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Quartiers de Touest, au N. des Champs-Elysées

Stations du Métropolitain: à la place de l'Etoile (pi. B. 12; J) et au parc Monceau (boul. de Courcelles; pi. B. 15), v. l'append. p. 41 et 42.

Le boulevard Haussmann (pi. B. 18, 15 ; 77), dont il reste env. 300 m. à percer, entre les rues ïaitbout et Drouot, pour le prolonger à l'E. jusqu'aux grands boulevards, est une des grandes et magnifiques voies du Paris moderne. Avec l'avenue de Friedland (p. 70), il forme jusqu'à l'arc de triomphe de l'Etoile une voie magistrale d'env. 3 kil. de long et le chemin le plus direct des quartiers N. de la ville centrale au bois de Boulogne. Il doit son nom au baron Haussmann (v. p. xxv).

La CHAPELLE EXPIATOIRE (pi. B. 18; 77), dans un square à g. (rue Pasquier), a été achevée en 1820, par Percier et Fontaine, à la mémoire de Loiiis XVI et de Marie-Antoinette, sur l'emplacement de l'ancien cimetière de la Madeleine, où ils restèrent inhumés jusqu'en 1815, avant d'être transférés à St-Denis. Les Suisses massacrés le 10 août y furent aussi enterrés.

La chapelle, qu'on projette de démolir et qu'on ne peut visiter actuellement (1903), renferme deux groupes de marbre. Celui de dr., par Bosio, représente Louis XVI et un ange qui lui dit: «Fils de St Louis, montez au ciel!», et au-dessous est inscrit le testament du roi. Celui de g., par CoHot, représente la reine soutenue par la Religion, sous les traits de Mme Elisabeth, sœur du roi. Il a pour inscription la prétendue dernière lettre de la reine à Mme Elisabeth (v. p. 185). — Au-dessus du portail, une allégorie: Translation des restes du roi à St-Denis, bas-relief par Lemaire.

Le boul. Haussmann croise plus loin le boulevard Malesherbes, au delà duquel se détache à dr. V avenue de Messine, qui conduit à l'entrée S. du parc Monceau (p. 225). A la bifurcation, une statue de Shakspeare (1564-1616), bronze par Paul Fonrnier (1888), œuvre oflferte à la ville de Paris par ]M. W. Knighton.

Le boulevard Malesherbes (pi. E. B. 18 ; II) est également ime voie moderne magistrale, qui part de la Madeleine et va jusqu'aux fortifications (2700 m.).

St- Augustin (pi. B. 15), à dr. de ce boulevard, a été construit de 1860 à 1868 par Baltard, dans un style roman modernisé. C'est une belle église surmontée d'un dôme de 25 m. de diamètre et 50 m. de hauteur, avec une élégante lanterne et quatre tourelles à coupoles. Le portail, percé de trois arcades et d'une rose, a au-dessus des arcades et aux piliers des statues du Christ, des apôtres, des prophètes et des docteurs de l'Eglise, par Jouffroy.

Intérieur. St-Augustin n'a pas de bas côtés, mais des chapelles latérales, qui vont eu s'élargissaut vers le chœur. Au-dessus sont des tribunes, qui se continuent jusque sous la coupole. Le plafond de la nef Sorte sur des arcades en fer ajouré, avec colonnes en fonte terminées par es anges. Le maître-autel, au riche baldaquin, est au-dessus d'une crypte.

PARC MONCEAU. R^'^e dr. 9. 225

Dans la nef, deux tableaux de D. 3faïllart, à g. le Baptême de St Augustin et à dr. la Mort de Ste Monique. Peintures murales par Signol (coupole), Bouguereau et Brisset ; vitraux par Maréchal et Lavergne.

Devant l'église s'élève une jolie statue de Jeanne d'Arc, par P. Dubois (réplique de celle de Reims); sur le socle, des inscriptions dans la langue de son temps. — Dans le square voisin, à dr. , un groupe en bronze par Mombur, Un sauveteur.

A env. 500 m. de St-Augustin , la courte avenue Vélasquez se détache à g. du boul. jMalesberbes et va aboutir à l'entrée E. du parc Monceau (v. ci-dessous).

