ECOLE DE§ BEAUX- ARTS
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Vestibule
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ECOLE DES BEAUX-ARTS. Hive g. il. 297
de la Renaissance en fait un spécimen caractéristique de ce château, détruit par la Révolution. Dans la cour, d'autres fragments d'architecture et de sculpture françaises, surtout un bassin en pierre de 4 m. de diamètre, orné de 28 têtes de dieux ou de héros du paganisme, d'animaux et des quatre éléments, de la fin du xii^ s., provenant de l'abbaye de St-Denis.
L'ÉDIFICE PRINCIPAL, dont la *façade, construite par Dvban^ est l'un des plus beaux spécimens de l'architecture française du xixe s., renferme surtout des moulages et des copies d'après des œuvres d'art célèbres de l'antiquité et du temps de la Renaissance.
Au rez-de-chaussée, des moulages de statues antiques et des copies de peintures, de Pompéi, d'Herculanum, de Delphes, etc. En outre quelques marbres antiques de la Villa Médicis à Rome : à dr. et à g. de la porte de la cour, un torse de Vénus et un de Mars ; au fond à g., un torse de la Minerve Médicis, marbre romain d'apr. une œuvre grecque du temps et de l'école de Phidias.
On traverse la cour vitrée intérieure , puis le corridor en face, où il y a un beau monument de Duhan (1797-1870) , architecte de l'Ecole, par E. Guillaume, et l'on parvient à
L'amphithéâtre (pi. 1), qui est décoré du célèbre "^Hémicycle de Paid Delaroche. C'est une peinture à l'encaustique représentant les artistes les plus célèbres de toutes les époques et de toutes les nations, 75 figures plus grandes que nature ; au milieu, sur un trône, les grands maîtres grecs: Phidias, Ictinus et Apelles, représentant la sculpture, l'architecture et la peinture; à g., les arts grec et gothique ; à dr., l'art roman et celui de la Renaissance. En face de l'Hémicycle, une peinture d'Ingres, Romulus, vainqueur d'Acron, emportant les dépouilles opimes.
Premier étage. — Des escaliers à dr. et à g. entre le vestibule et la cour intérieure (p. 296j mènent aux salles du 1^^ étage, où il y a un riche musée de copies de peintures de toutes les écoles, des moulages de petites œuvres d'art, de modèles de bâtiments, etc.; les galeries à dr. et à g. de la cour vitrée sont décorées de copies des «loges» de Raphaël au Vatican, par les frères Bcdze. La Salle de Louis XIV (pi. 3) contient des copies de tableaux de maîtres, dessins originaux de grande valeur et bustes d'artistes. Ensuite, un couloir avec des peintures originales , des portraits d'artistes (P. de Chavannes, émail par Georges-Jean), etc., et une tribune d'où l'on voit bien l'Hémicycle de P. Delaroche. — Salle du Conseil (pi. 4): portraits et bustes d'artistes, entre autres ceux du sculpteur Dubois, par Falguière, des peintres Gérôme et Lenepveu, par Carpeaux et Injalbert, de l'architecte Garuier, par Carpeaux, et des peintres Henner et Baudry, par Dubois ; une statuette de Meissonier, bronze par V. Géniito ; puis, huit torchères en bois du temps de Louis XIV, horloge dans le style de Boulle. — La bibliothèque (pi. 2) comprend plus de 20000 vol. et quantité de dessins. Conservateur, M. Eug.
298 nit^e g. 17. ECOLE DES BEAUX-ARTS. R^^e Bo-
Munster, le critique d'art. On obtient des livres avec une carte d'entrée, qu'il faut demander par écrit.
L'ÉDiFiCK ADJACK^^T, du côté X. de la première cour, d'où l'on y entre par le portail du château d'Anet (p. 296), renferme l'anc. chapelle du couvent des Auyustlns transformé en un «musée de la Renaissance». Copies de tableaux et moulages, d'après des œuvres de grands artistes italiens des xiv«, xv^ et xvi«^ s. — Dans le vestibule des Ecoles, à côté de la chapelle, se voit le monument d'' Ingres, avec son buste en bronze, et les médaillons de Flandrin et Simart, par E. Guillaume. A côté est la cour du Mûrier, entourée de galeries, avec des sculptures faites à Rome par d'anciens élèves de l'école, etc., et le monument de H. Begnmdt et d'autres élèves de l'école, tués en 1870-71, statue de la Jeunesse, par Chapu.
