‹ Paris et ses environsChapitre 69 sur 102 · De Paris à Versailles · texte numérisé non relu

De Paris à Versailles

Le pidais ou château de Versailles est ouvert tous les joui's , sauf le lundi et à certaines fêtes (v. p. 95), en été (avril-oct.) de 11 h. à 5 h., eu hiver de 11 h. à 4 h. Les jardins sont ouverts tout le jour, mais plusieurs bosquets ne le sont que du 1«'' mai au 31 oct., à partir de 10 h. A la brune, la fermeture des portes est annoncée i/^ d'h. d'avance à son de cloche. Les Petites-Eaux jouent de mai à octobre, le dim. et le jeudi; les GraMes-Eaux, d'ordinaire le is"- dim. de chaque mois, de mai à octobre et souvent aussi le 3" dim., au moins en juin, juillet et août (les jours sont partout annoncés d'avance à Paris; vers midi, les trains partent alors presque toutes les 5 min. quand il fait beau). — On ne saurait trop conseiller aux personnes qui ne pourraient y aller plusieurs fois départir le plus tôt jiossible pour Versailles; elles visiteraient les jardins en attendant l'ouverture du palais. — Les Trianoiis (p. 371) sont visibles jusqu'à 6 h. eu été.

A. En chemin de fer.

Par la ligne des Invalides- Versailles. — Départ de la gare des Invalides (pi. R. 14; //), de l'autre côté du pont Alexandre III (stat. du Métro, aux Champs-Elysées, à 5 min. de la gare), dep. 7 h. du mat. jusqu'à 10 h. 38 du s. (5 h. 30 les dim. et fêtes); retour jusqu'à 11 h. 4 du s. (10 h. 28 les dim. et fêtes). Chemin de fer électr. ; il y a des wagonsbars (v. p. 341) et tous les wagons sont chauffés eu hiver. Joli trajet eu 30 min. env. Prix: 1 fr. 35 et 90 c. Vue à dr. sur la Seine.

Jusqu'à Javel, v. p. 343. — 8 kil. Issy, et son champ de manœuvres (p. 344), où l'on passe sur un grand viaduc. — 9 kil. Meudon-Val-Fleury (p. 344), où l'on pénètre dans un tunnel de 3 kil. 300, sous le parc et le bois de Meudon. — 11 kil. Chaville. Velizy (p. 351). — 10 kil. Viroflay (p. 351). — 19 kil. Versailles, gare de la rive gauche (v. le plan), d'où l'on va au palais en 10 minpar l'avenue de Sceaux (à g.) et la place d'Armes.

Par la ligne de la rive droite. — 23 kil. Gare St-Lazare (pi. B. 18; p. 217); guichets et salles d'attente du côté gauche. Départs au moins

VERSAILLES. Env. de Par. 23. 351

toutes les heures. Trains supplémentaires l&s jours de fête. Trajet en 35 à 50 min. Prix: l''» cl., 1 &. 50; 2» cl., 1 fr. 15. Certains trains vont à la fjare des Chantiers (v. ci-dessous) ou en partent sans passer par l'autre, et lés prix sont alors de 1 fr. 80 et 1 fr. 20. Billets de retour sans réduction et seulement pour la journée, même le dim. — Vue à g.

Jusqu'à St-Clovd (15 kil.) et SèhTes- Ville -d'Am-ay (17 kiL), V. p. 341-342 et 343. — 19 kiL Chaville, station à proximité des bois de Ville-d'Avray, de Fausses-Eeposes et de Chaville (v. la carte, p. 34Ô). — 21 kil. Viroflay. Puis à g. un viaduc sur la grande route, reliant les deux lignes et où passent les trains allant à la gare des Chantiers. — 23 kil, Versailles, gare de la rive dr. ou (24 kil.) gare des Chantiers (v. ci-dessous).

Par la ligne de la rive gauche. — 18 kil. Gare Montparnasse (pi. Ct. 16; p. XIII et 337). Départs au moins toutes les heures. Trajet en 30 à 40 min. Prix: 1 fr. 35 et 90 c. Se placer à dr. pour la vue.

Jusqu'à Sèvres (10 kil.), v. p. 344-347. — 13 kil. Chaville. Ensuite à dr, la ligne de la rive dr, et son viaduc (v, ci-dessus), — - 14 kil. Viroflay , où l'on rejoint la ligne venant des Invalides (p. 350). — 18 kil. Versailles, gare de la rive g. ou gare des Chantiers (v. ci-des.sous).

B. En tramway.

Tkamway à air comprimé, sans arrêts facultatifs, 19 kil. (v. l'appendice TAB); deux ou trois voitures, la première allant à St-Cloud, les autres à Sèvres et à Versailles. Départs du quai du Louvre toutes les V2 h., de Paris à 5 et à 35, de Versailles h 15 et 45. Trajet en 1 h. 30. Prix: intérieur, 1 fr., même avec correspond.; impériale, 85 c.

Le tramway, lignes de St-Cloud et de .Sèvres-Yersailles réunies, passe par les quais du Louvre, des Tuileries, de la Conférence, Debilly, de Passy et l'avenue de Versailles jusqu'au Poini-du-Jour (pi. Gr. 1), où la première voiture se détache à dr. sur Bouloyiie- St-Clond (p. 348). Les voitures de derrière continuent dans l'avenue de Versailles et passent ensuite à Sèvres (p. 347), puis à Chaville et à Viroflay, où l'on traverse sous le viaduc du ch. de fer des Invalides-Versailles. On arrive à Vei'saïlles par la grande avenue de Paris, qui aboutit à la place d'Armes, en face du palais.

Versailles.

Arrivée. La gare de la rive droite, dans la rue du Plessis (p. 353), est à env. V4 d'h. du palais (tramw.), la gare de la rive gavche, enti-e l'avenue de Paris et celle de Sceaux , eu est à 10 min. et la gare des Chantiers, plus au S.-E., à 20 min. Omnibus spéciaux pour le palais, surtout à la gare de la rive dr., 30 c. — La station du tramway de Paris est à g. de la caserne d'artillerie, près de la place d'Armes, à l'extrémité de l'avenue de St-Cioud.

Hôtels : *H. des Réservoirs, rue du même nom, 9 et 11, dans un anc. hôtel de Mme de Pompadour, dout on voit, sur la cheminée du petit salon, un buste en marbre, par Chatrousse (dîn. 5 et 6 fi-. v. n. c. ; ch. dep. 5 fr.); II. Vatel , même rue 26 et 28, aussi de le' ordre; H. Suisse,

352 ^v. de. I\ir. 23. VERSAILLES. Histoire.

près de là, rue Pétigny et rue Neuve; H. de France, rue Colbert, 5, côté N. de la place d'Armes; //. de la Chasse et d^Elheuf, rue de la Chancellerie, G et 8, côté S.

Cafés-restaurants, géuéralement chers à la carte: aux hôtels cidessus. Près du palais: 7'est. du Musée, rue des Rései-voirs, 2, modeste (déj. 3 fr.) ; café-rest. du Dragon, même rue, 19, près de la grille (déj. 3 fr., dîu. 4); rest. de Neptune, même rue, 22, en face du théâtre (déj. et dîn. 3 fr.). Près de la gare de la rive dr. : Café Anglais & rest. Continentcd, rue du Plessis, 49 (3 et 5 fr.); Café Américain, à côté, 47 (3 et 4fr.); Au Lion-d'Or (hôtel), id., 38 (2 fr. 25 et 2.50); H. du Sabot-d'Or, id., 23 (2 fr. 50 et 3.50); café-rest. Hoche, place de ce nom (2 et 2.50, 3 et 3.50); rest. de Vhôtel de France (v. ci-dessus); Mathé, aussi rue Colbert, 7 (déj. et dîn. 2 fr. 50); café-rest. de la Bonne-Santé, rue de la Paroisse, 104 (boissons hygiéniques); brasserie Mnller, avenue de St-Cloud, 23. — Près de le gare de la rive g.: hôtel et café-rest. du Coing-d'Or, avenue de Sceaux, 14.

Fiacres: course, le jour, à 1 chev., 1 fr. 25; à 2 ch., 1.50; après min. 2 et 2.50; heure, 2 et 2.50, 3 et 3.60 les dim. et fêtes.

Tramways. Pour Paris, v. p. 351. Dans la ville, de la gare de la rive droite au Palais (disque gris) et de la gare de la rive droite à Trianon (disque rose); du square Jea7i-Houdon on du Plessis, au N., par la gare de la rive droite, à l'avenue de Picardie, à l'E. (disque jaune); de Glatigny, plus au N. et par les gares des deux rives, à Grarulchamp, extrémité de la rue Royale (disque bleu); de Clagnij à V Orangerie (jardins du palais; disque rouge); du Chesnay, au N. (carref. St- Antoine), à la gare des Chantiers, au S.-E. (disque vert). Prix: 15 c., intérieur ou plate-forme, 20 c. avec correspondance, 30 c. à partir de 9 h. du soir; de Vavenue Thiers, gare de la rive g., à St-Cyr (5 kil. ; p. 373; 35 et 25 c.) et de la rue du Plessis (boul. de la Reine), à Maule et à, Epône, par le Chesnay, Rocqueucourt, Bailly, Noisy-le-Roi (p. 373), Mareil, etc., pour 2 fr. 60 et 1 fr. 95 (aller et retour, 25 à 40% de moins).

Poste, télégraphe et téléphone: rue St- Julien, près de l'aile S. du palais (v. le plan); rue de Jouvencel, derrière la préfecture, et rue du Plessis, 32, au coin du boul. de la Reine.

Temples: rue Hoche et rue du Peintre-Le Brun (anglican). — Synagogue, rue Albert-Joly, près de la gare de la rive droite.

