dont il s^agit.
En France', quand il est question de voies de fait^ ils sont presque toujours dérisoires ; d^àiljëurs ils devraient être accordés dé droite et même âaris aucune demande , puisque tout préjudice causé à notre physique ou à notre honneur noHiè causé un dommage que la justice doit réparer.
Qpand oii son,ge' aux désagréxnens que cause un^ pMcès, au temps précieux qtt'il fait perdre < aux dépenses de tout genre qu'-il nécessite, à Talternative où Ton se'trouve d'employer (les avocats qui font grassement payer leur talent, ou de plaider Soi-même, au risque
( "7 ) de ne pouvoir n¥)d4rer scmi indignfilÎQa , et eafin à toutes les impcrtinencejs (^fi. U^voçaf; de votre partie adverse et les^réds^pteurs d^ |a Gazçiie^ des triburmuop vous ad^esseht pour gagnei^ leur ^(rgeiU., on rëcoqns^ît qbe^^a. j,^t risprudence des tribunaux, fra^ç^is e$t; complètement ridiciile eç^ niatièf c dé; domi|ia|;(ei;intérêts^ considérés . soit çouwi^ iodemiiitf à la partie lésée ^. soit cptnine un^aggr^iY^tipo^ de peine indispensable pourreinettredQSgçi)»
à leur place,.
Le style de nott*e Code pénal est aua^l froid gue celui du Dictionnaire de rAc9d4mie, dont xnattieiiteusem^nt il jKi'a pas la clarté. L'an ne pourra jamais inspirer une trop grande h$>rr reqr de l'assassinat y quand "On « songe qu^ la la France récèle dans» son sein une foule d^ brigands , espèce d'anitnaux féroces , prêts à attenter sur/ la V^ des hommes les pl^s^ estimables pçur leur arracher une vmgjtaiaQ de francs \ ïiià Code pénal devrait ^tre .oriié de gravures représentant le , çbâtilnent réservé ^^K crimes ^t les instrumens de supplice 5 ç^t ouvrage t écrit avec chaleur , et ynis èntr^ les mains des jeunes «gexis et dçs bomines qui n'oiU; p^s reçu dMducatipn , sauverait; peutr être autant de milliers de yictim'ets q^ç |^
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j)ages les plus terribles de Vonariisme. Enfip, les grands sérierais pourraient , en attendant leq-r supplice mortel, servira desexpëriences médicales et chirurgicales dont la société retirerait d^ grands avantages.
Les ptêtres /«pleins d'ardeuih pour établir Jâ*$ùpVématie d'eleur ordre , ne manquent pas de se mettre en évidence loi's de l'exécVition dès criminels, auxquels ils promettent le ciel. A ce compte, Hehri IV, *qui n'était pas en état de grâce à sa mort, serait damné, et Kavaillac se trouverait en paradis. Si Ton accordait que la confession eut tant de poûVoir, il serait itijuste que Ife meurtrier fut plus heureux dans* l'autre monde que ^a victime. Je voudrais donc que rassassii> fût privé de tout secours religieux et de toute consolation quelconque*
La téyolutioA , passablement brutale dans son allure , a voulu d'abcitd tout égaliser , et Je répète qtfeje suis partisan, d^une égalité de droità , honorant Je m-érîte et les.titres réels et non pas simplement* nominaux ^ tels que teux que possédait l'ancienne noblesse.
L'intelligence , le génîe^ les travaux, la sociabilité , sont les qualités qui élèvent l'homme au-dessus des autres animaux et les soumet à
( "9 ) «a puissance ; ces m^es qualités doivent ëgalement être la mesure de j^ëlivation d^ua homme au'-dessus de ses semblables.
La Charte a consacré Pea&istenc^ de la noblesse ; mais elle pburxait ayec avanl;age6ubir à cet ëgard quelques modilicatipqs.
Un fils bërit^ de la fortune de son père , mais il peut être exhévëdé ou évincé'; il peut aisément dissiper sod héritage ; mais. en ma^ tière de noblesse , le fils d^un noble est né- G^essàirément noble, et éettQ- qu'alité ^ toute honorifique , $i^ perpétue }usqu^à 4^ extinction de sa £aiàiHe. En accordant qbe la monarchie lait bien d'çtabUiv Ses dignités , qui sont un ptiissant motif dMmulation, - convient-il que luette illustration s^^tende jusqu'aux derniers rejetons, d'une famille, et encourage Finertie, la nullité et rinsolénce d'une tnultitude de
gens qui nHoht'pepsônneNemëiitrien fait pour mériter cette distinction P^ .