Un autre vestibule, en face de ce mur, donne entrée d'ici dans la salle de Melpomène, qui contient encore des tableaux du musée des copies et où sont placés en été, à l'époque des concours, les ouvrages des élèves. Cette salle sert aussi à des expositions particulières. Les dimanches et lors des expositions, on peut y entrer du quai Malaquais, à l'autre extrémité. — Dans les salles 5, 6 et 7 de notre plan sont exposés les grands prix de Rome depuis la fin du xviii*^ s.
Dans la rue Bonaparte , nous voyons encore , à dr. au sortir de l'Ecole des Beaux-Arts, l'Académie de médecine (pi. R. 19; IV). Cette académie, qui ne fait pas partie de l'Institut (p. 293), a été fondée en 1820 et elle avait son siège près de l'hôpital de la Charité (p. 302). Ce nouvel édifice, construit sur les plans de J. Rochet, a été ouvert en 1902. La façade est du style classique, modernisé par la décoration empruntée à la iiore médicinale. Les colonnes de l'étage sont de l'ordre ionique. A la clef de voûte de la grande baie du pavillon d'entrée, une tête d'Esculape d'après une antique du Louvre. La visite se fait le mieux de 4 h. à 5 h. (pourb.).
Intérieur. Vestibule: à dr. en entrant, le beau buste du Dr E. Dechambre (1812-1886), par E. Earrias; encore à dr., des statues eu piei-re, par Robinet, du baron Larrey et deDesgenettes, tous deux médecins militaires du premier Empire. Puis, cinq bustes d'académiciens, dont ceux de Péan et Broea. — En haut du perron: à dr., le grand escalier avec trois bustes, dont celui de Tarnier, et l'ascenseur. — le-- étage: à g., la scdle de lecture, où se trouvent à dr. et à g., deux tableaux: Muller, Desgenettes sur le champ de bataille; puis, Msgr. de Belsiuice à la peste de Marseille. A dr. de cette salle, le cabinet du bibliothécaire, un petit musée d'instruments et la vaste bibliothèque. En face (à dr. du grand escalier), la salle des Pas- Perdus, ornée d'une trentaine de bustes d'académiciens. Le troisième buste à g. de la porte est celui d'Ambroise Paré (1510-1590), chirurgien des rois Henri II et III et Charles IX, marbre par David d'Angers, avec l'inscription: «Je le pansay et Dieu le guarit». Dans la paroi, en face de l'entrée de la salle des Séances, un tableau de Muller: Piuel (17 45-182(5) faisant enlever les fers aux aliénés de Bicêtre. A dr. et à g. de l'entrée de la salle suiv. : une copie de la Leçon d'anatomie, d'après Rembrandt, et Harvey faisant l'expérience de la circulation du sang devant Charles le', Au-dessus et aux deux extrémités : six portraits d'académiciens. La salle
naparte. ST-GERMAIX-DES-PRES. ^i^e g. n. 299
des Séances, qui a un plafond vitré, peut s'éclaixer le soir au moyeu de 200 lampes à incaudescence suspendues au-dessus. Au hout de la salle des Pas-Perdus: le salon de Conversation , où se voit, au mur de dr., un grand tableau: les Savauts hollandais dissertent sur la découverte du quinquina. Dans la salle du Conseil, au-dessus de la cheminée, un portrait de Vésale, le créateur de l'anatomie, attribué au Titien. A l'opposé, sur une cour (entrée indépendante), sont concentrés les services de vaccine, les laboratoires de chimie, de bactériologie, etc. Il y a là trois étables pouvant contenir douze génisses et trois laboratoires pour la préparation du vaccin.
^St-Germain-des-Prés (pi. R. 19; IV), où la rue Bonaparte nous mène ensuite en 3 min., est une des plus anciennes églises de Paris. Elle dépendait de la puissante abbaye de St-Germain, fondée au vi« s., qui eut pour abbés des cardinaux et même les rois Hugues Capet et Casimir V de Pologne, et qui fut illustrée, après avoir adopté la réforme de St-Maur, par les Mabillon, les Montfaucon, etc. La nef remonte au xi*" s. Le chœur fut consacré en 1163. mais il a subi des changements, surtout dans les fenêtres, qui annoncent le style ogival. Deux clochers, au transept, ont dû être en partie démolis en 1821. L'édifice, négligé depuis la Révolution, a été entièrement restauré depuis 1836.
