Le Louvre et ses musées
Le ■'^*Louvre (pi. R. 17,20; //), le plus important des édifices publics de Paris, célèbre par les précieuses collections qu'il renferme, est aussi un des plus beaux au point de vue de l'architecture. Son nom lui vient, dit -on, d'un château ou rendez -vous de chasse au loup dans un bois, appelé Lupara (Icmpara) ou Louverie. On n'est pas certain que le premier château ait été élevé ici sous Phi Lippe- Auguste (1180-1223). Mais en tout cas ce roi, en édifiant la nouvelle enceinte de la ville, fit bâtir la grosse tour d'angle, dont les fondations ont été découvertes en 1885 dans les caves audessous du musée des antiques (p. 97). L'emplacement général du vieux château, retrouvé dans les fouilles de 1865, est marqué par une ligne blanche sur le sol dans l'angle S.-O. de la cour du Louvre (V. le plan). Charles F (1364-1380), en y transférant son trésor et sa bibliothèque , en fit le premier une résidence digne d'un roi.
Il ne reste cependant presque rien de ces constructions. François I^ (1515-1547) fit démolir la grande tour en 1527 et moderniser l'ensemble. Mais plus tard il se décida à rebâtir le palais entièrement. En 1546, il confia cette œuvre à Pierre Lescot, un
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Architecture. LE LOUVRE. Rive dr. 4. 93
des plus grands architectes du commencement de la Renaissance française, qui dirigea aussi les travaux sous Henri 7/(154:7-1559) et ses successeurs, jusqu'à sa mort en 1578. C'est à Lescot que remonte la moitié de l'aile 0. et S. du Vieux Louvre , du côté de la Seine, ainsi que le pavillon du Roi contigu au 8. Ces «pavillons», aux angles ou au milieu des façades, sont une des particularités des palais fi'ançais, une réminiscence des tours du moyen âge. La riche *façade à trois étages de la cour du côté 0., dont la décoration est de Jean Goujon et de Paul Ponce, passe avec raison pour le monument le plus parfait de l'époque de François P»'.
Catherine de Médicis, veuve de Henri II, fit élever les constructions du côté S., sous les règnes de ses fils François II (1559- 1560), Charles IX (1560-1574) et Henri /// (1574-1589). Elle v fit ajouter de 1556 à 1576. par P. Chambiges, l'aile du côté de la Seine, qui n'avait d'abord qu'un étage et nommée la «petite galerie». Puis elle fit commencer, probablement par Thibaut Métezeau^ la «grande galerie» ou galerie du bord de l'eau allant rejoindre l'anc. palais des Tuileries (p. 67), commencé en même temps.
Henri IV (1589-1610) fit construire par Louis Métezeau, fils de Thibaut, un second étage sur la «grande galerie» (jusqu'au pavillon Lesdiguières) ; puis la «petite galerie» fut élevée aussi d'un étage par Fournier et Coing, sons la direction de Métezeau. Ce second étage forme aujourd'hui la Grande Galerie et la galerie d'Apollon. Le prolongement de la galerie jusqu'au pavillon de Flore (V. cependant p. 94) remonte aussi aux derniers temps de son règne.
Une nouvelle période dans la construction du Louvre commence sous Louis XIII (1610-1643). Jusqu'alors on avait gardé les premières dimensions, en ne remplaçant que les deux côtés du quadrangle par de nouveaux édifices. Mais le roi ordonna un agrandissement qui quadruplait l'ancien palais. En 1624, il en chargea l'architecte Jacques Lemercier et posa la première pierre du pavillon de l'Horloge, au milieu de la nouvelle aile de l'O. Ce pavillon est orné de huit cariatides par J. Sarazin. Lemercier acheva enfin l'aile de l'O. et commença celle du N.
Sous Louis X7F (1643-1715), Louis Levau (m. 1670) continua la construction du Vieux Louvre dès 1659 et rebâtit la galerie d'Apollon incendiée en 1661. Pour l'édification de la grande façade de l'E. on consulta d'abord nombre d'architectes, en particulier le Bernin, qu'on fit venir de Rome. Puis on la confia au médecin Claude Perrault, dont la -colonnade grandiose, composée de vingthuit colonnes corinthiennes accouplées, jure un peu avec les parties anciennes de l'édifice. La façade qui regarde la Seine est due aussi à Perrault. Mais les travaux furent interrompus déjà en 1676 et bientôt même presque abandonnés. Le grand roi n'avait plus d'intérêt que pour Versailles, et ses successeurs résidaient aussi plutôt à Versailles et aux Tuileries qu'au Louvre.
94 Rive dr. 4. LE LOUVRE. Architecture.
L'achèvement du Louvre ne fut repris avec ardeur que sous Napoléon I^. Il donna en 1805 l'ordre de restaurer l'édifice entièrement et chargea ses architectes Perrier et Fontaine de commencer du côté N., en partant des Tuileries, une galerie de raccordement, qui s'avançait déjà jusqu'au pavillon de Rohan (v. ci-dessous), lorsqu'il perdit le pouvoir. Après une nouvelle interruption des travaux, on reprit en 1848 l'anc. plan des rois de France, soit la réunion du Louvre et des Tuileries. Le 25 juillet 1852, Napoléon m fit entreprendre les nouveaux bâtiments et en chargea d'abord l'architecte Visconti (m. 1853), puis Lefuel, qui réussit à terminer la galerie du N. jusqu'en 1857, pour la somme de 36 millions de francs. Enfin la galerie S. (du côté de la Seine), très élargie et entièrement remaniée dans sa partie occidentale, fut achevée de 1863 à 1868. Les riches mais lourdes façades de cette partie, avec pavillons à dômes; leurs colonnes corinthiennes, leurs portiques, leurs cariatides, leurs 86 statues de célébrités françaises et leurs 63 groupes de statues allégoriques ne s'harmonisent que par l'ordonnance générale avec le Vieux Louvre. — Tous ces bâtiments forment le palais le plus vaste et le plus splendide du monde et couvi-ent une superficie d'env. 198 000 m. carrés, c.-à-d. le triple de celle du Vatican y compris l'église St-Pierre. Ils se divisent en deux parties principales: le Vieux Louvre., dont les quatre ailes flanquent la grande cour de l'E., et le Nouveau Louvre., qui comprend les deux palais au N. et au S. du square du Louvre et les ailes qui s'étendent à l'O. jusqu'aux pavillons des Tuileries.
Le Vieux Louvre est organisé en musée depuis 1793. Le Nouveau Louvre renferme également des collections dans une partie de l'aile S., le reste étant surtout occupé par le ministère des finances.
Avant ou après la visite des musées, on peut faire une promenade dans le jardin des Tuileries, où l'on jouit de la magnifique perspective sur la place de la Concorde et les Champs-Elysées (v. p. 57). Mais on ne manquera pas de passer aussi sur le quai de la Seine pour voir les façades S. du Louvre. On y admire surtout la partie centrale, le palais construit de 1556 à 1576 par Catherine de Médicis, où l'on peut apprécier tout le charme du commencement de la Renaissance française. L'aile de l'O., dans la direction du pavillon de Flore (p. 67), a aussi conservé plus d'un reste du temps de Henri IV, malgré le remaniement qu'elle subit sous Napoléon III. Le passage qui relie ces deux parties entre la place du Carrousel et le pont de ce nom, a été construit sous Napoléon III. Aux piliers des «guichets» dits des Sts-Pères, en face de ce pont, les statues colossales de la Marine marchande et de la Marine militaire par Jouffroy, et au-dessus, un haut relief en bronze, par Mercié, le Génie des Arts. — Les guichets du côté opposé, sur la rue de Rivoli, sont percés dans le pavillon de Rohan, en face de
Musées. LE LOIJYEE. ^ît^« ^r. 4. 95
la rue de ce nom, avec une façade décorée de huit statues de généraux, dont on remarque celle de Marceau, par J. Thomas.
Les petits jardins à l'extérieur du Vieux Louvre sont décorés de monuments d'artistes: à g., devant la colonnade, la statue équestre de Velasquez (1599-1660), par Frémiet. Plus loin à g., le monument du peintre Fr. Bouchei' (1703-1770), par Aube: puis celui du dessinateur Raffet (1804-1860), avec le tambour de sa «Revue des morts», aussi par Frémiet, et au delà celui de Meissonier (1815-1891). beau marbre par Mercié. — La première fenêtre de ce côté, en venant du jardin, a un beau balcon doré au chiffre de Louis et d'Anne d'Autriche. Près de là se trouvait la fenêtre d'où Charles IX tirait, dit -on, sur les huguenots à la St-Barthélemy.
Restaurants aux environs du Louvre, v. p. 16.
Les musées du Louvre.
Les musées du Louvre sont publics tous les jours, excepté le lundi, le 1" janvier, à l'Ascension, à la fête nationale (14 juillet) et, si ces fêtes ne tombent pas un dimanche, à l'Assomption, à la Toussaint et à Noël. Ceux de peinture et de la sculpture antique sont ouverts: en été (1" avril-30 sept.), de 9 h. à 5 h. dans la semaine et de 10 h. à 4 h. les dimancbes et fêtes; en hiver, toujours de 10 h. à 4 h.; les autres musées, ainsi que la snlle de la donation Rothschild (p. 160), seulement de 11 h, à 4 ou 5 b. Il ny a d'exception que pour la salle des moulages, qui n'est ouverte que les mardi et samedi de 1 à 4 ou 5 b.
Le matin est le plus favorable pour la visite des musées. Plus tard, surtout le dimanche, il y a trop de monde, notamment dans les salles de peinture. En hiver, de nombreux vagabonds viennent se chauffer au Louvre, le «calorifère national», et l'on ferme parfois les musées quand il y fait trop sombre, les jours de brouillard.
Il y a aux principales entrées des vestiaires, qui ne sont pas obligatoires. En principe, ils sont gratuits. Bien remarquer l'endroit où l'on dépose quelque chose au vestiaire. 10 min. après la fermeture, tous les objets non retirés sont réunis au pied de l'escalier Henri IL — Il y a aussi des W.-C, galerie Mollien et salles VII et IX de la peinture (v. les plans), dont les gardiens ont les clefs.
Pour travailler au Louvre ou au Luxembourg, il faut une autorisation de V administration des musées, dont les bureaux sont dans l'angle S.-O. de la cour du Vieux Louvre (pi. M). Voir les conditions au règlement affiché dans les salles.
Directeur des Musées nationaux: M. A. Kasmpfen. Conservateurs: MM. Héron de Viîlefosse (antiquités gi-ecques et romaines), Pierret (antiquités égyptiennes), Lafenestre (peintures, dessins, chalcogi-aphie), Heuzey (antiquités orientales et céramique antique), Michel (sculpture du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes), Migeon (objets d'art).
