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Quartier St-Germain

Le quartier de la rive g. , en face du Louvre et des Tuileries, compris à l'E. dans le YI^^ arrondissement (Luxembourg) et à l'O. dans le Vn^ (Palais-Bourbon), est le centre de la haute aristocratie, dont les hôtels se trouvent surtout dans la partie occidentale (p. 303). Jusqu'à la fin du xvii*^ s. , il était en dehors de l'enceinte fortifiée, qui n'englobait sur la rive g. que l'Université. Il portait alors le nom 'à^ faubourg St-Germain qu'il a conservé.

Le pont des Arts (pi. R. 20 ; IV) forme la limite du quartier St-Germain à l'E. C'est une grande passerelle qui ne sert qu'aux piétons. Il a été construit de 1802 à 1804 et ainsi nommé parce que le Louvre s'appelait alors le «palais des Arts». On y a de beaux coups d'œil. — A dr. entre ce pont, celui du Carrousel et le Pont- Eoyal, en contre-bas du quai du Louvre, s'étend \q ])ort St-Nicolas, où mouillent presque toujours un ou deux grands bateaux marchands (sucre français; grès anglais), venant de Londres ou de Liverpool, C'est «Paris port de mer» en herbe (v. aussi p. 328). — De l'autre côté du pont, à g. de l'Institut (v. ci-dessous), se trouve la place occupée autrefois par la fameuse tour de Nesle, où, selon une tradition qui n'est du reste appuyée par aucun témoignage, Marguerite de Bourgogne, femme de Louis X, se livrait à des orgies, suivies de crimes, qui ont fourni à Al. Dumas le sujet de son drame populaire : la «Tour de Xesle» (le plan de cette tour est gravé sur une plaque à l'angle de l'aile g. de l'Institut et du quai de Conti).

L'Institut de France (pi. Pv. 20; IV) est l'édifice à dôme assez lourd qui s'élève sur la rive g. en face du Louvre, à l'extrémité de ce pont (quai de Conti, 23-25). Il est précédé d'une statue de la République, par Soitoux, de 1850.

Le cardinal Mazarin (m. 1B61) avait, dans son testament, destiné une somme considérable à l'établissement d'une maison d'éducation pour les jeunes gens des provinces nouvellement annexées à la France, c'est-à-dire du Roussillon, de Pignerol, des Flandres et de l'Alsace. L'établissement s'appela d'abord collège Mazarin, mais le peuple le nomma collège des Quatre-Nations. La Convention le donna aux Académies et le wommo, palais de l'Institut.

UInstitut compte en tout 226 membres, qui se complètent par élection, et dont le choix doit être approuvé par le chef de l'Etat. Il se divise en Académie Française, Académie des inscriptions et belles-lettres, Académie des sciences, Académie des heaux-arts et

294 Bweij.n. INSTITUT DE FRANCE.

Académie des sciences morales et 'politiques. Chacune d'elles compte quarante membres ordinaires, excepté l'Académie des sciences, qui en a soixante-six, et, sauf l'Académie Française, elles ont de plus des membres libres, des associés étrangers et des correspondants. La grande séance annuelle de l'Institut a lieu le 25 oct. dans la « salle des séances solennelles », qui se trouve sous la coupole (jadis une chapelle) et qui est décorée de statues de savants, d'écrivains et d'artistes français. Les différentes académies se rassemblent à diverses époques (mai, juillet, décembre, octobre et avril) dans d'autres salles. Les séances sont publiques, mais il faut des cartes d'entrée qu'on obtient en s'adressant par écrit au secrétariat. On peut visiter l'édifice tous les jours, sauf le dim.

Ij Académie Française^ la plus ancienne des cinq , doit son origine à une société d'érudits qui se réunissaient dès 1629 pour s'occuper de questions scientifiques; elle fut élevée au rang d'institution nationale par Richelieu de 1634: à 1635. Elle est surtout chargée de réviser le Dictionnaire de la langue française, dit de l'Académie, et de rédiger le Dictionnaire historique de la langue française. Elle décerne des prix, entre autres, les deux irrix Muntyon, fondés par le baron de Montyon (m. 1820), le premier pour le Français qui aura accompli dans l'année l'action la plus vertueuse (18 000 fr.), et le second pour l'ouvrage littéraire le plus utile aux mœurs, publié au plus depuis deux ans (19000 fr.), ainsi que plusieurs autres prix de vertu, soit plus de 50000 fr. en tout. Prix Gobert (10 000 fr.) pour l'ouvrage le plus éloquent sur l'histoire de France. Séance ordinaire le jeudi, de 3 h. à 4 h. 1/2; annuelle en novembre.

li' Académie des inscriptions et belles-lettres , fondée par Colbert en 1663, a pour objet l'étude des inscriptions, des médailles, des monuments, des antiquités, des langues anciennes et orientales, etc. Elle publie des Mémoires. Prix Garnier, 14000 fr. et un autre prix Gobert (v. ci-dessus). Séance ordinaire le vendr., de 3 h. à 5 h.; annuelle en novembre.

