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III. Les Tuileries

Arc de triomphe du OarrouaeL Jardin des Tuileries.

Sauf la partie de l'autre côté de l'arc de triomphe, l'espace compris entre le Vieux Louvre et Fane, palais des Tuileries fut jusqu'après 1840 occupé par un dédale de petites rues. La démolition en fut commencée par Louis-Philippe et terminée sous Napoléon III, pour la construction du Nouveau Louvre. Cet espace se divise en trois parties (v. le plan , p. 76) ; le square du Carrousel , la flact du Carrousel, qui y touche à l'O., et l'anc. cour des Tuileries.

Le monument de Oambetta, devant le square, se compose d'une haute pyramide en pierre, avec un groupe en plein relief, représentant Gambetta (1838-1883) en organisateur de la défense nationale, œuvre du sculpteur Awfte'. Sur les côtés, la Vérité et la Force, statues décoratives moins importantes, et au sommet la Démocratie, sous les traits d'une jeune fille montée sur un lion ailé, aussi en bronze et par Aube. Le monument porte de nombreuses inscriptions , surtout des extraits des principaux discours politiques de Gambetta.

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La PLAOE DU Ca&bouskl, autrefois beaucoup plus petite, doit son nom à un carrousel que Louis XIV y donna en 1662. Bien que comprise entre les palais , elle est ouverte même aux voitures, entre la rue de Rivoli et les quais (p. 136), et toujours assez animée.

L'*arc de triomphe du CarrouBel, qui formait l'entrée principale des Tuileries et jusqu' où vient le jardin qui remplace aujourd'hui le palais, fut érigé par Fontaine et Percier^ en mémoire des victoires de Napoléon I®' en 1805-1806. C'est une imitation de celui de Septime-Sévère à Rome, de 14 m. 60 de haut sur 19 m. 50 de large et 6 m. 65 d'épaisseur (celui de Septime-Sévère, 23 de haut et 25 de large). Il est maintenant trop petit pour la place et auprès des constructions qui l'entourent.

Il est percé de trois baies et décoré de colonnes corinthiennes & bases et chapiteaux de bronze, supportant des statues de soldats de TEm-

Sire. Des bas-reliefs de marbre dans les intervalles représentent : du côté e la place, à dr., la bataille d'Austerlitz ^ à g., la prise d'Ulm; du côté des Tuileries, à dr., la paix de Tilsitt-, à g., rentrée à Munich*, sur les faces latérales, au ^., rentrée à Vienne^ au S., la paix de Presbourg. Enfin an sommet est un quadrige en bronze par Bosio^ la Restauration, remplaçant le célèbre quadrige antique de Venise, que Kapoléon avait rapporté d'Italie et qui fut rendu en 1814.

Le palais des Tuileries proprement dit n'existe plus. Incendié en 1871 par les communards (v. ci - dessous) et en ruine pendant douze ans, il a été démoli en 1883. Il n'en reste que les deux ailes qui le reliaient au Louvre, celle de dr., avec le pavillon de Marsan, détruite dans l'incendie et reconstruite de 1875 à 1878, mais inachevée à l'intérieur et inoccupée; celle de g., du côté de la Seine, avec le pavillon de Flore, reconstruite de 1863 à 1868 et restaurée après l'incendie , dont elle n'eut pas trop à souffrir.

Le palais des Tuileries (v. le plan, p. 76) fut fondé par Catherine de Médieis^ veuve de Henri II, qui chargea en 1564 Philibert Delorme de lui construire un château dans le voisinage de celui du Louvre, mais en dehors de l'enceinte de la ville à cette époque. Il y avait à cet endroit des tuileries, de là le nom du palais. Le plan de l'architecte, d'après lequel ce palais devait former un carré long comprenant plusieurs cours et s' avançant du côté où est l'arc de triomphe, ne reçut, pour ainsi dire, qu'un commencement d'exécution. Jean Bullant dirigea ensuite les travaux , mais il n'y eut de construit que le bâtiment du côté du jardin. On y fit du reste ensuite des changements considérables. Henri IV et Louis XIV y ajoutèrent, par ex., des galeries au S. et au 17., le reliant aux pavillons de Flore et de Marsan.

Les Tuileries n'avaient servi que temporairement de demeure aux rois avant la Révolution , mais Napoléon !«', Louis XVIII, Charles X, Louis- Philippe et Napoléon III en firent leur résidence habituelle.

