‹ Paris et ses environs (volume 2)Chapitre 49 sur 112 · Champs-Elysées et bois de Bonlogne · texte numérisé non relu

Champs-Elysées et bois de Bonlogne

La première partie de cette promenade devra se faire autant que possible à pied ou avec une voiture à l'heure. Quand on la connaîtra, on pourra se rendre directement au bois, en voiture de place ou par le chemin de fer de ceinture, qui a des stat. à la porte Maillot (p. 143), à l'avenue du Bois-de-Boulogne (P- 143), à Passy (p. 155), à l'avenue Henry- Martin (Trocadéro ; p. 155) et à Âuteuil (p. 156) , ou encore par les tramways et les omnibus (v. Tappendice et le plan), sur lesquels on ne peut toutefois compter les dimanches et fêtes qu en attendant longtemps, même aux têtes de lignes. — Déjeuner aux Champs-Elysées ou au bois (v. p. 10).

I. De la place de la Conoorde à la place de PEtoile. Place de la Concorde, v. p. 70.

Les *ChampB-£lyB6es (pi. R. 15; II) sont l'espèce dépare voisin de la place , d'env. 700 m. de long sur 300 à 400 m. de large ; mais on donne aussi ce nom au magnifique quartier moderne qui s'étend au delà. Le parc date de la fin du xvii® s. 'Vavenue superbe qui les traverse et monte jusqu'à l'arc de triomphe, a env. 1900 m. de long.

Les Champs-Elysées sont une des promenades les plus fréquentées , tant par les piétons et les cavaliers que par d'innombrables équipages , surtout aux heures de la promenade au Bois , de 3 h. à 5, 6 ou 7 h. du soir, selon la saison. Au commencement de l'avenue se trouvent deux Dompteurs de chevaux, par QuiU, Coustou, transférés ici du château de Marly (p. 299) en 1794 ; ils forment le pendant des chevaux ailés placés à la sortie du jardin des Tuileries (v. ci-dessus). Plus loin , à dr. et à g., les cafés-chantants, mentionnés p. 24. Les endroits écartés des promenades ne sont pas toujours des mieux fréquentés le soir.

Au N. est le palais de PSlyaée (pi. R. 16; 77), dont le jardin fait saillie sur les Champs-Elysées. Il a été construit en 1718 par Molet pour

Pat. de V Industrie. PABÎS. Rive dr. 3. 139

le comte d*Evreux, et il fut habite sous Louis XV par la marquise de Pompadour. Après la mort de cette dernière, le roi le racheta aux héritiers et le destina à loger les ambassadeurs étrangers. La duchesse de Bourbon en ayant fait son séjour sous Louis XVI, on lui donna le nom d''Sly»ie-Bourbon. Pendant la Révolution, il devint propriété nationale et fut mis inutilement en vente-, puis on y installa Timprimerie du gouvernement. Sous le Directoire , il fut loué à des entrepreneurs de bals publies et de jeux. Plus tard, il fut successivement habité par Murât, Kapoléon I©', Louis Bonaparte, roi de Hollande, la reine Hortense et le duc de Berry. Ensuite il fut abandonné, jusqu^au jour où Napoléon III vint Toccuper, comme président de la république, en y faisant des embellissements considérables. Il sert de nouveau maintenant de résidence au président de la république, et il n*est pas ouvert au public.

Le palaiB de rinduttrie, bâti pour rexposition de 1855, occupe une notable partie des Champs-Elysées, du côté S. Il couvre une superficie de 27 000 m. carrés, formant un parallélogramme de 250 m. de long sur 108 de large , et sa hauteur est de 35 m. La partie la plus remarquable est l'entrée principale, au milieu, du côté de l'avenue. C'est une arcade de 15 m. d'ouverture et 30 de hauteur, flanquée de colonnes corinthiennes, surmontée d'un attique avec un bas-relief par Desbœuf, l'Industrie et les Arts apportant leurs produits à l'exposition, et couronnée par un groupe colossal de Regnault, la France offrant des couronnes à l'Art et à l'Industrie. Sur la frise du palais, entre le rez-de-chaussée et le premier étage , se trouvent une infinité de noms et de portraits médaillons de personnages célèbres de toutes les nations. Il y a au centre une salle à toiture en verre qui mesure 192 m. de longueur sur 48 de largeur.

