Quartiers du sud
Pour visiter les Gobelins (v. p. 333), on peut profiter soit du tramway TQ (des Halles Centrales à la porte d'Ivry, 30 c), qui fait halte à la portt! des Gobelins, soit de l'omnibus U (de la place de la République à Montsouris), soit des tramways 2'S 6 ou TS 8^'^'' (dép. , place du Châtelet) ou TS 4 (dép., place de la Bastille): v. aiissi l'append. , p. .%. On peut prendre enfin le Métropolitain jusqu'à la gare de Lyon (pi. G. 28; p. 183), d'où l'on y va à pied en 1.5 min. euv. par les boul. Diderot, de l'Hôpital et St-Marcel (v. p. 331) et l'av, des Gobelins.
Bu carrefour du boulevard St- Michel, au S. de l'Ecole des mines (p. 327), part la rue de l'Abbé-de-l'Epée (pi. G. 19; V), qui se dirige à l'E. Dans cette rue, au coin de la rue St -Jacques: à g., St-Jacques-du-Haut-Pas, église modifiée au xyii^ s., avec une tour carrée par Daniel Gittard.
Nous suivons la rue St- Jacques (pi. G. 19), au S. de l'église. A dr., n» 254, V Institution des Sourds-Muets, qu'on peut visiter le mardi, de 2 h. à 4 h., avec une permission écrite du directeur. On voit dans la cour une statue de l'abbé de l'Epée (m. 1789), fondateur de l'Institution (vers 1770), par Félix Martin, un sourd-muet. L'établissement, qui relève de l'Etat dep. 1791, est sur l'emplacement de l'anc. commanderie des Frères Hospitaliers de 8t-Jacques-du- Haut-Pas. Le bâtiment a été reconstruit en 1823 par Peyre. A g. de la même rue, n"s 269 et 2G9^^s^ la maison de la Schola Cantonim, institution pour la musique religieuse. C'est un anc. couvent de bénédictins anglais (1674), encore aux évêques de cette nation. Il y a des restes de la chapelle où fut inhumé Jacques II (1701), un salon du xvii^ s., etc. (visite t. le jours dep. 1 h.; pourb.). Presque en face, n» 284, une porte à fronton flanquée de colonnes (au fond de la cour); c'était l'entrée du Carmel, couvent où Louise de La Vallière, maîtresse de Louis XIV, se retira en 1675. Plus loin, à dr., la rue du Val -de -Grâce, où aboutit la rue Nicole (pi. G. 19), qui renferme (au n^ 17) l'Oratoire privé de Louise de La Vallière (portes des cellules, escalier), dans le style Louis XIV.
Non loin à l'E., rue Gay-Lussac, 41, le musée pédagogique (pi. G. 19; T';, ouvert le jeudi de 10 h. à 4 ou 5 h. Il y a aussi un musée de poupées, portant les costumes des anc. provinces de la France et de divers pays étrangers. Au n" 45 de la rue d'Ulm, l'Ecole Normale Supérieure (pi. G-. 19; TO, fondée en 1794, pour fornier des professeurs de lycées et qui a fourni quantité de savants.
Le Val-de-Gh'âce (pi. G. 19), dans la rue St-Jacques (no^ 277, 279), est un ancien couvent de bénédictines du Val Parfond, qui avaient pour patronne Notre-Dame du Val-de-Grâce. Il a été fondé
BOUL. DE PORT-ROYAL. I^ire g. 2i. 333
par Anne d'Autriche, mère de Louis XIV, par suite d'un vœu qu'elle avait fait pour obtenir un fils, et transformé depuis 1790 en hôpital militaire, avec une école de médecine militaire. Dans la cour qui précède l'église, les statues des barons Larrey, le père (1766-184:2) et le fils, chirurgiens, bronzes par David d'Angers et Falguière.
L'église de Val- de- G-râce, avec son beau dôme, a été commencée en 1645 par Fr. Mansart, sur le modèle de St- Pierre de Rome, continuée par Lemercier et d'autres, et achevée en 1666.
L'intérieur est sui-tout décoré de sculptures; on remarquera la décoration eu relief de la voûte. La coupole, haute de 40 m. sur 17 m. de diamètre, a été décorée vers 1660 d'une fresque par P. Jlignard , la Grloire des bienheureux (endommagée). On y compte 200 figures trois fois plus grandes que nature. Le baldaquin de l'autel est une imitation de celui de St-Pierre de Rome. — Dans la ciypte sont inhumés les cœurs des princes et princesses de la famille royale, les princes d'Orléans et Henriette de France, femme de Charles I".
