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Des boulevards de l'ouest au Louvre

La place Vendôme se trouve presque à mi-chemin entre les boulevards de l'ouest et la rue de Rivoli (p. 90). On y va de la place de l'Opéra par la large rue de la Paix (pi. R. 18; //), dite de Napoléon avant 1814, que bordent les brillants magasins des grands bijoutiers et les ateliers des grands couturiers.

Les constructions de la place Vendôme (pi. R. 18; //) sont dues en partie à J. Hardfmin-Mansart (1708). Nommée alors place Louis-le-Grand, elle était décorée d'une statue équestre de Louis XIV, par Girardon. On lui substitua, à la Révolution, une statue de la Liberté, et la place prit le nom de place des Piques. En 1800 il fut question d'y élever une colonne en mémoire des soldats morts dans les premières campagnes de la République. Mais en 1806 le sénat décréta d'y ériger la colonne actuelle en l'honneur de Napoléon le^. La pla<-e doit son nom à un hôtel bâti à cet endroit par Henri IV pour le due de Vendôme, son fils.

La colonne Vendôme, au centre de cette place, est une imitation de la colonne Trajane de Rome, sur les plans de Gondouin et Lepère, de 43 m. 50 de haut et env. 4 m. de diamètre (colonne Trajane, 43 m. et 3 m. 50). Denon présida à son exécution. Elle se compose d'une maçonnerie revêtue de plaques de bronze, celles du fût formant une spirale de 273 m., sur laquelle 'sont représentés les faits mémorables de la campagne de 1805 contre les Autrichiens et les Russes, depuis la levée du camp de Boulogne jusqu'à la bataille d'Austerlitz, d'après Bergeret. Les figures, dont plusieurs portraits, sont hautes de 1 m. (réduction à la Monnaie, v. p. 295). Au sommet est une statue en bronze de Napoléon I^r, d'après Chaudet. Le bronze a été fourni par 1200 canons autrichiens et russes.

En 1814, les royalistes descendirent la statue de Napoléon, dont le bronze servit à fondre la statue équestre de Henri IV (p. 266). Une fleur de lis colossale surmontait la colonne sous la Restauration. En 1831, Louis-Philippe y fit mettre une statue de l'empereur eu redingote et coiffé du petit chapeau traditionnel. Napoléon III la fit remplacer par une autre semblable à la première. Les communards «déboulonnèrent» la colonne en 1871, mais elle fut reconstruite sous la présidence de Mac-Mahon en 1875.

La rue au delà de la place est la rue Castiglione (pi. R. 18; //), qui débouche dans la rue de Rivoli (p. 90) près de l'hôt. Continental.

ST-KOCH. Bive dr. 3. 87

Dans la première rue latérale, la longue rue St-Honoré (pi. R.18; //), à rO., le Nouveau- Cirque (p. 38), et n^ 263, Véglîse de V Assomption, du xvii^ s., avec un portique à colonnes corinthiennes et un dôme, dont la coupole est décorée d'une Assomption de Ch. de la Fosse. Elle n'est pas toujours ouverte.

L'église de l'Assomption était la chapelle du couvent des Dames de l'Assomption (1670), qui s'étendait jusqu'à l'orangerie des Tuileries. Sécularisé en 1793, il devint la caserne des Cent-Suisses. — Plus loin, no 398 de la rue St-Honoré, la maison du menuisier Duplay, où habitait Robespierre; elle n'avait alors qu'un étage, mais la disposition générale du rez-de-chaussée n'a pas changé (voir la petite cour sinistre). En deçà, n'j 271, au coiu de la rue St-Floreutin , le vieux cabaret du St-Esprit, célèbre sous la Révolution, avec une belle grille en fer forgé ornée d'un Saint-Esprit. En remontant la rue, à g., une série de vieux hôtels bien décorés (surtout les n»-^ 366 et 362). A dr. , n" 231, l'anc. noviciat des Feuillants (p. 66), avec une vieille façade à fronton.