Le palais de l'Industrie sert à diverses expositions, en particulier à celle de peinture et de sculpture dite le Salon, qui a lieu tous les ans, du 1 mai au 20 ou 30 juin et où l'on compte plus de 500 000 entrées. Le nom de Salon lui vient de ce que cette exposition se faisait d'abord au Salon du Louvre. Elle est ouverte tous les jours de 8 h. du.matin à 6 h. du soir, excepté le lundi, où l'on n'ouvre qu'à midi. Entrée ; 5 fr. le jour de l'ouverture et le vendr., 2 fr. les autres jours de la sem. jusqu'à midi et 1 fr. l'après-midi, 1 fr. le dim. jusqu'à midi et gratuite l'après-midi. L'entrée est par la grande porte du côté de l'avenue, la sortie à l'extrémité du côté de la place de la Concorde. Les peintures sont au premier étage et les sculptures au rez-de-chaussée. Il y a des inscriptions. Buffet au rez-de-chaussée. Pas de vestiaire obligatoire.

Tous les ans a lieu également au palais de l'Industrie, une exposition d'animaux grog ou un concours agricole, avant les jours gras -, puis vient un eoneours hippique^ durant la première quinzaine d'avril.

Dans le pavillon S.-E. du palais se trouve le «musée des arts décoratifs, qui doit être transféré au Champ-de-Mars, dans le palais des Beaux- Arts de l'exposition de 1889 (p. 269). Ce musée a été fondé en 1877 par une société, dans le but d'entretenir et de développer en France la culture des arts et leur application à l'industrie. Il possède de riches collections , mais une partie des objets qu'on y voit sont prêtés par des amateurs et des artistes, et son exposition est par

140 Rive dr. S, PARIS. Pal. de VIndmtrie,

conséquent sujette à yarier beaucoup. Ce musée est public tous les jours sans exception, de 10 h. à 4 ou 5 h. L'entrée est du côté de la place de la Concorde, porte 7.

Escaliers: riche collection de moulage»; au 1^' palier, celui de la porte d^entrée de Tancien hôtel Sam. Bernard, à Paris (zYiii^a.); entre le 1^' et le 2^, celui de la porte orientale du grand temple bouddhique de Sanchi, dans Plnde centrale; au 3^, ceux d^une cheminée du château d'Ecouen (xvi® s.; p. 339); au 4®, une margelle de puits en marbre blanc, travail vénitien du xvi® s., et un moulage de puits d*Anvers, etc. A Tescalier du côté opposé, par où Ton pourra redescendre, un bas-relief de la porte du château de la Ferté-Milon (xiv® s.). — Sallb A, ouvragei en pierre et en métal: sculptures religieuses du moyen âge; bronzes des xvii^ et XVIII® s. , reproductions galvanoplastiques et fac-similé de collections de divers musées; belles tapisseries anciennes, comme dans les autres salles. — Salls B (à dr.), céramique moderne : spécimens les plus remarquables des porcelaines, faïences et verreries françaises et étrangères; deux vitrines consacrées aux porcelaines et biscuits de Sèvres; grande jardinière en faïence et vase copié sur celui de TAlhambra. — Sallb C, céramique ancienne : verreries françaises et vénitiennes , terres cuites duxviii^s., porcelaines tendres françaises, porcelaines de Saxe et de Sèvres ; faïences de Rouen, Ifevers, Moustiers et Strasbourg. — Salle D, Chine et Japon: céramique, bronze, vannerie, dessins, tissus, etc. — • Salle E, Orient: faïences et verreries de la Perse, tissus, broderies, carreaux de revêtement , ouvrages en fer , en cuivre et en bronze eravés, niellés et damasquinés; ivoires, etc. — Salle F, collection Audéoud: gravures coloriées du xviii® s., meubles, pendules, etc. Grande porte en bois ornée de bronzes et d^maux, par Fourdinois, d'après Sédille. — Salle G, étoffes^ du XV® au xixCs., et aussi des dentelles, des broderies, des passementeries, des reliures. — Salles H, I et deux salles non marquées, en face et à dr., meubles et bois sculptés des époques Louis XIV, Louis Xv et Louis XVI et du moyen âge. A rentrée de la salle I du côté de la salle A, une porte moderne de bibliothèque par Fourdinois. Entre ia salle à dr. de la salle I et la grande galerie mentionnée ci-desBous , la' reconstitution d'un salon de la fin du xviii® s. — Salles suivantes, collections diverses : peintures, décoratives, dessins, etc. ; cadre monumental de Tépoque Louis XV, avec tapisserie; moulages du petit cabinet de Louis X VI à Versailles et du boudoir de Rambouillet (xviii® s.) : tissus, porcelaines, faïences, verres, orfèvreries et autres objets d'art modernes. — GBAin>B OALBBiE, OÙ Tou^asse par une entrée de porte en bois sculpté du château d'Ecouen (p. 339), suite des collections diverses. Immédiatement à dr., restitution du salon de l'ancien hôtel Golbert-Villacerf ou petit hôtel d'Ormesson, du xviii®s. Du même côté, en face des fenêtres, de magnifiques tapisseries des Gobelins du garde-meuble. Aux; fenêtres, des vitraux de monuments historiques. Meubles des xvii® et xviii® s. Dessins' des xvi®-xviii® s. — Du côté g., le salon du xviii® s. déjà mentionné, une des salles contenant des bois sculptés, la salle A et le palier de l'entrée.