La rue St-Jacques croise plus loin le boulevard de Port- Royal (pi. G. 19, 22), où il y a du côté S. des hôpitaux : les maisons (F accouchement Baudelocque et de la Maternité iji" 119), qui occupe dep. 1814 les bâtiments de l'anc. abbaye de Port-Royal de Paris, construits en 1625 pour les bernardines (v. aussi p. 373, Port -Royal des Champs). Ensuite, Vhôpital Ricord, ce dernier précédé d'une statue du Dr Pli. Ricord (1800-1889), par E. Barrias. — Au no 47 de la rue du Faubourg-St-Jacques, à dr. jiu boul., Vhôpitcd Cochin, fondé en 1779 par le curé Cochin.
Le boulevard de Port-Royal aboutit à l'E. au carrefour du boul. St-Marcel (p. 331), du boul. Arago, qui vient de la place Denfert- Rochereau (p. 339), et de 1' avenue des Gobelixs (pi. G. 22, 23). A l'extrémité X. de celle-ci, St-Médard (pi. G. 22; F), église des xv*^-xviie s., dont le cimetière, remplacé par un square, fut fameux au xviii^ s. par des pèlerinages aux tombeaux du diacre Paris et du janséniste Nicole, auxquels leurs partisans (convulsionnaires) attribuaient des miracles. En 1732 , il fut fermé par l'autorité et un plaisant écrivit sur la porte: «De par le roi, défense à Dieu, de faire miracle en ce lieu». Dans le square, la Fenaison, bronze par Barrau.
La rue Monge derrière l'église passe à la place Monge (pi. G-. 22), où est la statue de Louis Blanc (1811-1882), l'historien, bronze par Delbomme. Pour les arènes de Lutèce, v. p. 292, 293.
Au S., dans l'avenue des Gobelins, à dr., n" 42, dans un immeuble sans apparence, se trouve la célèbre manufacture de ce nom.
Les Gobelins (pi. G. 23) sont depuis plus de 240 ans la manufacture de l'Etat où se font les tapisseries de ce nom. Les origines de cette fabrication remontent à François P"", qui fonda un atelier à Fontainebleau et y appela des ouvriers flamands. Henri 1\ obtint de meilleurs résultats; il fit venir à Paris des ouvriers d'Italie et des Pays-Bas. Vers 1630 la manufacture fut transférée dans la teinturerie des frères Gobelins, dont elle a pris le nom. Louis XIV acheta la fabrique en 1662, à l'instigation de Colbert. Son premier
334 nive g. 21. GOBELINS.
directeur fut le peintre Cli. Le Brun (p. 140), auquel succéda P. Mignard (m. 1G95). Jusqu'en 1695 on y fabriqua aussi des meubles (en argent pour le palais de Versailles, p. 354), des mosaïques, des bronzes et de l'orfèvrerie. La manufacture ne travaillait que pour la maison royale et aujourd'hui encore elle est presque entièrement au service de l'Etat. Les tapisseries de la belle époque ont été exécutées sur des modèles créés spécialement pour la manufacture par des peintres, tels que: N. Coypel (m. 1707), Mich. Corneille (m. 1708), Jean Jouvenet (m, 1717), J.-B.-Fr. de Troy (m. 1752) et C. Van Loo (m. 1765). Sous l'influence de J.-B. Oudry (m. 1755) et de Fr. Boucher (1770), on s'efforça d'obtenir une plus grande richesse de nuances; on disposait de milliers de tons, ayant chacun douze gammes de couleurs franches. Après une courte interruption à la Eévolution, Napoléon pr rétablit ici la manufacture de l'Etat en 1804. Mais on exagéra encore la recherche des riches, effets de couleur, contraire à la nature de la tapisserie, et l'on finit par imiter des tableaux à l'huile et même des portraits (v. ceux de la galerie d'Apollon, au Louvre, p. 150). On est revenu de ces erreurs, mais on ne peut retourner que lentement à l'anc. tradition, Directeur actuel, M. J. Guiffrey.
La visite (mercr. et sam. de 1 h. à 3 h.) commence par le musée, qui est à g. en entrant dans la cour. Il comprend, dans quatre salles, une collection de tapisseries anciennes et modernes, réunies ici depuis 1878, les communards ayant incendié en 1871 près de 70 tapisseries des plus précieuses. Il y a des inscriptions et parfois des changements.