• Je ne suis point de cette opinîcfn. tes châtipiens n'atteignant légatement que le crimineji, e* les récompenses honorifiques ne doiveat, selo» moij* jeter qi>'un certain reflet d'illustration sur ]%s descendans d'urt honime di^ingu^. H reSte à établir dans quelle progression dimimieràit raisonnablement' la no-
blesse d^ûn père dans son fik et d^ns ses p^tits-£]s, et s'il faudrait 1 -étendre aurdelà de deux ou trois génécatiofis ; enfin cettfi no-» U««, po« «'être pas UWr. .^devrait étr.
honorée par quelques droits partieùliers^
Quan^au p^rta^e des sueeessions, je trouve que. la société humaine a^est point dans Tobligationd^àccorder au Gi% d^un homme qui .'YÎent «die mourir, la posse^iôn intégrale des biens que cet homme a laissés , lors même qu^uqi tesitaùienl; régulier seinblerait Texiger; pui^ue li^ loi eat au-dessus de la volonté d^un i|:)c)ividM i^^t ^e 'cette loi, qui anéantit les sulisf itutions et les legs non autorisés aux hospice» et au}( coQgrégj^tionfi , doit aussi , d^ns Tinter rét pubtiç 9 giodifier Les èffc^ts de la vplonté d'iin testateur qui n'a songé qu'aux objets de ses affection^ persoiM(i^}les^
Je voudx'Ais que les successions fussent soumises à des droits cppsidérabl^s, dontle x^bnr tant servait» consacré à rendre moins dissem-
blâble le sort des classes peu fortunées ^e celyi des gens riches, ce qqi âuï^it prinç^iar lement Ji^u par la formation d'établisscni^ns d'instinictîop pt d'utilité pjibUque.
Plus la succession passerait eç des maÎAs éloignées delà ligne directe , plus ]e droit
▼rait être ileyé^ en le fitant * diaprés utie progression régulière, ^oilt le ips^ximnm'se^' rait , par eseitifAe 3o p. roo du capital , s'il n'y avaii que des parens éloignés ou des legs*
Icif comme dans d'autres impôts , je voqt drais établir des catëgortes, qui vràiseni-^ blablement ne plairont pas à ro^ssTéurs les députes ; mais qui j^ont pourtant cokifôrme^ à la justice et à Fhumïipitë ; ainsi , je suf^pose , lorsqu'il s'agirait de la succession d'un père ou d'nne mère en ^feveur de leurs eififans , une succession de looo fr. et au-dessous ne paierait que. . . V . . /*» 2p. loo.
Celle enfâus de looo jusqu'à 2000/ 3 p. 100.
Celle en sus^e 2000 jusqu'à 4000, ^*p^ ipo.-
Gellede i5oà 200fhilie , paierait 10 p.* 100.
Un* impôt uniforme^ tel que siérait 5 p: 100^, sur toqtes les successsions quelconques , n'est pas aussi juste que le^ catégiiiies bu pro* gressions que je prpposej^ et qui spnt basées sur un principe Moraf: c'est qu^ft^jQowf d'a^ bord^assurer le nécessaire éious^ et que c'est à cMte eofidilion /préakrble^i^nt aceompKt^ que -qudq#6M]ns «t tôa^ sont 4ii^rer d'avpir le superflu (i^. ^^ /
Une ioi pénale devrait sévir çoiitrfe les coureur^ de ttstamcns \ contre ces lâches in-
^igans^ui «abusant de I9 faiblesse i*tm vseH* lard infirme ou meribond , dépouillent scan-» daleu^ement aas^ plus proches parons, soit pejidant leur absence , soit par d/i^fàmes sur percherî^. Cl^est ainû qu^^ine famille réspextable, celle du frèrp(^Q) d'un savant célèbre dont j^éiais le ncTjeu , a- été odieusement frusr* irée <dè ses droits iégitim^ei^ èi rhérita§c *d!ua frère et d'un oncle ^ par un tcsta^meiit fait pr^ésque iniespiremis.
A regard du partage i^ntre fyeres, abstraction( faite du droit d'aîpesse , qui est une question à part , et çlé la por.tipn légalement disponible , jf crois que c^^$t une majl^ère. entièrement, neuve.à discuter sous lies rapports que j^ai présentés dans ma brochure intitulée InégaMté réelle , au :préjudice des aînés , des par portions égales, tels qjyi'ils .sont partages tisités dan$ les successions.
/£». adoptant le principe d*égalité ^e par^tagc entre les enfansdlu.n;i9éme pèjre, il au«rait fallu ^expliquer qu^elle était ent^endue à égalité d'âge et de cit cc^pstapces ; mais «aucun législateur. A'avait apf^rçu avant moi eoifibien la prétendae égalité actuelle e^inex;ac1^.