Le palais contient encore, dans la partie S., un musée des colonies, c.-à-d. des produits utilisables venant des colonies françaises et des produits métropolitains susceptibles d'être envoyés aux colonies. Il est ouvert gratuitement tous les jours , sauf les lundi et vendredi, de midi à 5 h. L'entrée est au milieu du côté de la Seine.

On a reconstruit du même côté, entre le palais et le Gours-la-'Reine, le pavillon de la ville de Paris^ de l'exposition de l878, qui sert temporairement à divers usagés. — A côté, le jardin de Paris^ où se donnent des concerts et des bals (p.24), et au delà le pont, l'esplanade et l'hôtel de Invalides (p.261).

Au delà du palais de l'Industrie, en venant de la place de la Concorde, le panorama des OHAMps-ELYSéES, salle de 40 m. de diamètre, entourée d'une immense peinture au centre de laquelle est le

Arc de triomphe. PARIS. Rive dr, 3. 141

spectateur. L'écUiiage, le premier plan et son raccordement avec la peinture sont calculés de façon qu'on s'imagine avoir la réalité devant soi. Le panorama actuel , par Philippoteauz , représente le siège de Paris en 1670-71. Entrée, de 10 h. jusqu'au soir : 2 fr. dans la semaine , 1 fr. le dimanche.

Vis-à-vis, de l'autre côté de l'avenue, le cirque d*Ete{g.^). En deçà, en face du palais, le panorama Marigny , élégante construction due à Ch. Gamier. Il comprend actuellement un panorama de Jérusalem antique (porte A; 1 fr.), par 01. Pichat, et un diorama de Paris à travers les âges (porte B ; 1 et 2 fr.).

Le parc ou Carré des Champs-Elysées s'étend jusqu'au Bond- Point des Champs-Elysées (pi. R. 15 ; II), place circulaire ornée de corbeilles de fleurs et de 6 jets d'eau, à mi-chemin entre la place de la Concorde et l'arc de triomphe de l'Etoile. Deux avenues descendent d'ici au quai, Vavenue d'Antin, qui conduit au pont des Invalides (p. 148) et Vavenue Montaigne, qui va vers le pont de l'Aima (p. 148).

L'avenue d'Ântin se prolonge à dr. vers St-PUlippe-dn-Boule (pi. B. 15 ; //), dans la rue du Faubourg-St-Honoré. G*est une basilique du style grec, bâtie de 1769 à 1784, sur les plans de Chalgrin. On y remarque une coupole décorée d'une Descente de croix par Chassiriau,

Ensuite, à g. de l'avenue des Champs-Elysées, le beau quartier Marheuf, composé de riches hôtels particuliers , construits depuis peu. Le Trocadéro est à env. 1500 m. de ce côté, par la rue Pierre Charron, où passe un omnibus. — Plus haut, à dr. de l'avenue, la rue de Berri, avec le Panorama National, où se voit maintenant la bataille de Champigny (1870), par de Neuville et Détaille.

La*plaoe de TEtoile (pi. B. 12; /), sur une petite éminence où aboutit l'avenue des Champs-Elysées, est ainsi nommée parce que de là rayonnent 12 avenues (v. p. 142).

L'*arc de triomphe de TEtoile, qui en occupe le milieu, est le plus grand de tous les monuments de ce genre. Commencé par Napoléon I®', en 1806, il n'a été terminé que sous Louis-Philippe, en 1836, d'après les dessins de Chalgrin. Il consiste en un seul .arc de 29 m. de hauteur sous voûte et de 14 m. d'ouverture , croisé sur les côtés par un arc de 18 m. sur 6. Tout l'édifice a 49 m. 80 de hauteur, près de 45 de largeur et plus de 22 d'épaisseur. Vu de près, l'ensemble en est lourd, et les énormes massifs de maçonnerie qui en forment les pieds-droits n'ont pour décoration que des trophées de grandeur colossale, d'env. 12 m. de hauteur, avec des figures d'env. 5 m. Il y manque toujours un couronnement.

