‹ Paris et Londres comparésChapitre 3 sur 8 · c^C'i etci · texte numérisé non relu

c^C'i etci

Le vers de 9 syllabes , Id que Hoffmann

paraît Tavoir employé le premier, mérite

d'être consacré dans la poésie lyrique : je crois * devoir en rappeler la mesure au lecteur :

Je të perds «^ fugitive — êsperâDce*

Les vers de sept, de six syllabes, etc., pourraient également être diyisës par des rçpos, soavent imperceptibles. Il conviendrait de donner un nom spécial à chacun des rythnies nouveaux qu^on adopterait; mais, pour les désigner ^ les noms de3 nombres sont malheureusement bien prosaïques et anti-euphoniques. Pour noïnmer un vers de 3 , '3 , 2 syllabes, on ne pourrait guère dire un tri-tri-bi, et pour spécifier des vers de hmt syllabes , dont la césure tomberait sur la cinquième syllabe , faudrait-il les nommer des penta-tri ?

J'ai déjà, dans plusieurs de mes productions, fait ma profession de foi en matière de littérature dramatique. Les règles adoptées par les classiques ne s'opposent point à ce qu'on fasse des ouvrages attachans et parfaits ; bien des chefs-d'œuvre le prouvent *; mais elles bornent trop le aombre des sujets susceptibles d'être présentés au théâtre et les moyens d'y faire de l'effet ; ces deux genres devraient donc être également protégés ; mais proscrire, au théâtre , le genre classique et les Grecs et les Romains , est un acte de vandalisme aussi absurde que d'interdire l'usage des vers et de la rime sous prétexte de se rapprocher de la nature. D'après un tel système , il faudrait

supprimer tous les orchestres des théâtres > car la nature ne nous a donhé ni harpes , ni hautbois , ni violons, ^a^ns dotite on trouve bien des gens dont Torganisation imparfaite est insensible aux charmes dcT la musique , de même la poésie déplaît à nombre de person^ nés; mais ce sont des exceptions. Le style anti- harmonieux de quelques novateurs choque tous ceux qui ont l'oreille délicate; la poésie doit être euphonique et imitative, comme la musique doit être poétique.

J^ai composé , il y a quelques années , un drame dont j^ai perdu le manuscrit, et qui était écrit en partie en prose sans hiatus , en partie en vers blancs de différentes mesures. C^est un usage qu'on pourrait fort bien introduire dans le drame et dans le mélodrame.

L'enjambement dont quelques auteurs abusent est quelquefois nécessaire pour donner du naturel au dialogue : il est même indispensable quand il faut peindre le désordre et des mouvemens inattendus; mais il faut que le goût en dirige l'emploi.

Il paraît qu'à Londres comme à Paris les théâtres sont en proie à l'avidité des intrigans et des monopoleurs. Il est fâcheux pour la gloire nationale , pour les plaisirs du public

et pour bien des poètes et des musiciens d^uri mérite rëel , que l'autorité ne s'oppose point à Texë^ution deâ pactes honteux qui repoussent les nouveaux talens, et font perdre à rÉtat le fruit d'e ses soins et de ses dépenses pour ravancement des lettres et des arts. Il en est peut-être des auteurs en faveuf à la scène comme des femmes des chœurs de l'Opéra ; celles qu'on met en avant sont toujours les plusvieilles et les plus laides (24)*

Avant de terminer cette brochure ^ dont je ne me suis occupé que dans des momens perdus , souvent sans relire ce que j'avais écrit , pour lier les matières ensemble , je crois devoir donner une idée succinte de ma nouvelle manière de bâtir les maisons et les villes*

Qu'on se figure des rues plus larges que nos boulevards. La partie centrale ^ de n/^k 3o pieds de largeur ^ est creusée à la profondeur de 12 à i5 pieds. Cette rue basse est destinée aux voitures, aux chevaux, au transport des fardeaux , etc. De chaque côté de cette rue basse sont les portes inférieures des maisons, les magasins de bois, de charbon, les remises, etc. Quant aux chevaux, on les éloi* gne des habitations, comme on le fait à Lon-