Oh ne peut d'abord conteisteir qu'aux» yeux de la'lol, tous l'es individus ^% r«ispèec.Jﻫ-
( i«3 ) .maine sonjt censés avoir des chances ëgale0
de longévité. L^on n^a point rémrquë que la nature ait favorisé à cet égara les' aînés ou les cadets , et les premiers nés aurstient peubétre moins de chances de Iqngévité que les enfans qui naissent après eux. #
* Je suppose donc que deux f pères héritent, Tun à rage de ;sei^e ans, ^t l'aîné à trentedepx ans.
' D'après le^ calcid géaéral des probabilités , qui borne la vie des hommes pi49*en masse à trentç-trois ans , Tainé n'aura plus qu^une ànifiée à jouir d^ sa fortune avant de mourir, tandis que )e cadet aura dix-sep^ ans ^devant lui pour dépenser agréablement ses biens « ou pour lès faire valoir et en quadrupler la valeuri '
Si' un père laissé en moui^ant Àa succession à deux fiIs*dont Tun soit âgé de vingt-un afns; et Feutre de qu^afante-un^ans^, le cadet aura reçu précisément . le double- plus que Kaîné ^ puisqà'eti plàçatot^sofil^apit^, en accumulât les produits de sa part^de la sdc^ession jus<]u'à ce qu'il ait aiissi atteint quarante un ans , Tîntérêt, calcule à '5 B. roo, form^era «un second ^capital égal: au premier.- Le produit serait bien plus considérable si Ton composait les
intérêt^ qui forment une progression ascendante as^ez rapide. Je renvoie à cet ëgaicd à ma brochm^, dàn3 laquelle je fais entrer en ligne, de compte les chances de mort, la dér préciation du numéraire t le$ fr^is d'entretien q| d^éduçation des mineur», etc.; matières que j^ n'ai pas traitées à fond , mon- intention ii^ayanï été qup d'engager les hommes d^état , les députés , les publicistea , à dis* cuter cette partie vierge de la- législation 'de tous le^ peuples : elle exige de profonde cal^ culateurs.
En France y Fon a iégali^é les parts des filles et des garçons y c'était alors la mode M l'^g^* lité ; il faudrait du moins que cette ^alité fût raisonnée. Notre Code civil actuel constate que sous nombre de rapports les femmes sont considérées .comme inférieures, apx hommes ; et si c'est eâ raison de Félévation du degré d# civilisation et de capacité intellectueUe qu'oa distribue les honnecirsi £t les hiens^ il iau( convenir que le génie des hommes e^^énéral est trèsrsupéri^uc à cekii des femmes.
Si les hommes (je/pirlê du s^x$ masculin) avaient propagé leur espèce dans des t^atriçes végétales, nous n'aurions paç moins de mathématiciens , d'astironomes , de philosoj^^es,.
de nàtaràliàtcs , de tnëcaniciens , de chimistes , de physiciens et de l^égi^làleurs qu^actuellement; tandis que si ics femmes n^avaient eu pour maris que des ourangs-outangs, elles vi- Traient encore dans les bois (21). Les hommes qui par leur génie ont ëlevé notre espèce fort au-dessus de celles de tous les autres atiimaux terrestres oiil^, en France, méconnu leurs drohs à une- part plus forte que celle des femmes*;' et j'attribue tettp égalisation à la nullité personnelle des législateurs , qui ont oublié la suprématie de Thomme sur la femme, plutôt qu'à leur désintéressement : l'époque des mariages républicains n^était pas celle de la galanterie.
Considérons aussi les^eux sexeasous leurs rapports physiques.
Je suppose une es[]fèce d'hommes où le mâle aurait toujours dix pieds de haut et la femme seulement cinq , mais dû reste entièrement semblables ; il est manifeste que si le pète ^de ^eux individus de* cette espèce donnait au mâle un morceau de drap'^de sept pieds et deitii de haut , sur cinq de large, pour sliabiller, celui-ci serait fort mal partagé, tandis que la fentelleliurait du superflu avec cette même quaôtilé de drap.
( rtiS )
ïi ^n: serait de même à Tégard de la nourris^' ture. Une part nominalement ^ale^ .serait réellement très-inégalp. Rour prôcëder avec justice, il faudrait proportionner les vétemens en raison des surface;^ et les alimens en raison dies' cubes. . • • "
Dans Fespèce humaine ^ la disproportion' des sexes n^est pas aussi grande que je yiens ' de le supposer , pQur rendre mon raisonnement plus intelligible ; mais il est certain que la consommation que fait unç femme, ëtant moins considérable que celle d^un homme , il devrait y avoir une proportion dSms le partage des ^successions entre ^^rçons et filles / telle à peu près que trois est à deux. Ne Voiton pas que le salaire des ouvriers est toujours plus élevé que celui des femmes? Presque toutes les ouvrières ne gagnent qwé trente sous par jour et vivent ar^C cela aussi bien qpe les maçons, charpentiers, etc., qui gagnent le doiibje.. Si vous rie donniez que trente sous par jour aux ouvriers et aux manœuvres , ils mourraient d^ épuisement.