L'intérieur a été peint et doré de 1852 à 1856 dans le style du xi» s. A dr. de l'entrée, une imitation de la statue en bronze de St Pierre à Rome; à g. de St Pierre, une statue en marbre de Notre-Dame de Consolation, offerte à l'abbaye de St-Denis par la reine Jeanne d'Evreux, en 1340.
La belle * frise, peinte de 1852 à 1861 par Hipp. Flandrin (p. 142), représente des scènes de l'Ancien Testament et leur accomplissement dans le Nouveau (on ne peut bien la voir que par un temps clair, au milieu de la journée). A g., à partir de l'entrée : le Buisson ardent et l'Annonciation ; la Promesse d'un rédempteur et la Nativité de J.-C. ; la Prophétie de Balaam et l'Adoration des mages; le Passage de la mer É.ouge et le Baptême de J.-C; le Sacerdoce de Melchisédech et l'Institution de l'Eucharistie. De l'autre côté, en revenant: la Vente de Joseph et la Trahison de Judas; le Sacrifice d'Abraham et la Mort de J.-C; Jonas et la Résurrection de J.-C; la Dispersion des hommes et celle des Apôtres; l'Ascension de J.-C. et les Préliminaires du Jugement dernier (ces deux dernières peintes par Fmd Flandrin, frère d'Hippolyte). — Devant le chœur, à la croisée, les Quatre archanges. — Les chapiteaux archaïques des colonnes sont pour la plupart des copies des originaux qui ont été transférés dans le jardin de l'hôtel de Cluny (p. 285). En face de la chaire, le monuDient d'H. Flandrin (m. 1864), avec un buste par Oudiné.
Dans le bras dr. du transept, le tombeau d'Olivier et de Louis de CcisteUan (m. 1644 et 1669), avec leurs médaillous, par Girardon. A g., au-dessus de l'autel, une Ste jîargnerite, marbre par J. Bouiiet (1705).
Dans le chœur, fresques à la cire sur fond d'or, commencées en 1842, par H. Flandrin, et achevées en 1861: à g.. l'Entrée de J.-C à Jérusalem; à dr., le Portement de croix; au-dessus, la Vierge et le Christ, en gloire; les Vertus chrétiennes et morales; an-dessus des arcades, les Apôtres, les Symboles des Evangélistes et l'Agneau de l'Apocalypse.
Chapelles du chœur. Dans le passage menant à la chap. à g. de la sacristie: «Venez et je vous ferai pêcheurs d'hommes», tableau par P. Sabatté (1893). Dans la chap.: tombeau du duc Jacques Douglas (m. 1645). — Dans la chap. suiv., les plaques tombales de savants célèbres: Mabillon{m. 1707), Descartes (m. 1650) et Mont faucon (m. 1641). — Derrière le maître-autel, la chap. Notre-Dame, moderne et décorée de deux grisailles, par Heim, l'Adoi-ation des mages et la Présentation au temple. — Dans
300 Hive (J- iT- RUE BONAPARTE.
la chap. St-Pieire-ct-St-Paul, le monument de Boileau (m. 1711). - Dans la l" chap. du côté g., un second monument de la famille Douglas.
Dans le bras g. du transept, le monurnent de Casimir V (m. 1072), roi de Pologne (v. p. 299). Sur l'autel, une statue de St François-Xavier, par G-. Coustou. Dans le haut, des fresques par Cornu.
Près de l'église, au coin de la rue Bonaparte, une belle enseigne: Bonaparte et la Gloire, par A. Willette.
Au N. de l'église, du côté de la rue de l'Abbaye, un petit square avec trois ou quatre arcades provenant d'une salle capitulaire de l'abbaye et autres sculptures gothiques découvertes dans les terrains de l'anc. abbaye. Ensuite, rue de l'Abbaye, n» 10, une maison où l'on peut visiter les curieuses caves de l'abbaye (s'adresser au concierge). Au no 3 se voit un reste du palais abbatial, de la seconde moitié du xvi^ s.