Sculptures de la façade du côté des Champs-Elysées: à dr., le Départ de 1792. par Rude^ le plus beau des quatre groupes , dont on a cependant critiqué la Bellone qui appelle aux armes, avec sa bouche démesurément ouverte et ses jambes trop écartées. Au-dessus , les Funérailles du général Marceau, bas-relief par Lemairt. — A g., le Triomphe de 1810, après la campagne d'Autriche, par Cortot. Au-dessus. Murât faisant prisonnier le pacha Mustapha à la bataille d*Abouklr^(17d9), bas-relief

142 Rive dr, 3. PARIS. Neuilly.

de Beurre atné. — Bas-relief de la frise faisant le tour du monument : le Départ et le Retour des armées, par Brun, Jacquot, Bewrre et Bnde. — Sculptures à Topposé des Champs-Elysées: à dr., la Résistance contre les envahisseurs; à g., les Bienfaits de la paix (1815), par Etex. Audessus , le Passaée du pont d'Arcole (1796) , par Fetsehères , et la Prise d* Alexandrie (1798), par Chaponnière. — Bas-reliefs sur les côtés : au If., la Bataille d'Austerlitz (1805), au S., la Bataille de Jemmapes (1793), par Oechter et Marochetti. — Les Victoires à côté des voûtes sont de Pradier. Les éeussons le long de la corniche portent les noms des principales victoires de la République et de TEmpire. 143 autres noms de batailles sont gravés sous les voûtes. La vuûte de Tare transversal est couverte de noms de généraux de la République et de TEmpire*, les noms soulignés désignent ceux qui sont morts sur le champ de bataille.

La ♦vue de la plate-forme , où conduit un escalier en limaçon de 261 marches, sous Tarcade du S., mérite sa renommée. On peut y monter toute la journée, en payant 25 c.

Des 12 avenues qui rayonnent de la place de l'Etoile, nous mentionnerons particulièrement, outre l'ayenue des Champs-Elysées, déjà connue, à dr., Vavenue Hoche, menant au parc Monceaux (750 m.; v. p. 187); de l'autre côté de l'arc de triomphe, Vavenue de la Grande 'Armée , prolongement de celle des Champs-Elysées dans la direction de Neuilly (v. ci-dessous) ; à g., Vavenue du Boisde-Boulogne (v. ci-dessous), et Vavenue Kléher, qui va directement au Trocadéro (tramway) , en passant devant le grand et joli palais de Castille (n^ 19), à la reine Isabelle d'Espagne, etc.

Keuilly, que traverse la grande avenue du même nom , à la suite de celle de la Grande -Armée, est aujourd'hui une ville de 26 (XX) hab., en quelque sorte un faubourg de Paris, habité surtout par de petits rentiers, des employés et des ouvriers, qui préfèrent ce s^our plus paisible et moins coûteux. Il y a cependant dans le quartier N. quantité de jolies maisons de campagne, bâties sur remplacement du parc du château de Louis-Philippe, détruit par la populace en 1848.

C'est à Neuilly que se trouve, près de l'enceinte fortifiée de Paris, la cHAPBLLB St-Fbbdikavd (pi. B. 9), mausoIée du style byzantin, construit à la place où mourut , en 1843 , à la suite d^une chute de voiture , le duc Ferd. d'Orléans y fils aîné de Louis-Philippe et père du comte de Paris. On peut la visiter; sonner au n^ 13, presque en face (pourb.). — Sur le maitre autel est une Descente de croix en marbre, par Triqueti. A g., le monument du prince, aussi par TriqueU, d'après Arjf Seh^er, avec un *Ange en prière, par la sœur du duc, Marie d*Orléans (m. 1839). Les ^vitraux sont d après Ingre» (p. 126). Dans la sacristie se trouve un tableau de Jaequand, représentant les derniers moments du prince.

Neuilly touche au S. au bois de Boulogne (jardin d'acclimatation; p. 146). Dans la partie N. de la ville, une belle mairie (pl.B5), construite de 1882 à 1886, et devant cet édifice la statue de Parmentier (1737-1813), qui fit à Neuilly ses premiers essais de culture de la pomme de terre, bronze par Gaudes. TJn pont traverse la Seine au N.-O., à l'extrémité de Tavenue de Neuilly, à environ 3 kil. de Tare de triomphe. De l'autre côté se trouve, à dr., Courbevoie (p. 277), que remonte une autre avenue, de près de 1 kil. de long, faisant suite aux précédentes (v. p. 307).