Les mêmes motifs qui ont fait différencier les salaires, miliêent également pour la diffé-^ renciation des parte d'héritage. Je fais ici abstraction dç tous les moyens qu^ont les'
léMtneâ d'ëviter soit -par l'intërét qu'elles* nous inspirent , soit par leurs séductions , le dernier 'degré de lai misère, tandis que les hommes dans les mêmes circonstances n^ont souvent que le choix du crime ou d^une mort affreuse. Cet avantage particulier ^ux femmes, kur faiblesse et leur timidité, sont cause qu'elles sont en moins grand'nombré pariai les crimincls^ que les hofnmes, car il serait injuste d'attribuer aux femmes une supériorité de vertii<]u'elles sont assez^juétes pourne point revendiquer.
La dépréciation dii numéraire est seule une cause suffisante de révisioh périodique ( et par exenjple semi-séculaire ) pour tout^î la partie fiscale d'une législation; ainsi on commet un acte de barbarie en laissant su^^ sister le taux de 20 franps par mois qu'un créancier est obligé d'avancer pour la nourriture de son débiteur, tel que cela' existait il y a trois siècles , puisque maintenant avec 20 francs , rhotame incarcéré ne peut avçir que les meublas indispensables et à' peine du pain et de l'eau. •
Cette dépréciation , qui est digne de toute l'attention des législateurs et des économisters, et qm,« depuis vingt ans , a pres({ue
double le prïx du pain et de^ loyers , pourrait '[ieser d'une manièlre fâcheuse sur un monarque dont la liste civile aurait été lizée pour tout un règne, çui;tout si ce règne. durait quarante ou cinquante ans, puisque , pour représenter par exemple 3o millions stipulés en i83o, il en faudrait peut-être 5o eu 1 88o. Le budget augmente annuellement ; la liste civile devrait être auissi augttvenlée d'année en année , en suivant une progression compensatrice de la dépréciation infaillible du numéraire.
i'aidéjà parlé de Tinsolence . des gens du bas peuple à Paris, On s'inquiéterait fort peu de la haute opinion qu'ils ont d'euxipémes ^ s'ils n'étaientpconstammeiit les premiers à in- •sulter et' même à maltraiter les .honnêtes gens. Un décrotteur, un perruquier^ une ignoble poissarde , ne manquent .pas de vous jeter au nez ces mots : « Je suis* autant que vous. D £ncoc6 une ou deux Tévolutions et la loi proclamera l'égalité de tous les animaux devant la loi, (l'homme compris).
Les domestiques et- les portiers $ont à Paris les fléaux de la société; leurs- médisances j leurs calomnies et leurs impertinences exigeraient sans cesse qu'on les remplaçât; mais
( "9 ) en changeant on ne serait pas plusf heureux.
Une personne bien instruite m^a assure que la police avait fait il y a quelques annëes^ des dépenses assez considérables pour établir des registres et donner des livrets aux portiers et aux domestiques, mais qu^ôn a renoncé à cet utile projet , au moyen duquel il eût été pos^ sible de tenir ces gens en- respect. Comme je suis persuadée que messieurs les libéraux aiment autant Fobéissance passive et non-regimbante chez leurs domestiques que les royalistes , j^espère qu^on reviendra d'un commun accord sur cette heureuse innovation , sans laquelle il est aussi désagréable de commander que d'obéir. Pour peu queFétat actuel des choses dure , on sera obligé de re-; courir à des moyens mécaniques pour se faire servir à t<able et ailleurs , afin de n'être pas importuné par la présence d'insolens do* mcstiques.
£n voyant nfotre législation et la jurisprii<dence de nos tribunaux , on serait tenté de croire que le Roi de France, au nom duquel la justice est rendue , a une propension particulière pour les boulangers , les bouchers , les
marchands de vin , les crémiers , les rogombtes, etc. Grâces aux relations de compë=rage qui existent entre cette obscure classe delà sociëté et les officiers municipaux et gens de police, des vols considérables et permanens âont ptesque toujours impunis , ainsi que de coupables falsifications, qui non-seulement sont une autre espèce de vol , mais qui encore compromettent la santé publique.