Versailles (130 à 140 m. d'alt.), chef-lieu dii départ, de Seine-et- Oise, comptant 54982 hab. est une création de Louis XIY. C'est une ville aux rues régulières, aux places larges et qui se distingue par le nombre et la grandeur de ses édifices. Elle est bâtie dans une plaine sablonneuse, à laquelle la nature avait même refusé l'eau.

Versailles devint la résidence permanente de Louis XIV dès 1682; elle vit l'apogée et la décadence de son règne. C'est d'ici que le roi, avec ses ministres, dirigeait les lils de la politique et souvent même les opérations militaires. Après la mort de Marie-Thérèse, le roi s'était marié en 1684 avec Mme de Mainteuon (1635-1719), qui bientôt sut dominer toute la cour. Sous son influence prospéra cet esprit d'hypocrisie qui eut pour réaction la frivolité et les débauches de la Régence et de Louis XV. Le palais de Versailles ne fut plus alors qu'un boudoir où régnèrent la Pompadour (1721-1764) et la du Barry (1743-1793), et c'est là que Louis XVl expia les errements de ses ancêtres. En 1789, les Etats -Généraux y furent convoqués, pour délibérer sur la situation de l'Etat et pour obvier à la banqueroute qui le menaçait. Ils ne purent s'entendre sur la manière dont se feraient les votes, la noblesse et le clergé voulant qu'ils eussent lieu, comme autrefois, par ordre et non par tête, ainsi que le demandait le tiers état. Soutenu par l'opinion publique, le tiers se constitua en Assemblée Nationale. C'était le commencement de la Révolution. La salle des séances ayant été fermée par ordre du roi, les députés se, rendirent au je?/ de paume (p. 353), où ils prêtèrent

TTagner * Del>e? leipi

La VUle. VERSAILLES. Env de Par. 23. 353

le serment de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France, et qui est connu sous le nom de « serment du Jeu de Paume ». L'Assemblée Nationale prit alors le nom d'Assemblée Constituante. Après la prise de la Bastille, le 1-4 juillet, la populace, composée en partie de «dames de la balle», fit irruption dans Versailles les 5 et 6 oct., et força le roi à rentrer aux Tuileries. La ville perdit dès lors son importance. Le nombre de ses habitants, qui était de 50 000 avant la Révolution, tomba bientôt à 25000. Le château, abandonné, faillit ensuite être vendu et fut longtemps négligé. C'est Louis-Philippe qui lui a rendu une partie de sa splendeur, en y créant un musée. Il a été du 19 sept. 1870 au 6 mars 1871, le siège du quartier général du roi de Prusse, Guillaume ler, qui y fut proclamé empereur allemand. Plus tard, il fut occupé par le goiivernement français, qui dirigea de là les opérations militaires pour vaincre la Commune, ce qui fit donner le nom de «Versaillais» aux soldats du gouvernement. Les Chambres s'étant enfin transportées à, Paris, eu 1879, Versailles est redevenu aussi calme qu'auparavant. — Versailles est la patrie de l'abbé de l'Epée (p. .332), de Louis XVI, de Louis XVIII (m. 1824), de Charles X (m. 18.S6), du statuaire Houdon (m. 1828), du général Hoche (1768-1797) et de Berthier, prince de Neuchàtel (1753-1815). — Voir le Château de Versailles, histoire et desriptiou, par L. Dussieux (2 vol.; 2e éd., Versailles, 1885).

Les trois rues principales de la ville, l'avenue de Paris, au milieu, celle de St-Cloud, au N., et celle de Sceaux, au S., sont disposées en forme d'éventail, et la place d'Armes, devant le château, est le centre d'où elles rayonnent. L'avenue de Paris en est la plus importante. On y remarque \di préfecture , construite de 1863 à 1867, et Vhôtel de ville, bâti en 1900 dans le style Louis XV. — Au S. de V avenue de Sceaux se trouve V église St-Louis, du xviii*^ s. et qui renferme le monument du duc de Berry (m. 1820), par Pradier, et des vitraux de Sèvres, d'après Devéria. Devant cet édifice, la statue de l'abbé de VEpée (v. ci-dessus), bronze par Michaut. Près de l'extrémité N. de l'avenue de Sceaux, une rue latérale conduit à g. au Jeu de Paume, bâti en 1686 et célèbre dans l'histoire (v. p. 352). Il renferme un «musée de la Eévolution», public tous les jours de midi à 4 h., sauf le lundi. On y voit, en face de l'entrée, une statue de Bailly, qui lut la formule du serment (v. ci-dessus), marbre par de St-Marceaux; au fond, une copie du Serment du Jeu de Paume, par David, et sur les murs, les noms des 700 signataires du procèsverbal de la séance.

Le boidevard de la Peine est une autre grande artère, dans le quartier nord. Elle est croisée par la rue du Plessis, qui passe à la gare de la rive dr., et aboutit au X. au square Houdon où s'élève une statue de J. Houdon (v. ci-dessus), par T. Noël (1891). — Au S. du boul. de la Eeine, dans la direction de la place d'Armes, se trouvent l'église de Notre-Dame, construite de 1684 à 1686 par J. Hardouin-Mansart, et une statue du général Hoche (v. ci-dessus), bronze par Lemaire.

La place d'Armes est bordée à l'E. par les anciennes écuries du palais, transformées en casernes d'artillerie et de génie, et à l'O. par la grille de la cour d'Honneur (p. 354).

Bsedeker, Paris. I5e éd. 23

354 ^'"'■- ff'^ ^V<r. -ja. VERSAILLES. /^''«?V

Palais et musée.

Le **palais ou château de Versailles, la célèbre résidence de Louis XIY, doit sou origine à un château de chasse que Louis XIII lit ériger vers 1624 par J. Lemercier. C'était une construction en pierre et briques, de forme cai'rée et conservée encore dans la cour de marbre du palais actuel (p. 355). Louis XIV j venait également pour chasser et il y donna dès 1662 ses brillantes fêtes d'été , auxquelles, entre autres, la troupe de Molière prit part. Le château de St-Germain (p. 377) ne lui suffisant plus, le roi commença bientôt à agrandir et à embellir sa nouvelle résidence, mais c'est seulement dès 1668 qu'il se décida à ces agrandissements gigantesques qui lui permirent enfin de concentrer dans son palais non seulement le gouvernement de la France, mais aussi toute la cour et d'y réunir tout ce que l'art et le luxe peuvent offrir, ainsi que tous les plaisirs royaux: bals, jeux, théâtre, chasses. Son architecte, Louis Levau (m. 1670), prolongea le «petit château», qu'il avait ordre de respecter autant que possible, par deux ailes du côté E. J. Hardouin - Mansart suréleva en 1678 ces bâtiments d'un étage, construisit en 1679 la «galerie des Glaces» sur une terrasse qui précédait le château à hauteur du premier étage du côté du jardin et bâtit jusqu'en 1680 la longue aile du Midi, destinée aux appartements des ministres et des secrétaires d'Etat. LTne armée de peintres, de sculpteurs, de marbriers, de bronziers, de doreurs, de serruriers, d'ébénistes fut employée à la décoration de l'intérieur. Tout était à peu près terminé, quand le roi fixa sa résidence à Versailles, le 6 mai 1682. Mais les édifices se trouvèrent encore insuffisants, et Mansart les agrandit de la longue aile du Nord, de 1684 à 1688. On a évalué, d'après des calculs récents, les frais des terrassements, de l'établissement du parc et des jardins, de la construction et de la décoration du palais à 116438892 livres, soit 500 millions de francs, et les frais d'entretien à 500000 livres par an (auj. encore 600 à 650000 fr., y compris les jardins et les eaux).

Le palais pouvait servir d'habitation à plus de 10000 personnes. Sa façade du côté du jardin, où elle atteint tout son développement, a 375 fenêtres et mesure 580 m. de longueur. Les pavillons de style néo-grec ajoutés des deux côtés de la Cour Royale, par Gabriel sous Louis XV et par Dufour sous Louis XVIII. niiisent à l'unité de l'ordonnance. Gabriel commença aussi en 1753 V Opéra, qui termine l'aile du Xord, mais qui ne fut achevé que de 1767 à 1770. — Pendant la Révolution, on vendit le mobilier royal et on transféra les tableaux au Louvi'e. Louis -Philippe transforma le palais, de 1833 à 1837, en un vaste musée national de «toutes les gloires de la France».

La COUR d'honneur est séparée de la place d'Armes (p. 353) par une grille. Sui' les piliers, à dr. et à g. de l'entrée, deux groupes en

et musée. VERSAILLES. Env. de Par. 23. 355

pierre, la France victorieuse de l'Empire (Allemagne), par 3Iarsy, et de l'Espagne, par Girardon. Au milieu de la cour, une statue équestre de Louis XIV, en bronze, de 1832 , le cheval par Cartellier et le cavalier par Petitot. Sur les côtés, seize statues d'hommes d'Etat et de maréchaux de France, plus grandes que nature, dont une partie se trouvaient jusqu'en 1837 sur le pont de la Concorde, à Paris.

En obliquant à dr. on parvient, de l'autre côté de la rue des Réservoirs, à la cour de la Chapelle, située entre le pavillon Gabriel (p. 354) et la chapelle, sui-montée d'un toit aigu et décorée de statues d'apôtres et de saints en grand nombre. A l'extrémité 0. de la cour de la Chapelle se trouve à dr. l'entrée du public. — A g., à l'extérieur, un cabinet inodore.

