DU TRADUCTEUR
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quand on vient leur présenter la traduction d’un livre de science, d’un puvrage de médecine par exemple , ils commencent par répondre que leurs occupations ne leqr permettent, pas d’entreprendre une autre publication. Si l’on insiste j si on leur laisse entrevoir qu’on leur en fera bon marché; que même, comme on n’aspire qu’à la gloire, ils pourront ])ayer rauteur avec 20 eiLemplaires, ils vous font laisser le manuscrit et se chargent del’imprimer, pourvu que vous vpulie:? en corriger les épreuves. Mais avec Jestr^iducteurs de romans, de livres de politique, ^Ctç., ils parlent tout de suite d’un marché , de régiemens, de sommes, et des conditions d’uneseconde édition» Cela se conçoit ; Iç débit de ces sortes d’ouyrages est beaucoup plus facile que celui des liv res de médecine; tout le niondç veut Içs lire j et dans un tenips ou nous semblons avoir pris à tâche de copier les institutions britanniques, les écrits de publicistes d’Angleterre sont aussi recherchés que les ronians de Waher-Scolt ou les poèmes de lord Byron. Voilà quels sont traducteurs qui ne travaiiient que par intérêt. Quoiqu ils naient pas toujours gardé l’anonyme, jl est impossible de croire qu’un peu d’ambition se s^it ipe.lee au motif principal qui guidait leur plpipe^^ils ont aspire a la gloire, la médiocrité des efforts qu’ils Qn[; faits pour l’atteindre prouve bien qu’il$ la regardaienç ççmme pis-aiier.
Vîij PREFACE
De pareils hommes feront la honte de notre âge- Mais si le système de M. Azaïs arrive à la postérité, ne trouvera - t - elle pas une bien douce compensation à considérer la noblesse des sentimens qui ont toujours dirigé cette autre classe de traducteurs dans laquelle je viens me placer aujourd’hui? Qu’il me soit permis de le dire au nom de mes confrères : si nous avons pâli sur des livres de médecine anglaise; si nous avons long-temps feuilleté un dictionnaire; si même nous sommes allés passer trois semaines à Londres, ce n^a pas été dans l’espoir de vendre un jour les ouvrages que nous pourrions traduire. En faisant connaître à nos compatriotes les opinions de nos voisins, les - découvertes qu’ils font, les perfectionnemens et les révolutions de leur médecine, notre unique but fut toujours le bien de l’humanité et l’avantage des médecins français; la pureté des motifs qui nous ont guidés dans nos entreprises peut faire excu- ^^2’ les moyens que nous avons pris pour les accomplir.
Plusieurs de mes confrères ne se dissimulent pas que l’opinion publique les a jugés défavorablement; mais les hommes portent quelque-, fois des jugemens précipités, et se décident d’après des apparences trompeuses. Au lieu de louer \in traducteur du soin qu’il aura ^is à com- ,menter les passages obscürs de son livre ; au lieu
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de rendre hommage au zèle et au patriotisme qu’il montre en cherchant à les expliquer par des citations des ouvrages français, on ose l’accuser d’avoir fait du texte une base de critique en le surchargeant de notes inutiles. S’il a fait une préface pour exposer les raisons qui l’ont décidé à traduire, pour hasarder quelques mots sur les opinions que l’on a en France sur la partie dont il traite, on dira qu’il n’a pas su quitter la route commune. Mais si par malheur il a ajouté à la préface un discours préliminaire ou une analyse de l’ouvrage, c’en est fait, on ne peut plus se méprendre sur ses intentions : il a voulu se servir d’un nom recommandable pour faire passer quelques idées nouvelles, quelques paradoxes; et enfin , pour tout dire, il a cherché à étouffer l’auteur, et garder pour lui seul une réputation à laquelle le traducteur n’a pas meme le droit de s’associer. A l’appui d’une assertion aussi étrange , la malveillance fait remarquer qu’on a eu soin d’imprimer une lettre dans laquelle l’auteur avoue la force des objections qu’mon a portées à sa doctrine. Il n’est pas jusqu’au titre du livre qui ne fournisse matière à gloser; le nom du traducteur est écrit en gros caractères , tandis que celui de l’auteur est imperceptible. Elil sommes-nous donc responsables des caprices des imprimeurs? ne nous est-il pas permis de rendre qn hommage public à des hommes que
nous estîfû6n^5 èn publiant lesrépôftSêS (JüMls nous ont faîtes quand ïiôus leur atôAS dèmàndé quelques éclaircissemeUs? La malvèillaftcé estuU terrible inquisiteur; si nôus ne poutons échapper à son courroux qu*en lui offrant d’autres victimes, qu’elle sévisse tbntre cfes mercenaires qtié nous avons dénoncés à l’indignation du public.... Mais nous, grand Dieu! nôuS qui avons êmplojré notre temps et nos peines à poursuivre une Obimère ; nous qui n’avons paS retiré de la venté de notre manuscrit de quoi pàyfer le papier què nous griffonâmes pour àpprendrfe l’anglais, Cè serait donc ainsi qu’on récompenserait nôtre sollicitude pôiir les progrès de la médeciné française !
En prouvant Oombién étaient peu fondées toutes les inculpations qu’on porte contre leS traducteurs d’ouvrages de médecine , j’ai suffisamment expliqué pourquoi mes confrères n’ont pas cru devoir y répondre. Cependant, comme le public prend souvent le silence pour un aveu de la faute qu’il a reprochée, je dois Linformet* que j’ai été nommé d’office par les docteurs Emphysème et Dârène, secrétaires des médecins traducteurs, pour être l’avocat de la corporation. Maintenant que j’ai fait valoir en leur faVeivr les raisons qu’ils m’avaient suggérées eux-mêmes , et auxquelles, je l’avoué, ma conscience ne saurait ajouter rien de plus péremptoire , j’ai ctvi