St-Roch (pi. R. 18: 77), dans la partie E. de la rue St-Honoré, a été construit de 1653 à 1740, sur l'emplacement d'un anc. hôtel Graillon et sur les plans de J. Lemercier ; mais la façade, à deux ordres de colonnes doriques et corinthiennes, a été élevée par Jules de Cotte, d'après les plans de Robert de Cotte, son père. — C'est devant St-Eoch, alors précédé d'ime grande place s'étendant jusqu'au jardin des Tuileries, que les royalistes attaquant la Convention, le 13 vendémiaire an 1\ (ô oct. 1795), placèrent leurs meilleurs bataillons; mais Bonaparte écrasa les soldats de St-Eoch par une attaque vigoureuse.

IxTÉRiEUR. L'église est à trois nefs et l'on remarque la large voûte de la grande nef. Au pilier de g. du grand portail, un médaillon de Corneille (m. 1684), qui est inhumé dans l'église. — Les chap. des bas côtés sont décorées de peintures de la première moitié du xis^ s., ternies et visibles seulement par un temps clair. Les noms de ces chap. en expliquent les sujets. A g. : chap. des fonts, St-Xicolas, de la Compassion, Ste-Suzanne, St-Denis, St-Vincent-de-Paul, St-Joseph, St-François-Xavier et St- Charles -Borromée. A dr., en revenant: chap. Ste-Madeleine, Ste- Catherine, Ste-Thérèse. Ste-Clotilde, Ste-Geneviève, des Apôtres, St-Etienne et des Monuments. Dans la l''^ chap. de g., le Baptême de J.-C, groupe de marbre par Lemoiue; dans la 3«, une Mater dolorosa , par Bogino ; dans la 4fi, le monument de Vahbéde VEpée (1712-1789), fondateur de l'institution des sourds-muets fp. 332), par Préaiilt. — Au transept, de g. à dr.: St Augustin, par d' Huez ; St André, par Pradier ; le Christ agonisant, par Falconet ; St Roch, par G. Coustou, etc. Dans les autres chap. latérales, huit grands bas-reliefs: scènes de la Passion, par Deseine. — A g. et à dr. derrière le maitre -autel, des tableaux de Lethière et de Restout, Jésus apparaissant à la Madeleine et la Présentation. — Sur l'autel de la pe chap. derrière le chœur, la Nativité du Christ, groupe de marbre par Michel Anguier. Dans le déambulatoire, plusieurs autres tableaux: par Restout, Delorme, Schnetz et Thomas. — 2« chap., dite du Calvaire, isolée des autres du chœur (porte à g.): le Crucifîment, par Duseigneur ; Jésus en croix, par Mich. Anguier, avec une Madeleine par Lemoine, de l'anc. monument de Mignard (sa fille), et la Mise au tombeau, par Deseine. — Dans l'avant-demière chap. en retournant vers l'entrée, le monument de Charles II de Créquy. gouverneur de Paris (m. 1687), par Coyzeiox. Dans la dernière, ceux de Franc, de Créquy (m. 1687), maréchal de France: du cardinal Dubois (m. 1729'). par GuiU. Coustou, et du comte d'Harcourt. Henri de Lorraine (m. 1666), par Renard ; les bustes de Mignard (m. 1695), par Desjardins, et de Le îsôtre (m. 1700),

88 Rive (h: 8. THEATRE-FRANÇAIS. Des boni, de VO.

par Coyzevox; le monument de Maupertuis (m. 1759), par d^Huez, etc. — St-Roch est une des églises renommées pour la musique religieuse (p. 38).

La rue des Pyramides, à l'E. de St-Roch, débouche au S. sur la petite place de Rivoli, où il y a une statue équestre de Jeanne d'Arc, brouze doré par Frémiet. Au delà de cette place, la rue des Tuileries (p. 65).

La rue St-Honoré traverse plus loin, à l'E., la place du Théâtre- Français (v. ci-dessous), passe aux Magasins du Louvre et aboutit dans le voisinage des Halles Centrales (p. 196).