Au n° 7 de l'avenue Yélasquez se trouve le musée Cernuschi (pi. B. 15), légué par l'amateur de ce nom à la ville, avec l'hôtel qui le renferme, et public les dim. , mardi et jeudi de 10 h, à 4 h. C'est une collection d'ouvrages chinois et japonais, inférieure à celle du musée Gruimet (p. 230), mais intéressant pour ses bronzes (plus de 2400). Conservateur : M. Causse. Pas de catalogue.

l»"- étage, où l'on monte à g, de l'entrée (vestiaire). Ire-IHo salles: meubles, tapisseries, grand vase en bronze, figures en grès, vases en grès Bizen (imitant le bronze; Japon) pour la plupart et porcelaines; livres d'images; ivoires; bibelots; masques. — IVe salle (à jour d'en haut): au milieu, sur un haut support, une statue assise du Bouddha de Mégouro, haute de 4 m. 50, des environs de Tokio. Devant, un brûle-parfum émaillé et une vitrine avec des gardes d'épées. A la fenêtre: grand brûle-parfum en forme de dragon; trois statues de Bouddha. Des trois autres côtés, sur des degrés, magnifiques bronzes chinois et japonais, en partie très antiques, surtout ceux du côté dr. Dans des vitrines, en haut: petits bronzes. Au mur du fond, en haut: superbe galerie en bois sculpté décorée de dragons, peut-être de l'école de Zingoro. — Ve et VI^ salles: porcelaines et quelques bronzes. — On descend ensuite au

Rez-de-chaussée: deux salles comprenant des porcelaines et des grès de Chine.

Le *parc Monceau ou parc de Monceau (pi. B. 15), qui est entouré d'une magnifique grille, a quatre entrées, la principale sur le boul. de Coiu'celles (stat. du Métro.), où il y a une petite rotonde, dite aussi pavillon de Chartres. Ce parc a eu pour un temps une grande célébrité. Acquis en 1778 par Philippe-Egalité, père du roi Louis-Philippe, il fut transformé eu jardin par Carmontel et devint, jusqu'à la Révolution, le rendez-vous favori du beau monde: des bals galants et des spectacles, des fêtes de toutes sortes y avaient lieu. C'est auj. un petit parc arrangé avec goût par Alphand (p. xxv) ; il y a de beaux arbres (palmiers, etc.). On y voit la Naumachie, pièce d'eau ovale bordée d'une colonnade corinthienne en hémicycle et avec une statue d'Hylas, en bronze, par Morice (1880). Près de là et plus loin, le monument de Guy de Maupassant (1850-1893), le romancier, avec une lectrice à ses pieds, marbre par Yerlet. A dr. de l'avenue van Dyck, près d'une source murmurante, le gracieux monument d'Âmbroise Thomas (1811-1896), marbre par Falguière (1902); le compositeur est assis sur un rocher; devant. Mignon lui offre des fleurs. A dr., dans l'avenue transversale, le monument de Gounod (1818-1893), avec son buste sur un socle élevé, trois

Btedeker. Paris. 15» éd. 15

•220 Jiive dr. 9. LES BATIGNOLLE.S.

figures: ]\[arguerite, Juliette et Sapho, et uu génie faisant de la musique, marbre par Mercié (1903). Sur les pelouses, des statues en bronze et en marbre: Jeune faune, par F. Charpentier; l'Abandonnée, par Vital Cornu; à dr. de la grande allée, le Joueur de billes, par Jjenoir; à g., le Charmeur, par B. de la Vingtrie; derrière, la Jjionne blessée, par Valton; plus loin à dr., l'Amour blessé, par Mabille; à g., le Semeur, par Chapu; à dr., le Faucheur, par Gumery ; près du boulevard, le Moissonneur, par Gaudez.

De la grille du parc du côté de l'avenue Yan-Dyck et de Vaveniie Hoche (pi. B. 12), on aperçoit, à dr., les dômes dorés de V église russe.

L'église russe (pi. B. 12), daus la rue Daru, a été bâtie de 1859 à 18t)l, dans le style byzantiuo-moscovite, sur les plans de Kouzmine. Sa forme est celle d'une croix grecque. Elle est visible les dimanche et jeudi de 3 h. à 5 h. L'intérieur se compose d'un vestibule, d'une nef et d'un sanctuaii'e, ce dernier fermé par une clôture dorée ou «iconostase», avec des peintures représentant Jésus, la Vierge et des saints russes, par les frères Sorokine et par Bronnikoff'. Il y a d'autres peintures par les mêmes artistes, des sujets bibliques, et par Vassïlieff, les Prophètes.

L'avenue Hoche aboutit à l'arc de triomphe de la place de

l'Etoile (p. 75).