En face, à g., la rue de Fiirstenberg (pi. R. 19, 20; IV) qui doit son nom au bruyant cardinal de Fursteuberg, maître de l'abbaye sous Louis XIV, et au u" 6, la maison où le peintre Delacroix est mort en 1863 (plaque dans la cour). Un pilier de l'anc. porte de l'abbaye se voit au coin de la rue Jacob, un peu plus loin. — La prison de V Abbaye, où furent enfermées les 270 victimes des massacres de septembre 1792, était derrière, là où passe le boni. St-Germain, mais on les égorgeait sur la place St-Germain, au bout de la rue Bonaparte. — Le pré aux Clercs, fameux au moyen âge comme promenade des écoliers, etc., était de ceux qui entouraient l'abbaye.
Dans un petit square au S. de l'église St-Germain , une reproduction de la statue de Bern. Palissy (1510-1589), par E. Barrias, et à dr., au mur, un grand portail à bas-relief en porcelaine de Sèvres.
— Sur le boulevard, la statue de Diderot (1713-1784), bronze par Gautherin. Là commence la rite de Bennes, au bout de laquelle est la gare Montparnasse (p. 337).
A dr. de cette rue, au no 50, l'entrée de la cour du Dragon, avec un balcon reposant sur un beau dragon (xviiie s.). Au bout de cette curieuse cour, où il y a des tours pour les escaliers, la rue du Dragon (pi. R. 16 ; IV), où se voit: au n» 24, la prétendue demeure de B. Palissy (terre cuite; 1575).
Nous continuons de suivre la rue Bonaparte (pi. R. 16 ; IV), à g. ; elle nous conduit en quelques minutes à la place St-Sulpice (stat. d'omnibus), où s'élève la belle fontaine St-Sidpice, érigée en 1847 sur les plans de Visconti. Cette fontaine se compose de trois bassins superposés, et elle est décorée des statues des quatre grands prédicateurs français des xyii^ et xviii«^ s. : Bossuet, Fénelon, Massillon et Flécbier. — Le long édiiîce au S. est le sérnbiaire de St-Sidpice.
— Sur la même place, à l'O., la mairie du VP arrondissement (Luxembourg), dont la salle des fêtes a un plafond par H. Lévy.
*St-Sulpice (pi. R. 19; IV), la plus importante et la plus riche des églises de la rive g., a remplacé une église paroissiale du xir s., reconstruite à partir du règne de Louis XIV, d'abord sur les plans de Gamart, puis continuée par Levau et d'autres, et achevée de 1733 à 1749 par le Florentin Servandoni. Sa façade, de Servandoni, qui passe pour une des meilleures de son époque, se compose de deux portiques, dorique et ionique superposés, et elle est flanquée
ST-SULPICE. Rive g. n. 301
de deux tours, dont la plus haute, reconstruite par Chalgrin et la seule achevée, a 73 m. Cinq escaliers, entre les colonnes, conduisent à l'entrée. A dr. et à g. du portail central, les statues de St Pierre et de St Paul. Cette église fut le temple de la Victoire sous la Convention, et l'on y donna un banquet au général Bonaparte (1799). Quand les grilles sont fermées, on entre par le portail latéral du S. ou par une petite porte à g. derrière le chœur.
L'isTÉKiEUR, long de 140 m., sur 56 de large et 33 de haut, est en forme de croix et à trois nefs à voûtes en berceau, avec de lourds piliers corinthiens. — A dr. et à g., au second pilier, deux bénitiers, énormes coquilles, offertes à François le"" par la république de Venise, reposant sur des rochers de marbre sculptés.
Chap. de dr. : 1, la Lutte de Jacob et Héliodore chassé du temple, œuvre superbe ; au plafond , St Michel et le dragon , trois compositions d^Eiig. Delacroix ; 2, la Religion consolant un mourant et les Prières pour les morts, par Heivi; 3, St Roch priant pour les pestiférés et sa mort, ^9.x Abel de Piijol (1822); 4, Scènes de la vie de St Slaurice, par Vinchon (1822); 5, monument de marbre du curé Languet (m. 1750), par Slodtz.
Chap. de g.: 1, Miracles de St François -Xavier, par Lafon (1859); 2, St François de Sales prêchant et remettant à Ste Chantai la règle de l'ordre de la Visitation, par liesse (1860); 3, St Paul converti et devant l'Aréopage, par Drolling (1850); 4. St Vincent de Paul avec des sœurs de charité et au lit de mort de Louis XIII, par Guillemot (1825) et un groupe eu marbre par E. Cabiicfiet (1857); 5, grand autel sculpté avec crucifix et confessionnaux style Louis XV.