Le *niusée national de Versailles se compose de deux parties distinctes, réunies toutefois dans les mêmes locaux, à savoir: les salo7is et appartements de Louis XIV et de ses successeurs, formant avec leur ancienne décoration un musée sans égal et unique en son genre, et le mu^ée historique, créé par Louis -Philippe. Cette seconde partie comprend un nombre immense de tableaux et de sculptures, généralement médiocres, mais aussi de très belles œuvres d'art. La collection de portraits historiques est des plus précieuses. La direction actuelle s'efforce de bien classer les créations artistiques et de mettre au second rang les œuvres de moindre valeur. Conservateur, M. P. de Xolhac. — Les salles sont si nombreuses que le temps pendant lequel le musée est ouvert suffit à peine pour voir avec un peu d'attention les plus importantes. Il ne faudra même pas y rester jusqu'à la fermeture si l'on veut encore aller aux Trianons (p. 371).

Si l'on peut consacrer deux jours à Versailles , on ne visitera le premier que les appartements de Louis XIV, puis le parc et les Trianons. Dans ce cas, on partira de Vescalier de Marbre (au fond de la Cour Royale à g. : n'^ 119 sur le plan du 1" et. ; entrée au fond de la cour des Princes, à dr., en face du mot «entrée» sur notre plan du rez-de-chaussée, d'où l'on gagne l'escalier en traversant le n» 39 et la salle suivante, puis à dr. par le n" 38). Au premier étage, contourner la balustrade à g. pour entrer dans la salle des Gardes du Roi (no 120; p. 862), par laquelle on passe dans les appartements de Louis XIV (p. 360), d'où l'on peut visiter les Petits Appartements (p. 362), et plus loin la galerie des Glaces (p. 361). On verra ensuite le salon de la Paix (p. 362) et les Grands Appartements de la Reine (p. 363). On reviendra dans la galerie des Glaces, puis dans le salo'n de la Guerre (p. 360) et les salles contiguës, et l'on terminera ce tour par la visite de la chapelle (p. 356). On se fera de cette façon la meilleure idée du palais historiqiie de Versailles.

Aile du Nord. — Rez-de-chaussée. — Dans le vestibule (pi. 1), on vend des catalogues: 2^ vol. 2 fi-., 3^ vol. 3 fr.; le 1" voL est épuisé; une Description illustrée du château et du musée, par MM. P. de Xolhac et A. Pératé (1896), 6 fr., des photographies, etc. Le vestiaire n'est obligatoire que pour les parapluies lorsqu'ils sont mouillés. Si l'on ne visite le musée qu'une fois, on suivra notre itinéraire, en traversant vite les salles moins importantes, qui .sont mises ci-après en petits caractères.

356 ^i^i^- (^e, Par. 23. VERSAILLES. Palais

La *CHAPELLE, à dr. en entrant, est visible au rez-de-chaussée en s'adressant au gardien (pourb.), mais on la voit mieux du premier étage (p. 358). Elle a été commencée par Maiisart en 1699 et acbevée en 1710 par Rob. de Cotte. C'est un chef-d'œuvre du style pompeux de l'époque. Elle est richement décorée de marbre, de dorures, de bronzes et de peintures, sans en être surchargée. A la voûte, dans le fond, la Résurrection, par Ch. de Lafosse; au milieu, le Père Etrenel, par N. Coypel; au-dessus de l'anc. tribune du roi, la Descente du St-Fsprit, par Jouvenet. Aux plafonds des tribunes latérales, des i.pôtres de Bon et Louis Boidlongne. Bénitiers, par Coustou. Les sept autels dans le bas sont ornés de bas-reliefs en bronze, par Adam, Vinache, Bouchardon, SUvestre, Ladatte et Slodtz.

Dans le vestibule, en face de l'entrée, un grand bas-relief de Coustou, le Passage du Pthin par Louis XIV. Nous passons de là dans le musée historique, dont les salles ont remplacé ici la suite des petites pièces et entresols d'autrefois.

Salles des tableaux d'histoire de Clovis à Louis XVI (pi. 2 à 12), avec des tableaux àeDela7'oche, Cabanel, Rouget, A. Scheffer, Schnetz et Vinchon. — De l'escalier (13) on passe à dr. dans un long corridor, la galerie de pierre (16), où sont des moulages de monuments funèbres de princes et de reines , et à g. de là dans les

*Salles des Croisades (pi. 19, 20, 21, 18, 17). — Ces salles se distinguent à la fois par leur décoration brillante, avec des blasons de chefs des croisades, et par leurs beaux tableaux modernes.

— Ire SALLE (pi. 19). A dr. : Gallait, Baudouin I^r, comte de Flandre, couronné empereur de Constantinople (1204); Larivière, Bataille d'Ascalon en 1177. — II" salle (pi. 20). Jacquand, Jacques Molay, grand-maître de l'ordre du Temple, prend Jérusalem (1299), etc. — Ille salle (pi. 21). A la fenêtre centrale, un mortier de l'île de Rhodes. A g.: H. Vernet, Bataille de las Navas de Tolosa, contre les Arabes, en Espagne (1212); Schnetz, Procession des croisés autour de Jérusalem (1099). De l'autre côté de la porte: La7'iviè?^e, Levée du siège de Malte (1565). Ensuite une porte goth. de l'hôpital des chevaliers de St-Jean à Rhodes, don du sultan Mahmoud (1836); Odier, Levée du siège de Rhodes (1480) ; d'après Eug. Delao^oix, Prise de Constantinople (1204; original, v. p. 149); M.-J. Blondel, Ptolémaïs remise à Philippe-Auguste et à Richard Cœur-de-Lion (1191), etc. — IVe salle (pi. 18). Signol, Prédication de la 2^ croisade à Vézelay, par St Bernard (1146) ; Schnetz, Bataille d'Ascalon (1099^ ; Signol, St Louis et Godefroy de Bouillon, roi de Jérusalem (1100).

— Ve SALLE (pi. 17). Signoî, Prise de Jérusalem (1099), Passage du Bosphore (1097) ; Gallait, Prise d'Antioche (1098).

Nous continuons de suivre la galerie de pierre, pour monter au premier étage par un escalier dans le vestibule, à g. de la chapelle. Si elle est fermée, on peut ouvrir la porte, dissimulée dans la boiserie.

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et musée. VERSAILLES. Env. de Par. 23. 357

Légende du plan du Château de Versailles. Premier étage.

Aile du Xord. — 83. Salon de la Chapelle (p. 358). — 84 à

93. Salles des tableaux d'histoire de 1794 à 1S30 (p. 358). —

94. Escalier du second étage (p. 358). — 96. Galerie de sculpture (p. 358). — 98 à 104. Salles des tableaux d'histoire contemporaine (p. 358).

Corps principal, — 105 à 111. Grands appartements du Roi (p. 360). — 112. Salon de la Guerre (p. 360). — 113. Galerie des Glaces (p. 361). — 114. Salon de la Paix (p. 362). — 115 à 117. Grands appartements de la Reine (p. 363). — 118. Salle des Gardes de la Reine (p. 363). — 119. Escalier de Marbre (p. 365).

— 120. Salle des Gardes du Roi (p. 362). — 121. Première antichambre du Roi (p. 362). — 122. Cabinets de la Reine Marie- Antoinette (p. 362). — 123. Salle de l'Œil-de-Bœuf (p. 362). — 124. Chambre à coucher de Louis XIY (p. 362). — 125. Salle du Conseil (p. 362). — 126 à 130. Cabinets intérieurs de Louis XV et de Louis XVI (p. 362). — 135. Escalier moderne (sur l'emplacement de l'Escalier des Ambassadeurs). — 136. Vestibule.

— 137 et 138. Salles des gouaches du xyiii^ s. (p. 360). — 139. Salle des tableaux modernes (p. 360). — 140. Grande salle des Gardes (p. 363). — 144 et 145. Salles de 1792-1793 (p. 363).

Aile du Midi. — 147. Escalier des Princes (p. 363). — 148. Galerie des Batailles (p. 364). — 149. Salle de 1830 (p. 364).

— 150. Galerie de sculpture (p. 364).

Rez-de-chaussée.

Aile du nobd. — 1. Vestibule (p. 356). — 2 à 12. Salles des tableaux d'histoire de Cloris cà Louis XVI (p. 356). — 13. Escalier. — 16. Galerie de pierre (p. 356). — 17 à 21. Salles des Croisades (p. 356).

Corps principal. — 22 à 24. Vestibules (sculpture). — 27 à 30. Salles de Tableaux -Plans (p. 367). — 32. Vestibule Louis XIII. — 33. Salle des nouvelles acquisitions (p. 367). — • 34. Salle des anciennes résidences royales (p. 367). — 37. Corridor conduisant à l'Escalier de Marbre. — 38. Vestibule de marbre (p. 367). — 42 cà 50. Nouvelles salles des portraits 1 appartements du Dauphin; p. 366). — 51. Galerie basse (p. 367). — 52 à 59. Salles des maréchaiLX et des guerriers célèbres (fermées).

Aile du Midi. — 66. Vestibule. — 67 à 80. Galerie de peinture de la République et du Premier Empire (p. 365 et 366).

— 81. Galerie de pierre (p. 366).

358 ^iv. de Par. 23. VERSAILLES. Palais

Aile du Nord. — Premier étage. — On arrive d'abord dans le SALON DE LA Chapelle (pi. 83), dont les murs de marbre blanc, ainsi que les ligures de la Piété et de la Foi, font une impression solennelle. Plusieurs portes donnent sur la tribune du roi, d'où l'on voit très bien l'intérieur de la chapelle (p. 356). — Après l'avoir vue, nous passons dans la galerie de g. (porte à dr. en entrant), qu'occupent les

Salles des tableaux d'histoire de 1794 À 1830 (pi. 84 à 93). A remarquer: 5^ salle (pi. 88), Gautherot, Napoléon blessé à Ratisbonne (1809). — 8« salle (pi. 91 ; 1814-1823), Gros, Louis XVIII quitte le palais des Tuileries à la nouvelle de l'approche de Napoléon, en 1815. — 9^ salle (pi. 92; 1824-1830), Gérard, Sacre de Charles X à Reims (1825).