Au delà des places du Théâtre-Français et du Palais-Royal, à g. de la rue St-Honoré part la rue de Valois (pi. R. 21; III) où se voit aux no' 6 et 8, l'iiôtel Mélusine, bâti par Richelieu, auj. restaurant du Bœuf à la Mode (p. 17), avec un superhe balcon doré. Eiisuite, encore à g., la rue des Bons -Enfants (pi. R. 21; III): u» 7, le sombre passage Henri IV, percé dans les dépendances de l'anc. théâtre Molière. Presque eu face, n» 8, une des cjitrées de l'anc. cloître St-Honoré (vieille cour). No 19, hôtel de la Chancellerie d'Orléans (1700), rétabli par Boffrant, avec de jolis bas-reliefs (enfants) dans l'allée au-dessus des portes. Puis, dans la rue St-Honoré, où nous revenons: entre les n"s 184 et 188, une autre entrée du cloître St-Honoré. Pour la suite de la rue de ce nom, v. p. 91-92.

L'avenue de l'Opéra (pi. R. 18-21; //), qui s'étend au S. de la grande façade de l'Opéra, est bordée de magasins de premier ordre, comme ceux des boulevards. Mais on en a exclu les arbres pour n'y pas masquer la vue de l'Opéra.

La. place du Théâtre- Français (pi. R. 21; //), où aboutit l'avenue de l'Opéra, est décorée de deux fontaines par Davioud, surmontées de nymphes en bronze par Carrier -Relieuse et Math. Moreau. On projette d'y élever un monument d'Alfred de Musset, par Mercié. Il y aura là plus tard une station du Métro, et des cabinets souterrains.

Le Théâtre-Français (pl.R.21 ; //), qui n'a rien de monumental, a été restauré par Guodet après l'incendie du 8 mars 1900. Il est occupé par la Comédie Française depuis 1799, mais il existait dès 1787, sous le nom de Variétés-Amusantes, et il avait été seulement modifié de 1860 à 1864, et muni d'une nouvelle façade en 1873. Sous le portique, à l'entrée, de grands médaillons en marbre de Molière, Racine, Corneille et Victor Hugo, par D. Puech.

On a heureusement pu saiiver la plupart des sculptures qu'il renfermait et qui y ont été replacées. Vestibule: statues de Talma, le gi-and tragédien (m. 1826), par David d'Angers; statues de la Tragédie (Phèdre) et de la Comédie (Célimène. du Misanthrope) sous les traits des célèbres actrices Rachel (m. 1858) et Mars (m. 1847), par Duret. Escalier: gobelins représentant le Couronnement de Molière, d'après J. Blanc; Zaïre, par Claude et Galland ; Iphigénie, par Doucet et Galland. A dr. et à g. de l'escalier: Casimir Delavigue et Chénier, bustes par David d'Angers; dans la galerie de sortie: à dr., *Dumas père, par Cliapu; à g., Diderot, ^sv Lescorné. Sur le palier, à dr. et à g.: Balzac, par Vasselot; Musset, par Mezzara; au milieu, les bustes de Dumas fils et d'Emile Augier. Foyer: buste de Victor Hugo (à g. en entrant); le Triomphe de la Vérité, plafond par Duhufe pis; statue de *Voltaire (m. 1778), par Hotalon; cheminée monumentaio ornée d'un bas-relief, les Acteurs de la Comédie

au Louvre. PALAIS-EOYAL. I?^^•e dr. 3. §9

conronnant l'image de Molière, par Lequesne; bustes des principaux auteurs dramatiques français, par Caffîeri, Houclon, etc. Salle: à dr. et à g. de la scène, quatre cariatides, par Thomas. Le rideau sera prochainement orné d'une peinture due à MM. II. d'Espoui et Calbet, représentant un Coin de parc à Versailles.

Ce théâtre possède une collection de meubles et d'autres objets ayant appartenu à Molière et à d'autres auteurs dramatiques ou à des acteurs (il faut une autorisation spéciale) et une bibliothèque (visible t. 1. j. de 2 h. à 4 h. en le demandant; entrée du côté du Palais-Royal), on il y a des autographes de Talma, des couronnes offertes à des acteurs, etc. (pourb. au concierge).