I™ SALLE, Surtout de grandes tapisseries du temps de Louis XIV; de dr. à g.: le Passage du pont Molle, d'après Raphaël (à dr. en entrant); Sacrifice d'Abraham, d'après Siin. Voiiet; Audience de Louis XIV au cardinal Chigi, légat dii pape, Passage du Granique, Louis XIV visitant les Ciobelins , d'après Le Brun (copie au Louvre, v. p. 156) ; les Joueurs de tiquet, fragment d'une tapisserie de Gombaut et 3Iacé, du xyii^ s.; le Triomphe de Pallas, d'après V. Coypel; le Triomphe d'Apollon, d'après Lerambert; le Mariage d'Alexandre, d'après N. Coypel; vue de l'anc. château de St-Germain-en-Laye , d'après Le Brun; l'Automne, d'après Le Brun; Elle montant au ciel, d'après Sim. Vouet ; un Tenne, d'après Le Brun. — Sculptures: bustes de Le Brun, de Troy, Oudry, Desportes, Boucher, Audran et N. Coypel; statue en bronze de Colbert, par Aube. — Dans les vitrines , surtout des fragments de tapisseries coptes du i^" au vie g. (à g.) et des échantillons de matières colorantes employées pour la teinture des laines et soies, travaux d'élèves (à dr.), etc.
Ile SALLE. A dr., les Flamands demandant la paix à Clovis, tenture de Bruxelles , du xviie s. Tenture de l'histoire de St Rémi (de l'église de ce nom, à Reims).
Ille SALLE, à g. de la précédente, tapisseries des xve-xviiie s., de diverses origines: à dr., le Sanglier de Calydon; le Baiser de Judas, du xvies. ; Louis XI levant le siège de Dôle et de Salins (Bniges; 1501); fragments divers, Chasses de Maximilien, la Salutation Angélique , du xve s. (Flandres); le Christ mort et l'Adoration des mages, des xvie et xve s. (Flandres). Au-dessus du Christ, au milieu de la salle et à la porte, de magnifiques tapis persans anciens. A l'autre mur, quatre vieilles tapisseries flamandes d'après Raphaël: la Mort d'Auanie, la Guérison du
GOBELINS. Rive g. 21. 335
paralytique, le Sacrifice de Lystre (plus loin) et Elymas frappé de cécité. Dans l'intervalle, la Mort de Joab, d'après A. Ducerceau (?).
IV« SALLE, à ]a suite de la Ile: à g.. Flore, de l'école de Fontainebleau (?), du xvie s.; le Concert, tapisserie française du commenc. du xvie s.; entre les fen. , verdure du commenc. du xvie s. (Flandres); à la ire fen., tapisserie de Paris (xviies.).
Ateliers. — Les deux ateliers où l'on passe de la IY« salle sont ceux où se font les tapisseries. On distingue les gobeUns proprement dits, qui se fabriquent dans le premier atelier, et les tapisseries de la Savonnerie, exécutés dans le second atelier. Ces derniers doivent leur nom à une manufacture de tapisseries fondée vers 1601 dans une auc. savonnerie située près de l'endroit où est auj. le Trocadéro (p. 229), et qui ne livrait d'abord que des tapis à dessins orientaux; elle a été réunie aux Gobelins dès 1826. Si l'on ne connaît que de vieux gobelins, on sera surpris de la fraîcheur et de l'éclat des couleurs des tapisseries neuves.
Les gobelins et les tapisseries sont exécutés sur des métiers dont la cbaîne est verticale (à haute licej, tandis que celle des métiers ordinaires est horizontale (à basse lice). Les gobelins proprement dits ne sont fabriqués que sur trois métiers. L'ouvrier y est derrière la trame, sur laquelle est dessinée une esquisse du modèle. Comme il n'a devant lui que l'envers de la tapisserie, il regarde l'autre côté dans une petite glace placée devant la trame. Les fils sont passés à la main avec la navette.
On suit plus loin un corridor garni de tapisseries anciennes et de tapis d'Orient, etc., et l'on descend un escalier pour passer dans un autre bâtiment à dr., où se trouvent les ateliers de la Savonnerie , qui n'ont presque pas changé dep. le xvii^ s., et qui renferment huit métiers. Ici l'ouvrier a la trame et le modèle devant lui. Les fils passés sont noués et coupés, ce qui donne à la tapisserie un aspect velouté. On y remarque aussi trois vieilles tapisseries: Ambassade turque aux Tuileries sous Louis XIV, d'après Parrocel; l'Evanouissement d'Esther, d'après de Troij, Don Quichotte, d'après Ch. Coypd (m. 1752).