L'escalier à la suite (pi. 94) monte au second étage (ouvert à midi), dit I'attique du nord, où l'on remarquera, à dr., quatre salles aiTangées en 1900. Les tableaux, du xv^ s. au temps de Louis XIII, sont de valeur artistique différente, mais tous intéressants au point de vue historique, l'e SALLE (153): à g., 3051, la Vierge, St Michel et Jeanne d'Arc; s. n», une Chasse à la cour de Jean sans Peur; à g., 3221, Anne de Montmorency (p. 400); entre les fenêtres, au pilier central, 3166, Rabelais; 3152, Jean Dubellay, le poète; 3133, Lucas Oranach, portr. de Luther (1544; inscription ajoutée plus tard). Du côté de la sortie, 3282, Henri IV âgé de quatre ans; s. n", Andr. Michieli, Réception de Henri III au Lido. Au milieu, Henri IV, statue en bronze. — Ile salle (154): portraits; entre autres, Henri IV et Marie de Médicis; 3280, Charles de Condé et son fils; 3418. le général croate Isolani, etc. — Ille salle (155): 1860, buste de Charles, Quint; portraits, entre autres: 3198, don Carlos; 3196, Philippe II; 3352- Oldenbameveldt; 3347, Maurice de Nassau; le général Spiuola; 3340, Isa, belle -Claire -Eugénie d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas; 3337, Marguerite d'Autriche, reine d'Espagne; 3199 (à g.), Marguerite d'Autricheimpératrice d'Allemagne (1528-1603), beau portr. par J. Pantoja de la Cruz, — IVe salle (156) : s. a» , Louis XIII ; s. n", Marie de Médicis , par Fourbus; s. n», Anne d'Autriche; à dr., s. n», Marie de Rohan-Montbazon, duchesse de Chevreuse (1600-1679); s. n^, Th. de Savoie, prince de Carignan (1597-1656), par A. van Dyck ; — Les autres salles (157-162) contiennent des portraits par Mignard, Rigaud, Ph. de Champaigne, etc., ou des copies.

L'autre galerie, parallèle à celle des peintures ci-dessus, est une GALERIE DE SCULPTURE, qui renferme des moulages et quelques originaux par Duseigneur, Nanteidl, Raggi, Foyatier, Eiex, Debay, Valois, Foucou, Seurre, Jaley, etc. Au commencement, à dr., sur le palier, une statue de Jeanne d'Arc, par Marie (U Orléans, fille de Louis -Philippe (1837). Au milieu, plusieurs œuvi'es de Pradier, surtout la statue du duc Ferdinand d'Orléans (v. p. 227), avec des scènes des sièges d'Anvers et de Constantine. — Nous tournons à g. pour entrer par la seconde porte.

^Salles des tableaux d'histoire contemporaine (pi. 98-104). Ces salles renferment des tableaux relatifs à des événements du règne de Louis-Philippe et du second empire, intéressants par leurs portraits. — I« salle (pi. 98). 5004 (à dr.), Gérôme, Napoléon III recevant les ambassadeurs siamois, à Fontainebleau (1861). — Ile SALLE (pi. 99). A dr., 1941, Yvon, Retraite de Russie (1812). En face, 1964, Protais, Prise du Mamelon -Vert (Crimée; 1855).

et musée. VERSAILLES. E,iv. de Par. 23. 359

in^ SALLE (pi. 104; à dr. par le petit passage). A g., -H.Vernet, Prise de la Smalah d'Abd-el-Kader (1843), par le duc d'Auniale, tableau superbe de 21 m. 39 de long et 5 m. de haut. Sur les esquisses, au-dessous, les noms des personnages.

La Smalah d'Abd-el-Kader, sou camp principal, sa résidence ambulante, sa coiu-, avec son harem et son trésor, renfermait plus de 20000 personnes; elle fut surprise par le due d'Aumale à la tête de deux régiments de cavalerie. Abd-el-Kader lui-même était absent. — «L'irruptiou soudaine des troupes fst rendue avec cette vivacité de composition et de touche qui caractérise M. Horace Yernet. Ces files de chevauz se présentant de pleine face au spectateur sont un véritable tour de force; les femmes et les enfants à demi étouffés sous les tentes renversées, les troupeaux effarés commençant la déroute, les gazelles familières sautant hors de la toile, le juif qui emporte sa bomse, la négresse idiote jouant avec une tranche de pastèque, les femmes de l'émir que les nègres tâchent de hisser sui- les dromadaires, les luttes partielles des Français et des Arabes, offrent à l'œil des groupes spirituels et bien mouvementés, dont les interstices sont remplis par ces mille accessoires que peut foiu-nir le trésor éventré d'une smalah.» (Th. Gautier.)

A dr., H. Vernet, Bataille d'Isly (1844), victoire du maréchal Bugeaud sur Abd-el-Kader. Beaucé, Prise du fort St -Xavier, devant Puébla (1863). Beaucé, Prise de Zaatcha (1849) ; Assaut et prise de Laghoiiat (Algérie; 1852). Belhmgé, Prise du col de Monzara (1840). Philippoteaux, le Duc d'Orléans accorde la liberté à des prisonniers arabes (1846). Tissier, Xapoléon m rendant la liberté à Abd-el-Kader , au château d'Amboise (1852). Dans le passage, à dr., même sujet, bas-relief, par Carpeaux.

lYe SALLE (pi. 103). H. Vemet : entre les portes, Combat de l'Habrah (1835); à dr., Siège et Prise de Constantine (1837); Attaque du fort mexicain de St-Jean-d'Ulloa par l'amiral Baudin (1838); l'Armée française force le col de Téniah-Mouzaïa (1840) ; Attaque de la citadelle d'Anvers (1832). —Y^ salle (pi. 102). Entre les portes, F. Barrias, Débarquement de l'armée française à Old-Port, en Crimée (1854). A dr., Yvon, la Gorge de Malakoff; la Prise de Malakotf (1855); la Courtine de Malakoif. P'ds, Bataille de l'Aima (1854). Yvon, Bataille de Solférino (1859). Rigo, Bataille de ^Eagenta (1859). En outre quantité de bustes de maréchaux et de généraux du second empire. — YP salle (pi. 101). H. Ventet, Louis-Philippe et ses fils venant d'inaugurer le musée de Yersailles (1837). Couder, Installation du conseil d'Etat au Petit- Luxembourg (1799); le Serment du jeu de paume (1789); Fédération des gardes nationales et de l'armée au Champ-de-Mars (1790). Vinchon, Séance pour l'ouverture des chambres et la proclamation de la Charte en 1814. — YIP salle (pi. 100). Vinchon, Enrôlement des volontaires en 1792. Ch.-L. Muller, Appel des dernières victimes de la Terreur (1794), parmi lesquelles se voit, au milieu, sur une chaise, le poète André Chénier. Serangeli, Adieux de Xapoléon I" et d'Alexandre après la paix de Tilsitt.

Revenus au salon de la chapelle, nous tournons à droite.

3G0 Euv. de Par. 23. VERSAILLES. Palais

Corps principal. — Premier étage. — Le côté N. du centre du palais donnant .sur les jardins faisait partie des *grands appartements DU Koi (pi. 105-111). Ils ont aux murs et aux plafonds leur anc. décoration (stuc doré, boiseries, etc.), mais ils n'ont plus leur mobilier et ils ont subi diverses transformations. Cependant ils donnent encore une très bonne idée du style somptueux de Louis XIV. Dans les ornements, on remarque partout le soleil, l'emblème du roi. Les tableaux de Le Brun, représentant «l'Histoire du Roi», sont les modèles des tapisseries qui s'y trouvaient auparavant. Les autres murs sont ornés de Batailles, par van der Mevlen, Parrocel, etc. — Du salon de la Chapelle on entre dans le

Salon d'Hercule (pi. 105), qui ne fait partie des grands appartements que depuis Louis XV. Plafond par Lemoine, l'Apothéose d'Hercule (long de 18 m. 50 sur 17 m. de large , avec 142 figures). Puis : Mignard, Louis XIV à cheval. Le cadre du Passage du Rhin, d'après Le Brun, renfermait autrefois le Festin de Simon, par P. Véronèse (au Salon Carré du Louvre).

Les grands appartements de Louis XIV commencent avec la pièce suivante, le Salon de l'Abondance (pi. 106). Plafond par Houasse, l'Abondance.

A g. deux SALLES (pi. 137, 138), avec des gouaches représentant des scènes des campagnes des Pays-Bas, etc. — Puis une salle (pi. 139), avec des peintures relatives aux Etats-Généraux: Couder, l'Ouverture des Etats-Généraux en 1789; frise représentant la procession des Etats à Notre-Dame de Versailles, le 4 mai 1879, par L. Boulanger; Aimé Morot, Bataille de Reischoffen; A. de Neuville, Bataille de Champigny, fragment de panorama. Modèle de la statue de Bailly qui est au Jeu de Paume (p. 853).

Salon de Vénus (pi. 107) ou grande salle de l'escalier du Roi. Plafond par Houasse, Vénus assuj étissant à son empire toutes les divinités. Statue de Louis XIV par J. Warin. — Salle de Diane (pi. 108) ou salle de Billard. Plafond par Blanchard, Diane présidant à la chasse et à la navigation. Voussures par Audran, de Lafosse et Sarrazln. Bustes, entre autres: Louis XIV par le Bernin; Vauban, par Coyzevox. Portraits du roi par Rigaud et de la reine attr. à Beaubrim. — Salon de Mars (pi. 109), l'anc. salle de bal et des concerts. Plafond par Audran, Mars sur un char traîné par des loups; compartiments par Houasse et Jouvenet, les Horreurs et les Bienfaits de la guerre. Panneaux de porte, par S. Vouet. Sacre de Louis XIV et son Entrevue avec Philippe IV, scènes de «l'Histoire du Roi» (v. ci-dessus). — Salon de Mercure (pi. 110) ou chambre du Lit. Plafond par J.-B. de Champaigne, Mercure sur un char tiré par deux coqs. — Salon d'Apollon (pi. 111). ou chambre du Trône. Plafond par Ch. de Lafosse, Apollon sur un char à quatre chevaux , accompagné par les Saisons.