Le Théâtre-Français forme l'aile S.-O. du Palais-Pioval.

Le Palais -Royal (pi. K. 20-21; //) a été construit par Richelieu, de 1619 à 1636, sur les plans de J. Lemercier , et appelé Palais- Cardinal jusq^n' en 16-13. Eiehelieu, qui y mourut eu 1642, le légua à Louis XIII , et Anne d'Autriche vint l'habiter avec ses deux fils mineurs, Louis XIV et Philippe d'Orléans, ce qui lui a valu le nom de Palais -Royal. Il fut alors agrandi par Fr. Mansart. Louis XIV en fit ensuite don à son frère . et plus tard le fils de ce dernier. Philippe d'Orléans, le Régent (1674-1723), y fit ses fameuses orgies. Après l'incendie de TOpéra (1763), P.-L. Morean fut chargé d'y construire de vastes annexes, surtout du côté de la place du Palais-Royal. Le petit-fils du Régent. Philippe-Egalité, y mena à son tour un si grand train de vie qu'il fut obligé de songer à augmenter ses revenus. Il entoura le jardin du palais de galeries, où s'établirent des joueurs et des industriels de tout genre. Les cafés du rez-dechaussée devinrent le rendez-vous des mécontents, et Camille Desmoulins y appela le peuple aux armes le 12 juillet 1789, deux jours avant de le conduire au siège de la Bastille (p. 181). De 1801 à 1807, le palais fut le siège du tribunal, qui remit en 1804 au consul Xapoléon Bonaparte l'empire héréditaire. La famille d'Orléans y revint de 1815 à 1848. Sous le second empire, le palais fut habité par le prince Jérôme, ancien roi de Westphalie. et par son fils, le prince Napoléon. Les communards y mirent le feu en 1871 : restauré depuis, il est maintenant le siège du Conseil d'Etat.

Le Palais-Royal n'est dégagé que du côté S.; les trois autres côtés sont entourés de maisons, avec des passages dissimulés. Du S. on parvient d'abord dans la cour du palais, puis dans le jakdix. promenade avec une quadruple rangée de petits arbres, deux parterres et un bassin circulaire. Sculptures des parterres, du S. au X, : Eurydice piquée par un serpent, bronze d'après Nanteuil: Mercure, bronze par Cngnot ; Charmeur, par TJiabard ; Enfant luttant avec une chèvre, par Lemoine; Diane de Versailles, d'après l'antique, et Jeune homme au bain, par Espercieux. Jusque sous le second empire, la circulation était ici considérable, parce que tous les piétons allant de la Cité (p. 265) aux boulevards de l'O. traversaient ce passage interdit aux voitures. Les grands cafés et les plus brillants magasins s'y trouvaient. Aujourd'hui quelques

90 Rivedr.3. RUE DE EIYOLI. Des boni, de VO.

magasins de joaillerie, de bijouterie, etc., des galeries de Valois et de Beaujolais, à l'E. et an N. du jardin, rappellent seuls l'ancien temps, mais ils ont moins d'importance et il y a quelques locaux vides. Les cafés sont surtout animés en été, où il y a musique militaire (v. p. 38) l'après-midi. Les chaises se louent 10 c; les bancs sont publics. — Au fond, au coin des rues de Montpensier et de Beaujolais, le théâtre du Palais -Boy al (p. 36), de la même époque que le Théâtre-Français et nommé d'abord «théâtre des petits comédiens du comte de Beaujolais». A côté, dans Idirjalerie d'Orléans, un grand hall vitré avec les collections de V Office colonial de France. On y a inauguré en mai 1903 un petit musée commercial des colonies (ouvert t. 1. jours, sauf les lundi et dim., de 2 h. à 5 h.); conservateur M. Grisard.

Derrière l'Euridyce, le canon-horloge du Palais-Royal, qui doit faire feu à midi, quand les rayons du soleil sont concentrés sur la lumière.

Au N. du Palais-Koyal , dans la rue de Richelieu, se trouve la Bibliothèque Nationale (p. 204).