Les «tapissiers-artistes» sont au nombre de soixante. Les commençants reçoivent 1200 fr., les artistes jusqu'à 3300 fr. par an, plus le logement; les chefs d'atelier de 40oO à 5000 fr. Il y a des familles qui travaillent à la fabrique depuis des générations. Le travail exige un œil exercé et beaucoup de patience. Les artistes de talent font env. 2 m. carrés 50 de tapisserie par an, quelques-uns même 3 m. 50, mais la plupart n'eu peuvent faire que 1 m. 25 en moyenne. Les grandes tapisseries demandant plusieurs années de travail, il n'est pas étonnant de voir des gobelins évalués de 50 000 à 150 000 fr.
On ressort dans la cour, où est à g. une anc. chapelle qui fait encore partie du musée.
On y voit deux tapisseries d'après Bajyhaël, du xvu^ s.: à dr. , la Messe de Bolsène; à g., Héliodore chassé du temple. En outre, de petites copies de tapisseries et de petits modèles, en peinture, enti'e autres, une dizaine de Boitcher; puis, des maquettes, par Rochegrosse; J.-P. Laiirens ; Lansyer, Maignan, Ehrmann, etc. Sur l'autel, la Mort de St Louis, attribuée à Le Brun.
Dans la rue des Gobelins (pi. G. 23), à g. en bas de l'avenue, au n<5 17, un vieil hôtel nommé à tort le château de la reine Blanche (mère de St Louis). Ce fut sous Louis XY le siège de ra,dministration des Gobelins. Dans la ruelle des Gobelins, à g. au bout de la rue du même nom, un anc. pavillon de chasse, avec portes
336 Ji've g. 2î. OBSEKVATOIRE.
sculptées. A côté, les jolis jardins des Gubelins, où chaque ouvrier a son petit parterre à cultiver, au bord de la Bièvre, qui sera bientôt couverte jusqu'au bief de la rue Croulebarbe. Pronitmade pittoresque plus loin au 8. par cette rue au bout de laquelle est la rue Corvisart, où se voit (n" 52) un anc. hôtel délabré. A g. de la rue Croulebarbe, la vieille ruelle des Rcculettes, encore éclairée par des quinquets.
L'avenue des Gobelins aboutit plus haut à la place d'Italie (pi. G, 23), où débouchent encore deux autres avenues et trois boulevards. Au milieu de cette place, un bassin avec un beau jet d'eau. On doit y élever un monument de Garibaldi, représentant la Défense de Dijon, par C. Mellili. Au N., la mairie du XIIP arrondissement, de 1867-1877. Il y a dans la salle des mariages des peintures par D. Boulanger. — Boul. d'Italie, 18, Vécole Estienne, école professionnelle pour les industries se rattachant à la librairie. — A peu de distance au S., lepuits artésien de la Bidte- aux- Cailles (pi. G. 23), foré de 1864 à 1898. Il atteint 584 m. 50 de profondeur et il donne, dit-on, un minimum de 6 millions de litres d'eau par jour, à la température de 27°.
Pour se rendre au cimetière Montparnasse, on peut prendre les omnibus Q (de l'hôtel de ville, av. Victoria, 1, à Plaisance) et V (de la gare du Nord au boul. Montparnasse par le Louvre; prendre la correspondance à la place St-Germaiu-des-Prés), ou bien les tramways TS 3 (de la place de l'Etoile) et T-S' 4 (de la Bastille). — Pour \q parc de Montsouris (p. 340): tramw. TAF de l'église St-Augustiu (pi. B. 15) à Montrouge en s'arrêtant à l'église St-Pierre (pi. Gr. 17), d'où l'on y va eu 10 min. par la rue d'Alésia et l'av. Montsouris (à dr.). — Pour la. gare Montparnasse, d'où l'on va en 3 min. au cimetière par le boul. Edgar-Q,uinet: le tramway TS T^'^^ (Malakotf-les Halles; station au coin des rues Coquillière et du Louvre, pi. R. 21; ///).
Bestaurants du quartier de Montparnasse, v. p. 19.
Au S. de la fontaine de l'Observatoire (p. 327), où passe l'avenue du même nom, s'étend le carrefour de l'Observatoire (pl.G.19). Au milieu, depuis 1898, le momiment de Francis Garnier (1839- 1873), explorateur du Mékong (1866) et conquérant du delta du Tonkin, buste et statues allégoriques en bronze par Puech. A dr., la statue de Ney, par Rude, eu face de l'endroit où le maréchal, condamné à mort par la Chambre des Pairs pour avoir pris le parti de Napoléon I"' à son retour de l'île d'Elbe, a été fusillé le 7 déc. 1815. A g., le bal Bullier (p. 40), avec décoration caractéristique en terre cuite et une inscription classique digne du quartier: «Saltavit et placuit».