L'histoire des musées du Louvre remonte aux princes de la Renaissance française (xiii<^ s.), qui non contents de faire de l'Italie le centre de leur politique, étaient encore des admirateurs enthousiastes de la civilisation italienne. François P'^ est à la tête de tous ces grands amateurs. Il appela plusieurs artistes italiens à sa coûr (p. 139), et l'un n'ignorait pas que sa faveur se laissait le mieux capter par des donations artistiques. Il pria plus d'une fois Michel-Ange p. ex. de travailler pour lui et il songeait même
t)(; Rive dr. 4. LE LOUVRE. ^fusées.
déjà ù acquérir des moulages des chefs-d'œuvre de la sculpture. 3Iais ses efforts n 'eurent pas de succès durable. C'est seulement sous Louis XIV, qui aimait à briller dans tous les domaines, que se réveilla le goût des collections, partagé par beaucoup de grands personnages et même par des particuliers (Crozat). Le «cabinet du Koi», qui renfermait déjà au commencement du xyii*" s. une quantité de tableaux très précieux, s'enrichit d'environ 647 tableaux et de 600U dessins, surtout par l'achat des collections du cardinal de Mazarin et du banquier Jabach. En 1710, Bailly pouvait déjà enregistrer 2376 toiles. La Révolution transforma le Louvre en un musée, en créant ainsi cette forme de collections artistiques. Ce musée, où l'on avait réuni les œuvres d'art dispersées dans les châteaux de la cour, les églises et les couvents supprimés, fut ouvert le 10 août 1793. Quand, dans la suite, les armées françaises eurent, rapporté d'Italie, des Pays-Bas et d'xillemagne un énorme butin artistique, ce palais fut en quelque sorte le musée de l'Europe et si célèbre sous le nom de «musée Napoléon» que les Alliés n'osèrent y toucher en 1814. Il n'en fut pas de même en 1815, mais beaucoup d 'œuvres ne furent pas rendues, et le Louvre passe toujours pour le premier musée de l'Europe. Il n'a du reste cessé de faire de nouvelles acquisitions, notamment celles des collections Tochon (1818, vases antiques), Durand (182.5, id.). Revoit (1828), Campana (1862, 200 tableaux italiens, beancoup de vases antiques), et il a reçu les dons et legs Sauvageot, Thiers, Davillier, Lenoivj Grandidier et surtout La Caze (1869, 275 tableaux). En 1902, on y a installé la donation Adolphe de Rothschild (p. 160) et en 1903 la collection Thomy-Thiéry (p. 169).
Le nombre des salles est si grand qu'il faut déjà env. 2 h. rien que pour les parcourir. A noter que le rez-de-chaussée renferme les sculptures et les estampes; le premier étage, \q& peintures, le?, petites antiquités, les ohjets d'art du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes, les dessins et des collections nouvelles; le second étage, la collection Thomy-Thiéry (peintures et bronzes), la suite des peintres français du XIX^ s., une partie du musée de marine, le musée ethnographique et le musée chinois.
Si l'on a peu de temps, on fait bien de commencer par les musées des marbres antiques (p. 97) et de peinture (p. 117), qui sont les premiers ouverts. Nous recommandons aussi de bien suivre les itinéraires tracés ci-après, mais il y a toujours des changements et il est inutile de chercher là où la disposition des objets ne correspond plus à notre description.
Entrées. La plupart des musées (v. la table méthodique, p. viii) ont leurs entrées particulières, qu'on trouvera marquées sur les plans, et que nous indiquerons à l'occasion. La, grande entrée du musée des marbres antiques et du premier étage se trouve
MitiEt m i@yyRC
Mètres
REZ-DE-CHArSSEE
A . Entrée des sallos des anfhjaités
éijyptiemies . B .Entrée des salles desajdù/uztés
asiatiques .
(r. Entrée^ des jnusées du iT étage et des marbres antiques.
H . Escalier des mujséRS d' antiquités égyptiennes etgreccfiies,etc.
C . Entrée du musée desmarlrres \ \. Esccdi?r du musée' âjtMojen
antiques, (p^ee s et romains.
T) .Hntré^ duna/sée des sculptures âuXaren-Age et de laBenmss.
E . Entrée du musée des sculptures wodeTTies.
F . Entrée de la Chalcâgr^aphie et de la collection Gnmdidier
Age et de la Renaissance, etc.
J . Escxdier'Serm H (cdllectium la
ùize, vmsée de peiidm'e, etc.) .
E . Escalier des galeries françaises
et sortie de la Grande Galerie,.
li . Direction clés musées natianoauc. \
\ M. Buremuc de l admrdsiratian . /
^.Escalier ïïenri IV, sortie quand il r a foule. Xota.-Ze^ salles indiquées ici à gauche sur le quai ne sont pas au rez-de-dicuissée , mais à luie sorte de second entresol, sous la Grande Galerie.
Bez'de-chaussée. ],E LOUVRE. -^«^'e dr. 4. 97
dans la cour du Nouveau Louvre, du côté de la Seine, a,u pavillon Denon (pi. du rez-de-ch., G), et c'est de là que nous partons pour nos descriptions ci-dessous et p. 116.
Rez-de-chaussée.
**Musée des raarbres antiques. — Ce musée ne peut pas, il est vrai, rivaliser de richesse avec les grandes collections italiennes, mais il possède une série d'oeuvres de premier ordre. Le petit catalogue illustré, par Ant. Héron de Villefosse (1896; prix, 1 fr. 80), enregistre plus de 3000 pièces. Nous n'en notons que les plus importantes. Les numéros, quand ils n'ont pas été enlevés, sont d'ordinaire à g. sur les sculptures. A noter aussi que les cartels en bois donnent en première ligne et en gros caractères le lieu d'origine et non le sujet. Changements très fréquents.
Dans le vestibule du pavillon Denon, un vestiaire (v. p. 95).
La GALERIE MoLLiEx (XXYIII) , à dr., conduit à l'escalier des salles françaises (pi. K; p. 139). Elle contient des reproductions d'antiques en bronze, faites du xvi*" au xviiif s. à Fontainebleau et à Eome, des statues antiques plus ou moins mutilées, des sarcophages, des niusaïques byzantines des environs de Tyr, en Phénicie. etc.
Presque en face de l'entrée du musée, à g., la salle des moulages, surtout des sculptures d'après l'antique. Jours et heures de visite, v. p. 95. Cette salle est l'ancien manège du prince impérial sous le second empire. Quand elle est ouverte, on peut aller par cette salle à celles de la chalcographie et de la collection Grandidier (p. 172).
La GALERIE Denon (XXVI), à g., est celle que nous prenons. En face on a une belle perspective sur cette galerie et sur l'escalier Daru que domine, au fond, la Victoire ailée de Samothrace (p. 117). Il y a aussi des reproductions d'antiques en bronze (v. ci -dessus), des sarcophages et des antiques mutilées.
Sarcophages: à g., 311, Amours, forgeant des armes: 438, Tritons et Néréides; 490, Créatiun de l'homme par Prométhée; 85, Apollon et Marsyas; s. n», Combat d'Amazones; puis, trois sarcophages s. n»», Phèdre et Hippulyte, Dédale et Pasiphaé. et Mort de Méléagre ; à dr. (en revenant) : 1335, Séléné et Endymion; s. n°^. Mythe d'Actéon ; Scènes de la vie d'Achille; 475, les Neuf Muses (sur le couvercle, un Banquet; sur le côté dr., une Muse avec un philosophe ou un poète; sur le côté g., une Muse avec Socrate); 1346, Bacchus et Ariane.
L'escalier Daru ou Gh'and escalier, à l'extrémité de cette galerie, conduit au musée de peinture (v. p. 117).
A dr. de l'escalier, la salle d'Afrique (XXV) qui renferme des antiquités du nord de l'Afrique: sculptures, belles mosaïques, beaucoup d'inscriptions, lampes romaines. Mentionnons : au milieu, Femme drapée (Cyrène); à g. (sous verre), 1888, buste de Ptolémée, roi de Mauritanie; 1783, tête de Méduse (profil; très beau style
Baedeker. Paris. 15« éd. 7
98 Rivedr.4. LE LOUVRE. Re,z-de~ch(inssëe:
grec); du côté de l'entrée, 1838, bas-relief avec la représentation des trois éléments: le Ciel, la Terre et l'Eau (provenant de Carthage; un bas-relief presque semblable, de l'autel de la Paix mentionné ci -dessous, est à Florence). Mosaïques (s. n"^): en face de la 2^ fenêtre, Serviteurs apprêtant un festin (Cartbage); presque en face de la 3*' l'en.. Triomphe de Neptune et d'AmpMtrite (Constantine); au-dessous, Vénus en barque entourée d'amours (Utique), etc. — Nous redescendons maintenant à dr. ou à g. de l'escalier.
Du côté g. de celui-ci: 1339, Pédagogue et Niobide, groupe fin'temeut restauré, provenant de Soissons.
Salle des Prisonniers barbares (XX), sous cet escalier: inscriptions, bas -reliefs, statues polychromes, etc. 1056, statue de j\[inerve assise, restaurée en Pome, porphyre et les chairs en bronze doré. S. n" (à g. de la précédente), Minerve debout, albâtre oriental. 1381, 1383, 1385, statues de Prisonniers barbares; 1354, prétendu pêcheur africain, marbre noir, complété à tort en Sénèque; 438, baignoire en porphyre; 1389, siège de bain en marbre rouge. Au milieu, une grande mosaïque romaine représentant des scènes et des travaux rustiques.
Rotonde ou 1^^ salle du côté de la cour (XIII). Magnifiques stucs de Michel Anguier (1653); plafond: la Création de l'homme, par Mcmzaisse. Au milieu, *866, le Mars Borghèse, nommé autrefois Achille, marbre pentélique. Dans la première embrasure, beaiLX bas-reliefs grecs. A la fenêtre du milieu, V autel astrologique (le Gabies, avec les têtes des douze dieux de l'Olympe et les signes du zodiaque. Devant et à dr., 884, un Apollon archaïque, et à g., 889, un Lutteur au pugilat (archaïque). Près de l'entrée de la Salle grecque: 867, tête de femme, original grec du temps de Phidias; 931, tête d'Ares (Mars); 926, statue funéraire de femme, travail grec.
A l'entrée de la salle de dr. (XIV), *922, Silène et Bacchus, dit le Eaune à l'enfant (tin du iv^ s. av. J.-C, peut-être d'après Lysippe).