II. De la place de rEtoUe au bois de Bonlogne. Hippodreme de Long champ. Jardin d'aoolimatation.

Les étrangers qui voudront visiter commodément le bois de Boulogne sans y consacrer trop de temps, prendront une voiture à Theure (tarif spécial; V. à la fin de rappendice). Il faut 2 à 3 h. pour en voir rapidement

BoU de Boulogne. PARIS. Rive dr, 3. 143

les parties prineipales. Si l*on a une voiture et qu*on ne veuille pas la garder pour le retour, il y a avantage à ne visiter le jardin d*aeelimatation qu'à la fin de la promenade au bois, après avoir renvoyé cette voiture. Stations du chemin de fer de ceinture et tramways, v. p. 138.

Jj avenue de la Grande- Armée j au delà de l'arc de triomphe (p. 141), conduit à la porte Maillot ^ la plus rapprochée du bois de Boulogne, à Feutrée de Neuilly (p. 142) et non loin du jardin d'acclimatation (p. 146; petit tramw.). Cette porte a dû son nom à un jeu de mail. Non loin de là, à g., se voit la grande rotonde de la Plaza de Toros (p. 23).

L'avenue du Bois-de- Boulogne^ à l'O. de la place de l'Etoile, est le chemin ordinaire des promeneurs, surtout des brillants équipages venant par les Champs-Elysées. Cette avenue a env. 125 m. de largeur , avec ses contre-allées, ses pelouses et les rues latérales, et 1300 m. de longueur jusqu'à la porte Dauphine, Elle se compose d'une chaussée pour les voitures, de deux larges contre-aUées, celle de g. pour les piétons, celle de dr. pour les cavaliers, de deux pelouses, en partie plantées d'arbres, et de deux rues latérales. Au-dessus du bois, on aperçoit le fort du Mont-Yalérien (p. 278). A g., à l'entrée, une station du chemin de fer de ceinture.

Le **bois de Boulogne est un charmant parc de 873 hectares de superficie , compris entre l'enceinte fortifiée de Paris à l'E. (v. p. 41), la Seine à l'O., Boulogne (p. 300) et le boulevard d'Auteuil au S. et Neuilly au N. (p. 142). C'est un faible reste de l'ancienne /or^^ d« i^ot^vra;^ (de «roveretum», chêne rouvre), dont faisait partie même le parc de St-Ouen (p. 198). Cette forêt fut longtemps mal famée, le rendez-vous de prédilection des duellistes, le thé&tre ordinaire des suicides , le repaire d'une foule de bandits et de voleurs. Il appartint à la liste civile jusqu'en 1848 et fut à peine entretenu. Mais l'Etat l'ayant cédé en 1852 à la ville de Paris, à condition qu'elle se chargerait de son entretien et de sa surveillance , et qu'elle emploierait 2 millions à son embellissement dans l'espace de quatre ans , la ville s'est acquittée largement de sa dette et a créé le magnifique parc qui est actuellement la promenade favorite des Parisiens. Il est toutefois un peu factice et monotone, malgré tout le soin qu'on a pris pour imiter la nature dans les belles forêts et la science avec laquelle on a disposé et varié ses bouquets d'arbres. Le vrai promeneur trouvera aussi trop de clairières et des avenues trop larges et poudreuses. Il ne peut pas du reste y avoir de gros arbres, les Alliés ayant détruit une grande partie du bois en 1814 et 1815 et ee qui avoisinait les fortifications ayant été abattu durant les sièges de 1870-71.

Le plan ci-joint permettra de s'orienter et de se diriger à volonté.

Le bois est surtout animé à partir de 3 h., et les allées les plus fréquentées sont celles qui mènent de l'avenue du Bois-de-Boulogne aux lacs. Le beau, sinon toujours le grand monde, y vient alors faire son tour des lacs avant le diner. Les voitures y sont quelque-

144 Rive dr, 3. PARIS. Bois de Boulogne.

fois si nombreuses qu'elles sont obligées de marcher à la flle et au pas , et c'est là que se rencontrent les plus riches équipages et les toilettes les plus élégantes. Le bois est pour bien des gens un lieu de parade ; ils y vont pour voir et pour être vus.