Il' Académie des sciences, fondée par Colbert en 1666, s'occupe des sciences mathématiques et des sciences physiques. Publications: «Mémoires» et «Comptes-rendus des séances». Prix La Caze, Jecker et Petit d'Ormoy (6 fois 10 000 fr.). Séance ordinaire le lundi, de 3 h. à 5 h.; annuelle en décembre.

Il Académie des beaux-arts est sortie de l'Académie de sculpture et de peinture fondée par Mazarin en 1648 et de l'Académie d'architecture fondée par Colbert en 1671, et réunies sous le nom actuel en 1816. Elle s'occupe de peinture, de sculpture, d'architecture et de musique. Elle publie un Dictionnaire. Divers prix aux artistes et architectes. Séance ordinaire le sam., de 3 h. à 5 h. ; annuelle en octobre.

En 1793, la Révolution supprima les Académies et les remplaça par V Institut Natio)ial, dont la première classe était l'Académie des Sciences physiques et mathématiques et la troisième classe l'Académie de la Littérature et des Beaux-Arts. On y joignit comme seconde classe V Académie des Sciences morales et politiques, qui s'occupe de philosophie, de morale, de législation, d'économie politique, d'administration et de finances. En 1805 la troisième classe (Littérature et Beaux-Arts) fut divisée, c.-à-d. qu'on rétablit l'anc. Académie des inscriptions, tout en supprimant l'Académie des sciences morales et politiques, qui fut réorganisée eu 1832. Elle publie des Mémoires. Divers prix spéciaux. Prix Andiffred, pour dévoûmont, 15 000 fr. Prix Carnot, de 16 600 fr., à répartir chaque année, par fractions de 200 fr., entre des veuves d'ouvriers chargées d'enfants. Séance ordinaire le sam., de midi à 2 h.; annuelle en décembre. — Il y a en outre quelques prix distribués alternativement par chaque Académie.

L'édifice renferme en outre : la bibliothèque de l'Institut Cseule-

MONNAIE. liive g. n. 295

ment pour les membres); — la bibliothèque Mazarine, puLl. tous les jours de la sem., de 11 h. à 4 ou 5 h., qui compte plus de 300 000 vol. et 5800 manusc., et qui renferme 80 modèles eu relief des monuments cyclopéeus de l'Italie, de la Grèce et de l'Asie Mineure, ainsi que plusieurs œuvres d'art antiques; vacances du 15 sept, au l^"" octobre; — le petit musée de Mme de Caen, qui n'est pas public, mais qu'on peut voir en le demandant, rue de Seine, 1. La comtesse de Caen (m. 1870) ayant légué la plus grande partie de sa fortune pour des pensions aux jeunes artistes «prix de Rome», à la condition qu'ils contribueraient par une œuvre à la formation d'un musée spécial, ce musée comprend déjà un certain nombre de tableaux, de sculptures et d'ouvrages d'architecture.

Sur les petites places à l'O. et à l'E. de l'Institut, les statues rie Voltaire (1694-1778) et de Condor cet (1743-1794), en bronze, par Caillé et par J. Perrin.

Au n» 5 du quai de Conti, la maison où Bonaparte habitait en 1785 au cinquième étage. — Derrière l'Institut (à dr.) part la longue rue de Seine (pi. R. 20, 19; /F) qui mène tout droit au Luxembourg. Le u" 6 est sur l'emplacement de l'hôtel de Marguerite de France ou de Valois, la « reine Margot », femme répudiée de Henri IV ; il a été reconstruit au xviiie s. Maisons anciennes: u'^ 12 (où habitèrent David, Talma, David d'Angers, etc.), 41, 42, 57, etc. Eu ^-ue de la création du Métropolitain, on prolongera sans doute la rue de Reunes et l'on jettera sur la Seine, peut-être à la place du pont des Arts, un nouveau «pont de la Monnaie», ce qui bouleversera ce coin pittoresque du vieux Paris. — Au bout du passage des cours de l'Institut, la rue Mazarine, où se trouvait le théâtre G-uénégaud (p. 34; plaque au n" 42).

L'hôtel des Monnaies ou la Monnaie (pi. E. 20; IV), le long bâtiment à g. de l'Institut et près du Pont-Neuf (p, 265), a été construit de 1771 à 1779, par Jacques-Denis Antoine. La façade, longue de 120 m., présente au milieu un avant-corps avec, colonnade d'ordre ionique, surmontée de statues allégoriques par Le Comte, Pigalle et Mouchy. C'est Charles le Chauve qui créa la chambre des monnaies. Il y a à l'hôtel des ilonn-aies un

Musée monétaire, qu'on visite avec une autorisation du directeur, les mardi et vendr. de midi à 8 h. Cette autorisation, qu'il faut demander par écrit, est valable pour 4 ou 5 personnes et sert en même temps pour la visite des ateliers. Le bel escalier à dr. en entrant conduit aux salles du musée.