C'est une des représeiitatious de satyre les plus charmantes, un sujet favori des artistes gi'ecs de la décadence. Silène semble bercer dans ses bras l'enfant qui lui sourit et lui tend la main gauche. L'harmonie parfaite des contours indique déjà la nature des sentiments qui animent ce groupe. On y remarque aussi particulièrement les jambes de Silène.
A dr. du Silène, 920, un Vieillard, excellent portrait romain. — Nous passons de ce côté dans les salles de l'aile construite par Catherine de Médicis. A l'arcade, au-dessus de l'eutrée, un basrelief, la Peinture, la Sculpture et l'Architecture, par Chaudet.
Ane. Salle de Mécène (XIV). Plafonds par Meynier, la Terre recevant d'Adrien et de Justinien des lois dictées par la Nature, la Justice et la Sagesse. Voussures par Bieniumry ^ la Sculpture. Bas-reliefs romains. Au milieu, une reconstruction d'un grand autel, qui se trouvait devant un temple de Neptune à Pome (consacré par Cn. Domitius Ahenobarbus vers l'an 35 av. J.-C.) ; le côté g. , vers la fenêtre, orné d'une scène de sacrifice (suovetaurilia), est seul
marbres antiques. LE LOUVRE. Rive dr. 4. 99
original, les trois autres sont des moulages d'après le Cortège nuptial de Xeptune et d'Amphitrite de la Glyptothèque de Munich. A la 2e fenêtre, à g.: 1088, procession de sept personnages et de deux enfants, fragment de l'autel de la Paix érigé à Rome sous Auguste (13-9 av. J.-C.) ; il y en a d'autres fragments à Rome et à Florence.
Les quatre salles suivantes renferment surtout des sculptures de l'empire romain, et elles ont de beaux plafonds.
Salle des Saisons (XY). Plafond par Romanelli (1617-1662): Diane et Apollon, Actéon et Endymion; Apollon, Marsyas et les Muses; les Saisons. — Au milieu, 1121, Julien V Apostat, de Paris, statue en marbre (v. p. 285). A dr., 1021, buste de Constantin le Grand (?) ; 1023, le Sacrifice de Mithra, le dieu du soleil des Perses immolant un taureau, grand bas-relief provenant du Capitole (Rome).
Salle de la Paix (XYI). Plafond et tympans par Romanelli, la Paix fruit de la Guen-e, la Paix et l'Agriculture. Porte de 1658. — Au milieu, 1075. Mammée, mère d'Al. Sévère, en Cérès. — Les huit colonnes de granit, à l'entrée et à la sortie de la salle, proviennent de la partie de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle construite par Charlemagne, et ont été transférées ici en 1794.
Salle de Sévère (XVII). Plafond et tympans par Romanelli: la Poésie et l'Histoire célébrant les exploits de Rome guerrière, l'Enlèvement des Sabines, la Continence de Scipion, Cincinnatus, Mucius Scévola. — Collection de bustes d'empereurs romains et d'impératrices, depuis Commode jusqu'à Caracalla. Au milieu: 1009, Romain et Romaine en Mars et Vénus. A dr. de ce groupe, s. no, buste d'Antinous (v. ci-dessous ; le visage en partie retouché). A la 1" fenêtre à g.: 996, tête colossale de Caracalla, trouvée eu Macédoine.
Salle des Antonixs (XVIII). Au milieu, 1133, une statue colossale restaurée en Marc-Aurèle. Devant, *1205, buste colossal d'Antinous en Osiris (de la villa Mondragone, près de Frascati), favori d'Adrien, qui se noya dans le Xil et fut déifié: figure mélancolique, en marbre coralitique, avec des trous à la couronne serpentante et au bandeau pour les attributs divins. A g., 1171, tête colossale de Lucille, épouse de Lucius Vérus, trouvée à Carthage en 1847. En outre, des statues de Trajan, d'Antonin le Pieux, de Marc-Aurèle, d'^lius et de Lucius Vérus, etc., et encore quantité de bustes, quelquefois plusieurs du même. — 1^»" plafond et tvmpans : la Religion et les vertus théologales, des génies, Judith, la Continence, la Prudence, etc., par Romanelli. 2^ plafond et tympans: l'Hercule français, par Hennequin ; la Victoire et les Arts, par Lethière : Esther et Assuérus, t^ht Romanelli : l'Etude et la Renommée, itav Peyron, etc.
Salle d'Auguste (XIX j, à dr. Statues et bustes du premier empire romain pour la plupart. Au milieu, *1204, tête d'un souverain hellénistique, probablement Antiochus III (et non Jules César;;
100 Rivedr.4. LE J.OUVRE Rez-de-chaussée:
1003, buste colossal de Mécène. 1207, un * Orateur romain en Mercure, autrefois dénommé Germanicus; cette statue est, d'après une inscription sur la tortue qui se trouve au pied , l'œuvre de l'Athénien Cléomène, lils de Cléomène, et date de la renaissance de l'art grec à Eome sous les premiers empereurs. 1208, buste à^ Agrippa. 1209, buste colossal de Rome, avec un casque sur lequel on voit Komulus et Rémus allaités chacun par une louve. Au fond de la salle, dans une niche, *1212, Auguste, statue surtout remarquable par les draperies; devant, 1210, 1211, deux Jeunes Romains portant au cou la huile (médaillon d'or, propre aux jeunes nobles). Sur les côtés de la salle, d'autres statues et des bustes d'empereurs et d'impératrices de la «gens Julia»: entre autres, quelques têtes de femmes d'une grande finesse. — Plafond moderne par Matout, l'Assemblée des dieux.
Nous revenons sur nos pas jusqu'à la rotonde (p. 98) et nous entrons, à dr., dans la
*Salle grecque ou salle de Phidias (XII). Cette salle contient des œuvres de la plus belle époque de la sculpture grecque, du siècle de Phidias et des temps qui l'ont précédé et suivi (v^ s. av. J.-C), mais elles sont pour la plupart très mutilées ou dégradées.
Au milieu: trois statues mutilées très archaïques: *686, Junon, de Samos. Cette statue, dont la tête manque, nous fait connaître le type primitif des idoles d'abord sculptées en bois, avec les bras adhérents au corps; la partie inférieure ressemble presque à une colonne ronde; les plis du costume donnent seuls un peu de vie à cette figure géométrique, surtout au buste. Une inscription, sur la face, en nomme le donateur: Cheramvès. 687, 688, deux torses d'homme du vi*^ s. av. J.-C, trouvés dans le sanctuaire d'Apollon à Actium, tous deux dans le type des prétendues statues archaïques à.' Apollon (éphèbe debout, la jambe g. en avant). — A côté, sous verre: 691, tête d'Apollon d'après un original du v<^ s.; 695, tête virile archaïque, du \i^ s. av. J.-C. avec couronne de chêne très fine et traces de polychromie.
Du côté de la rotonde, dans le bas: *696, trois bas- reliefs de Vîle de Thasos (trouvés en 1864).
Ils ue formaient d'abord qu'un tout destiné à un sanctuaire, qui a dû être consacré à Apollon, aux Nymphes et aux Charités (Crràces), comme l'indiquent les inscriptions archaïques contenant les cérémonies à suivre dans les sacritices à ces divinités. Dans le haut, on remarque une inscription eu gros caractères qui remonte à l'époque romaine, où ces pierres furent séparées pour orner im tombeau. Au milieu, une niche en forme de porte, à s. Apollon et à dr. Hermès (Mercure), accompagné chacun de quatre déesses portant des couronnes et des fleurs. Les formes et les gestes des figures ont encore quelque raideur archaïque, tandis que l'arrangement phis libre et la manière plus mouvementée dont sont traités les costumes, indiquent une œuvre de l'art archaïque à son apogée. C'est pourquoi ces bas-reliefs doivent être placés à la limite des vi^ et v^ s.
Au-dessus, *7oS, fragment de la frise duParthénon (le célèbre temple d'Athènes), de l'école <|^^Jgiidias
marbrer antiques. LE LOUVRE. ^^ve dr. 4. 101
La frise du Parthénon, qui était sous le péristyle du temple, représentait la procession montant à l'Acropole à la lin des Panathénées, pour offrir à Minerve le Péplum, sorte de robe faite par les filles d'Athènes. Le reste des has-reliefs est à Londres et à Athènes; le fragment du Louvre, apporté à Paris par Choiseul-Gouffier, ambassadeur auprès de la Porte jusqu'à la Révolution, nous montre de jeunes Athéniennes et deux prêtres qui les conduisent.
Plus haut, "736, une métope fort mutilée du Parthénou, un Centaure enlevant une femme, probablement par un des élèves qui aidèrent Phidias dans la décoration du Parthénon. — A dr. et à g., 716, 717, Hercule domptant le taureau de Crète et apportant à Athènè (Minerve) un des oiseaux du lac Stvmphale , métopes du temple de Jupiter à Olympie (vers 460 av. J.-C.) , trouvées dans l'expédition française enMorée (1829). Les autres restes de ce temple, découverts par les Allemands de 1875 à 1881, se trouvent dans le musée d'Olympie. Ces sculptures ont moins de finesse que les œuvres attiques, mais elles ont plus de vie et de fraîcheur.
Plus bas, à g., *8o4, Hermès, Eurydice et Orphée, bas-relief attique peu postérieur à Phidias, excellent spécimen de la noble naïveté et de la dignité qui caractérisent l'art antique.
Orphée avait obtenu de ramener des enfers sa femme Eurydice, à condition de ne pas la regarder avant d'être arrivé sur la terre. Il n'a pas satisfait à cette condition. Le conducteur des morts, Mercure, dans rm mouvement doux et grave, saisit la main d'Eurydice pour la reconduire au séjour funèbre. Cette simple et belle composition nous montre toute une série d'impressions excessivement vives d'espérance et de douleur: la sortie des enfers, lorsque Orphée se retourne; l'intimité des deux époux qui se sont retrouvés, quand Mercure aiTête leur marche; et on ne doute pas qu'Eurydice ne doive être emmenée immédiatement. — L'inscription du haut «Zetus, Autiopa, Amphion» date seulement de la Eenaissance. — Il y a des répliques de ce relief à Rome et à Naples.
A la l»"* fenêtre du côté de la Seine: *766, stèle sépulcrale de Philis, fille de Cléomède, de Thasos.
Comme dans les stèles attiques, la défunte est représentée dans xme scène de la vie ordinaire, avec un coffret de bijoux dans les mains. La légère teinte d'archaïsme de l'œuvre, sa simplicité et sou naturel lui donnent tout le charme de l'intimité.