L'avenue de l'Observatoire croise ensuite les boni. Montparnasse (v. p. 337) et de Port -Royal (p. 333; stat. de la ligne de Sceaux, V. p. 411) pour aboutir enfin à l'Observatoire (pi. G. 19, 20), dont la façade est précédée de la statue de Le Verrier (1811-1877), l'astronome, par Chapu.
GARE MONTPARNASSE. Bive g. 21. SSI
Cet établissement célèbre a été construit de 1667 à 16T2 sur les plans de Perrault et agrandi à diverses époques. Le méridien de Paris (2=" 20' 9" à l'E. de G-reen-wich) passe au milieu de l'Observatoire, et sa latitude (48° 50 de lat. N.) se confond avec la façade méridionale de l'édifice. Le dôme sur la gauche , de 13 m. de diamètre, est en cuivre et tourne sur lui-même pour diriger le grand télescope, de 0 m. 38 de diamètre et long de 9 m., qu'il renferme. Des pavillons isolés au S. contiennent entre autres un grand télescope de 1 m. 20 d'ouverture et la grande lunette photographique, construite par M. Henry. Sous l'édifice sont des caves d'une profondeur égale à sa hauteur (27 m.) et à température constante (12^ 1), correspondant avec la plate-forme par une sorte de puits et où il y a des instruments météorologiques et magnétiques. Le puits a servi à l'expérience de Foucault sur le pendule (v. p. 290). — L'établissement est visible le premier samedi de chaque mois, avec une autorisation qu'il faut demander par écrit au directeur CM. Lœ-wy), avec un timbre pour la réponse. La visite a lieu à 2 h. précises; on vous fait voir un petit musée astronomique et les principaux instruments.
Le boulevard Montparnasse (pi. G. 16, R. 13) mène à Notre- D a me-des- Champs, église bâtie de 1867 à 1875, puis au boul. des Invalides (p. 314), en passant à la gare Montparnasse, où débouclie au X. la rue de Rennes, qiù part de St-Germain-des-Prés (p. 299).
La gare Montparnasse (pi. G. 16) est commune à la compagnie de V Ouest, pour ses lignes de Versailles rive gauche et de Bretagne, et à VEtat, pour son réseau de chemins de fer. A dr. les guichets pour la banlieue (Yersailles) , à g. ceux des stations plus éloignées, ainsi que les salles d'attente, qui sont au l^^"* étage, au niveau des voies.
A env. 1 kil. à g. au delà de la gare Montparnasse, inie Dutot, 25, se trouve l'Institut Pasteiir (pi. G-. 13), fondé eu 1886 par l'illustre savant de ce nom (1822-1895) et où se continuent ses études sur les microbes, les vaccins, les maladies infectieuses, etc. Directeurs actuels: les Drs Duclaux et Roux. — Devant l'édifice, la statue de JupiUe, berger luttant contre un loup enragé, par Trufifot (JupiUe est concierge de l'établissement) Sous le perron, le tombeau de Pasteur, dans une ciypte revêtue de marbre et ornée de mosaïques, qu'on peut visiter le 1er et le 3^ sam. de chaque mois, de 1 h. à 4 h., et à la Toussaint. — En face, un Institut pour Vétude des maladies infectieuses et un laboratoire de chimie biologique, faisant partie de l'Institut Pasteur.
Au S.-E. de la gare Montparnasse se trouve le cimetière du même nom, situé entre le boidevard Edgar- Quinet , l'avenue du Maine et le houl. Raspail. Sur ce boulevard, à l'extrémité du boul. Edgar-Quinet, la statue de F.-V. Raspail (1794-1878), chimiste et homme politique, bronze par Morice.
Le cimetière Montparnasse ou du Sud (pi. G. 16) a son entrée principale sur le boul. Edgar-Quinet. De là aussi part la rue Gassendi, qui traverse le cimetière entre deux murs, percés chacun de deux portes de communication. Heures d'entrée, v. p. 2-18. 8'orienter sur le plan qui est affiché à g. près de l'entrée.