Au N.-E., derrière le Palais-Royal, rue de laVrillière, 1-3, s'élève la Banque de France (pL R. 21; ///), l'anc. hôtel de la Vrillière, construit par Mansart en 1635, remanié par Robert Cotte et réédifié depuis. Ce fut la résidence de la princesse de Lamballe. Il y reste encore du xviii^ s. une magnifique galerie, dite la. galerie dorée, qu'on peut visiter en le demandant.

-, La Banque de France fondée en 1800, n'est pas une institution appartenant à l'Etat, mais une société par actions, sous la surveillance de l'Etat et qui a seule le privilège d'émettre des billets pour toute la France. Ses caves, qui contiennent pour des milliards de valeurs d'or, d'argent et d'autres objets précieux, sont autant que possible à l'abri d'une tentative de vol.

Rue de la Vrillière, 2, une maison ancienne à tourelles et balcon tournant.

Pour la jj/ace des Victoires, dans le voisinage, v. p. 210.

La place du Palais-Royal (pi. R. 21; //), devant la façade S. du palais de ce nom (p. 89), est toujours très animée, surtout par le grand nombre d'omnibus qui y passent. IL y a aussi presque au milieu une station du Métropolitain (v. l'append., p. 40). A l'O. de la place, le Grand-Hôtel du Louvre, avec un restaurant au rez-dechaussée, et plus loin le café de Rohan (p. 20); à l'E., les Grands Magasins du Louvre (p. 50), et au S., de l'autre côté de la rue de Rivoli, le Ministère des finances, installé dans une partie du Nouveau Luuvre (p. 94).

La *rue de Rivoli (pi. R. 18-20-23; //, ///, F), qui part à l'O. de la place de la Concorde, se prolonge à l'E. par la rue St-Antoine jusqu'à la place de la Bastille. Cette rue magistrale, qui

a« Louvre. ST-GERMAIX-L'AUXERROIS. Rive dr. 3. 91

s'étend à peu près parallèlement à la Seine, a été commencée en 1802 et ainsi nommée en souvenir de la victoire de Bonaparte sur les Autrichiens à Rivoli, en 1797. Elle n'a été achevée qu'en 1865 sous Xapoléon m. Les immeubles de sa partie occidentale (jusqu'au Louvre, v. ci-dessous) présentent tous la même construction: des galeries à arcades cintrées au rez-de-chaussée et des séries de balcons aux étages supérieurs.

En tournant à l'E. dans la rue de Rivoli , on aperçoit la façade N. du Vieux Louvre (p. 94; v. aussi le plan historique, p. 93), au delà du Ministère des finances. Plus loin, à g., un peu caché par les arcades, le chevet du temple calviniste de V Oratoire, église construite par la congrégation de l'Oratoire de 1621 à 1630. Devant, le movAiment de V amiral Coligny, une des victimes de la St- Barthélemy, debout entre la Patrie et la Religion, œuvre moderne de Crauk. La façade du temple est dans la rue St-Honoré (p. 87 et 92), no 145, sur l'emplacement de l'hôtel du Bouchage, où Jean Châtel attenta à la vie de Henri lY.

Un peu plus loin, là où finit la galerie à arcades, on croise la rue du Louvre (pi. R. 20 ; ///) , où l'on tournera à dr. Station du 3Iétropo]itain, v. l'appendice, p. 39. — Pour la suite de la rue de Rivoli, V. p. 174, et pour la partie X. de la rue du Louvre, p. 195.

La partie S. de la rue du Louvre, qui aboutit à la Seine , passe à une plaoe dégagée. A dr. un beau coup d'oeil sur la colonnade de la façade E. du Vieux Louvre (p. 93). Dans les jardins, à l'angle S.-E. de l'édifice, la statue équestre de Velasquez (p. 95).

A g., la mairie du 1^ arrondissement (Louvre) et l'église St-Germain-l'Auxerrois. La mairie a une façade à rose, imitation maladroite de celle de l'église. La salle des mariages a des peintures par Besnard. La tour, construite seulement pour remplir la lacune entre les deux édifir-es, a un carillon qui joue à 11 h. et à 4 h.