Au-dessus, 701, bas-relief funéraire de deux jeunes filles, qui s'offrent des fleurs, de Pharsale; œuvre du style archaïque de transition, qui se distingue par son inspiration naïve, sans atteindre à la finesse des sculptures attiques de la même époque. 697, bas-relief très archaïque d'un bras de trône, avec Agamemnon et ses deux hérauts Talthybios et Epéios, de Samothrace. — Dans une vitrine, petits fragments du temple de Zéus à Olympie. Entre les fenêtres : 855, torse d'un jeune héros, tenu d'abord pour Alexandre le Grand ou le Fleuve Inopos de Délos (où il fut trouvé). 692, tête d'Apollon. A la 2*^ fenêtre, «31, stèle de marbre de Oioiseid-Goiiffier, une des plus anciennes inscriptions grecques du Louvre. C'est le compterendu des dépenses faites par les trésoriers du Parthénon, sous l'archontat de Glaucippe (410 et 409 av. J.-C). Au-dessus, Athènè, l'olivier sacré et le représentant du peuple de l'Attique ; aux murs,
102 Hivedr. 4. LE LOUVRE. Bes-de-chaussée:
des bas-reliefs votifs. A dr., 857, lion abattant un taureau. A la 3'" fenêtre, des bas-reliefs funéraires.
Devant le mur du fond : 765, une partie de lit funéraire, trouvée en Macédoine.
Du côté de la cour, près de l'entrée à g. : 850, tête d'éphèbe de Céos; 848, buste de femme voilée (prétendue Aspasie). 847, statue d'Atbènè, de Crète, peut-être d'après Alcamène, élève de Phidias. A la fenêtre, des inscriptions et de petits bas-reliefs.
A dr. de la fenêtre: 830, tête d'athlète grec (dit Thésée); 829, statue de femme mouvementée (et non une Niobide).
Peintures de la voûte et des tympans: Diane implorant Jupiter, de Prud^hon ; Hercule obtenant de Diane la biche aux cornes d'or, de Garnier ; Diane rendant à Aricie Hippolyte ressuscité par Esculape, de Mérimée. — Sculptures: bas-reliefs ^-ax Cartellier, Espercieux ai Foucou ; caissons moulés sur les sculptures de J. Goujon dans l'escalier Henri II (p. 106).
Nous continuons tout droit, en laissant à g. la salle des Cariatides (p. 105) et à dr. celle du Tibre (p. 104).
Corridor DE Pan (II). Passage sombre. A dr. entre deux colonnes: 266, Pan assis, fortement restauré, œuvre de moindre valeur.
Salle du Sarcophage de Médée (III ; ainsi nommée du sarcophage qui s'y trouvait et qu'on doit réunir à ceux de la galerie Denon). Au mur, 285, beau bas-relief d'inspiration grecque: Satyre jouant, après la chasse, avec une jeune panthère.
Salle de l'Hermaphrodite de Velletri (IV). Dans l'embrasure de la fenêtre, 323, l'Hermaphrodite de Velletri (v. p. 105). 324, Gaulois blessé, réplique d'une statue d'un des groupes représentant des Combats de Géants, d'Amazones, de Perses et de Gaulois consacrés par Attale II de Pergame sur l'Acropole d'Athènes. 334, buste de Socrate.
Salle du Sarcophage d'Adonis (V). 345, statuette à.^ Euripide, avec la liste de ses œuvres. Au mur, 347, devant de sarcophage, avec trois scènes du mythe d'Adonis. — Dans le passage à la salle suiv., à g., 366, statue d'Aphrodite, probablement d'après Praxitèle (inscription sur la base).
Salle de Psyché (VI). A dr., 371, Psyché (fortement restaurée). 378, tête d'Hercule jeune (nommée à tort Omphale); 381, tête de Persée, roi de Macédoine. A g., deux beaux sièges en marbre. A g. et à dr. de l'entrée, 375, athlète vainqueur (avec la palme); 387, athlète se versant de l'huile avec un lécythe. — A l'entrée de la salle du fond, Vénus de Falerone, dans la pose de la suivante.
Salle de la Vénus de Milo (VII). ^'^ Vénus de Milo, la plus célèbre des statues du Louvre.
«Comme elle est grande et belle et noble, cette Vénus! . . . Quoi vague et divin sourire sur les lèvres à demi entr'ouvertes; quel regard surhumain dans cet œil sans prunelle! . . . Les bras sont absents, mais il semble que, si on les retrouvait, ils gêneraient le plaisir de l'œil en empêchant de voir cette superbe poitrine et ce soin admirable. Et c'était
marbres antiques. LE LOUVRE. Rive dr. 4. 103
dans le temple d'une petite île que rayonnait ce chef-d'œuvre d'un statuaire inconnu, digne de la plus belle époque de l'art hellénique.» (Th. Gautier).
Cette statue provient de l'île de Melos, aujourd'hui Milo, à l'entrée de l'Archipel; elle a été découverte en 1820 dans un souterrain, par un paysan à qui le gouvernement français l'a achetée 6000 fr. C'est une œuvre du ne s. av. J.-C, mais qui remonte à une création plus ancienne d'une école contemporaine de celles de Praxitèle et de Scopas (iv^ s. av. J.-C), mais qui avait un style tout différent des lems.
Vénus y est représentée tenant un bouclier où elle se mire. En même temps que la statue, on a trouvé divers fragments, entre autres ceux d'un bras gauche et d'une main gauche tenant une pomme, qui sont dans une vitrine à la première fenêtre de gauche: d'où la conclusion que cette Vénus aurait eu la main gauche levée, tenant une pomme (comme la Vénus d'Arles qu'on verra ensuite), et elle aurait de la main di-oite saisi son vêtement pour l'empêcher de tomber. Toutefois les fragments en question ne sont pas d'un travail aussi achevé que la statue et peuvent ne pas lui appartenir, à moins qu'ils ne proviennent d'une restauration antique.
Salle de la Melpomèxe (VIII). Au fond, 411, Melpomène colossale, haute de près de 4 m., une des plus grandes statues qui existent, provenant de Rome et probablement du théâtre de Pompée. Devant , une mosaïque par Fr. Belhyai (d'après Gérard) : Minerve, la Paix et l'Abondanoe. A dr. et à g. de la Melpomène, 420, 414, deux Vénus restaurées en Euterpe. A dr., à la fenêtre du fond, 421, tête de Vénus, réplique de celle de la Vénus de Guide de Praxitèle. A dr. de la sortie, *419, tête de femme, idéalisée et d'un travail excellent.
Salle de la Pallas de Velletri (IX). Rangée du milieu: -436, buste à.' Alexandre le Grand, probablement d'après Lysippe ; -437, Vénus d^ Arles, probablement d'après une œuvre de jeunesse de Praxitèle (trouvée à Arles en 16.51); *"440, tête d'Homère, partie supérieure d'un hermès.
*^\,ApoUon Sauroctone (Tueur de lézards), d'après Praxitèle.
Le dieu tenait primitivement une flèche de la main droite. — «L'aisance de la pose, cet abandon charmant d'un corps aux formes presque féminines, la beauté idéale de la ligure, la proportion parfaite des membres, toutes ces qualités sont autant de marques distinctives du génie du grand statuaire athénien» (Frœhner).
442, vase de Sosibios, où sont représentés Mercure. Apollon, JEars, Diane, deux Ménades et un satyre dansant, etc.
Du côté du mur, au milieu: *464, Pallas de Velletri, reproduction romaine d'un original grec en bronze du v*^ s. av. J.-C, trouvée à Velletri près de Rome en 1797. La main droite, mal restaurée, tenait une lance et la gauche peut-être une Victoire. A g. de l'entrée, 444, statue restaurée en Uranie. Du côté de la fenêtre: 508, base ronde avec des représentations de la déesse lunaire et de l'Océan. Derrière, à g. de la fenêtre: 510, petite tête de femme idéalisée, travail grec. A l'entrée de la salle suiv., 522, prétendue Atalante, plutôt une Diane chasseresse (mal restaurée).
104 Rivedr.4. LE LOUVRE. Rez-de-chaussée:
Salle du Héros combattant (X). Rangée du milieu, *525, statue (V Aphi'odite , trouvée à Fréjus et nommée Vénus genitrix d'après une médaille; bonne copie romaine d'une cliarmante œuvi'e du v^ s., attribuée à Alcamène. 526, Hercvle on Thésée, buste.
*527, Héros combattant ou le Gladiateur Borghèse, trouvé à Antium; l'inscription sur le tronc l'attribue à Agasias, fils de Dosithéos, d'Ephèse, sculpteur de la fin de la république romaine ou du commencement de l'empire, mais qui a probablement reproduit une œuvre du iv^' s.
Le bras droit est moderne. An bras g., qui est antique, on remarque la courroie du bouclier. Il faut se représenter en face du héros une Amazone à cheval ou sur un rocher, contre laquelle il cherche à se protéger avec le bras g. couvert du bouclier, tandis qu'il retire le bras dr. en arrière pour porter un coup de glaive plus violent. La bouche est ouverte, comme s'il invectivait l'ennemi à la façon des héros d'Homère. Le visage trahit la plus haute tension des forces, dominée cependant par la volonté. Les deux gestes opposés sont rendus avec une précision admirable.
528, Faune de Vienne, dit «à la tache», trouvé à Vienne en 1820; dans les cheveux, on peut encore distinguer quelques traces de couleur rouge ; sur le front, deux petites cornes. - — *529, Diane de Gabies, probablement une statue de genre représentant une jeune fille finissant sa toilette, d'après Praxitèle.
A dr. en retournant sur ses pas : 573, Mercure Richelieu, ayant appartenu au cardinal; *562, Centaure Borghèse ou Centaure dompté par l'Amour. Il se distingue de celui du Capitole en ce qu'il porte en croupe un petit Amour, tandis que l'autre est seul (reproduction dans la galerie Denon, p. 97). 552, Amazone blessée (fortement restaurée). A g. de l'entrée: 530, Minerve Pacifique; 535, belle tête de Paris ou de Ganymède; 536, l'Amour et Psyché. Au milieu du mur , en face de la fenêtre , *542 , Marsyas attaché à un arbre pour être écorché vif, sur l'ordre d'Apollon; devant, 539, sarcophage de Méléagi-e (moderne) et, sur ce sarcophage, 540, fragments d'une carte céleste gréco-égyptienne; *544, buste d'homme, excellent travail grec, du temps de Lysippe ; 545, l'Amour.
Salle du Tibre (XI). Au milieu: 5SS, j^oète grec inconnu.
*589, Diane Chasseresse ou Diane de Versailles, probablement d'après une œuvre du temps de Praxitèle et de Scopas.