Le bois de Boulogne fait encore partie de Paris , mais il est situé, comme nous l'avons dit, en dehors de V enceinte fortifiée (p. 41), plus ou moins dissimulée de ce côté. Nous y entrons de l'avenue par la porte Dauphine (p. 143) , où l'on a reconstruit les pavillons chinois de l'exposition de 1878 transformés en caférestaurant. La large route de Suresnes ou du Lac, à g., conduit en 8 à 10 min. au carrefour du Bout des Lacs ; la route de la porte des Sablons, à dr., mène dans le même temps au jardin d'acclimatation (p. 146), en croisant la grande allée de Longchamp ou des Acacias, qui mène à g. au champ de courses (p. 145). C'est particulièrement dans cette allée qu'a eu Heu les dernières années, lors du grand prix de Longchamp (v. p. 145) , la fête des Fleurs, organisée dans un but de bienfaisance.

Le carrefour du Bout des Lacs est l'un des plus beaux endroits du bois de Boulogne. On s'y trouve à l'extrémité inférieure de deux lacs artificiels : le lac inférieur, de 1152 m. de long et 100 m. de large, et le lac supérieur, qui n'a que 412 m. de longueur. Ces lacs sont alimentés par le canal de TOurcq (p. 190) et par le puits artésien de Passy (p. 155). Du premier lac sortent deux ruisseaux , dont l'un se dirige vers le jardin d'acclimatation et l'autre vers la grande cascade (v. ci-dessous). On fera le. tour des lacs en commençant à g.

Il y a dans le lac inférieur deux *îles , dont la première renferme un chalet , avec un café-restaurant. On y passe du côté g. par un bateau-omnibus : 10 c. aller et retour. Il y a près du carrefour des barques à louer pour promenades sur le lac, à 2 et 3 fr., conformément au tarif. On trouve aussi des cafés dans d'autres parties du bois, notamment au carrefour et à la grande cascade.

Entre les deux lacs est le carrefour des Cascades , et à l'extrémité du lac supérieur la hutte Mortemart, d'où l'on a une belle vue sur St-Cloud et Meudon. On a établi ici depuis 1871 le vaste champ de courses d'Auteuil, qui s'étend le long des fortifications, presque depuis la route de Passy (p. 155) ou le carrefour des Cascades jusqu'à la route de Boulogne, et qui a trois pistes, de 2600, 3500 et 4000 m. Les tribunes sont sur la butte. Entrées comme à Longchamp (p. 148). Les courses qui s'y donnent, sont des courses plates et à obstacles ou steeple - chases. Le grand eteeple-chase , un prix de 120000 fr., se court au commencement de juin. — Auteuil, v. p. 156.

Arrivé dans le haut du lac supérieur, on tourne à dr. pour suivre l'autre rive jusqu'au carrefour des Cascades , entre les deux lacs. Là, on prend à g. pour aller à la grande cascade. Les piétons trouveront plus agréable de suivre une allée latérale (v. le plan). L'un et l'autre chemin traversent la grande allée de la Reine- Marguerite et conduisent en 15 à 20 min. à la ^grande cascade, qui se

Longehamp. PARIS. Rive dr, 3. 145

précipite d'une grotte artificielle à deux étages , en une large nappe de 7 m. de hauteur. Après en avoir tu l'ensemble, on montera sur la colline qui la précède ; on y jouit d'une belle vue sur la vallée de la Seine : à g., de l'autre côté du fleuve, St-Cloud, dominé par son église moderne ; plus près, l'hippodrome de Longchamp (v. ci dessous) ; en face, un moulin et deux tours qui restent de l'ancienne et célèbre abbaye de Longchamp ; au delà, le village de Suresnea (p. 278) ; à dr., un peu plus loin, le Mont- VcUérien^ avec sa forteresse (p. 278). — Un sentier conduit du sommet dans l'intérieur de la grotte et jusqu'au pied de la cascade. — A g., sous les arbres, le café-restaur, de la Cascade,

L'hippodrome de Longchamp est le principal champ de courses de chevaux des environs de Paris (v. p. 25). Les courses ou «réunions» ont lieu à Longchamp au printemps, en été et en automne. Les jours sont indiqués d'avance par les journaux et par des annonces de toute sorte. Ces courses sont très suivies; on se porte en foule vers Longchamp, toutes les avenues et les allées qui y mènent fourmillent de monde et présentent un spectacle que l'étranger ne doit pas négliger de voir. La «première de Longchamp», au commencement d'avril, est pour ainsi dire le premier jour du bois au printemps, celui où se montrent les modes nouvelles : il a remplacé la célèbre promenade qui se faisait autrefois à Longchamp dans la semaine sainte. Le principal prix de ce jour est celui du Cadran, qui est de 30000 fr. Le Grand -Prix , de 100 000 fr., se court en juin , et c'est toujours un événement. Il inaugure pour ainsi dire la saison d'été; immédiatement après se font les préparatifs de départ pour la campagne, les eaux ou les bains de mer. Si l'on veut assister de près aux courses, il faut pénétrer dans l'hippodrome en payant une entrée. Les prix sont: pour les pavillons, 5 fr. ; l'enceinte du pesage, 20 fr. ; avec une voit, à 1 chev., 15 fr.; avec une voit, à 2 chev., 20 fr.; à cheval, 5 fr. ; à pied, 1 fr. Il y a trois pistes, qui ont 1000, 2300 et 2900 m. de long. — C'est aussi à l'hippodrome de longchamp que se passent les grandes revues.