Bras g. du transept, la Trahison de Judas et le Cnicifîment de J.-C. ; bras dr. , la Résurrection de J.-C, l'Ascension et des Prophètes, par Signol. — On a tracé ici en 1743, sur le pavé, une ligne méridienne, qui se prolonge sur un obélisque de marbre blanc indiquant le vrai nord, tandis qu'elle coiTespond au S. à une fenêtre boiichée sauf une ouverture, par où un rayon de soleil tombe à midi sur la méridienne. — Dans le chœur, aux piliers, huit Apôtres, deux Anges, un Christ à la colonne et une Mater Dolorosa, par Boiichardon. Les statues assises au-dessus des portes, St Paul et St Jean l'Evangéliste, sont de Pradier.
Déambulatoire. — Chap. à g. du chœur: 1, le Martyre et le Triomphe de St Jean l'Evangéliste, par Glaize (1859); 2, St Charles-Borromée pendant la peste de Milan et administrant Pie IV, par A. Pichon (1867); 3, St Joseph, par Ch. Landelle (1875); 4, St Louis portant un mourant et rendant la justice, par L. Matout (1870). Au-dessus de la porte latérale, la Mort de la Vierge, par E. Bin (1874). — Chap. à dr. du chœur, en recommençant: 1, Prédication de St Denis et sa Condamnation, de Jobbê-Duval (1859); 2, St Martin partageant son manteau et ressuscitant un mort, par F. Mottez (1863); 3, Ste Geneviève secourant Troyes et Miracles opérés par ses reliques, de G. Timbal (1864); 4, Nativité' et Présentation de la Vierge, ])a.v L. Lenepveu (1864). Au-dessus d'une autre porte, l'Assomption, par E. Bin (1874). — Dans la belle chapelle de la Vierge , derrière le maître - autel , la Vierge et l'Enfant, groupe en marbre par Pigalle ; la fresque de la coupole, l'Assomption, est de Lemoyne. — La chaire repose uniquement sur ses escaliers.
Beau buffet d'orgue d'après Chalgrin, avec statues par Clodion. Ij orgue, œuvre de Cliquot, reconstruit par Cavaillé-Coll, est un des plus grands du monde (5 claviers , 118 registres et 6588 tuyaux). — St-Sulpice se distingue, pour la musique, par ses exécutions en plain-chant.
La rue St-Sulpice à g. de l'église , puis la rue de Tournon à dr. mènent de St-Sulpice au palais du Luxembourg (p. 316).
302 tiive g. n. QUAI D'ORSAY.
Plusieurs beaux ponts, offrant tous une belle vue, relient la rive dr, à la partie occidentale du quartier St-Germain.
Le pont du Carrousel (pi. R. 17, 20; //, IV) part du quai du Louvre, près du guichet au S. de la place du Carrousel. C'est V?iU('\^ïx pont des Sis-Pères, (^ousivMii de 1832 à 1834, par Palonceau. Il est orné de statues colossales: l'Abondance et l'Industrie sur la rive dr. ; la Seine et la Yille-de-Paris sur la rive g., d'après Petitot. Non loin, de ce côté, l'école des Beaux-Arts (p. 296).
Un peu à g. du pont, la rue des Sts-Pères, où se voit Vhôpital de la Charité (pi. R. 17; IV)^ qui doit disparaître. — A dr. de cette rue, celle de Lille: n» 78, anc. résidence du prince Eugène de Beauharuais, vic«-roi d'Italie, auj. ambassade d'Allemagne; u» 2, école des Langues orientales, fondée en 1795, par la Convention; dans la cour, le buste de Sylvestre de Saey (1758-1836), par Rochet.
Le Pont- Royal (pi. R. 17; //), à cinq arches en pierre, construit en 1685, se détache du quai des Tuileries, en face du pavillon de Flore (p. 67).
Au même quai, vis-à-vis de l'issue centrale du jardin des Tuileries (p. 65), aboutit le pont de Solférino (pi, R, 17; //), à trois arches en fer, bâti de 1858 à 1859. — • Pour les ponts de la Concorde et Alexandre III, v. p. 65 et 228.