Le SALON de la Guerre (pi. 112) occupe, avec la galerie suivante et le salon de la Paix, le côté 0. de la partie centrale du palais. Murs revêtus de marbre multicolore et ornés de médaillons en bronze

et musée. VERS AILLES. ^nv. de Par. 23. 361

doré. Au mur d'entrée, Louis XIV à cheval, haut relief en stuc par Coyzevox. Plafond peint par Le Brun: à la coupole, la France armée de la foudre et d'un bouclier avec le portrait de Louis XIV, et dans les voussures se voient Bellone, l'Allemagne , la Hollande et l'Espagne épouvantées. H y a, en outre, six bustes en porphyre d'empereurs romains.

La "GALERIE DES Glaces (pi. 113), achevée en 1684, a 72 m. de long, 10 m. de large et 13m. de haut. Décorée avec une richesse sans pareille par Ch. Le Brun et les premiers artistes de son temps, elle a été souvent regardée comme une des plus magnifiques. Elle est éclairée par dix-sept grandes fenêtres cintrées, d'où l'on jouit d'une vue splendide sur les jardins. En face de ces fenêtres se trouvent dix-sept arcades où sont des glaces à biseau dans le goût vénitien, avec des ornements exquis dus à Cucci. Les murs sont revêtus des plus beaux marbres et ornés de grands trophées en cuivre doré, modelés par Coyzevox. Les fenêtres et les arcades sont séparées par des pilastres, dont les chapiteaux de !'« ordre français» sont une invention de Le Brun. Quatre grandes niches renferment des statues de marbre, qui, sous Louis XIV, étaient des antiques. La corniche, en stuc doré, sculptée eu grande partie par Coyzevox, est décorée de couronnes de France, de colliers des ordres du Saint-Esprit et de St-Michel, etc. La voûte, en forme de berceau et plein cintre, a été peinte par Le Brun. Elle se compose de six grands tableaux dans le grand cintre, de deux grands tableaux aux extrémités et de vingtdeux petits placés entre les autres. Elle représente l'histoire de Louis XIV, de 1661 à 1678, surtout ses guerres avec l'Allemagne, la Hollande et l'Espagne. Le titre du grand tableau central est: «le Roi gouverne par lui-même»; Mercure montre au monde cette décision du roi. Du côté du jardin on aperçoit le «Faste des puissances voisines de la France » : l'Allemagne, la Hullande et l'Espagne. Les sujets des grands tableaux sont à partir du salon de la Guerre, au-dessus de la porte : l'Alliance de l'Allemagne et de l'Espagne avec la Hollande (1672). Ensuite, au plafond, le passage du Rhin (1672) et la Prise de Maestricht (1673); à dr., le Roi arme sur terre et sur mer; à g., le Roi donne l'ordre d'attaqner quatre places fortes de la Hollande (conseil de guerre avec le duc d'Orléans, Condé et Turenne). Au delà de la composition centrale, le Roi décide de châtier les Hollandais (1671); à g., la Franche-Comté prise pour la seconde fois; Prise de Gand et Impuissance des Espagnols (1678). Au-dessus de la porte du salon suivant, la Hollande accepte la Paix et se détache de l'Allemagne et de l'Espagne (paix de Ximègue; 1678). Ces compositions avec leur mélange d'allégories et de portraits historiques rappellent les grands tableaux de Rubens au Louvre. Tout l'ameublement, y compris les tables, les guéridons, les candélabres, les vases à fleurs, etc., était en argent massif. — C'est dans cette galerie qu'eut lieu la proclamation de l'empire d'Allemagne, le 18 janvier 1871.

302 Ehv. de Par. 23. VERSAILLES. ^'«^m*

Le pendant du salon de la Guerre est le salon de la Paix, au S. de la galerie des Glaces. Il conduit dans les appartements de la Jîeine (p. 3()3). — Nous entrons d'abord par la porte la plus rapprochée du salon de la Guerre dans la

Sallk du Conseil (pi. 125), qui était divisée, sous Louis XIV, en deux cabinets, celui du Roi et celui des Perruques. La salle actuelle a été formée en 1753 et décorée par Ant. Rousseau. Elle a une pendule curieuse par Morand, de 1706, et une magnifique table. Sur un chevalet à dr,, une Ste Famille par Poussin.

Les CABINETS INTÉRIEURS DE LoUIS XV ET DE LoUIS XVI OU PETITS

APPARTEMENTS DU ROI (poui'b. uu gardien qui conduit) , à g. de ce côté, 80ut iiussi intéressants par leur décoration aucienne due à Verhercht. Les meubles sout presque tous modernes, sauf les pendules. La première pièce (pi. 120) était le cabinet du Billard sous Louis XIV, plus tard la chambre à coucher de Louis XV, qui y mourut en 1774. Ensuite vient le cabinet des Pendules ou salon (pi. 127): méridien du temps de Louis XVI; plan de. Versailles eu mosaïque. — A g., le cabinet des Chasses (pi. 128), à côté d'une cour où se faisait la curée, et la salle à manger, où sont un vilehrequin et d'autres outils de Louis XVI. Puis trois" cabinets (pi. 129) entre autres, la bibliothèque de Louis XVI, etc.

La *CHAMBRE À COUCHER DE Louis XIV (pi. 124) cst meublée et décorée à peu près comme au xyii^ s. Toutefois les Evangélistes de Valentin (en haut) sont les seuls tableaux qui se trouvaient ici du temps du roi; les cheminées datent du règne de Louis XV. Une magnifique balustrade précède le lit. C'est dans ce lit que Louis XIV mourut, après 72 ans de règne, le l^*" septembre 1715. Portrait de la reine par Mignard, etc. Les Renommées et la Gallia (dorées) sont de JV. Coustou.

La pièce suivante est la fameuse salle de l'Œil-de-Bœuf (pi. 123), qui n'a cependant pris son nom actuel que sous Louis XV, d'après une fenêtre ovale qui s'y trouve. C'est là que les courtisans attendaient le lever du roi, La belle frise d'Amours en stuc doré est l'œuvre de Flamen, van Cleve, etc. L'un des tableaux, par Nocret, représente Louis XIV et la famille royale avec les attributs de divinités païennes.

De la salle de l'Œil-de-Bœuf on passe dans les cabinets de Marie- Antoinette (pi. 122) , qu'on visite aussi sous la conduite d'un gardien (pourlj.). Ils se distinguent comme ceux du Roi par leur décoration. Antichambre, boudoir, bibliothèque (dans une armoire, les anc. livres peints en trompe-l'œil ; cofifret de la reine); salle de concert, décorée en partie par Gouthière; salon de la Reine, avec un buste de Marie-Antoinette, par Pajou. L'exiguité de ces chambres a de quoi surprendre. — On pai^vieut de là à l'escalier de marbre (p. 365).

A la suite de la salle de l'Œil-de-Bœuf, I'antichambre (pi. 121), où l'on dressait la table quand le roi mangeait chez lui en public, et la SALLE DES Gardes DU Roi (pi. 120). On y voit auj. des tableaux de batailles et des vues de Versailles de 1688.

Le SALON DE LA Paix (pi. 114), à la suite de la galerie des Glaces a aussi un plafond par Le Brun: au milieu, la France sur un trône, entourée de l'Abondance et d'autres figures allégoriques; dans les

et musée. VERSAILLES. Bt^v. de Par. 23. 363

pendentifs, l'Espagne, la France, la Hollande et l'Allemagne jouissant de la paix. Du côté de la sortie, un portr. de Louis XIV tenant le gouvernail de l'Etat, par Lemoyne. — On passe dans les

Grands appartements de la Reine (pi. 115 à 117). Les décorations sont également ici supérieures aux tableaux. — La cha^ibre de LA Reine (pi. 115), où ont couché Marie-Thérèse, Marie Leczinska et Marie-Antoinette. Tableaux: à g. Mariage de Louis XIY et de Marie-Thérèse, ^b.x Le Brun; Naissance du dauphin, d'après Watteau; Mariage du dauphin, par Dieu. Portraits: Marie-Antoinette par Mme Lebrun et Marie Leczinska par Nattier. — Le salon de LA Reine (pi. 116) ou salon des Xobles, était celui où se faisaient les grandes réceptions chez la reine. Plafond par Michel Corneille^ Mercure protégeant les sciences et les arts. Tableaux par Dulin, de Sève et Christophe. — Salon du Gp^nd couvert (pi. 117) ou antichambre de la Reine. Plafond d'après Le Brun, la Famille de Darius aux pieds d'Alexandre. En bas: Louis XIY à cheval, par Le Brun; Turenne vainqueur de l'armée espagnole au canal de Bruges (1567), par Le Brun et van der Meulen; Gérard, Philippe de France, duc d'Anjou, déclaré roi d'Espagne (1700).

Salle des Gardes de la Reine (pi. 118), celle qui fut envahie par la populace le 6 oct. 1789 et où trois gardes se dévouèrent pour sauver la reine. Plafond par JV. Coypel, Jupiter accompagné de la Justice et de la Paix; Ptolémée Philadelphe, Alexandre Sévère, Trajan et Solon. Bustes de Louis XYI, de Marie - Antoinette , etc. Beau portr. de la duchesse de Bourgogne, par Santerre. Sur une table, l'Hiver, par Giraudon. — Une porte dans cette salle et dans la suivante donne sur l'escalier de Marbre, mentionné p. 365.