Le palais des Tuileries était en somme peu remarquable comme architecture, mais aucun édifice de Paris n'était, depuis la fin du xviii® s., plus riche en souvenirs historiques, et aucun, à l'exception de l'hôtel de ville (p. 55), n'a eu une destinée plus tragique, à partir du 5 octobre 1789, où Louis XVI y fut ramené de Versailles. Le roi y rentra encore forcément après son arrestation à Varennes, en juin 179l. Le 20 juin 1792, jour anniversaire du serment du Jeu de Paume, environ 30000 hommes armés, venus des faubourgs, envahirent les Tuileries. Ce ne fut cependant qu'une manifestation injurieuse et menaçante pour le roi. Mais le 10 août fut décisif; le tocsin sonna dans les faubourgs à partir de minuit, et le peuple se dirigea de nouveau en .armes vers le palais. L'attitude des

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gardes -nationaux qui 0*7 trouvaient était en partie très'lndéeise ; on les priva par ruse de leur commandant, qui fut mis à mort parce qu'il était décidé a la jrésistance. Iféanmoins la défense eût encore été possible avec le secours de la garde suisse, forte de 1950 hommes, si le roi, cédant à des instances répétées, faites même avec des intentions perverses, ne s'était enfin rendu avec sa famille au manège, où siégeait TAssembiée législative. Alors la garde nationale se dispersa, tandis que les Suisses se mettaient en devoir de défendre Ift Tuileries. Hais bientôt survint un ordre du roi, leur enjoignant de les évacuer. Immédiatement le palais fut envahi par les assaillants , qui massacrèrent tous les hommes qui s'y trouvaient et le ravagèrent. C'en était fait de la royauté^ Louis XVI passa la nuit dans une petite pièce du manège , et le 12 il fut conduit à la tour du Temple (p. 199), d'où il ne devait sortir que pour aller à l'échafaud.

Le 29 juillet 1890, la royauté de la Restauration succomba également par suite de la prise des Tuileries et de la fuite de Charles JT, de St-Cloud a Rambouillet. — La royauté de Juillet s'y éteignit de la même manière le 24 février 1848. Il n^eût pas été alors difficile de défendre le palais, mais Louis -Philippe préféra faire des concessions, dans l'espoir de conserver la couronne à son petit -fils, le comte de Paris. Bientôt il dut quitter les Tuileries, en se rendant par le jardin à la place de la Concorde, où deux fiacres attendaient les fugitifs pour les conduire à St-Cloud, et le palais fut de nouveau pillé et saccagé.

Un plus triste sort était encore réservé aux Tuileries. En mai 1871, les insurgés de la Commune, voyant leur position désespérée et leur perte certaine, résolurent d'exercer leur vengeance sur la ville, en mettant le feu à tous les principaux édifices publics. Les ordres rédigés dans ce but et signés par Delesclute, Dombrowski, Eudes et d'autres chefs de l'insurrection , furent donnés comme émanant du Comité du salut public ! Plusieurs de ces documents, qui existent encore, montrent les dimensions terribles et le caractère systématique qu'avait ce projet infernal, qui comprenait aussi de nombreuses «maisons suspectes». On préluda aux scènes épouvantables qui s'en suivirent en plaçant dans les bâtiments condamnés à la destruction des barils de poudre et des matières inflammables arrosées de pétrole. Les Tuileries furent l'un des premiers édifices soumis à ces sinistres préparatifs. Le feu y fut mis à différents endroits, le 22 et le 23 mai, lorsque les troupes de Versailles eurent pénétré dans la ville, mais avant qu'elles fussent arrivées près du palais. L'incendie prit rapidement les plus terribles proportions, et l'œuvre de destruction se trouva naturellement accélérée par r explosion de la poudre qui avait été mise dans diverses parties de 1 édifice.

En sortant de la place du Garronsel par les grands guicliets du côté de la Seine, on remarquera au dehors les statues des pieds-droits, la Marine militaire et la Marine marchande , par Jotiffroy, et dans le haut, le Génie des Arts, haut-relief en bronze par Mercié. Pour le pont du Carrousel, v. p. 250. Le pont suivant est le pont Royal (p. 258). On verra de là les sculptures du côté S. du pavillon de Flore, les plus remarquables, par Carpeaux,

Le *jardin des TnilerieB est maintenant agrandi de la nouvelle partie créée en 1889 sur l'emplacement du palais proprement dit La partie ancienne , au delà de la rue des Tuileries , a en général conservé la forme que lui avait donnée le célèbre le Nôtre , lors de son établissement sous Louis XIY. Toutefois les parterres situés entre remplacement du palais et le bassin du milieu sont aussi de création moderne , et c'est depuis 1871 qu'on y a percé la rue des Tuileries. A l'extrémité du côté du quai sont deux sphinx femelles en marbre, provenant de Sébastopol*

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Le jardin des Tnileries est public et les parterres sont toujours ouverts, mais le reste ferme entre 6 et 9 h. du soir, selon la saison, la fermeture étant annoncée à son de caisse. Outre la rue des Tuileries, il y a pour y entrer des portes du côté de la rue de Rivoli, du côté des quais et à l'extrémité, sur la place de la Concorde (t. p. 70). C'est une des promenades les plus fréquentée à Pintérieur de Paris et, peut-être encore plus que les squares (v. p. 53), le rendez-vous des mères avec leurs enfants. Au delà des parterres, à TO., s'étend un bosquet bien ombragé de grands arbres , et de cbaque côté sont des terrasses , la terrasse des Feuillants et la terrasse d u Bord de Veau. La première tire son nom d'un couvent qui avait été fondé en 1587 à cet endroit, par les bénédictins du couvent de Feuillant à Toulouse. C'est là que le club des républicains modérés , dirigé par Lametb , la Fayette , etc. , l'adversaire du club des Jacobins, tenait ses séances en juillet 1791 (manège, v. p. 73). La contre-allée est garnie dans la bonne saison d^orangers en caisses, dont 41 datent du temps de François I*'.