La gare du Quai- d'Orsay (pi. R. 17; //; v. p. xiii) attire l'attention à dr. au delà du pont de Solférino, sur le quai d'Orsay, à côté de la Caisse des Dépôts et Consignations. C'est une vaste construction élevée de 1898 à 1900, sur l'emplacement de l'anc. palais de la Cour des Comptes, incendié par les communards en 1871. La ligne d^ Orléans a été prolongée jusqu'ici de son anc. gare (Quai d'Austerlitz, v. p. 329) sur un parcours d'env. 3650 m., dont 3000 en tunnel. V arrivée est sur la façade, dans l'axe des voies, rue Bellechasse, et le départ du côté de la Seine. Les voies y sont à l'étage inférieur. Au l^r étage, un beau buffet, où l'on monte par le café du rez-de-chaussée. Un hôtel (p. 5) occupe le reste du bâtiment.
En face de cette gare est le palais de la Légion d'honneur (pi. R. 17; 77), joli hôtel, construit de 1782 à 1789 pour le prince de Salm-Kyrbourg par Rousseau, incendié par la Commune et rebâti par souscription. On en remarquera la décoration et la cour. C'était le centre des réunions de Mme de Staël, sous le Directoire.
La Chambre des députés (pi. R. 14; 77), dite aussi Palais- Bourhon, s'élève sur le quai d'Orsay, à l'extrémité du boulevard St-Germain (p. 303), en face du pont et de la place de la Concorde (p. 63-65). Ce palais fut commencé en 1722 par la duchesse douairière de Bourbon, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan, sur les plans de Girardini. Le prince de Condé, petit-fils de la duchesse, l'agrandit (1777). Devenu propriété nationale en 1790, il fut transformé pour servir aux séances du conseil des Cinq-Cents, puis du Corps législatif et de la Chambre des députés. La façade primitive est à l'opposé de la Seine, rue de l'Université, et la place
CHAJMB RE DES DEPUTES. Bive g. n. 303
qui la précède est décorée d'une statue de la Loi, par Feuchères (1855). La façade qui donne sur le fleuve, construite de 1804 à 1807 par Poyet, a un péristyle corinthien de douze colonnes, précédé d'un perron que décorent les statues de Théniis et de Minerve, de d'Aguesseau, Colbert, L'Hôpital et Sully. De chaque côté sont des bas-reliefs par JRvde et Pradier, et au-dessus de la colonnade un fronton par Cortot, la France tenant la Constitution, entre la Liberté et l'Ordre public, le Commerce, l'Agriculture, la Paix, etc.
Lorsque la Chambre est réunie, le public ne peut voir que la salle des séances, avec une carte d'entrée qu'on obtient en s'adressant par écrit au secrétaire de la questure. L'entrée du public (avant 2 h.) est alors par le pavillon à dr. du grand escalier, du côté du quai. En dehors de la session, on peut visiter le palais tous les jours, de 9 h. à 5 h., en s'adressant à g. dans la cour sur le derrière; on est conduit par un employé (pourb.). — Dans la salle des Pas-Perdus, un plafond par H. Ver net, la Paix, etc. — La SALLE DES Séaxces forme un hémicycle avec vingt colonnes de marbre derrière lesquelles sont les tribunes publiques. Au-dessus du bureau<»est placée provisoirement une tapisserie des G-obelins, la reproduction de l'Ecole d'Athènes de Raphaël. Sur les côtés, des statues de la Liberté et de l'Ordre public, par Pradier, etc. — Salle des Coxférexces: plafond par Heiin, Histoire de la législation en France; le Président M. Mole arrêté par les factieux pendant la Fronde, tableau par Vincent; Ouverture des Etats Grénéraux par Philippe le Bel, par Vinchon; les ^Bourgeois de Calais, par Ari/ Scheffhr. — Bibliothèque: coupole par Eu g. Delacroix, plusieurs peintures allégoriques; puis, Attila en Italie et Orphée enseignant aux Grecs les arts de la paix. — Salle des Distributions: grisailles par Abel de Piijol. — Salle Casimir-Périer : statues de Mirabeau et de Bailly, par Jaley ; de Périer, par Duret; du général Foy, par Desprez. Bas-reliefs par Triqueti et Dalou. — Salle du Trôse: la Justice, la Guerre, l'Industrie, l'Agriculture, les Mers et les Fleuves de France, par Eug. Delacroix.