Grande salle des Gardes (pi. 140). C'est ici qu'eut lieu le jeudi saint la cérémonie du lavement de pieds, fait par le roi à treize enfants pauvres en présence du clergé. C'est encore ici que le 6 oct. 1789 la Garde Nationale, sous les ordres de Lafayette, prêta le serment de fidélité au roi Louis XYI. Plafond, Allégorie du dixhuit brumaire, par Caïlet. Tableaux : à g., Roll, la Fête du centenaire des Etats-Généraux au bassin de Neptune (p. 370), en 1889; à dr., David, Distribution des aigles au Champ-de-Mars (1804); Gros,\Q, Bataille d'Aboukir (1799). Au milieu, les Derniers moments de Napoléon I^r, marbre par Vinc. Vêla (1866).

Les SALLES par où l'on passe dans l'aile du midi renferment des tableaux de batailles de 1792 à 1793 (pi. 144) et des portraits de guerriers célèbres à l'âge et au rang qu'ils avaient en 1792 (pi. 145). Au milieu de cette dernière salle, une colonne en porcelaine de Sèvres, ornée de peintures et surmontée d'une statue de la Yictoire. offerte par la ville de Paris à Napoléon I^^ à l'occasion de son mariage avec Marie-Louise.

On traverse le palier de I'escalier des Princes (pi. 147), où l'on remarque un beau groupe en marbre des Trois Grâces, par Pradier,

364 F-nv- de Par. 23. VERSAILLES. Palais

et une statue de Napoléon P^' par Carteïlier. Ensuite on parvient à l'aile suivante.

Aile du Midi. — Premier étage. — Cette aile se composait autrefois, comme celle du Nord (p. 358), d'une série de petits appartements sur deux étages, remplacés également par les galeries du musée historique. — On entre d'abord, en face, dans la

^Galerie des Batailles (pi. 148). — C'est une salle superbe, de 120 m. de long sur 13 de large, divisée en deux parties par des colonnes et décorée de 34 grands tableaux , ainsi que de 80 bustes de princes, d'amiraux, de connétables, de généraux français morts pour la patrie, etc. Les noms d'autres officiers morts au champ d'honneur sont inscrits sur des plaques noires dans les angles et du côté des fenêtres. — Nous faisons le tour.

A g. , G. Bertrand, Patrie (1870-71). Ensuite, du côté g. : Steuhen, Bataille de Tours (732). A. Scheffer , Charlemagne reçoit a Paderborn la soumission de Witikind (785). ScJmetz, le Comte Eudes défend Paris contre les Normands (885-886). Horace Vernet, Bataille de Bouvines (1214). E. Delacroix, Bataille de Taillebourg (Anglais; 1242). Larivière, Bataille de Mons-en-Puelle (1304). Henri Scheffer, Bataille de Cassel, en Flandre (1328). Larivière, Bataille de Cocherel (1364). H. Scheffer, Levée du siège d'Orléans (1429). Larivière, Bataille de Castillon (Anglais; 1453). Féron, Entrée de Charles YIII à Naples (1495). A.-E. Fragonard, Bataille de Marignan (1515). Picot, Prise de Calais (1558). Gérard, Entrée de Henri lY à Paris (1594). Heim, Bataille de Rocroy (1643). Fran- (jue, Bataille de Lens (1648). Larivière, Siège de Dunkerque (1658). — Au fond, Alaux, Yalenciennes prise d'assaut (1677). Salle voisine, V. ci-dessous. — De l'autre côté, en revenant: Devéria, Bataille de la Marsaille (1693). Alaux, Batailles de Yillaviciosa (1710) et de Denain (1712). H. Vernet, Bataille de Fontenoy (1745). Couder, Bataille de Lawfeld (Anglais; 1747); Siège d'York-Town (Amérique; 1781). Mauzaisse, Bataille de Fleurus (1794). Philippoteaux, Bataille de Rivoli (1797). Bouchot, Bataille de Zurich (Russes; 1799). Schopin, Bataille de Hohenlinden (1800). Gérard, Bataille d'Austerlitz (1805). H. Vernet, Batailles d'Iéna (1806), Friedland (1807) et Wagram (1809).

La SALLE DE 1830 (pi. 149), à l'extrémité S. de la galerie , contient des tableaux relatifs à l'avènement de Louis-Philippe au trône et d'autres tableaux. A dr., Roll, Halte-là! A g., Henri Gervex, Distribution des récompenses à l'Exposition de 1889. Eu face, Gérard, Proclamation à l'hôtel de ville. Plus loin, Court, Distribution des drapeaux à la garde nationale. — Au petit mur du fond: J.-G. Vihert, Apothéose de Thiers (m. 1877).

Parallèle à la galerie des Batailles est une galerie de sculpture (pi. 150), qui contient une quantité de statues et des bustes de personnages célèbres des xvii^ et xviiie s., par des artistes modernes. EUe n'est ouverte que les dim. où jouent les grandes eaux (p. 350).

Revenu à l'escalier des Princes (pi. 147; p. 363), on redescend, ou

et musée. VERSAILLES. E;iv. de Par. 23. 365

bien on va visiter le secoiid étage. Dans ce cas, on retourne jusqu'à la grande salle des Gardes (338). on passe par une porte dans l'angle opposé, et on arrive à Yescaliey^ de Marbre (pi. 119 ; sortie), d'où Ton monte, à dr., par Vescalier de la Reine aux attiques Chimay et du Midi, ouverts à midi (attique du Xord, v. p. 358).

Attique Chimay, la partie centrale, dont l'entrée est par la 2^ porte en face de l'escalier de la Eeine. — 1« salle, à dr., et cabinet voisin, musée de la Révolution, surtout des portraits: G-ros, portr. de Tartiste; David, Barrère; Ducreux, Méhul, le compositeur; bustes de Mirabeau et de Lafayette, t^ht Houdon; Heinsius, Mme Roland; Hai/er, Charlotte Corday (seul portr. en couleur; v. p. 191); Kocharski, Marie-Antoinette au Temple ; Mme Morin, Mme Récamier. — 2e salle: portraits de la famille d'Orléans, dont plusieurs excellents de Winterhalter (surtout celui de la reine Marie- Amélie) et un A' Ingres. — S^ salle, où l'on passe par la porte du fond: à g., portraits de célébrités du xis^ s., surtout de Thiers et de Montalivet, par Bonnat ; puis, Landelle, Alfred de Musset, le poète; Dainnier, Berlioz, le compositeur; Gérard, Lamartine; H. Flandrin, son portrait; Bellay. A. Dumas père, etc. Au milieu, un vase de Sèvres avec le portrait de Thiers. Autres tableaux par Philijypoteaux, Béllangé et Isabey (Transbordement des restes de Napoléon 1er) et JJlmann (Thiers libérateur de la patrie). — 4e salle: portraits de la famille Bonaparte, par Gros, H. Scheffer, Hébert, H. Flandrin, Gérard, Bobert-Lefèvre, Dubufe. A dr. de la cheminée, ^Bonaparte au St-Bernard, par David. Bustes et autres sculptures. Ensuite une série de six cabinets. Dans le 2e, encore des portraits de célébrités de l'Empire, par le baron Gérard. Dans les autres cabinets, de petits tableaux dont une partie représentent des événements du règne de Louis-Philippe. Dans le 6e, H. Vernet, Louis- Philippe partant pour l'hôtel de ville (1830).

Attique du Midi, communiquant avec l'autre par le palier de l'escalier. Il renferme une collection de portraits historiques du xnie au xixe s., dont les meilleurs ont été placés dans les appartements du dauphin (v. p. 366); toutefois il y reste encore quelques portraits intéressants, par Nattier, Natoire, Mme Lebrun, etc.

En redescendant du second étage, prendre à g. et retourner jusqu'à l'escalier des Princes, à l'entrée de la galerie des Batailles.

Aile du Midi. — Rez-de-chaussée. — Au bas de l'escalier des Princes, par lequel on y descend de la galerie des Batailles (p. 364), ou à g. du passage qui mène de la cour des Princes dans les jardins, se trouve la

Galerie de la Eépublique et du Premier Empire (pi. 67 à 80), où l'on pourra passer rapidement.

ire SALLE (pi. 67; 1796). A dr. , Ch. Thévenin, Augereau au pont d'Arcole. — 2e salle (pi. 68; 1796-1797). Lethière, Préliminaires de la paix de Léoben (1797). — 3e salle (pi. 69; 1798). Girodet-Trioson, Révolte du Caire. Guérin, Bonaparte fait grâce aux révoltés du Caire. — 4e SALLE (pi. 70; 1802-1804). Monsiou, la Consulta de la République cisalpine réunie à Lyon. A g., *s. n<', G^ros, Bonaparte au pont de Lodi. — 5e SALLE (pi. 71; 1804). Sérangdi, Napoléon reçoit au Louvre les députés de l'armée après son couronnement. A g., s. u^, Girodet, Bonaparte lei- Consul. — 6e SALLE (pi. 72; 1805). Première campagne de la Grrande- Armée. — 7e salle (pi. 73), maintenant la salle des pas perdus de la Chambre des députés (p. 366). Sculptures, à g., l'impératrice Joséphine, marbre par Vital-Dubray. — 8e salle (pi. 74; 1805). Ch. Meynier, le Maréchal Ney remet au 76e de ligne ses drapeaux retrouvés à Inspnick. Debret, Napoléon au passage d'un convoi d'Autrichiens blessés. — 9e salle (pi. 75; 1805). Girodet-Trioson, Napoléon reçoit les clefs de la ville de Vienne. Gros, Entrevue de Napoléon et de François II après la bataille

366 Env. de Par. 23. VERSAILLES. Palais

d'Austerlitz. — 10« salle (pi. 76; 1806-1807). Oh. Meynier, Entrée de Napoléon à Berlin (1806). Maiisaisse, d'après Gros (p. 141), Napoléon sur le champ de bataille d'Éylau (1807). Berthon, Napoléon reçoit au palais royal de Berlin les députés du sénat (1806). — 11« salle (pi. 77; 1807). Gosse, Napoléon reçoit la reine de Prusse à Tilsitt. Debret, Napoléon décore un soldat de l'année russe. Au fond, Gérard, Napoléon 1er. 12e SALLE (pi. 78; 1807-1808). O. Vernet, Napoléon devant Ma tMd (1808). Regnault, Mariage du prince Jérôme Bonaparte et de la princesse Frédérique-Catherine de Wurtemberg (1807). Gros, Capitulation de Madrid (1808).