Qu'un malheureux dérobe dans son extrême misère un pain de quatre lî^^res , il sera condamné à quelques mois de prison ; mais qu^un boulanger ait volé la valeur de quelques milliers de livres de pain en trompant sur le poids, il en sera quitte pour i6 fr. d'amende, lui qui , jouissant d'un certain bénéfice sur sa marchandise, ne peut pas prétexter la misère pour excuse. Les marchands de vin , les laitières , qui ne s'enrichissent qu'à force de friponneries du même genr^, sont également toujours impunis^
A Bruxelles , les boulangers empoisonneurs n'ont été punis que par trois jours de prison.
Tous ces gens sont à mon avis plus coupables que ceux qui ont l'imprudence de faire accidentellement un faux.
Les progrès que Tindustrie a faits en France depuis la révolution , sont la critique la plus fondée qu^on puisse faire du régimje précédent , DÙ la cour» les prêtres et les congrégations religieuses j absorbaient Tattention et les revenus publics. On cherche enfin à répandre Finstruction dans les classes inférieures du peuple; mais on n^ parviendra peut-être pas aussi long-temps que la religion catholique sera interprétée etprofessée comme elle Fest; car c6tte religion, aussi stationnaire que celle des Juifs, repousse de fait les développemens politiques et religieux qui pourraient menacer les magnifiques' traitemens de ses évéques et archevêques.
L^ignorance « la malpropreté., la paresse , sont trop fréquemment les drapeaux qui annoncent une population catholique; La pauvreté considérée comme le premier des biens, Finsoucîance pour tout ce qui n'a trait qu'à notre temporel^ )a mort toujours imminente, sont les vertus et les dogmes.du christianisme ; et cette religion , quoique divine ^ a , comnie autrefois celle de Mo\se, besoin de subir de grandes modifications, pour n'être pas en discordance «avec Fétat actnel de la société , qui est aussi Fouvrage de Dieu (22).
Si la France n^est pas au (riste niveau de TEspagite, c^estqoe la révolution. avait |»ro^ clamé la religion naturelle , ^ qui a le grave défaut d^étre trop vague, mais qui, de fait, a diminué Textréme soumission du peuple envers les prêtres , en sorte que peu de gensinstruits se laissent entraîner par une aveugle crédulité. L^activité des protestans français et Fexemple de TAngleterre sont; les causes efficientes de presque tout ce qui a été fait de bien en France^ pour le développement de notre industrie , depuis cette désastreuse et brillante époque.
On peut affirmer que si les Bourbons, au lieu d'observer en Angleterre les heureux effets d^une sage Kberté , avaient constamment vécu en Autriche ou en Russie , nous n'aurions ni Charte à invoquer,- ni budget à discuter , ce qui affligerait bien des gens«
L'oppositidh du clergé français à l'enseignement et è la vaccination , est à nies yeux un double tort ; Fhumanité exige qu'on rende la vaccination obligatoire. Les générations à venir demandent avant tout la liberté d'exister !
C'est parce qu'un grand nombre de femmes en France ont le visage faâlé et défiguré par la petite -vérole, qu'une célèbre Anglaise
( ï33 ) écriTâit, il y a quelques années , que « toutes les.feïnmes y étaient laides; » Cependant j'ai vu en France des femmes d'une beauté plus parfaite qu'en Angleterre, sans parler de renjouement et de l'amabilité , qui ne sont point l'apanage ordinaire des filles d'Albion. L'assainissement successif de Pans nous prcK met une foule de jolies Parisiennes brillantes de fraîcheur et d'ingénuité pour l'an 1840.
La langue française est très-pauvre ; elle ne se prête point. aux inversions, elle est rarement imitative. On ne pourrait, sans être accusé de néologisme , ^sàre dériver d'un mot tous ceux dont on a besoin pour éviter une périphrase. A ces défauts irrémédiables, et à bien d'autres imperfections , ajoutez « ces syllabes infâmes dont on vient faire insulte à la pudeur des femmes. »
Je ne sais si l'habitude des auteurs classiques français a trop d'empire sur moi , mais tous les efforts des romantiques , pour rendre notre poésie moins bornée dans ses moyens â§ peinture et d'expression , me semblent presque infructueux. On pourrait aisément , ainsi que je l'ai proposé , former une langue
tinivcrselle , rëguljère , harmonieuse , imita-* live , philosophique , ' et tellement riche , qu^elle serait, àTëgard de la langue française, ce qu'est l'orchestre de l'Opëra à la petite flûte criarde qui domine dai^s les pièces de Rossini. Il faudrait, pour réaliser ce projet appeler, à une réunion centrale enSTurope, dessavans, des philosophes , des moralistes, des poètes, des musiciens, des philologues, etc., de toutes les parties du monde civilisé ; mais les souverains ne savent réunird es milliers d'hommes que pçibr lés forcer à s'entrégorger.