Dans le vestibule, les matières premières pour la fabrication des iuounaies. — A dr. du vestibule, daus un cabinet, une vitrine avec des monnaies antiques et des armoires avec des médailles. Dans le cabinet du côté opposé , des spécimens de timbres-poste. — Les vitrines de la grande salle (décoration dans le style Louis XVI) renferment une collection de monnaies françaises, classées par ordre chronologique, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, les plus nombreuses datant des règnes de Louis XIV et de Louis-Philippe; une collection de monnaies étrangères de tous les pays et des médailles frappées en différentes circonstances. Au plafond:' «le Triomphe de l'Exposition universelle de 1889», par J.-J. Weerts. — Plus loin, dans un couloir, des essais d'argent; puis une salle avec des modèles d'instruments et de fourneaux pour le monnayage. — Dans la salle suivante, des coins de monnaies, etc. Il y a aussi un modèle, au Vai^, et des reproductions en cire de la colon)ie Vendôme (p. 86), un buste de Napoléon lar par Canova, et sou masque moulé après sa mort; des modèles d'anc. balanciers, une collection des modèles et types des œuvres des graveurs contemporains, etc.

Les ATELIERS méritent d'être vus. On ne visite que la partie où se

296 Hlve g. 17. ECOLE DES BEAUX-ARTS.

fabriquent les pièces d'argent: fonderie, laminage, découpage et monnayage, et les ateliers de la fabrication des médailles. Les machines à frapper la monnaie, inventées par Thonnelier, peuvent produire 60 pièces à la minute et toutes ensemble plus de 2 millions de francs en une journée. C'est aussi à la Monnaie que sont essayés et poinçonnés les articles d'orfèvrerie eu or et en argent. Dans l'atelier du monnayage, une statue en marbre de la Fortmie, par Mouchy.

Xous revenons du côté de l'Institut et nous tournons dans la deuxième rue à g., la rue Bonaparte, où se trouve, au n» 14, l'entrée de l'Ecole des Beaux-Arts.

L'Ecole des Beaux- Arts (pi. R. 17-20; IV) a été créée à l'époque de la Révolution par la réunion de l'Académie de peinture et de sculpture (p. 294) à celle d'architecture. Elle a pour objet l'enseignement de la peinture, de la sculpture, de l'architecture et de la gravure. Les élèves qui obtiennent un grand prix sont envoyés à Rome et pensionnés par l'Etat pendant quatre ans. Les œuvres qu'ils envoient de là sont exposées ici sous le nom de «grands prix de Rome». Cette haute école compte 33 professeurs et plus de 1500 élèves de toutes les nations. Le directeur actuel est M. Paul Dubois, le sculpteur.

Le palais des Beaux-Arts a été commencé en 1820 par Dehret et terminé en 1838 par Duhan. Il s'élève à la place qu'occupait autrefois le couvent des Petits-Augustins. Depuis lors, il s'est agrandi d'une aile, avec façade sur le quai 3Ialaquais, et de l'anc. hôtel CJiimay, à côté de cette aile, où sont les études des élèves. — - Il est ouvert au public les dim. (pas les fêtes) de midi à 4 h., mais on peut parfois le visiter dans la sem. vers 2 h. de l'après-midi, en s' adressant au concierge, qui vous fait accompagner par un gardien (pourb.).

La l^'e COUR, à l'entrée de laquelle sont des bustes de P. Puget et N. Poussin, par Mercié, renferme des fragments d'architecture, restes du musée des Monuments, fondé à l'époque de la Révolution par Alex. Lenoir (m. 1839) , avec ce qu'on avait pu sauver des églises et des châteaux détruits alors. Ce musée fut supprimé en 1816, et les objets retournèrent pour la plupart à leurs anciens propriétaires. Au milieu de la cour, une colonne en marbre louge jaspé, surmontée d'une statue de l'Abondance, en bronze, du xvi« s. A g., au mur, une fresque sur lave, par les frères Balze, d'après la fresque de la Magliana de l'école de Raphaël (p. 125). A dr., le célèbre portail du château d'Anet, que Henri II fit construire en 1548 pour Diane de Poitiers, par Pldl. Delontie et J. Goujon, actuellement l'entrée du musée de la Renaissance (p. 298). A côté du portail, dans le mur, des restes de l'hôtel de la Trémouille, du xiv^ s., qui se trouvait jadis dans la rue des Bourdonnais.

La 2e COUR est séparée de la précédente par l'une des façades du château de Gaillon, que le cardinal Georges d'Amboise, ministre de Louis XII, fît construire de 1500 à 1510 par Guill. Senault et Pierre Fain. Le mélange qu'elle présente des formes gothiques et

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