— 13e SALLE (pi. 79; 1809-1810). Debret, Napoléon harangue les troupes bavaroises et wurtembergeoises à Abcnsberg (1809). Rouget, Mariage de Napoléon et de Marie-Louise (1810). — Salle de Marengo (pi. 80), ainsi nommée d'après un tableau de 0. Vernet qui a été enlevé. Ch. Thévenin, Passage du Grand St- Bernard par l'armée française (1800). F. Seurre, Napoléon Jer (bronze). Bartolini, Napoléon ler (marbre). — Au fond, les appartements du président de la Chambre.

Nous prenons par la galerie de pierre (pi. 81), qui renferme une quantité de bustes, de statues et de monuments de personnages célèbres de la fin du xviiie s. à nos jours. — Au milieu de la galerie, on laisse à dr. la salle des séances de la Chambre des députés, construite en 1875 et qui est maintenant destinée aux réunions du Congrès, c.-à-d. du sénat et de la Chambre. Cette salle se visite sous la conduite d'un employé (pourb.), mais l'entrée est alors par la cour des Princes (v. ci-dessous).

Corps principaL — Rez-de-chaussée. — On y parvient par la cour des Princes (vis-à-vis du n» 66 du plan).

Dans les premières salles de ce côté (pi. 42 à 50) se trouvaient les *APPARTEMENTS DU Dauphin (m. 1765), père de Louis XVI. Elles ont conservé une partie de leur ancienne décoration et elles renferment des portraits du xviiie s., par les premiers peintres de ce temps. Nous n'en mentionnons que les principaux. 1« salle (pi. 42). A g. en entrant, 4416, 4415 (à dr.), N. Largillière, portr. de l'artiste et de sa famille ; sou portrait. A dr., A. Coypel, Louis XIV reçoit les envoyés de la Perse. — 2^ salle (pi. 43). Siu' la cheminée, Nogaret, buste de Costou. A dr. de l'entrée: 4381, Belle, Marie-Anne-Victoire, infante d'Espagne; 4379, 4378, C. Vanloo, Elisabeth-Farnèse, Philippe V d'Espagne. Au grand mur: 4376, Belle, Jacques Stuart; *3659, Bigaud, Louis XY, enfant-roi. A g.: 178 et 173 (curieux), P.-D. Marti?), Sacre de Louis XV à Reims; Départ de Louis XV après le lit de justice (1715); pendule astronomique de Passement.

— 3e SALLE (pi. 44). A dr., Raoux, Mme Boucher; 4380, C. Vanloo, Philippe V et sa famille. Au grand mur: 4409, Largillière, Le Pelletier. A g., ^Largillière, Dame inconnue; à la 2^ fen., *Nattier, portr. de l'artiste et de sa famille. — 4^ salle (pi. 45). A dr., Nattier, Louise-Henriette de Bourbon; *3756, Belle, Marie Leczinska et le dauphin. Au grand mur: 3845, L.-M. Vanloo, le marquis de StainviUe; à g.: 3885, Tocqué, Gresset (1709-1777), le poète; 3850, L.-M. Vanloo, C. Vanloo et sa famille. — - 5^ salle (pi. 46). A dr. , 4453, 3801, Nattier , Gabrielle de Lorraine, Mme Adélaïde; 3810, Drouais fils, Mme Sophie. Au grand mur: "^Nattier, Marie- Josèphe de Saxe; au-dessus, L.-M. Vanloo, C. Vanloo; à g., 4485, Roslin, Fr. Boucher, le peintre. — 6^ salle (pi. 47), l'anc.

et musée. VERSAILLES. Env. de Far. 23. 367

bibliothèque ; dorures refaites. — T*" salle (pL 48 ; salon des Nattier) : bustes de Voltaire et de Diderot, par H<mdon, de Fontenelle, par Lemoyne; "^Nattier, collection des portraits des filles de Louis XV. — 8*" SALLE (pi. 49), anc. chambre à coucher du dauphin. A dr., un beaugobelin (sous verre); portraits par Vanloo, Tocqué, Drouois; "3791, Natoire, le Dauphin, fils de Louis XV; encore des princesses, par NaMier. — 9^ salle (pi. 50). Belle cheminée ; 3823, 3822, Olivier, Fêtes du prince de Conti; 3890, Ccdlet, Louis XVI; s. n". Le Gay, Cagliostro; 774, 775, H. Robert, Jardins de Versailles, en 1775; 4556, Mme Lebrun, Grétrr, le compositeur; 3825, Olivier, Souper du prince de Conti au Temple (p. 202). A la fen., Roslin, Charles Linné, le naturaliste.

Galerie basse (pi. 51; anc. galerie Louis XIII), A dr., s. n», Natoire, Marie-Joséphe de Saxe; deux gobelius: Siège de Tournai, par Louis XIV (1667) et Victoire de Cassel; statues de Turenne, par Pajou, et de Condé, par Roland. Aux fen., Coyzevox, la duchesse de Bourgogne en Diane. A g., Coustou, statue de Marie Leczinska; à dr., bureau à cylindre de Louis XVI, par Rœntgen; "^Mme Lebrun, Marie-Antoinette; belle armoire à bijoux de Marie-Antoinette, par Scliwertfeger^ Thomire et Gaidf ; Houdon, statue de Tourville; Mme Lebrun, le Dauphin et Mme Royale. A g., ^Mme Lebrun, 3Iarie-Antoinette et ses enfants.

La galerie et la salle parallèles aux précédentes sont le vestibule Lorris XIII (pi. 32) et les salles des n'ouvelles acquisitioss (pi. 33). Celle-ci contient des peintures et surtout des sculptures; au fond, une statuette en argent de Henri IV, par Bosio ; à dr. , un buste du président Camot, par Chapii ; à côté, une statuette en argent de Bonaparte à Brienue, par Eochet; au coin, Renan, par Bernstamm. — Dans la salle suiv. (pi. 34.) et d'autres à côté, des vues de résidences royales, par Martin, AUegrain et H. Robert. — Dans le conidor suiv. (pi. 37), quantité de bustes, par des artistes du xixe s. — Au bout de ce corridor, le VESTIBULE DE Maebre (pi. 38), uuc entrée au pied de l'escalier de ce nom (p. 365) et où il y a des sculptures, en particulier, du côté de la cour, une statue de l'impératrice Joséphine, par Lagrange, et une d'Elisa Bonaparte, par Bartolini, ainsi qu'un buste de Louis XIV, par Warin.

Au delà du vestibule Louis XIII, sur la cour de marbre (pi. 30): E. Détaille, Funérailles de Pasteur C1895), Revue du camp de Châlons (1896); A. de ^eu ville, Défense du Bourget (1870); Foll, Pose de la première pierre du pont Alexandre III (1896; au centre, Félix Faure); L. Dumoulin, l'Escadre cuirassée à Cronstadt (1891). Ensuite, trois salles DE Tableaux-Plass (pi. 29 à 27; 1627-1814)^ Enfin encore trois vestibules (pi. 24 à 22) avec des statues et des bu'stes d'officiers généraux, des moulages de tombeaux, etc.

Jardins.

Les "jardins (v. le plan, p. 352), derrière le palais de Versailles, d'où l'on y va par les passages à PO. de la cour de la Chapelle et de la cour des Princes, sont au moins en partie tels qu'ils ont été établis depuis 1667 par le plus célèbre architecte dessinateur de jardins, A. Le Nôtre. On ne goûte plus guère le style qui tend à soumettre la nature aux lois de la symétrie , qui fait de la géo-

368 ^>iv. de Par. 23. VERSAILLES. Jardins.

métrie et de l'architecture avec des pelouses, des étangs et des arbres; mais l'ensemble des jardins de Versailles ne laisse pas que d'avoir quelque chose de pompeux, qui s'harmonise avec le palais et qui convenait surtout bien à la cour de Louis XIV. Il y avait une quantité énorme de sculptures, en marbre, en bronze, en plomb doré. Plus de 95 sculpteurs y ont travaillé, et ce qui en reste suffit encore pour nous donner l'idée d'une merveille incomparable. A la tin de septembre, quand ces vieux arbres brillent des teintes mordorées de l'automne, le coup d'œil de la grande terrasse, près du palais, est d'une splendeur à la fois mélancolique et gaie, qu'ont chantée les poètes Alfi-ed de Musset et Verlaine. Les eaux attirent toujours une foule de visiteurs.

Le3 *EAux (v. p. 350) jouent entre 4 et 5 h., et pas toutes en même temps, mais dans un certain ordre. Suivi-e l'itinéraire marqué sur le plan par un trait rouge. On fait d'abord jouer les Petites-Eaux, c'està-dire surtout celles du bassin de Latone, de la * Salle des Rocaillès (pi. 1), de la *Colonnade (pi. 3), du bassin d'Apollon, du bassin d'Encelade (pi. 4), et des Bains d'Apollon (pi. 5). Ensuite viennent les Grandes-Eaux, qui commencent vers 5 h.; ce sont celles de V Allée d'Ean, du bassin du Dragon et du *bassin de Neptune. Les jets de ces derniers s'élèvent jusqu'à 23 m. de hauteur, mais ne durent que 20 min. — Ce divertissement coûte chaque fois 8 à 10 000 fr.