La déesse, marchant à grands pas, saisit une flèche dans son carquois. Elle regarde autour d'elle comme pour chercher un nouveau gibier, pendant que l'autre tombe. L'expression de la tigure est sérieuse, le front haut et sévère, le regard plein d'ardeur, sans colère. La biche qui court fait encore ressortir la rapidité de la marche de la déesse. — Cette statue a de l'analogie avec l'Apollon du Belvédère, mais elle lui est inférieure pour l'exécution.
*593, au fond, statue colossale du Tibre couché, ayant près de lui Romulus, Rémus et la louve, excellent pendant du groupe du Nil au Vatican (v. p. 66), probablement une œuvre du premier empire romain. A dr. et à g., 594, 595, Faunes jouant de la flûte. —
marbres antiques. LE LOUVRE. Rive dr. 4. l()5
Derrière, 597-600, quatre Satyres atlantes, supportant une frise, marbre grec.
A g., du côté de la fenêtre, 677, tête de Satyre, dit le Faune d'Arles. A la 2^ fenêtre, 672, hase de trépied Borghèse, connue aussi sous le nom d'autel des Douze dieux, du style archaisant, et où se voient les dieux avec les Parques, les Grâces et les Heures.
A la dernière fenêtre : *664, réplique du Satyre au repos de Praxitèle, fragment excellent; à côté, 665, réduction du même type. Dans la niche à dr. de l'entrée, 660, statue de Diane, dite la Zingarella, dont la tête, les bras et les pieds ont été restaurés en bronze. Devant, 2240, Yénus accroupie, trouvée à Sainte-Colombe, près de Vienne (France; en face, un autre exemplaire trouvé à Tyr; sur le dos des deux statues, des vestiges de la main d'un Amour).
Du côté de la sortie: 622, Baccbus au repos; 639, Esculape; 640, Jupiter Talleyrand, œuvre archaïsante.
Salle des Cariatides (I), ainsi dite des cariatides à l'autre bout.
Cette salle servit dans le principe d'antichambre aux appartements de Catherine de Médicis. C'est ici que Henri de Navarre (plus tard Henri IV) célébra son mariage avec Marguerite de Valois, en 1572, auquel vinrent assister l'amiral Coligny et plusieurs autres chefs des huguenots. Cinq jonrs plus tard, dans la nuit de la St-Barthélemy (23/24 août), le roi Charles IX donna l'ordre de massacrer les huguenots et d'arrêter Henri. La Ligue y tint ses réunions en 1593, et l'année suivante, le duc de Guise, qui s'était réconcilie avec Henri IV converti à la religion catholique, y fit pendre quatie des Ligueui-s les plus acharnés. Henri IV y fut exposé après son assassinat par Ravaillac, en 1610. En 1659, Molière y établit son théâtre et y joua hii-même ses chefs-d'œuvre.
D'abord, en venant des salles précédentes, une sorte de vestibule avec une cheminée faite en 1806 par Percier et Fontaine. Devant cette cheminée, 75, Hercide et Télèphe, son fils, ainsi que la biche qui a nourri l'enfant. — A g., à la fenêtre, 231, VHermaphrodite Borghèse, de la décadence grecque, qui avait des tendances toutes sensuelles : le matelas est une invention du Beruin (xvii^ s.).
Salle proprement dite. A l'entrée, entre les colonnes, *78, Jupiter de Versailles, torse colossal et superbe, rajusté sur une gaine moderne. A dr. de là, 80, Posidonios (?), philosophe grec; à g., 79, Démosthène, l'orateur, tête rapportée.
Rangée du milieu: 81, Oreste et Pylade, de l'école de Pasitèle (r*" s. av. J.-C); 82, vasque antique en albâtre fleuri, placée, avec une pareille (90) k l'autre extrémité, de façon qu'il y a une sorte d'écho entre les deux, pour les personnes qui se parlent en se penchant au-dessus ; 183, Mercure attachant sa sandale ; 85, Bacchus au repos; 86, vase Borghèse, avec représentations bachiques; *87, Bacchus Richelieu; 89, Discobole.
Les quatre ^cariatides qui supportent une tribune à l'extrémité de la salle, sont de Jean Goujon (p. 111). Le bas-relief au-dessus est un moulage de la Xvmphe de Fontainebleau par Benv. Cellini (p. 112).
100 nivedr. 4. LE LOUVRE. Eez-cle-chmisséP,:
A la 3^' fenêtre, à dr. en revenant: 113, Bacchus; 149, grand et bt-au cmidélahre reconstitué au xviii*" s. de fragments antiques, pa.T Piiymesi. — Du côté de la cour, l'"^ fenêtre (à dr. en entrant): 53, Vénus accroupie au bain, fortement restaurée; 2«= fen.: 18, Vénus à la coquille; 91, Minerve au collier ^ reproduction médiocre du type de la Minerve de Phidias ; devant la porte centrale , à dr. du n^'91, 849, Démétrius Poliorcète ou plutôt Séleucus Nicator; 40, Enfaut à l'oie. A dr. de la sortie, 32, buste dit de Diomède,
Bronzes antiques^ v. p. 155; terres coûtes, vases, etc., p. 105.
L'escalier Henri II, à côté de la salle des Cariatides, dans le pavillon de l'Horloge, monte aux principaux musées du premier étage (v. les plans, p. 97 et 117; collection La Caze, p. 154). Il vaut toutefois mieux s'y rendre par le grand escalier, eu retraversaut la salle des Cariatides et tournant à dr. L'escalier Henri II a àt> beaux caissons sculptés par Jea7i Goujon.
Les visiteurs qui ne seront pas trop pressés sortiront au contraire dans la cour du Vieux Louvre, pour visiter encore au rez-decbaussée les musées suivants, ouverts à partir de 11 li.
*Musée des antiquités égyptiennes. — Ce musée, dont l'entrée est dans le Vieux Louvre, à dr. du passage en arrivant par la cour (plan du rez-de-ch., A) , est une des collections de ce genre les plus riches de l'Europe. Il nous donne, du plus ancien des peuples civilisés , l'idée à peu près la plus complète que puissent nous fournir les monuments encore subsistants, sauf naturellement ceux du domaine de l'arciiitecture. Il y a des étiquettes explicatives.
La SALLE Henri IV, la l"^*", renferme les objets de grande dimension. On y remarque sui'tout des sphinx, figures fantastiques à corps de lion et tête d'homme (dieu ou roi), symboles de la force unie à l'intelligence, qui se plaçaient deux à deux aux portes des temples; des stèles, monuments en l'honneur des défunts, avec des inscriptions, des représentations de divinités infernales (Osiris) et des sacrifices qu'on leur faisait ou que les parents faisaient aux défunts; des statues, provenant aussi pour la plupart de chambres sépulcrales ; des bas-reliefs et des sarcophages.
La chronologie de l'histoire égyptienne étant très incertaine, on n'a pas donné d'autres dates aux monuments que celles des dynasties. Cette classification est due à l'écrivain gréco-égyptien Manéthon, qui compte 31 dynasties depuis le commencement de 'l'histoire égyptienne jusqu'à la conquête du pays par Alexandre le Grand. La v^ remonte selon Mariette à Tan 5004 et selon Lepsius à l'an 3892 av. J.-C. La rv^ dynastie a dû exister vers 2500, la xiie vers 1996-1783, la xvnie vers 1545-1350, la xixe vers 1350-1200 av. J.-C. Les dates ne se précisent qu'à partir du règne de Psamitik (Psammétique) !«•■, soit de la xxvi^ dvnastie (663 av. J.-C).
antiquités égyptiennes. LE LOUVRE. Ri^'^ di"- 4. 107
Le grand sphinx en granit rose qui attire d'abord l'attention à l'entrée de la salle est moins remarquable, bien que mieux conservé, que le pendant à l'autre exi rémité. A dr., A 18, A 19, pieds et tête d'une statue colossale de la xii*^ ou xiii^ dynastie, usurpée par AménopMs III. *D 9, sarcophage de Taho, un chef-d'œuvre des derniers temps de l'art égyptien (xxvi^ dyn.). La décoration de ce sarcophage, comme des autres, a pour objet les rapports symboliques supposés entre la course du soleil, après son coucher, dans les cieux infernaux, et la pérégrination de l'âme dans les mêmes régions. — Au milieu, caisse en bois intérieure du cercueil de l'intendant Sopi (P"" empire thébain). A g., D8, autre sarcophage de Taho, du règne de Psamitik P"" (xxvi^ dyn.). A 20, prétendue statue de Bamsès II, de fait celle d'un roi de la xw ou de la xiii^ dyn., usurpée par Eamsès. Au milieu, un chapiteau, à double tête d'Hathor, du temple de Bubastis, et à dr. , un fragment de colonne fasciculée, à chapiteau lotiforme. Devant le grand chapiteau, un *bas-relief peint représentant le roi Séti P»" (Sésostris ; xix^ dyn.) et la déesse Hathor (rapporté par ChampoUion). A g., A 24, statue de Séti II, colosse en grès rouge, coiffé du pschent (double coui'onne) et tenant un bâton d'enseigne , sur lequel sont gravés ses noms et titres royaux. Derrière, D 31, une portion de la base de l'obélisque de Louqsor (p. 64) , avec quatre singes cynocéphales , en adoration devant le soleil levant. Au-dessus, D38, moulage du Zodiaque de Denderah (p. 207j. Puis, plusieurs statues de Sekhmet, déesse à tête de lionne. Un peu plus loin, s. n^, ci(ve du sarcopjhage de Ramsès III (xx^ dyn.), en granit rose, de dimensions colossales, dont le couvercle est à Cambridge. — Au milieu, cercueil en bois peint de l'intendant Sopi, de Berchet (P'' empire). A dr., D 10, sarcophage de Hor, fonctionnaire royal. A l'intérieur, les quarantedeux juges infernaux qui assistaient Osiris, dieu des morts, dans le jugement de l'âme humaine. Avant et plus loin, des sarcophages en forme de momies, avec des bas-reliefs, dont la gravure est belle. — A g., au mur, C 48, une stèle en granit rose imitant une porte égyptienne sous la xviii^ dynastie. Plus loin, D29, le naos d'Amasis, sorte de tabernacle en gi-anit rose d'un seul bloc, destiné à renfermer une statue de divinité (v*= s. av. J.-C).
Dans I'escalier à la suite de cette salle, à g., un revêtement en pierre d'une muraille du sanctuaire de Kamak, avec un fragment du récit des campagnes de Thoutmosis III (xvme dyn.). Plus haut, A 22, une statue en albâtre, fortement restaurée, de Ecansès IL
La SALLE d'Apis, à g. au bas de l'escalier, renferme les antiquités découvertes par Mariette dans le « Sérapéum » (v. ci-dessous), surtout des statues et des stèles.