J'ai tenté , il y a douze ans , d'enrichir ïa poésie française , en proposant de nouveaux rythpfies, et la littérature dramatique par un nouveau genre de spectacle intitulé polydrame (plusieurs actions). Je voulais que dans un ouvrage,^ peut-être moins régulier, mais plus varié qu'un'dcs chefs-d'œuvre de Racine; le poète eût la liberté de descendre jusqu'au ton de la comédie ; que l'emploi de la prose ou des vers et de rythmes -inusités fût entièrement facultatif et soumis aux règles du goût, qui veut qu'un personnage s'exprime d^iine manière convenable à sa position Aciale et à son caractère.
Le récitatif de l'opéra ennuie mortellement
le public 9 qui , en France , n^e&t point méio*mane. L'accompagnement de quatre-^viagts instrumens ëtouffe la voix des chanteurs, et les spectateurs ne comprennent rien à la pièce, qui éblouit leurs yeux et dëchire souvent leurs oreilles. Le polydrame , imitation de la nature, n'eût point offert ces inconvéniens , puisque les tragédiens auraient parlé sans accompagnement ; mais on n'y aurait pas remarqué la triste nudité du théâtre français.
.Une ouverture , des m^^rches guerrières ou funèbres , des chœurs , des danses , des changemens à vue , des combats , des incendies, des songes, des visioûs, des apothéoses auraient charmé les sens et l'imagination des spectateurs, qui, lorsqu'ils savent lire y n^ont nul besoin d'sjler au théâtre pour jouir des chefe-d'oeuvre de Voltaire et de Corneille, enlaidis parde jeunes prèmièresd'un demi-siècle. A moins d'unir accidentellement le grand Opéra et les Français ,. aucun théâtre à Paris ne possédait la réunion d'artistes nécessaire pour jouer des polydrames (mais dans toutes les grandes villes de province l'exécution en eût été facile) j mon projet est donc resté ir- : réalisé, et cependant la seule obj/sction qu'on m'ait faite contre lui, c'est qu'il aurait fait
tohiber la tragédie , rop^ra el même I^ mëlodram^ t voilà , sans contredit, une diffiêultë qai ne devrait pas effrayer un spëculàteiir.
En offrant la conception du polydrame « je crus pouvoir proposer diffërens rythmes nouveaux ; mais qui sont une conception distincte de toute création dramatique.
J^nventai d^abord les vers de seize syllabes (a3), partagés autant que possible en quatre membres, chacun de quatre syllabes, maintenant avec rigueur le repos à la huitième , mais insistant peu sur l'exacte subdi^ vision des deux hémistiches;
Au risque de combattrePopinion irréfléchie d'un des poètes de Témpire , je dois feire observer que le rythme des vers de seize syllabes diffère extrêmement à% celui des vers de huit ; comme Talexandrin est plus grave que deux vers de six syllabes. Il suffit , pouc s'en convaincre , d'essayer d'écrire une scène de tragédie en vers de six syllabes. Il serait trop long d'expliquer ici les causes de cette différence, qui existe même indépendamment de la rime y par l'effet du jet de la pensée et de la nature de nos vers féminins.
Après avoir composé quatre polydrames en vers de seize syllabes, je m'étais tellement
Eaimliamâ avec ce rythme , que celui de nos alexandrins ne me paraissait plus assez gra^^e; et un homme d'esprit , auquel cette innovation ne répugnait pas , était persaadé qu^au théâtre le public ne se. serait i^s aperçu de rinâovation que je voulais%tenter. Elle est , au reste , basée sur cette observation musicale^ que la tnesure qui frappe le plus agréable»
ment notre oreille est celle qui est ^composée de trois ou de quatre temps* On sait d'ailleurs que toute la musique estcomposëe de phrases de quatre mesures.
J'ai écrit entièrement en vers de quatorze syllabes, sauf Ie& morceaux de chant, Topera dû CheçaUer de J^iltiers y et l'Académie française a fait déposer ma pjèce imprimée k la bibliothèque de l'Inistitut Yoici quel était le rythme que j'y avais adopté de préférence :
3 — 3 = 4 — 4 syllabes , par exemple :
« Je vais donc — le revoir— ce fils sicher— à ma tendresse. ^
J'avais composénme comédie entière, dont j'ai perdu ïe manuscrit, en vers de quatorze syllabes d'une autre espèce, et souvent partagés par 4 — 4 =* 3 -^ 3 syllabes, par exemple :
« UiiinédecÎQf-pQurbiçndegeQSy-esrufimal'- nécessaire.;»
Racine ^ dit-on , avait essayé d'écrire en vers de quatorze syllabes, mais il y renonça , pourquoi ? sans doute parce qu'il avait partagé son .vers en deux parties égales de sept syllabes chacune; ce nombre impair n'est pas agréable à Toreille. Peut-être, néanmoins, que si ce mélodieux poète avait persévéré dans son dessein il se serait habitué à ce nou«veau mouvement et nous aurait dotés d'un chef-d'œuvre de plus.