Non loin de l'entrée, dans l'avenue principale, à dr., Henri Martin, l'historien (m. 1883). Puis le général Petit (m. 1856); sarcophage, colonne et buste en bronze, par Boitel. Avenue du Nord (ti-ansversale), à dr., Pierre Larousse (m. 1875), l'éditeur, buste en bronze par Perraud. Allée Lenoir (seconde avenue transversale), à g., C. Raspail (m. 1893), buste en bronze; puis, Th. de Banville (m. 1891). le poète; médaillon en bronze
Baedeker. Paris. 15« éd. 00
338 ^'v« iJ- 2/. CIMETIÈRE MONTPARNASSE.
sur fond d'or. Aveuue principale, à g., une demoiselle Spîegel (m. 18fiO) statue en marbre blanc, par H. Varnier, et plusieurs autres statues. Au rond-point, le momiinent de souvenir, pour ceux qui n'en ont pas. A dr., Desoine (m. 1827), dessinateur; buste en bronze. Plus loin à dr., Deseine (m. 1822) , statuaire, et Orfila, le célèbre médecin et chimiste (m. 1853), médaillon et obélisque; à g.: raid Cabet (m. 1876), le sculpteur, buste et bas-relief; liondon (m. 1827), sculpteur. Avenue principale, à dr., Chaudet, statuaire (m, 1810). Derrière, Mme de Ganj (m. 1876); statue par H. de Vauréal. La tour à dr., dans le fond, est un ancien moulin, d'uu couvent de frères de St-Jean-de-Dieu. Un peu au delà, à g., Agar (m. 1891), tragédienne; buste par H. Gros (1899). — Au bord de l'avenue, près du rond-point, à dr. en revenant, Mme de Mussy (m. 1880). Plus loin à g., entre une chap. goth. et l'avenue, Gérard, peintre (m. 1837); pyramide avec médaillon et bas-reliefs par Dantan. Puis Bude, statuaire (m. 1855; beau buste en bronze par Cabet). — Plus loin dans l'avenue transversale du milieu, à g., H é y énippe 3Ior eau (m. 1S3S), le poète; buste en bronze doré avec inscription, par Mme Coutant-Montorgueil (1903). A dr., Besnard, théologien (m. 1842); médaillon par David d'Angers. Au bout de cette avenue, contre le mur, le monument de Bandelaire (1821- 1867), l'auteur des «Fleurs du ^lal», avec sa statue couchée dans un linceul, et au-dessus, le génie du Mal, œuvre de J. de Charmoy, érigée en 1902. Non loin de là, le monument de Ste-Beuve (1804-1869); buste sur une colonne, par le même statuaire (1903).
Avenue de l'Est, à l'extrémité de la précédente, H. de Mylius, général (m. 1866); buste en bronze par Cugnot. Plus haut à dr. , Le Verrier, l'astronome (p. 336; sphère). En face, la chap. Bingham. Au delà de l'Avenue de l'Est, à g., le monument de Nancy Fleury, par Desbois. L'av. de l'Est est croisée par l'allée Raffet, où se trouve, à dr. , le tombeau à.'' Edgar Quinet (m. 1875), l'écrivain, et de Mme Quinet.
Nous tournons enfin à g., où se voit p. ex. le monument du statuaire Dumont (m. 1884), avec buste par C.-J. Thomas.
La seconde partie du cimetière, au delà de la rue G-assendi (v. p. 337), communique avec la première par des portes dans les avenues du Nord et du Midi. A g., le capitaine Mayer, tué en 1892 par le marquis de Mores; médaillon par Chaplaiu. Vers le milieu, à l'entre-croisement de l'avenue Transversale et de l'avenue Thierry, un grand monument élevé aux militaires morts pour la patrie. En face, celui des sapeurs-jyompiers morts an feu. Derrière celui des militaires, à dr. dans l'avenue Thieriy, Valentin, auc. préfet de Strasbourg (m. 1879; buste en bronze par Millet), et César Franck (p. 305), le compositeur (sarcophage avec médaillon par Rodiu). Derrière, Guy de Mauj^assant {m. 1893), le romancier, buste en bronze. Non loin, à g., Barbey d^ Aurevilly (m. 1889), l'écrivain, buste en bronze. Puis, Misa Coquerel; statue couchée par Leroux. En redescendant la même aveuue, à dr., le colonel Herbinger (m. 1886); buste et haut relief par Etex. Plus loin à dr. , la famille Barboux, avec un groupe par Barrias, et la famille Marchais-Lagrave , chapelle avec haut relief en bronze, par Ed. Létourneau. Au coin suivant, la famille L. Herbette; statue de femme assise et bas-reliefs, par Coutau, Longepied et Roty. A g., G.Jnndt, peintre (m. 1884); buste et statue en bronze par Bartholdi. Au bout de l'avenue Lenoir, Leconte de Liste (p. 326), le poète; buste en bronze sur une colonne.