Le bœuf ou plutôt le taureau Apis était l'animal consacré à Ptah, dieu de Memphis. Il devait être noir, avec un triangle blanc sur le front et une tache en forme d'aigle sur le dos, et il devait avoir sous la langue une excroissance rappelant la forme du scarabée sacré. A sa mort, il était inhumé en grande pompe, dans un endroit nommé «Sera-
108 Rivedr. 4. LE TiOTTVRE. Bes-de-chaussee:
péum», par corruption des mots égyptiens «Usiris Apis», qui désignaient le bœuf Apis défunt.
8 98, grande statue d'Apis, portant les signes distinctifs de l'animal sacré. A côté, des canojjes ou vases funéraires dont les couvercles ont des têtes représentant les dieux protecteurs des morts et destinés à contenir les entrailles des Apis. Aux murs, tout autour, des stèles, qui étaient mises par les croyants dans les tombeaux d'Apis et qui sont maintenant d'une valeur inappréciable pour l'histoire de l'Egypte, parce qu'elles sont datées et donnent le nom du roi régnant. En face, une statuette de Bès, divinité monstrueuse. Le lion près de la fenêtre, de la basse époque, est d'un travail excellent. — A l'entrée d'une petite salle latérale, sous verre, les jambages de la porte du Sérapéum, avec des inscriptions du commencement de la dynastie des Ptolémées. — Cette salle communique avec la !''«■ salle des sculptures de la Renaissance (v. p. 110). — De l'autre côté de la salle d'Apis , sous la colonnade, une galerie consacrée aux monuments antérieurs au Nouvel Empire, c.-à-d. des iv^^-xvm^ dynasties.
Sur l'escalier, au mur de g., un morceau du revêtement eu pierre du temple de Karuak, avec un fragment de Ténumération des guerres de Thoutmosis III (xviii«^ dyn.); puis, A 22, statue de Ramsès II, excellent ouvrage en albâtre; la partie supérieure est restaurée.
Suite des antiquités égyptiennes au l^i' étage, v. p. 163.
■^Musée des antiquités asiatiques (ouvert d'ordinaire à 11 h., parfois 1 h.). — Ce musée, dont l'entrée se trouve en face du précédent , à g. du passage du côté de la colonnade , lorsqu'on vient de la cour (plan du rez-de-cb., B), comprend des objets trouvés dans les fouilles de Kouyoundjik (Xinive), faites par les gouvernements français et britannique de 1845 à 1854, ainsi que des antiquités de différentes autres parties de l'Asie.
La I" SALLE ou grande galerie est surtout consacrée à V Assyrie, d'après la Bible le pays de Xemrod, qui s'étendait sur la rive g. du Tigre et eut pour capitale Ninive, puis Assour, qui vainquit vers 1250 av. J.-C. l'empire de Babylone, et qui étendit ensuite sa domination jusqu'à l'Asie Mineure. Des fouilles y ont fait retrouver les ruines de vastes palais, dont les salles étaient garnies de bas-reliefs, sur lesquels était racontée la vie des souverains: des chasses, des batailles, des sièges alternaient avec des scènes paisibles, où le roi était représenté entouré de ses gardes du corps , de sa cour et de monstres fantastiques. Les inscriptions sont composées de signes en forme de coins, dits écriture cunéiforme. La plupart des sculptures exposées ici proviennent des palais de Kalakh, auj. Nimroud (ix^ s. av. J.-C), de Kborsabad (viii« s.) et de Xinive (vii^ s.).
C'est notamment du palais de Sargon (Semiacbérib) , à Khorsa-
antiquités asiatiqiies. LE LOUVRE. Mivedr.4. 109
bad , que proviennent les ^taureaux ailés gigantesques aux deux extrémités de la grande salle, qui se plaçaient à l'entrée des édifices, comme les sphinx en Egypte. Ils ont cinq jambes, parce qu'ils sont faits pour être vus de face et de profil. Ces animaux à tête humaine symbolisent aussi la force unie à l'intelligence. Les ailes surtout se rencontrent souvent dans les monuments assyriens comme emblème de la puissance. — Les figures colossales placées en face des fenêtres complétaient la décoration de l'entrée du palais. Les personnages qui. sans efl:ort ni colère, pressent sur leur poitrine un lion impuissant à se dégager, représentent l'Hercule assyrien. Dans les intervalles, des bas-reliefs où figure un cortège royal. Les détails de ces bas-reliefs et de ceux qui sont aux fenêtres sont fort intéressants au point de vue historique, et certaines parties sont très bien sculptées, p. ex. les chevaux, aux fenêtres, et les animaux en général, où excelle l'art assyrien. Au milieu de la salle, neuf statues décapitées en diorite noir verdâtre et deux têtes, rapportées de Ohaldée, couvertes d'inscriptions et indiquant une technique très avancée; un pavage de porte de Xinive. d'un dessin fort élégant.
II« et III^ salles: suite des bas-reliefs et sarcophages phéniciens anthropoïdes, les restes les plus importants de l'art chez les Phéniciens, peuple des côtes de l'Asie (Syrie) qui subit l'influence des Egyptiens et des Assyriens, et qui, par ses colonies sur les rivages de la Méditerranée, fut le plus ancien intermédiaire entre l'Orient et l'Occident. On remarque surtout au milieu le sarcophaged'Eschmounazar, roi de Sidon, qui porte la plus longue inscription phénicienne que l'on connaisse. Il y a encore d'autres inscriptions. Ce sont les Phéniciens qui ont inventé notre système d'écriture, en substituant aux signes compliqués des Egyptiens des lettres, c.-à-d. un caractère pour chaque son.
Salle phénicienne et chypriote, à g. de l'escalier: encore un certain nombre d'antiquités phéniciennes et d'autres de Syrie et de Chypre, surtout le vase d'Amathonte (Chypre), d'un seul bloc de pierre, et qui a 3 m. 70 de diamètre ; sept statues provenant de l'île de Chypre: chapiteaux chypriotes.
Salle de MiLET (XXXVI): sculptures de Milet et d'Héraclée du Latmos (Asie Mineure) , en particulier des fragments du temple (V Apollon didyméen. Au milieu, deux bases colossales de colonnes du même temple. Statues mutilées de la scène du théâtre, rappelant le style grec; statues mutilées de la nécropole. Dans le haut des murs, des bas -reliefs du temple d'Assos, en Mysie, spécimens de l'art ionien primitif. A g. de l'entrée de la salle suiv. , une stèle funéraire de la Troade.
Salle de Magnésie du Méandre (XXXVII), près d'Ephèse, surtout des fragments du temple d'Artémis (Diane) Leucophryène, de la basse époque. La frise, d'env. 69m. de développement, représente des combats entre les Grecs et les Amazones. On remar-
110 Rivedr.4. LE LOUVRE. Rez-de-chaussée:
quera encore le vase de Pergame, décoré d'une frise de cavaliers, et une Diane provenant de Phrygie (réplique).
Sinte des antiquités asiatiques, au 1"' étage dans le haut de l'escalier voisin, dit «escalier asiatique», v. p. 161.
Il y a encore dans cet escalier des bas-reliefs assyriens, originaux et moulages (de ceux du Musée Britannique), et des sarcophages.
Salle judaïque, à dr. sous l'escalier, antiquités juives, de la Palestine et des contrées voisines : porte et sarcophages du tombeau des Rois, fragments d'architecture, bas-reliefs, vases, terres cuites, inscriptions, surtout, au milieu, la stèle de Mésa, roi de Moab (ix^ s. av. J.-C), relatant ses combats contre les Juifs, le plus ancien spécimen connu d'écriture alphabétique; sculpture moabite, etc.
Salle punique, à la suite : antiquités puniques (fermée en 1903).
*Musée des sculptures du moyen âge et de la Renaissance (ouvert dep. 1 h.). — L'entrée est au S. dans la cour du Louvre, à g. du passage en se tournant vers la Seine (pL D), mais on y parvient aussi par la petite salle sous l'escalier à l'extrémité de la grande salle des antiquités égyptiennes (v. p. 106). — Catalogue, 1 fr. 2.5.
Vestibule. Reconstitution d'un groupe de Fontainebleau qui ornait une fontaine: une Diane en bronze, d'après l'antique (p. 104), et quatre chiens en bronze (travail français du commencement du xvii^ s.). — Dans la salle de g. , les acquisitions les plus récentes (p. 113); à dr., les antiquités chrétiennes, v. p. 113. — Nous entrons tout droit dans la salle Jean Goujon (p. 111), où nous tournons à g. pour traverser toutes les salles jusqu'à la dernière ou salle Beauneveu, d'où nous partons.
Salle d'André Beauneveu ou P^ salle: statues tumulaires et statuettes de l'école française des xiv^ et xv^ s., surtout le *no 216, monument de Philippe Pot, grand-sénéchal de Bourgogne et favori de Philippe le Bon, inhumé dans l'abbaye de Cîteaux: dalle avec statue couchée, portée par huit pleureurs (1477-1483). A la l^"^ fenêtre du côté de la Seine, *219, Calvaire de Nivelles, ouvrage flamand en bois, du commencement du xvi^ s. A l'autre fenêtre, la plaque tombale, en bronze, d'un marchand catalan (m. 1400); tête de Christ couronnée d'épines (école française, vers 1500). Au milieu, 04, statue tumulaire de Blanche de Champagne, du xiv^ s., en cuivre battu. 224. statue tombale de Philippe VI, roi de France, attribuée à André Beauneveu de Valenciennes (xiv^ s.); en face, la statue de Guillaume de Chanac, du même style; puis, celle de Philippe de Morvillier (à la fenêtre centrale), avec la tête et les mains en marbre, du commenc. du xV' s.
Salle du Moyen Age (II) : autres statues tombales françaises, du xiv^ s., p. ex. n» 110, Jean de Dormans; la Vierge et l'Enfant
scidpt.delaRe-naissance. LE LOUTRE. Rivedr.4. \\\
en bois du xii^ s.; Vierges, Christ et bas-reliefs du xive s.; statue de Cbildebert, roi de France, du xiii^ s.; porte goth. d'une maison de Valence, en Espagne, du xv^s.; fragments de sculptures du xiii^ s., dont quatre (n^^ 61, 62, 63 et 64^ du jubé de la cathédrale de Bourges et un (n-^ 78, Scènes de l'Enfer) de celui de Notre-Dame de Paris (milieu); chapiteaux, etc., des xi^-xiii*" s.