En y entrant de la rue des Tuileries, par l'allée du milieu, on a un magnifique coup d'œil sur tout le jardin, avec l'obélisque de la place de la Concorde et l'arc de triomphe de l'Etoile à Tarrière-plan. De cbaque côté sont des parterres entretenus avec grand soin et décorés de statues et de vases , la plupart modernes.

La partie neuve, sur remplacement du palais des Tuileries, n'en a pas encore, mais il a été question d'y placer les suivantes : «Quand-même*, d'il. Àfercié; les Exilés, de M. Jioreau^ et Judith, de Lanson. — Dans la partie ancienne, à dr. de l'allée du milieu: Ompbale, par Eude; Enée emportant Anehise, par Lepautre; mh^ Bacchante, par Carrier-Belleuse. Derrière, Vénus à la colombe et une Kymphe au carquois, par Ouill. Coustou^ et dans le massif de verdure, le Lion au crocodile, bronze par Cain, Dans l'allée en deçà du rond-point : Diane et Kymphe de Fontainebleau, par E. Lévique. A g. de là : un Gorybante , par Cugniot; Lucrèce et CoUatin, par Ltpauire; «Au gui l'an neuf>, par BeaugeauH. Derrière, Flore et Zéphyre, par CopzevoXy et dans le massif de verdure, la Mort de Lais, par Metunier; le Lion au paon, bronze par Cain. Autour du bassin du milieu, de dr. à g.: l'Enlèvement d'Orithye, par Duguesnoy et Oasp. de Marty; Thémistocle, parZ«mair«; Alexandre, par JHeudonné; Prométhée, par Pradier; le Soldat laboureur de Virgile, par Lemaire; le Serment de Spartaeus, par Barriat; Ginclnnatus, par Foyatitr; Alexandre combattant, par Lemaire ; la Charité fraternelle, par Cfmnp ; Périclès, par J.-B, Debay ; l'Enlèvement de Cybèle, par Regnaudin. Dans l'allée transversale de g. : la Comédie, par Roux; le Rémouleur, d'après l'antique: Phidias, par Pradier, Dans l'allée transversale de dr. : le Masque , ^Ktdriitophle ; l'Aurore, bronze par Magnier; Ugolin, bronze par Carpeaux; le Silence, par Legroê. — Au commencement de l'allée des orangers du côté de la rue de Rivoli le Retour de la chasse, bronze par Ant. Cariés (1888)-, à l'escalier en face de la rue menant à la colonne Vendôme, deux groupes d'animaux en bronze, par Cain; à l'extrémité de l'allée de même côté. Hercule écrasant l'Hydre, bronze par Bosio, Il y a encore dans le bosquet et alentour d'autres sculptures moins importantes. Sur la terrasse du Bord de l'eau , près de l'Orangerie, le Lion au serpent, bronze par Barye. ^ Sous les arbres , de cbaque côté de la grande allée , sont deux espèces d'amphithéâtres , appelés les Carrés d'Atalante. Ils furent créés en 1793 sur les données de Robespierre, pour servir de sièges aux vieillards qui devaient y assister aux jeux floraux de la jeu-

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nesse. Dans celui de dr., Atalante et Hippomène, par O. Coustou ; dans celui de g., Apollon et Daphné , par Theodon, En été, il y a musique militaire près de là les dim., mardi et jeudi de 4 à 5 h. ou de 5 à 6 (v. p. 24) ; chaise, 15 c. ; fauteuil, 20 c.

A Textrémité 0. du bosquet se trouve un bassin octogone , de 300 pas de circonférence, avec un jet d*eau au milieu. Du côte E., quatre Termes représentant les saisons. De Vautre côté, quatre groupes de marbre : à g., le Nil, par Bourdic ; le Rhin et la Moselle, par van Cleve; à dr., le Rhône et la Saône, par G^. Coustou j le Tibre, par van Cleve. Le Nil est d'après une antique du Vatican, le Tibre , d'après l'antique du Louvre (p. 84). Le bâtiment provisoire à g. renferme le panorama de l'Histoire du Siècle (1789-1889), par Stevens et Gervex; ceux des extrémités des terrasses sont, à dr., un jeu de paume; à g., Vorangerie.

Sur les piliers de la porte , du côté de la place de la Concorde, des chevaux ailés sculptés par Coyzevox , l'un monté par Mercure, l'autre par la Renommée. — Pour la place de la Concorde, v. p. 70.

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