A côté du palais est Vhôfel de la Présidence de la Chavibre, anc. hôtel de Lesparre de Lassay, construit vers 1722, incorporé en 1770 au Palais-Bourbon et nommé Petit-Bourbon. Plus loin sur le quai, le Ministère des affaires étrangères, bel hôtel construit en 1845 par Lacornée. Ensuite, Vesplanade des Invalides (v. p. 306).
Les rues de Lille et de l'Université, parallèles au quai d'Orsay au S. et croisées par le boul. St-Germain, ainsi que les rues St-Dominique, de Grenelle (v. p. 304) et de Yarenne, au S.-O. et au S. de ce boulevard, sont peu animées. On y remarque beaucoup d'anciens hôtels de la noblesse, dont les façades sont précédées de cours d'honneur qui les masquent: p. ex., rue St-Dominique (pi. R. 14, 17; IV) : u'^ 45 ; n» 1, hôtel à cour ovale, bâti par G. Boffrand (1695), etc. — Rue de Varenne (pi. 14, 17, 16 ; IV) : n» 77, auj. couvent du Sacré- Cœur; no57, anc. hôtel de Montmorency, auj. arnbassade d* Autriche- Hongrie.
Sur le boulevard St- Germain (pi. R. 17; /F), commencé sous Xapoléon III, mais achevé jilus tard, s'élève le Ministère de la guerre (pi. R. 14, 17; IV)., installé en partie dans l'anc. hôtel du Président Duret, construit par Aubry (1714) et rebâti par Bouchot (1877), où habitèrent le maréchal de Richelieu (1765), Lucien Bonaparte, etc. Ensuite, le Ministère des travaux publics (pi. R. 17; IV),
304 Bive g. n. RUE DU BAC.
dans un anc. hôtel du maréchal de Roquelaure , achevé en 1726 par Leroux, résidence du duc de Béthune-Sully (1747) et de Cambacérès (1812); l'annexe est dans un anc. hôtel bâti par de Cotte, où habita le maréchal Kellermann. A l'intersection de la rue du Bac et du boulevard, la statue de Chappe (1763-1805), inventeur de la télégraphie aérienne, bronze par Damé. A g. de la rue du Bac, le Petit- St-Thomus, magasin de nouveautés, avec une jolie façade.
Ensuite, à g. du boulevard, St-TJiomas-d' Aquin (pi. R. 17; IV ).
Cette église des xviie et xyiii'^ s. a aux portes latérales des bas-reliefs modernes: St Thomas d'Aquin, par Vilain, et St Dominique, par Gruyère. A l'intérieur, des fresques de Blondel, et dans la chapelle absidale: un plafond de Lemoyne, la Transfiguration, et St Louis rendant la justice, par Merson.
Le boulevard St-Germain passe plus loin à l'église St-Germain (p. 299), cà l'Ecole de Médecine (p. 276), au boulevard St- Michel (p. ^75), etc.
La rue du Bac (pi. R. 17, 16; IV), qui aboutit au Pont -Royal, est une des plus vieilles artères du faubourg St-Germain. Son nom rappelle un anc. bac. Au n» 46 de cette rue, l'anc. hôtel Le Vayer et de Boidogne, avec une belle cour et une porte à sculptures. Barras (1812) y habita. Au n» 120, Vhôtel de Clermont-Tonnerre (1789: portes); Chateaubriand y est mort en 1848 (inscription).
La rue du Bac est traversée au 8. du boulevard par la rue de Grenelle, dans laquelle on voit près de là, en tom-nant à g., aux nos 57 et 59, la belle fontaine de Grenelle (pi. R. 17; IV) ou des Quatre- Saisons, construite en 1739 sur les dessins de Bouchardon. Elle se compose d'une décoration d'architecture en hémicycle, avec un groupe de marbre, Paris, la Seine et la Marne, des statues des Saisons et des bas-reliefs.