La route de Keuilly (p. 142), en deçà du champ de courses, passe entre le champ d^entrainement et le parc du petit château de Bi^ateUe, construit en un mois par le comte d* Artois (Charles X), à la suite d'un pari avec Marie-Antoinette. Il fut plus tard habité par le duc de Berry et il appartient maintenant aux héritiers de sir Richard Wallace (m. 1890). Il a un beau parc et des collections artistiques qu'on ne peut visiter qu'avec une autorisation. — La partie de Keuilly qui avoisine le bois de ce côté porte le nom de Hadrid, parce qu'il y avait là un château construit par François I^', qui Tavait, dit-on, appelé ainsi en souvenir de sa captivité en Espagne. Ce château, détruit depuis la Révolution, était remarquable par sa décoration extérieure, composée de terres cuites de Girol. délia Kobbia , qui n'existent plus, et d'émaux qu'on verra au musée de Cluny (p. 224). Il y a un grand restaurant à la porte de Madrid. Près de là, à dr. de la route de Madrid, le Cercle des Patineurs mentionné ci-dessous ; à g., la mare de St-Jamea^ et ensuite le jardin d'oeeltmatoMof» , qui a une entrée à g. à la porte de Neuilly et une à dr., l'entrée principale, du côté de la porte des Sablons (v. le plan).

La grande alUe de Longchamp, moins agréable que les allée»

Bœdeker. Paris. 10» édit. 10

146 Rive dr. 3. PARIS. Jardin d'acclimat

latérales, conduit directement de l'hippodrome, à g. de la cascade, à la porte Maillot (p. 143 ; 3 kil. Vt)* «Elle passe d'abord non loin du Pré Catélan, enclos situé à dr., entre cette allée et le lac inférieur. Il s'y donnait autrefois des fêtes ; ce n'est plus maintenant qu'une dépendance du jardin d'acclimatation , contenant sa grande vacherie et où il y a un café-restaurant, un gymnase vélocipédique, etc. Plus loin à g., le Cercle des Patineurs, pièce d'eau réservée et tir au pigeon appartenant au Skating-Cluh. Vers l'extrémité de l'allée, à g., une route menant au jardin d'acclimatation.

Le *jardin d'acolimatatioxi est une partie du bois de Boulogne, de 20 hectares de superficie , dont une société a fait une des plus belles et des plus intéressantes promenades de Paris. En principe, le jardin d'acclimatation est fondé pour introduire en France toutes les espèces animales ou végétales utiles ou agréables , domestiques ou sauvages , les multiplier et les faire connaître, au public , pour répandre et vulgariser les meilleurs types par l'importation et la vente, et pour servir d'intermédiaire entre les éleveurs de la France et ceux des pays voisins.

Les personnes qui prendront en ville une voiture pour s'y rendre et ne voudront pas la garder, auront intérêt à la renvoyer avant de sortir des fortifications (porte Maillot; v. p. 143), car sans cela il leur faudrait payer davantage pour le trajet, plus encore 1 fr. d'indemnité pour le retour (v. l'appendice). Il y a env. 10 min. de marche de la porte Maillot au lardin, que dessert même de là un petit tramway : 30c. jusqu'à rentrée, 35 et 35 jusque dans l'intérieur. Les jours de concert (v. ci-dessous), il y a des omnibus spéciaux partant du boul. des Italiens, n^S, et prenant les visiteurs dans le jardin pour le retour (1 fr. ; retenir sa place).

Le jardin d'acclimatation est ouvert toute la journée. Le prix d'entrée est de 1 fr. dans la semaine pour le jardin et les serres et de 50 c. les dimanches (on peut s'abonner). Les voitures sont admises à l'intérieur du jardin, et alors il est dû, outre l'entrée personnelle, 3 fr. pour l'équipage et sa livrée. Les enfants au-dessous de 7 ans ne paient rien. Il y a concert^ en été, les jeudis, dimanches et fêtes à 3 h., sans augmentation de prix.

L'entrée principale est à l'E., près de la porte des Sablons; il y en a une autre à l'opposé, près de la porte de Neuilly (v. p. 147).