( i49 ) ares, pour s^ épargner le bruit et Todeur dé^ «agréable et dangereuse qui résultent du voi-* sinage des ëcuries. ' '

De chaque. côté de la rue basse est une balustrade à hauteur d'appui , et là ^ depuis le trottoir découvert , qui ai 2 à 1 5 pieds de largeur et qui doit être planté d'arbres , on * voit saas danger se croiser les rapides voitures à vapeur^ les omnibus, les dames blanches et les équipages des princes , des nobles :^t des parvenus.

Entre. les maisons et ce trottoir il existe , à son niveau, une galerie vitrée de i5 à 20 pieds de largeur 9 dans le genre ^e celle du Palaisrlloyal , mais mieux ornée. Des tuyaux de chaleur , des po'éles placés de distance en distance tempèrent , en hiver , la rigueur du froid.

Des conduits de Iraîcheur amènent, en été, Tair frais des passages souterrains et des jardins dans cette galerie , où des toiles teintes interceptent, quand on le veut, les rayons trop ardens du soleil. f

On se servira de préférence de portes à coulisses, qui ne causent aucun bruit et tiennent pi oins de place que les portes battantes.

Les maisons qui n'ont pas moins de quatrq étages au-dessus du sol sont couvertes par

des terrasses ornées d^arbustes , de fleurs et de statiies, et offrent en toute saison un abri pour prendre de l'exercice et respirer un air pur.

On n'emploie que la pierre , les métailx , la brique et des itiatëriaux incombustibles pour la construction de ces maisons. On pourra avoir pour monter et descendre des machines mues par la vapeur ou par des moyens mécaniques/ Tous les appartemcns d'une maison , eût- elle soixante locataires» seront chauffes simultanément par des calorifères à un degré réglé par le thermomètre. Les escaliers et vestibules seront aussi chauffés de cette manière ^ ainsi qu'on le voit à l'Académie royale de musique.

Il y aura devant chaque maison un pont pour traverser la rue basse.

Les galeries couvertes continueront leur cours , après s'être croisées , par dessus la rue basse au moyen de ponts en chaînes, en fil de fer ou autres.

Il conviendra de varier la forme des maisons et d'employer, suivant les quartiers, différens ordres d'architecture, et même ceux qui, tels que l'architecture gothique, turque, chinoise , égyptienne, birmane , etc. , ne sont point classiques.

Les fontaines, les obélisques, les pyrami-*

des, les salles de spectacle^ de concert^ de bal y les casino , les teBi{>les pour les dif£érentes religions , les musées , seront toujours asses éloignés des autres constructions pour produire le plus bel effet possible.

Les loyers de la ville centrale seront né* ressairement chers, mais il faut considérer quelles économies feront ceux qui Thabiteront.

On peut estimer que chaque individu , n'ayant pas équipage, économisera par an-> née 200 fr. , qu'il aurait dépensés de plus en iiabillem^ns , chaussure, voitures, «te, s'il avait vécu dans une ville comme Paris , ou les cochers de fiacre semblent avoir faitaveci'an- <:ienne police un pacte pour la conservation de la boue. Ce serait donc environ 600 fr. par an d'économie par ménage. C'est au propriétaire de la maison qu'on paierait cet excédent, pour se trouver assuré matériellement contre l'incendie, contre le chaud et le froid, contre Jes voitures et les chevaux, contre la boue et la poussière , et généralement contre l'insakibrité , les maladies et les cruels accident qui résultent de l'imperfection des villes actuelles.

Si l'on observe combien ma nouvelle ma^

nière de construire les villes y diminuera la mortalité; il faudra ajouter aux considéra-tions qui précèdent Tavantage de vivre pour les uns et celui de vivre plus long-temps , et mieux portant pour les autres , q^iy pour tous^, est inappréciable (25).

PROJET d'embellissement

ET d'utilisation POUR LA PLACE LOUIS XVI ET LES

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