Dans ma tragédie de Darius ^ j'ai écrit deux des principaux rôles en vers alexandrins , composés chacun de quatre membres de trois ayllabes. En- voici un fragment , pour donner une idée dé la gravité qui i ésultc de ce rythme et du mouvement qu'il doit communiquer par la comparaison aux vers qui sont moins compassés.
LE GRÂim-ÇI^TRE A ADULPHAR.
Adulphar ! parlons bas. — Dès long-temps dans ce temple Tu reçus mes leçons et suivis mon exemple; Des vertus d*un autre âge affectant la candeur, Nous montrons aux humains une feinte grandeur;. Intrigans à la cour, respectés du Vulgaire, Nous prétons notre voix aux erreurs de la terre. Les]|remords et la crainte ont dressé ces autels Où les rois les premiers ont guidé les mortels \
Mais souvent des destins interprètes suprêmes » Nous faisons de leuriront tomber leurs diadèmes. Ce n'est point le devoir qui partage mes vœux, L'intérêt et l'orgueil sont nos lois et nos dieux ; D'un vainqueur insolent je redoute la chaîne , II est craint, il' est grand : il mérke ma haine; Des honneurs qu'on lui rend mon esprit est jaloi^x, Toute gloire étrangère excite mon courroux.
Gardons-nous d'affermir le pouvoir de nos maîtres, Qu'on aime le monarque et qu'on craigne les prêtres ! Oui , je veux que ma bouche intimide les rois ; Qu'abattus à mes pieds et tremblans à ma voix ; Ils déposent ici leur audace profane.
Des décrets éternels le ministre et l'organe, J'établis mon pouvoir sur les maux des humains : Là, couvert des trésors amassés par leurs mains, Adoré par le peuple , à ses chefs redoutable , Je commande aux mortels sut un trône immuable.
^ Les administrateurs du Théâtre Français , complëtement incapables d'apprécier le mé^ rite ou les défauts de mes innovations , ren^ Yoyèrent à l'Académie française la demande que je faisais d'adopter, du moins à titre dressai , un ouirrage écrit dans un de ces nouveaux rythmes. La réponse de l'Académie ne me fut point défavorable , puisqu'elle laissait aux administrations théâtrales une entière liberté à cet égard. M. Picard m'offrit même de faire jouer un de mes polydrame^
à rOdëon; mais la troupe , dont il devint pea après directeur, n*ayait tri chœurs ni ballets.
Mes raisons pour proposer Tusage des yen de quatorze et de seize syllabes étaient :
D'abord que la rime y est plus éloignée que dans les versée mesure moins longue , ce qui est un avantage dans le genre idramatique, où Ton cherche Timitatiou de la nature ;
2® Qu'on peut renfermer dans quatorze et surtout dans seize syllabes une pensée complexe contenue dans une seule ligne ,^ et qui exigerait presque deux vers alexandrins ;
S"" Que le moule de ces vers étant à peu près vierge, on pourrait y fondre une foule de pensées qui n'avaient pas pu être exprimées en vers d'une manière satisfaisante ;
4° Que plus le vers est court moins il est solennel , et que par conséquent les vers de quatorze et de seize syflahes seraient plus graves, plus majestueux que ceux de douze, dont nous nous servons indistinctement pour la comédie et la tragédie , et qui sont du moins les plus brefs dont on puisse faire usage même pour la comédie. Voltaire , dans ses comédies en vers de dix syllabes , nous en a donné la preuve , tar personne ne sera tenté de suivre son exemple.
Pour que le lecteur paisse juger Teffet des vers de seize syllabes , j'en citerai quelquesuns extraits de mon polydrame, intitule la Mort de Henri ÏF^^ dans lequel les agens jésuitiques de l'Espagne devaient figurer d'une manière assez comique. Le rôle de Ravaillac, fanatisé par les prétresr , tourmenté par des songes et des visions, aurait été éminemment tragique. On conçoit au reste qu'il n'y a rien de commun entre les vastes projets qui occu^ paient Tesprit de Henrî-Ie- Grand et Famou^ rette sur laquelle Legouvé fait reposer sa froide composition.
HENRI nr.