Nous indiquerons l'itinéraire à suivre, en mentionnant sommairement les curiosités (voir aussi la carte du bois de Boulogne, p. 144). Il y a des étiquettes explicatives. On peut entrer partout, mais la singerie , certaines écuries et la serre aux oiseaux sont petites , et, quand les animaux s'y trouvent, on y est suffoqué par le mauvais air.

On se trouve d'abord dans une belle allée de 10 m. de large, qui fait le tour du jardin. A dr., les bureaux de l'administration (pi. 1). A g. (pi. 14) , la grande serre , dont nous reparlerons. Plus loin à dr., une exposition permanente (pi. 2) , surtout d'objets relatifs aux jardins, aux parcs, etc. A côté, une source artificielle minérale, produite par l'eau de pluie traversant un amas de carbonates de chaux et de fer. Puis , à dr. , la singerie (pi. 3) , dont l'entrée est sur le

Jardin d'acdimat PARIS. Rive dr. 5. 147

derrière. A g., les grues, les autruches et le pigeonnier (v. p. 150). A dr., la faisanderie (pi. 4) , devant laquelle s'élève la statue en marbre blanc du naturaliste Z)at«&enf on (1716-1799), par Godin, et rhémicycle de la potUerie (pi. 5), bâtiment monolithe en béton. A g., les chameaux et les dromadaires; à dr., des antilopes, les lamas, les kangurous, etc. Ici aboutit l'allée venant de la porte de Neuilly.

Un peu au delà sont les /curies (pi. 6) et les parcs qui en dépendent, avec des quadrupèdes de tout genre, plus ou moins dressés pour le service du jardin et des visiteurs. C'est là que se porte la foule et surtout la jeunesse, pour faire une promenade sur les éléphants , les dromadaires et autres montures , ou dans des voitures attelées d'une autruche, de lamas, etc. Tarifs : éléphants, 25 c. ; petites voitures, 25 c. ; dromadaires, 50 c. ; voiture à l'autruche, 50 c. ; petits chevaux, 50 G. — L'administration faitvenir depuis des années, en été, des spécimens de peuples plus ou moins sauvages, qui campent sur la pelouse voisine.

Plus loin, les écuries des hémiones, des zèbres et des girafes.

Ensuite, à dr., l^ panorama du monde antédiluvien, par Castellan (entrée, 50 c); après, à g., les alpacas; à dr., la vacherie, A g. le bassin des * otaries ou lions de mer (pi. 8), espèces de phoques qui s'annoncent de loin par une sorte de glapissement, et qu'il est curieux de voir manger, à 10 h., 2 h. et 5 h. Plus loin du même côté, un rocher artificiel pour les animaux qui aiment à grimper: mouflon, bouquetins, etc. ; encore des antilopes el de» chamois (pi. 9). A dr. de l'allée circulaire, la laiterie (tasse, 40 c). Puis V aquarium (pi. 10), qui compte 4 cuves d'eau douce et 10 d'eau de mer, avec des poissons et des êtres sous-marins fort curieux. Il est maintenant bien inférieur, surtout pour l'installation, à beaucoup d'autres construits plus récemment, en particulier celui du Trocadéro (p. 154), mais c'est, dit- on, le premier qui ait été construit en Europe, en 1860. L'eau de mer n'y est renouvelée que tous les six mois, mais des machines la battent avant qu'elle rentre dans les bassins d'où elle est sortie, pour lui rendre l'air qu'elle a perdu. A voir aussi, derrière, la pisciculture, les pingouins et les rats laveurs.

A dr. de la grande allée, après l'aquarium, un café-buffet (pi. 11), qui est tarifé. En face, le kiosque des concerts, et après, les cerfs (pi. 12). Plus loin à dr., le chenil (pi. 13) , qui est très important. En face, une librairie avec cabinet de lecture, A dr. encore, une volière et la grande serre (pi. 14), qui a de magnifiques camélias ; on la ferme à 5 h. en hiver et 6 h. en été, mais Vth. plus tôt le dimanche.

Enfin au centre du jardin, que traverse une petite rivière, toute sorte à'oiseaux aquatiques et le pigeonnier ^ où l'on élève des pigeons voyageurs.

On rentrera en ville par le même chemin, si c'est un jour où il y a beaucoup de monde au bols, afin de jouir du curieux spectacle que présente le retour et la foule aux Champ»- Elysée» ^ sinon Ton prendra le ekemin de fer de ceinture (v. p. 19) , ou bien l'on ira par le Trocadéro (V. ci-dessous).

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