Nous rentrons dans la partie principale par l'avenue du Nord. A g., J. Moulin, consul de France assassiné à Salonique en 1876; buste par Bogino. A dr. , Th. Olivier, fondateur de l'école centrale des ai'ts et manufactures (m. 1853; médaillon); au milieu du carré, Alb. Dumont (m. 1884), archéologue; stèle avec buste par Thomas.
Dans la partie voisine de l'avenue de l'Est, à dr., un rocher avec uu médaillon, le tombeau d'J.. Dornès, représentant du peuple tué par les insurgés en juin 1848; à g., les Boulay de la Meurthe, hommes politiques, le père (m. 1840; buste par David d'Angers) et le fils (m. 1858); puis Hipp. Lebas (m. 1867), architecte. Au bas de l'avenue, à dr., le monu-
PLACE DEXFERT. Rive g. 21. 339
ment de Mme CoUard-Bigé, peintre (m. 1871), joli petit temple style renaissance, par Destailleur et Doussamy, avec statue en marbre de la défunte, par Franceschi. A côté, Ditban, architecte (m. 1870; médaillon). En face, Cariidle d'Alù/njj, peintre (m. 1871); buste par Etex.
Entre les avenues, au delà du bureau qui est à l'entrée du cimetière, le comte S.-J. de Ga.spari, consul (m. 1879); grande stèle et buste en bronze, par Colonna Cesari. Plus loin, rerratul , sculpteur (m. 187G; buste), et l'avenue du Nord, où nous tournons à dr. A g. de cette avenue, Jacques Lisfrauc, chixui'gii^n Kit professeui- (m. 1847); biiste et bas-reliefs par Elshoecht. — Près de Tangle N.-O. du cimetière. Fr. Huet (m. 1869), l'écrivain; médaillon. —Dans l'avenue de l'Ouest, à rextrémité de l'avenue Transversale, le monument de Dinnont d'Urville (m. 1842), le navigateur, avec inscriptions et bas-reliefs rappelant ses voyages et sa mort, dans un accident de ch. de fer à Meudon, où il fut brûlé avec sa femme et son fils.
La place Denfert-Rochereau (pL G. 17;, au S.-E. du cimetière Montparnasse, est l'anc. place d'Enfer, dont le nom a été changé en l'honneur du colonel Denfert-Rochereau (1823-1878), le célèbre commandant de Belfort. Elle est décorée d'un lion colossal en bronze, par Bartholdi. reproduction de celui de Belfort: «à la défense nationale, 1870 et 71». Les deux pavillons, dont on remarque les frises sculptées, sont des restes de l'anc. barrière d'Enfer (v. p. 244). Dans le square à côté de celui de g., la statue de Charlet (1792-1845), peintre et dessinateur, par Al, Charpentier.
La place Denfert-Rochereau est le centre où aboutissent les boulevards Raspail, Arago et St-Jacques, les avenues de Montsouris (v. ci-dessous) et d'Orléans et plusieurs rues plus petites. — Le boulevard Arago, où il y a une statue de Fr. Arago (1786-1853), l'astronome, bronze par Oliva, commence à l'avenue des Gobelins (p. 333) et passe à côté de Vliôpital Broca, à là prison de la Santé et à la faculté de théologie protestante (jadis à Strasbourg). — La station de Paris-Denfert , entre le boulevard St-Jacques et l'avenue de ]\lontsoiiris, est la gare principale de la ligne de Sceaux (p. 411 j.
C'est sur la place Denfert-Rochereau, dans la cour du pavillon de dr., que se trouve l'entrée principale des Catacombes (PI. Gr. 17), que l'on visite, dans la bonne saison, d'ordinaire le l^'' et le 3e sani. de chaque mois, avec une autorisation du « directeur des travaux », à l'hôtel de ville (timbre pour réponse). Outre des vêtements assez chauds, il faut de bonnes chaussures et une bougie (50 c. à l'entrée, avec un plateau). La visite dure env. 1 h., et l'on ressort par la rue Dareau, u" 92, près de l'avenue de Montsouris (pi. G. 17-20j. — Les Catacombes de Paris sont d'auc. carrières, qui fournissaient déjà du temps des Romains de la pierre pour la construction des maisons. Elles s'étendent sous ime grande partie de la rive gauche. Plusieurs des rues sous lesquelles elles existent ayant commencé à s'enfoncer en 1774, le gouvernement fit construire des piliers et des contreforts, et on y transporta les ossements exhumés des cimetières supprimés alors: c'est pourquoi ou les a nommées Cdiacoîwbe*-. Les parois des galeries sont garnies d'ossements humains, entremêlés de cràne.s. Il y a là, dit-on, les restes de près de 6 millions d'individus.