Les Batignolles, au N. du parc Monceau, ont été annexées à Paris eu 1860, et sont maintenant en grande partie le centre des célébrités artistiques. Ce quartier présente quantité de jolis hôtels particuliers: dans la rue Prony (pi. B. 15, 11), en face de l'entrée principale du parc, et dans les rues latérales, telles que les rues Fortuny et Montchanin ; puis dans V avenue de ViUiers et sur le boul. Malesherbes. Sur \?i place Malesherhes (pi. B. 14), un grand hôtel dans le style du xvi«^ s. Daus les petits jardins de chaque côté de l'avenue: le Génie de la Musique et la Douleur d'Orphée, bronzes par Bailly et par Verlet. Plus loin, le monument d'Alex. Dumas père (1824-1870), d'après G. Doré, une statue, avec im groupe sur le devant, la Lecture, et derrière un mousquetaire assis, aussi en bronze. Sur cette place, qui prendra le nom de place des Trois- Dumas, s'élèveront les statues d'Alexandre Dumas fils, par de Saint- Marceaux, et du général Dumas, par Alph. Moncel.

Dans le voisinage, rue de Tocqueville, Vécole des Hautes Etudes Commerciales, devant laquelle il y a un petit square avec une statue d'Alain Chartier (1383-1449), le poète, par Moncel.

Au no 145 du boul. Malesherbes, le lycée Carnot (pi. B. 11-14), anc. école Monge. Plus loin encore, \?i place Wagram (pi. B. 11), décorée d'une statue d'^. de Neuville (1835-1885), le peintre militaire, bronze par F. de St-Vidal. La place est au-dessus du chemin de fer de ceinture, dont le raccordement a lieu non loin de là, à g., à la station de Courcelles-Ceinture (pi. B. 11). Au carrefour voisin, le monument cVEug. Flachat (1802-1873), ingénieur et initiateur de la construction métallique, buste et bas-reliefs par A. Boucher.

NETJILLY. ^'t'« '^r. 9. 227

Le square des Batignolles (pi. B. 14), à l'E. de la station des Batignolles (v. p. 45 de l'append.;. est im des plus grands de Paris (14300 m.), mais peu curieux. Il y a deux pièces d'eau et des statues en bronze: Circé, par Michel; le Belluaire, par Ferrary; le Dauphin, par Larroux, etc.

L'avenue de la Grande- Armée (pi. B. 9; stat. du Métropolitain, rue d'Obligado, v. p. 40 de l'appendice), prolongement de l'avenue des Champs-Elysées, conduit à

Weuilly, faubourg, comptant 37493 hab., surtout de petits rentiers, des artistes et des ouvriers. Il y a dans le quartier N. quantité de jolies maisons de campagne, bâties sur remplacement du parc du château de Louis-Philippe, détruit par la populace en 1848. Foire importante env. de la mi-juin à la mi-juillet.

Immédiatement au sortir de l'enceinte fortifiée de Paris est la porte Maillot, entrée X.-E. du bois de Boulogne (tramway pour le jardin d'acclimatation, v. p. 239). Au rond-point de cette porte, on doit ériger en 1903 un monument d'Alfred de Musset (1810-1857), le poète, par P. Granet. — A dr. , la chapelle St-Ferdinand (pi. B. 9), mausolée du style byzantin, là où mourut, en 1842, d'une chute de voiture, le duc Ferd. d^ Orléans, fils de Louis-Philippe. Ou peut la visiter; sonner au n" 13, eu deçà, près de l'avenue de Xeuilly ipourb.). Sur le maître-autel, une Descente de croix en marbre, par Triqueti. A g., le monument du prince, aussi par Triqueti, d'après Ary Schetfer, avec un Ange, par la sœur du duc, ^Farie d'Orléans (m. 1839). Les vitraux sont d'après Ingres (p. 141).

Xeuilly est traversé par la large avenue du même nom, à la suite de celle de la Grande-Armée. — Au rond-point d'Inkermaun, l'ÉGLisE St-Pierre (pi. B. 5), du style roman, et la statue de Perronet (1708-1794), qui construisit le pont de X'euilly, celui de la Concorde, etc., bronze par Gaudez. A quelques pas de là, la mairie (pi. B. 5), style renaissance, construite de 1882 à 1885 par André, et qui doit être décorée par Dagnau-Bouveret. Courtois, Dubufe, Poilpot, Chartran, Gervex, etc. Dans le jardin sur le derrière, la statue de Parmentier (1737-1813 ), qui iît à Xeuilly ses premiers essais de culture de la pomme de terre, aussi en bronze, par Gaudez (1888 >.

Yn heâiipont, datant de 1766-1772. par Perronet. traverse laSeine à l'extrémité de l'avenue de Xeuilly, à env. 3 kil. de l'arc de triomphe. De l'autre côté se trouvent, à dr. Courhevoie (p. 342) et à g. Puteaux (p. 342 1, entre lesquels monte une autre avenue, de près de 1 kil. de long, faisant suite aux précédentes, jusqu'au monument de la Défense (p. 342).

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