St- Germain -l'Auxerr ois (pi. R. 20 ; ///) a été fondé au vi^ s. L'édifice actuel, du stvle goth., est des xii^-xvie s. Il a une façade du style flamboyant, à deux tourelles, fenêtre à rose et balustrade, et il est précédé d'un porche. Quand la grille est fermée, on entre par le portail latéral de dr. C'est du petit campanile de ce côté que fut donné le signal du massacre de la St-Barthélemy, le 24 août 1.572 (p. 105).

L'ixTÉRixuK est à cinq nefs, avec collatéraux très bas. — La grande chap. à dr. en entrant, fermée par une boiserie goth. moderne, possède un arbre de Jessé en pierre . du xit^ s., et des peintures et des vitraux à.'^T^riiS Amaury-Duvcà. Nef centrale: à g., le banc d'œu\Te, avec des boiseries d'après des dessins de Le Brun et de Perrault. Derrière, un retable goth. eu bois sculpté, avec l'Histoire du Christ et de la Vierge.

— Dans le bras dr. du transept, un beau bénitier de marbre, par Jouffi-oy.

— Les piliers du chœiu- ont été convertis en colonnes cannelées au xvnie 8. — Déambulatoire: dans la 4e chap. à dr., après la sacristie, les monuments du chancelier Etienne d'Aligi-e (m. 1635) et de son fils (m. 1677). Dans la chap. après l'abside, deux statues d'un mausolée de la famille Rostaiug (X582-1645). — La *chambre des Archives, auc, salle

92 nivedr.4. LE LOUVRE.

du Trésor, où l'oii monte par un escalier tournant, est au-dessus de la porte latérale à g. du porche (s'adresser à M. le curé de 9 h. Va à 11 h. par l'entremise du suisse; pourb.). C'est une pièce du xv« s. parfaitement conservée, avec un plafond de bois, un pavement, de vieilles fenêtres goth.. des armoires et une lampe du même temps; au mur de g., un retable du xvi° s.

En prenant au S. de l'église la rue des Prêtres-St-Germain-l'Auxerrois, on parvient, à dr., à la place de VEcole (pi. R. 20; III): n" 5, une maison à pignon avec épi de faîtage du temps de François ler, et n» 4, le cabaret de la mère Moreaux bien connu pour ses «chinois» à l'eau-de-vie.

A g. de la place de l'Ecole part la vieille rue de V Arbre- Sec (pi. R. 20; ///), où se voit au n" 4 l'hôtel meublé des Mousquetaires, avec un joli mascaron au balcon. C'est là qu'aurait habité d'Artagnan (m. 187.3), célébré dans les «Trois Mousquetaires» d'A. Dumas. — Au delà de la rue de Rivoli, au coin de la rue St-Honoré, à g., une fontaine construite par Soufflet et qui en remplace une autre bâtie sous François ler au milieu de la rue, à côté de la Croix du Trahoir, jadis un lieu patibulaire. Elle est ornée de stalactites et d'iuie jolie Nymphe par Boizot (inscription au no 111 de la rue St-Honoré). — A peu près en face, dans la rue St- Honoré (p. 87), n» 96, une inscription presque effacée indique l'emplacement de la maison où naquit Molière. A dr. de la fontaine, dans la même rue, une série de vieilles maisons intéressantes et au n° 54, la maison du Marteau d'Or, du xviiies., avec un grand balcon circulaire. Enfin, au delà de la rue du Pont-Neuf, n» 3.3, le débit de vin: «A l'Enfant Jésus», qui a une vieille grille en fer forgé (v. p. 21), ornée de pampres et du monogramme du Christ surmonté de l'Enfant. Nous revenons de là en 5 min. à la rue du Louvre, par la rue St-Honoré.

De l'extrémité S. de la rue du Louvre, on aperçoit le Pont- Xeuf, avec la statue de Henri IV (p. 264-265), et derrière, le dôme du Panthéon (p. 288).

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