L'avenue de Montsouris fpl. G. 20, 21) conduit directement au parc de ce nom. L'avenue d'Orléans, aussi à dr., y mène par un petit détour, mais elle e.st plus intéressante. C'est du reste par là que passent les tramways. On y voit Vhospice Larochefoucaidd (u" 15), fondé par les frères de la Charité et maison de retraite pour
340 J^ivf-. (1. 21. PARC DE MONTSOURIS.
les employés des hospices dep. 1801. Ce quartier est le Petit- Moiitro'tKje. Pour le (Irand-^Ioutrouge v. p. 410.
A dr., par la deuxii-mc rue latérale, on arrive à la place de Moxt- KouGK (pi. G-. 17), devant la mairie du XIV^ arrondissement (Observatoire). Le square est décoré d'un buste de la République en marbre, par Baffier ; d'un Eclaireur, d'un Cheval attaqué par un tigre et d'une Paysanne d'Auvergne, bronzes par Steiier, Fratin et Mombur.
Plus loin, à dr., au coin des avenues d'Orléans et du Maine, Si-Pierre-de-Montrouye (pi. G. 17), église moderne de style roman, par Vaudremer, avec un clocher en pierre, terminé par une lanterne. — On peut regagner de là à g., par la rue d'Alésia, l'avenue de Montsouris; si l'on va au contraire jusqu'au bout de l'avenue d'Orléans, il faut tourner ensuite à g. en deçà des fortilications. La rue d'Alésia est prolongée par celle de Tolbiac. Au coin de cette rue et de la rue Bobillot s'élève V église Ste-Anne-dt-la- Maison- Blanche, bel édifice à cinq nefs, construit dans le style romanobyzantin, par Bobin.
Le parc de Montsciu-is (pi. G. 21), achevé en 1878, est une promenade publique comme celle des Buttes-Chaumont au N., mais moins grande et moins pittoresque. Sa superficie est d'environ 16 hectares. Le chemin de fer de Sceaux et le chemin de fer de ceinture (v. l'appendice, p. 45) le traversent. A l'endroit le plus élevé, une reproduction du Bardo ou palais du bey de Tunis, qui sert maintenant ^'observatoire. Dans le bas, à l'entrée du côté de l'avenue, une statue de bronze, «1789», par Aiig. Paris. Plus haut, le Botteleur et Un drame au désert, bronzes par Louis Pierre et par Gardet. A g. près de la ligne de Sceaux , un petit obélisque, érigé en l'honneur du colonel Flatters et des autres membres de la mission chargée des études du chemin de fer transsaharien, massacrés par les Touaregs en 1881. De l'autre côté de la voie, au pied de la colline, un lac alimenté par une petite cascade, et au-dessus de ce lac, les Naufragés, groupe de marbre par Etex. Au bord du lac, la Laveuse, t^sly .Choppin. A g. au delà de l'observatoire, la Vieille mère, groupe en bronze par J. Escoula, etc. On a du haut de ce parc une vue très étendue sur la ville, notamment sur la partie méridionale de la montagne Ste- Geneviève (Panthéon) et la vallée de la Bièvre. En dehors de Paris, au S.-E., l'hospice de Bicêtre (p. 411) et le fort du même nom. — Musique militaire au parc le dim. en été (v. p. 38).
A rO., à côté de l'entrée principale du parc, se trouve le réservoir de la Vanne, le plus grand de Paris (v. aussi p. 257 et p. 343). Il a 3 hect. de superficie et peut contenir 250 000 m. cubes d'eau. L'eau qii'il amène est celle de la Vaime, petite rivière de la Champagne, à 150 kil. de distance. On peut visiter le réservoir; l'entrée est de l'autre côté, rue de la Tombe-Issoire. On a déjà consacré depuis le milieu du xixe s. env. 250 millions au service des eaux de source à Paris, cependant la provision est encore insuffisante en été, et l'on procède à l'adduction du Loing et du Lunain, affluent et sous-afflueut de la Seine.
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