J% pars ^ )e vab braTer ta mortpoor ^eooaer le îou^^ de Rome , Je renoace au titre de roi , 8*il faut trembler devaHt un homme Qui de son sî^c fastneox , et des chrétiens goîde vënal , Commande en matlre aux souverains à genont à son tribunal. Serait-ce là l'bmnîUtë dont il nous doit les saints exemples ; Je 1« rëvère à ses autels et le combats hors de sts temples. Le temps n*est plus où son pouvoir dictait la loi dans nos ëlats , Je ne connais en lui qu'un prêtre et le moindre its potentats Oui , fabhorre son double sceptre et je veux que ma main le brise «^ Couvert du sang qu'il dut sauver , il fait la honte de l'Eglise \ Dut sur mon front le Vatican lancer ses foudres solennels , Je flétrirai l'éclat d'un trAne où l'on vît tant de criminels.
Il faudrait tout un ouvrage écrit en vers
dé seize syllabes pour que ce rythme ne parut pas étrange à des oreilles habituées à une autre mesure. Au reste , je ne cite ces vers que pour donner une idée du rythme, et je prie le lecteur d'observer que plus les vers ont de longueur plus il est difficile « qu'ils se tiennent debout » comme les beaux vers de Corneille.
Il faut, pour remplir ce vaste cadre, des hommes qui abondent en grandes pensées.
Heureusement notre époque en possède plusieurs; et, puisqu'on prétend que le public veut du nouveau, ce serait une belle occasion de lui en offrir.
Notre prosodie lyrique est trop indéterminée; elle exigerait la subdivision régulière de nos vers, suivant de nombreuses combinaisons, qu'il serait trop long d'énumérer ici.
Nous avons des longues et des brèves^ qui même différent entre elles dans leur catégorie de longueur et de brièveté. Lorsqu'un auteur écrit un opéra , il ferait peut-être bien d'indiquer la mesure des syllabes de toute la partie du récitatif et du chant , surtout lorsque le musicien qui doit faire la partition n'est pas Français, comme on sait que cela arrive souvent^ Ainsi, supposé qu'on dût mettre en
musique deux des plus beaux vers d'ÂthaUe ^ on les écrirait comme ceci. #
C^ûî— qui met — iin frein a ^ la-* fureur d^s flots Sait aussi ^ des mechâDS = arrêter — les complots.
Le partage des vers de huit syllabes en deux membres de quatre ajoute à leur harmonie et n^augmente (fhe peu la difficulté de la versi-^ fication ; en voici un exemple extrait de mes stances sur la mort de Mademoiselle, première fille de monseigneur le duc de Berry , qui ont été lues à l'Académie française.
C'est pour régner qu'elle était nés ;
Mais Dieu la veut pour ses autels :
Déjà'sa main l'a couronnée ^
£t nous pleurons !..... pauvres mortels !
Elle naquit avec l'aurore ,
Elle mourut avec ^e jour;
Ainsi la rose avant d'éclore
Peut en^naissant servir Tamour;
Il n'est point indifférent que le repos ou la césure tombe sur une syllabe, qui, placée à la fin d'un vers , en rendrait la rime masculine, ou sur une des syllabes qui, terminées par un e muçt , forment une partie de nos limes féminines. J'ai fait imprimer, il y a plusieurs années ,^ une ode sur le rétablisse-
ment de la statue de Henri IV, où le3 ver»
terminés par ui^e rime masculine avaient une césure masculine (si je puis employer ce terme ), tandis que les vers doiit la rime était féminine , avaient aussi une césure féminine.
J'ai composé à la même époque une ode inédite , où j'avais s^ivi une marche contraire à celle-ci; c'est-à-dire que la (ftsure était féminine là ou la rime était masculine, et çice çersa.
Ces innovations, àébt le but serait de nous créer une poésie lyrique et de corisadrer l'existence d'un nombre indéfini, et du moins de cinquante rythmes , dont aucun n'a été employé seul dans une pièe^ de vers, sont passées presque isaperçues ;> cependant je me félicite de m'en être occupa. Je viens même d'apprendre, de M. H. Bis, que Rossini a senti la différence qui- existe entre une césure masculine ou féminine, et qu'il a prié les au- ,teurs des paroles de Guiltaume Tell de lui écrire un morceau dont toutes les césures ainsi que les rimes seront'féminines.
Pour apprécier ce nouvel ouvrage , nos dilettanti vont-ils se trouver dans la nécessité de devenir aussi bons versificateurs qu'ils sont musiciens ? ce serait une tâche bien pénible !
Il est urïe foule de rythmes qu'on devrait préciser.
Ainsi Toh partagerait le yers de i a Syllabes,
en 3 — 3 « 3 — 3
2 — 4 === 2; — 4 » c'C- » GtCi
Les vers de lo syllabes,
en 2 — 2=3 — 3 * ^
2 — 2 r=: 2' — 2 — 2, etc.', etc.
On pourrait aussi employer des' vers de io syllabes ayant un repos à la sixième et non à la quàtrièmeé
Les vers de 8 syllabes ,
en 3 — 3 — 2 3 — 2 — 3 2 — 3 — 3