Dans le haut de la rue du Bac, au delà de la rue de Vareuue (p. 303), ou a à g. les vastes magasins du Bon Marché (p. 50) et à dr., au w 128, les Missions - Etrangères (pi. R. l'>; IV), un séminaire construit en 1663 aux frais de Bernard de Ste-Thérèse, évêque «in partibus» de Babyloue. Il y a une chambre des Martyrs, qui renferme des instruments ayant sei-vi au martyre de nombreux missionnaires et chrétiens, des vêtements teints de leur sang, etc. On la visite les jours non fériés, excepté le mercr. , de 1 à -4 ou 5 h. et les dim. et fêtes de 1 h. à 2 h. ^j.^. Offrande à volonté,
La façade principale du Bon Marché donne sur le square des Ménages, décoré d'un groupe de marbre par Mathurin Moreau, le Sommeil. Au n» 16 de la rue de Sèvres, qui y passe au S.-O., le couvent de VAbbayeaux-Bois , fondé en 1640. Mme Récamier vint s'y établir en 1814 et y mourut en 1849. Il est auj. à la congrégation de Notre-Dame; église conventuelle (xviiie s.), avec un Christ de Le Brun et une Vierge ancienne très vénérée. Vers l'extrémité de la nxe de Sèvres, Vhôpital Laënnec (anc. hospice des Incurables, fondé en 1634; voir la cour et la chapelle). En face, Véylise des Lazaristes, où il y a une châsse en argent renfermant le corps de St Vincent de Paul. Plus loin l'anc. maison dite couvent des Oiseaux, VInstitution des jeunes aveugles, etc. (v. p. 314).
Nous suivons, à l'O. de la fontaine de Grenelle et de la rue du Bac, la rue de Grenelle (pi. R. 17. 14; 7F). Au n-^ 75 de cette rue, l'anc. hôtel du cardinal d'Estrées (xvn*' s.), de Furstenberg, du Plessis-
STE-CLOTILDE. ^i^^ 9- ^7. 305
Richelieu, de GalliflFet, etc. X» 106, église de Pentemont (1755), temple protestant dep. 1804. X«» 101, ministère de V Agricidture, du Commerce et de V Industrie, anc. hôtel d'Argensun (1700). Nos 138^ 140, Service géographique de V Armée, l'anc. Dépôt de la Guerre créé en 1688, sous le ministère de Louvois; il occupe l'anc. hôtel de Châtillon. X^ 127, palais archiépiscopal, auc. hôtel de Chanac, abbé de Pompadour (1740). X» 79, ambassade de Russie, dans un hôtel bâti par de Cotte, pour la duchesse d'Estrées (1709).
Ste-Clotilde (pi. R. 14; /F), entre les rues St-Dominique (v. p. 303} et de Grenelle, est une des belles égHses modernes de Paris, dans le style ogival du xiv® s. Elle a été commencée par Gau en 1846,et achevée par Ballu en 1856. Deux tours de 69 m.
L'ixTÉRiEUK est à trois nefs, avec déambulatoire et transept, mais sans portails latéraux. Splendides vitraux, par Maréchal, Galiraard, Jourdy, Thibaut, Araaury-Duval j Lusson et Resse. — Les collatéraiix ont deux petites chap. sombres de chaque côté de l'entrée, ornées de peintures par H. Delaborde (inscriptions). Sous les fenêtres de ces collatéraux et au transept, un chemin de croix par Duvet et Pradier. — La chap. du bras dr. du transept, dédiée à Ste Valère, a de grandes peintures par Lempveu. La clôture du chœiir est décorée de quatre bas-reliefs par Guillaume: à dr. Ste Valère. à g. Ste Clotilde. — Il y a aussi des peintui-es murales dans les chapelles de l'abside, par Pils et Lœmlein (a dr. ; St Rémi), Bézard (St Joseph), Leiiepveu (,1a Vierge), Brisset (Ste Croix) et Bouguereau (St Louis), et dans le bras g. du transept, Ste Clotilde secoiu-ant les pauvres et le Baptême de Clovis, par Langée. — Stalles et le maître-autel, orné de pierreries et de ven-es niellés, dans le style du moyen âge. — Ste-Clotilde a un grand orgue de Cavaillé-Coll et un orgue électrique dans le chœur, par Merklin.
Le square qui précède Ste-Clotilde est décoré d'un beau groupe : l'Education maternelle, par Delaplanche. On projette dep. 1900 d'y ériger aussi un monument de César Franck (1822-1891), le compositeur, par Alfr. Lenoir.
Au m' 5 ou vers l'extrémité de la rue Las-Cases, à dr. en sortant de Ste - Clotilde , se trouve le musée social (ouvert dans la sem. , de 9 h. à midi et de 2 à 6), fondé par le comte de Chambrun. Il a pour but de mettre gratuitement à la disposition du public les statuts, etc., des institutions sociales destinées à améliorer la situation des travailleurs. Il y a une bibliothèque spéciale publique, il s'y fait des conférences, etc.