Salle Michel Colombe (III), ainsi nommée en l'honneur de Michel Colombe ou Michault Columh (1431-1514) , de qui est le ■^St Georges (n» 226) à la porte suiv., un grand bas-relief en marbre. A dr., '^143, Vierge d'Olivet, du xvi<^ s. Au-dessous du bas-relief, *262, une statue gisante d'un tombeau ou un Christ mort attr. à G. Pilon. Au milieu, des bronzes: 276, Mercure et Psyché, par
A. de Vries (1593); 225, répétition du Mercure de Jean Bologne on de Douai; 224^18^ la Eenommée, du tombeau du duc d'Epernon à Cadillac , par P. Biard. Derrière et sur les côtés , des statues tombales et des bas -reliefs des xv^ et xvi^ s., surtout: *126, tombeau du chroniqueur Philippe de Commines (1445-1509) et de sa femme (Paris, commenc. du xvi^ s.) ; 274, statue de Henri IV attr. à
B. Tremblay et G. Gissey. Bustes : 180, Martin Fréminet (m. 1619), de son tombeau; "173, Jean d'Alesso (m. 1572); 462, Jean de Bologne par P. Tacca. A dr., -144, Vierge du xvi^ s., d'Ecouen; 160, buste en bronze de François I"; 149. pierre tombale de Eoberte Legendre, par G. Regnault et G. Clialevau; nn haut, ^220, pierre tombale de Jean de Cromois, abbé de St-Jacques de Liège (m. 1525). A ]a 2efen., 153, squelette dit la Mort St-Innoceut, de l'anc. cimetière des Innocents (p. 197), et de beaux bas-reliefs eu pierre de Munich, en particulier, 277, Ste Famille d'après Durer, attr. à Hans Daucher (xvr s.). A la l^e fenêtre, un masque eu terre cuite de Henri II, reproduisant le moulage fait après qu'il eut été frappé par Montgoraery.
Salle Jean Goujon (IV), qui doit son nom au plus célèbre des sculpteui's français du xvi'' s., lequel l'outribua beaucoup aussi à la décoration du Louvre. Son œuvre la plus connue est le grand groupe de *Diane à la biche, n'^ 228, au milieu de la salle. A g. et à dr., 255 et 250, de Germain Pilon, les trois Vertus théologales (dites à turt les Trois Grâcesi portant une urne dorée, qui devait renfermer ]e cœur de Henri II, et les quatre Vertus cardinales, destinées à porter le reliquaire de Ste Geneviève. Autour de la salle, de dr. à g.: 260, G. Pilon, buste d'enfant; 168. école franc, (xxi^ s.), Charles de Maigny (Paris, 1556) : 258, statue tumulaire, génies et bas-reliefs du tombeau de la femme du chancelier E. de Birague (p. 112); en haut. "229, J. Gotijmi, Déposition et les Evangélistes, bas-reliefs de l'ancien jubé de St-Germain-l'Auxerrois (1541); 256, G.Pilon,YieTge de douleur, terre-cuite polychrome ; 268, B. Prieur, colonne, trois figures de bronze et emblèmes du monument du connétable Anne de Montmorency (p. 400); 261, G. Pilon, cheminée du château de
112 Eivedr. 4. LE LOUVRE. Rez-de-chaussée:
Villeroy, avec buste (227) de Henri TI par J. Goujon; 235, le Hongre, mausolée de la famille de Cossé-Brissac; G. Pilon, 253, buste de Henri III ; *257, statue tiimulaire en bronze du chancelier de Birague (m. 1583); 137. statue de l'amiral Phil. de Chabot (m. 1543); *230, J. Goujon, bas-reliefs de la fontaine des Innocents (p. 196). A la 3« fenêtre: 270, Jean JRichier (?), le Jugement de Daniel, bas-relief; 271, Ligier Bichler, l'Enfant Jésus; 162, Fr. Roussel (?), le Réveil des nymphes; G. Pilon, 241, 240, la Foi et la Force, bas-reliefs; 252, buste de Charles IX.; s. n"^, G. Pilon, Jésus à la montagne des Oliviers. 2<? fen.: 266, 267, B. Prieur, statues tombales du connétable Anne de Montmorency (p. 400) et de sa femme ; 245, G. Pilon, Mise au tombeau, bas-relief en bronze, l'"*' fen.: 246, G. Pilon, fragments d'ime chaire (des Grands- Augustins de Paris).
Salle Michel-Ange (V): sculptures italiennes des xv<'-xvii^ s, A dr. et à g. de la porte monumentale, *379, 380, deux Captifs enchaînés, dits les Esclaves, en marbre, par Michel-Ange, destinés au mausolée du pape Jules II, où ils devaient représenter les Vertus enchaînées. La tête du plus jeune (le plus beau) est inachevée.
« Ils se tordent magnifiquement comme pour rompre leurs liens. L'un d'eux, désespéré, sentant ses efforts inutiles, rejette la tête en arrière et ferme les yeux. Rien de plus sublime que cette figure de la force impuissante». (Th. Gautier.)
Entre les deux, 329, *porte superbe du xv^s., provenant du palais Stanga de Crémone; elle est l'œuvre d'Antonio da Rho. Les bas-reliefs représentent des scènes du mythe d'Hercule, prétendu fondateur de Crémone, et de Persée; puis, Salomé avec la tête de St Jean-Baptiste. Devant, à g., 396, excellent buste de *Phil, Strozzi, par Ben. da Maiano. Au milieu de la salle, 333, vasque du château de Gaillon (v. p. 296), et 308, buste en bronze de Michel-Ange, ouvrages italiens du xvi*^ s.
Du côté de l'entrée, de dr. à g.: 403, buste de St Jean-Baptiste enfant, par Mino da Fiesole; 386, Jules César, bas-relief par Donatello (?) ; six Vierges par des inconnus des xv*" et xvi^ s. et une (s. n», à. g. en haut) par Jac. Tatti, dit Sansovino; 323 (au milieu du mur), la Circoncision, bas-relief en bois de l'école vénit. duxv^s. Dans le haut, la *Xymphe de Fontainebleau, ipar Be7ivenuto Cellini, ainsi appelée parce qu'elle fut exécutée pour décorer un tympan au château de Fontainebleau (1543).
Au mur du fond: 304,354, statues en bronze du xvi^ s., Jason et Hercule vainqueur de l'hydre; 334, haut relief du capitaine-général Rob. Malatesta à cheval (fin du xv^s.); 336,337, une Vierge et l'ange Gabriel, en bois, de l'école florent. (fin du xiv^ s.); 302,302^1^, des bustes d'homme et de femme du xv<^ s., une Vierge en terre émaillée (médaillon) attribuée à André délia Robbia; deux autres Vierges, un A nge Gabriel (xiv« s.) et une Pietà en haut relief, du xv« s
A la lie fenêtre, 303, la Louve allaitant Romulus et Rémus,
sculpt. de la Renaissance. LE LOUYEE. Jiive dr. 4. 113
travail italien du xvi*^ s. Dans l'embrasure de cette fenêtre et dans celle de la 2<-, de petits *bas- reliefs en bronze du commenc. de la Kenaissance, surtout, 414-421, huit bas-reliefs du tombeau de Marcantonio délia Torre, par André Briosco, dit le Riccio de Padoue, représentant la vie et la mort du savant médecin dans la manière des anciens, et encore six Vierges eu bas-relief, dont trois par Miito da Fiesole. A la 2^ feu., 310, statue polychrome de nègre imitée de l'antique {x\n^ s.); 395, médaillon en bronze de Charles- Quint, attr. à Leone Leoni rVArezzo (?) et d'autres médaillons.
Salle italienne (YI) : 411^^^^ ig, Vierge et l'Enfant, groupe en bois peint et doré par J. délia Quercia; à g., 383, buste de St Jean- Baptiste, par Desiderio da Sdtignano (et non Donatelloi: 300, Cérémonie funèbre imitée de l'antique, haut relief en pierre noire ; ù la fenêtre: 351, buste d'enfant, bas-relief dans le style de Donatello; belles sculptures ornementales, etc. De chaque côté, les Quatre Vertus, de l'école ital. du xrv<^ s.
Salle della Eobbia (VII) : près de 50 bas-reliefs, statues et statuettes en terre cuite émaillée des ateliers des della Rohhia (Florence, xv<^ s.) et des bas-reliefs des xii^^-xv^ s. A dr. de l'entrée, 407, statue de Louis XII, par Lor. da Magiano ("tête moderne). Au mur de g., 408, l'Amitié, par P.-P. Olivieri, et 463, la Xature, œuvre singulière, par le Triholo (1485-1550); puis, au milieu, 464, St Christophe, en bois peint et doré, par Vecchietta. A la fenêtre de g. : buste du cardinal de Médicis , par le Bernin [?). Au mur de dr., 368, buste de Ferdinand P* d'Aragon, roi de Xaples (1423-1494).
Salle des antiquités chrétiennes (XXXIX) : petits bronzes, sarcophages, hauts reliefs, inscriptions, vases, lampes, et mosaïque, la plupart des iv*^ et \^ s. — On revient par cette salle dans le vestibule, d'où l'on passe en face dans la
Salle des nouvelles acquisitions (VIII), de l'autre côté (installation provisoire; : .30, Christ en bois du xii*^ s ; statues françaises, des xiii«'-xvi«- s. ; deux plaques tumulaires italiennes (xv«--xvi«= s.) ; des Vierges, dont ime de l'école de Jac. della Quercia; Christ bénissant (Florence, xv« s.). Au milieu, A. di Duccio (v. p. 161), la Vierge et l'Enfant (xv« s.); Scipion, bas-relief de V école jiorenfi'iie (xv<^ s.); Eve, école de Francunie (xvi^ s.); buste d'homme en terre cuite, étude par Falconet; dans une vitrine, des maquettes et des statuettes du xviii^ s., de Carpeaux, de Barye, etc. A la T"^ fen.: bustes d'hommes, par Deseine (1791),
*Musée des sculptures modernes. — Ce musée, suite du précédent, comprend surtout des œuvres françaises du xvn^ auxix^ s. Il est exposé dans la partie 0. du Vieux Louvre, et l'on y entre par la 2e porte à dr. du pavillon de l'Horloge (pi. E).
Baedeker. Paris. 15» éd. 8
114 Rive dr. 4. LE LOUVRE. Rez-de-chaussée:
Salle de Puget (II), c.-à-d. de Pierre Puget (1622-1694), le plus célèbre des artistes français du xyii« s. C'est de lui que sont, entre autres, au milieu: 793, Hercule au repos (1660), 795, Persée délivrant Andromède (1684), et *794, Milon de Crotone attaqué par un lion (1682), son œuvre la plus admirée. Dans l'intervalle, 745, deux beaux vases de St-Cloud (xvi^ s.). Au mur de g.: 796, Puget, Alexandre et Diogène, bas-relief de marbre, où l'on remarque les types \Tilgaires de la suite ; *552, Coyzevox (v. ci-dessous), le tombeau de Mazarin, avec des iîgures allégoriques. A la fen. voisine, 830, Théodon, Atlas. Aux trumeaux, 754-757, les Saisons, termes par P. Legros. A la 2*^ fen., 744, un grand vase dit «vase de Marly», de l'école franc. Ensuite, 691, 692, modèle en bronze de la statue de Louis XIV qui était sur la place Vendôme, par Girardon (1699). A la fen. suiv.,831, Théodon, Pbaétuse transformée en roseau. A dr. : 487, Fr. Anguier, monument de Jacques de Tbou (m. 1617), président du Parlement, avec les statues (488, 489) de ses deux femmes, celle de dr, (489) attribuée à B. Prieur; 702-704, *>S'i»?. Guillain, Louis XIII, Louis XIV enfant, qui n'a pas le nez caractéristique bien connu, et Anne d'Autriche, bronzes, d'un anc. monument sur le pont au Change (p. 266). A la fen., 764, 659, bustes de Mansart et de Colbert, par J.-L. Lemoyne et Desjardins.
Salle de Coyzevox (I), à g, de la salle Puget. Elle doit son nom à l'un des meilleurs sculpteurs portraitistes de l'école française, Ch.-Ant. Coyzevox (1640-1720), dont on a déjà vu le tombeau de Mazarin. Aux murs et aux fen., de dr. à g.: Coyzevox, 558, le Rhône; *555, Nymphe à la coquille: 561, la duchesse de Bourgogne (mère de Louis XV) en Diane; 560, Berger jouant de la fiiite; 556, Vénus, et des bustes ; 2^ fen. : 554, Le Brun ; 559, Marie Serre, mère du peintre Rigaud: l^e fen.: *557, Condé (bronze). Entre les fen., 686, P. FrancheviUe ou Franqueville, les restes de l'anc. monument de Henri IV sur le Pont-Xeuf. Du côté de l'entrée: 491, Mich. Anguier, Amphitrite; à côté, 723, statue tombale de la duchesse de Retz: 687, R. Frémin, Flore ; 684, FrancJieville, David vainqueur de Goliath; 486, Fr. Anguier, Jacques de Souvré; 701, S. Guillain, Charlotte de la Trémoïlle, princesse de Condé ; 683, FrancheviUe, Orphée; 688, Frémin, Diane; 512, Bourdin, Amador de la Porte et les bustes de Louis XIII (841, bronze par Warin), de Mignard (660, par Desjardins) et de Richelieu (736). Au milieu: 485, Fr. Anguier, tombeau du duc Henri de Longueville ; 699, 700, G. Guérin, statues tombales du duc et de la duchesse de La Vieuville. — On passe par la salle Puget dans la
Salle des Coustou CIII; de l'autre côté de la salle Puget), consacrée aux frères Nicolas Coustou {1658-1733) et Guillaume Coustou (1677-1746) et au iils de ce dernier, nommé aussi Guill. Coustou (1716-1777). Au milieu, 548, Nie. Coustou, statue d'Adonis au repos
sculpt. modernes. L£ LOUTRE. Rive dr. 4. II5
(1710). A g., 481, L.-S. Adam, la Poésie ; *483, 484, Allegrain, Vénns et Diane au bain; 672, Falconet, la Musique; 549, Nie. Coustou, César; 543, Guill. Coustou le père, statue de la reine Marie Leczinska, femme de Louis XY (1731); 520, portr. d'homme, par Cafjieri (?) ; s. n*», Lemoyne, Trudaine. A la 1" fen., buste de X. Coustou, par G. Coustou. Entre les fen., 781, Pigalle, Mercure, statue en plomb, d'abord au jardin du Luxembourg. A la 2^ fen., des bustes: 519, Cafjieri, le poète Xirelle de la Chaussée; 785, Pigalle, le chirurgien Guérin; 675, Falconet, l'Amour; 762, Lemoyne, l'architecte Gabriel; 550, N. Coustou, Louis XY; 828, Slodtz, Annibal. Enfin, dans le haut des murs, 653-658, Martin Desjardins, six bas-reliefs en bronze du piédestal de l'anc. statue de Louis XIY sur la place des Yictoires. — Puis la
Salle de Houdox (IY), consacrée à Ant. Houdon (1741-1828). Au milieu, *716, statue de Diane nue, bronze par Houdon, reproduction de celle qu'il fit en marbre pour l'impératrice Catherine II de Russie en 1781. A dr. de l'entrée, 782, Pigalle, l'Amour et l'Amitié. Dans une niche, 509, Bouchardon, l'Amour se taillant un arc dans la massue d'Hercule. 681, buste de Gluck, par Francin, d'après Houdon. — 783, Pigalle, buste du maréchal de Saxe; -775, 772, Pajou, une Bacchante, Marie Leczinska en Charité; entre ces deux: 507, Bouchardon, copie du Faune Barberini. — Houdon: des bustes de Lavoisier, Washington (715), Rousseau (bronze, 711), l'abbé Aubert (710), Mirabeau (717), Butfon (719), Diderot (708), Franklin (713), Yoltaire (bronze, 712); Pajou: ceux de Buffon (773), de Lemoyne. Sur des colonnes, à la fenêtre, *s. n^s, bustes de Louise et d'Alexandre Brogniart (terres cuites). Entre ces deux, 709, Morphée. Devant la fenêtre, 511, modèle, en bronze, de la statue de Louis XY qui était sur la place de la Concorde, par Bouchardon.
Salle de Chaudet (Y), sculptures de la fin du xviii^ s. et du commenc. du xix« s., où l'on reprit les traditions classiques. A g. de l'entrée: 801, Roland, buste du peintre Suvée (terre cuite;; 805, Roman, l'Innocence; 803, Roland, Homère; 648, Dehay, Mercure;
538 , Cortot, Daphnis et Chloé ; 650, Delaistre, l'Amour et Psyché ; 804, Roman, Xisus et Euryale. Rangée du milieu: 503, Bosio, Aristée; 651, Deseine, Mucius Scœvola; *524, Canova, l'Amour et Psyché ; 748, P. Jidien, Ganymède; 533, Chavdet, le Berger Phorbas et Œdipe. — Autour de la salle, en retournant sur ses pas : Cortot,
539, le Soldat de Marathon ; 540, la Yictoire (bronze) ; 514, Bridan, Epaminondas; *523, Canova, l'Amour et Psyché. Devant la fenêtre: 667, Dupaty, Byblis changée en fontaine; 534, 536, Chaudet, l'Amour avec un papillon; buste en bronze de Xapoléon I^r; 697, Giraud, projet de tombeau (cire) ; 506, Bosio, la Xymphe Salmacis ; 817, Ruxtiel, Zéphyre et Psyché ; 504, Bosio, Hyacinthe. — A dr. de l'entrée: sans n^, Lucas de Montigny , buste de Mirabeau; *777, Pajou, Psyché abandonnée; 802, Roland, buste de Pajou;
116 Rive dr. 4. LE LOUVRE. Rez-de-chaussée.
760, Lemirej l'Amour; 750, P. Julien^ Amalthée; 537, Clodion, une Bacchante.
Salle de Rude (VI), suite du xix^" s. A l'entrée, médaillons par David d'Angers. De dr. à g.: 678, Foyatiei\ Spartacus; s. n", Duseigneur, Roland furieux; au-dessus, Préault, Virgile et le Dante (médaillons en bronze); s. n^, Pradier, un fils de Niobé; 814, Rude, le Christ; 806, Roman, Caton d'Utique, achevé par Rude; s. n», David d'Angers, Béranger; 746, Jaky, la Prière; *811, Rude, Maurice de Saxe ; 815, modèle d'un monument qui représente Napoléon I^*" s'éveillant à l'immortalité. 747, Jaley, Louis XI ; *566, David d'Angers, Philopœmen; (s. n», à la l""*^ îen.) Barye, un Tigre et un Crocodile ; 787, Pradier, Psyché ; 800, Et. Ramey, Thésée et le Minotaure ; 770, Nanteuil, Eurydice ; 495, Barye, un Jaguar et un Lièvre; 567^1», David d'Angers, Enfant avec une grappe; *813, Rude, Jeanne d'Arc; 816, buste de Mme Cabet. Au milieu: s. n", Pradier, la Toilette d'Atalante ; *494, Barye, Centaure et Lapithe ; 810, *s. n». Rude, Mercure (bronze); Jeune pêcheur napolitain.
Salle de Carpeaux (VII). Deg. àdr. : *670, Dvâ^et, Pêcheur dansant la tarentelle, bronze ; *529, Carpeaux, la Danse, modèle du groupe de l'Opéra (p. 79) ; *671, Duret, Vendangeur napolitain improvisant, bronze ; s. n°^, Clésinger, buste de Mme Sabatier ; Jouffroy, le Premier secret; 778, Perraud, Enfance de Bacchus; s. n», Schœnewerk. Jeunes filles à la fontaine; s. n», Dumont, le Génie de la Liberté, réduction de celui de la colonne de Juillet (p. 181) ; s. n», Perraud, les Adieux, grand bas-relief; s, n» (à la 2^ feu. de dr.), Pradier, Sapho; s. n"», Foyatier, la Sieste; Degeorge, Jeunesse d'Aristote. Au milieu: *531, Carpeaux, les Quatre parties du monde soutenant la sphère, modèle du groupe de la fontaine de l'Observatoire (p. 327). A g. et à dr. de 531 : P. Cabet, Sortie du bain; J. Clésinger, George Sand; et aux murs, d'excellents bustes.
Nota. Pour aller d'ici au musée de peinture, on tournera à dr. en sortant et prendra par le premier pavillon, pour aller à la grande entrée du Nouveau Louvre ou monter immédiatement à g., sous le pavillon, Vescalier Henri II mentionné ci-dessous.
Pour la collection Grandidier, le musée de l'Extrême-Orient et la Chalcogi'aphie, v. p. 172.
Premier étage.
Le musée de peinture est la collection la plus importante du premier étage; il occupe plus de la moitié de la galerie du bord de l'eau, le Vieux Louvre et les Tuileries, une partie de celle des Tuileries qui y fait suite , la galerie intérieure du Nouveau Louvre parallèle à celle du bord de l'eau, une salle transversale et encore plusieurs salles du Vieux Louvre. Dans cette dernière partie se trouvent aussi les bronzes antiques (p. 155), les dessins (p. 158) et
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