Nous nous trouvons d'abord dans les parterres, celui du milieu le parterre d'Eau, celui de dr. \q parterre du No7rl, par où nous terminerons (p. 370); celui de g., le partei're du Midi. Sous ces parterres se trouvent des ouvi'ages non moins grandioses que ceux des jardins, des souterrains qui ont jusqu'à 5 m. de hauteur et qui sont remplis de tuyaux alimentant les différentes pièces d'eau. On remarque sur la terrasse devant le palais les deux vases en marbre, celui du N. par Coyzevox, celui du S. parTuby; les bas-reliefs sont relatifs à la victoire des Impériaux sur les Turcs , avec l'aide de Louis XIV, et aux conquêtes de ce roi en Flandre. Contre le palais, des statues eu bronze d'après l'antique. Les deux bassins sont entourés de beaux groupes et de statues de rivières en bronze, par Coyzevox, Lehongre, Regnaudin, Tuby, etc.

Près des escaliers qui conduisent dans la partie inférieure des jardins, à dr., la fontaine de Diane; à g., la fontaine du Pointdu-Jour, décorées de groupes d'animaux en bronze et accompagnées de statues. A la fontaine de dr., deux Lions terrassant un sanglier et un loup, par van Clève ; le Midi ou Vénus, par G. Marsy ; le Soir ou Diane, par Desjardins, et l'Air, par Lehongre. A celle de g., un Cerf et un limier, un Ours et un tigre, par Houzeau; le Point du Jour, par Gr. Marsy; le Printemps, par Magnier, et l'Eau, par Legros. — On a de cet endroit une vue d'ensemble de la façade du palais.

Il y a au delà du parterre du Midi deux escaliers de 103 marches de marbre, descendant à V Orangerie, construction intéressante, due à Mansart (1684-1686). Les orangers, au nombre d'env. 1200, dont le plus vieux aurait été planté en 1421, sont disséminés dans le

Jardins. VERSAILLES. F^nv. de Par. 23. 369

jardiu en été. Plus loin, la grande pi ècé des Suisses , qui a été creusée par un régiment suisse de la garde de Louis XIY. Elle a plus de 600 m. de long sur 200 de large. A son extrémité , une statue équestre de Louis XIY, due au Berniu, et transformée en M. Curtius, par Girardon. Le bois au delà est celui de Satory.

L'ancien potager du Boy, fondé par le célèbre La Quintiuie (1626-1688), jardinier de Louis XIV, près de la pièce des Suisses du côté de la ville, a été transformé en 1873 en école nationale d'horticulture , qui forme des jardiniers chefs de culture, recherchés même par l'étranger.

Au pied de l'escalier devant le parterre d'Eau se trouve le gi-and bassin de Latone, par B. Marsy. C'est un bassin circulaire, à gradins de marbre rouge, avec des grenouilles, des tortues et des lézards dorés, qui lancent des jets d'eau contre le groupe du milieu, en marbre, représentant Latone et ses enfants, Apollon et Diane. La mytbologie raconte que des paysans de Lycie, ayant refusé de l'eau à Latone, furent changés en grenouilles par Jupiter. Le pourtour est orné de statues et de termes. A g. le Mélancolique, par La Perdrix; puis des statues d'après l'antique.

Xous descendons ensuite par le Tapis -Vert, longue pelouse qui aboutit au bassin d'Apollon (116 m. sur 82), une des principales pièces des petites eaux. On y voit le dieu du Soleil avec son quadrige, dit le «Char embourbé», entouré de tritons et de dauphins. Les figures sont en plomb, par Tuby, d'après Le Brun. — Le grand canal, en forme de croix, long de 15.58 m. et large de 62, s'étend au N. jusque près du Grand-Trianon (à dr. ; p. 371).

Ou va d'ici aux Trianons par l'allée d'Apollon à dr. au delà de la grille, en continuant jusqu'à l'avenue de Trianon, où est l'entrée (p. 371). Les autres avenues sont barrées. — Il y a un petit café-restaurant au commencement du grand canal, au bout de l'allée de la Reine (déj. ou dîn., 3 fr.).

A remarquer dans la direction de la terrasse en venant du bassin d'Apollon: le ^bosquet de la Colonnade (pi. 3), restauré, avec un péristyle circulaire de 32 colonnes de marbre, soutenant des arcades au-dessus de petits bassins de marbre, et un -groupe : l'Enlèvement de Proserpine, par Girardon (1699). d'après Le Brun. Plus luin, la Salle des Marronniers (pi. 2), avec un Antinous et un Méléagre, en marbre, et des bustes, d'après l'antique: le bosquet du Roi, où il y a plusieurs statues (ouvert seulement du l^r mai au 31 oct. dep. 10 h. du matin), le bassin du Miroir et non loin de là le bassin de l'Hiver, où se voient Saturne et de petits satyres par Girardon. Plus haut, dans la même allée menant à la terrasse, le bassin de r Automne, avec Bacchus et de petits satyres par les frères Marsy. A côté, le bosquet de la Reine (ouvert seulement du l^r mai au 31 oct. dep, 10 h. du matin), où eut lieu le rendez-vous du cardinal de Eohan (p. 186) avec une intrigante qu'il prit pour Marie-Antoinette, ce qui donna lieu à la malheureuse affaire du collier. Ensuite, du côté du bassin de Latone, la salle de Bal ou des RocaiUes (pi. 1). Enfin le

Bsedeker. Parie. 15« éd. 24

370 ^'«•- de Par. 23. VERSAILLES. Jardins.

t/uiiicoiice du Midi, avec des termes d'après Poussin. Il s'y donne souvent des concerts en été.

Du côté X. ou à g. du Tapis- Vert en remontant, le bassin d'Encelade (pi. 4), où le géant (par G. Marsy), à demi enseveli sous l'Etna, lance un jet d'eau de 23 m. Puis VObélis(/ue ou les Cent- Tuyaiix, qui doit ses noms à la forme de son jet d'eau et à son grand nombre de tuyaux. Dans l'allée montante du milieu, un premier bassin, orné d'une Flore entourée d'Amours, par Tuby. Du côté du Tapis-Vert, le bosquet des Dômes. Plus haut, le quinconce du Nord, avec des termes d'après Poussin. Dans l'allée montante du milieu,, le bassin de VEté, où se voit Cérès entourée d'Amours, par Kegnaudin. ^ Le -bosquet des Bains d'Apollon (pi. 5; ouvert seulement du 1*^'" mai au 31 oct. dep. 10 h. du mat.), à dr. de là, est le plus joli des jardins. Il a été transformé en jardin anglais d'après le peintre Hubert Robert eu 1778; le rucher artiliciel lui est dû. On y voit, dans une grotte, Apollon et les nymphes, groupe par Girardon et Regnaudin, et, plus bas, deiLx groupes de Coursiers d'Apollon, par Guérin et les frères Marsy.

Ij Etoile, à g. de l'allée, presque en face de ce bosquet, est décorée d'antiques: Mercure, Uranie, une Bacchante et Apollon; un G-anynièdc d'après l'antique et une Minei-ve de Bertin. Pins haut, le Bond-Vert, avec quatre antiques: un Faune, Pomone, Cérès et la Santé.

Xous revenons d^n parterre du Nord, à côté du parterre d'Eau (p. 368). n est aussi décoré de bronzes d'après l'antique et de statues originales. Ce sont, en commençant dans le haut à la fontaine de Diane (p. 368): l'Europe, par Mazeline; l'Afrique, par Cornu; la Nuit, par Raon; la Terre, par Masson; le Poème pastoral, par Granier. Dans le bas et le long du parterre: cinq termes, puis l'Automne, par Regnaudin; l'Amérique, par Guérin; l'Eté, par Hntinot; l'Hiver, par Girardon; le Poème satirique, par Buyster: l'Asie, par Roger; le Flegmatique, par Lespagnandelle ; le Poème héroïque, par Druuilly. Au milieu, la fontaine de la Pyramide, par Girardon.

A la suite du parterre du Nord vient un autre parterre eu pente, au commeneement duquel se trouvent un bassin rond et un carré, ce dernier, dit le bain de Diane, orné de bas-reliefs en plomb, dont le principal représente Diane et ses nymphes au bain, par Girardon. Sur les côtés, deux statues, le Colérique, par Houzeau, et le Sanguin ou Faune jouant de la flûte, par Jouvenet. Ensuite V Allée d'Eau ou des Marmousets, composée surtout de 22 groupes de trois enfants, dans des bas.sins et soutenant des vasques, d'où l'eau descend aux deux bassins suivants. Le bassin du Dragon doit son nom à un Dragon par les frères Marsy refait par T. Xoël (1890). Le ^bassin de Nepttme est le plus grand des jardins. C'est celui dont les eaux jouent en dernier lieu et où se donnent des fêtes de nuit. Il a été terminé en 1684, mais les sculptures qu'on y voit aujourd'hui ne datent que de Louis XV : au milieu, Xeptime et Amphitrite, par

Trianons. VERSAILLES. ^v. de Par. 23. 371

Adam l'Aîné; à dr., Protée gardant les troupeaux de Xeptune, par Bouchardon; l'Océan, par Lemoyne; aux extrémités, deux Dragons montés chacun par un Amour, de Girardon, etc.

Il y a encore près du bassin de Xeptune, du côté du palais, le bosquet de l'Aix-de- Triomphe (pi. 6), qui renfenne surtout une statue de la France, entre l'Espagne et l'Allemagne, par Coyzevox et Tuhy. Les autres statues proviennent de bosquets supprimés.

A TE. du bassin de Xeptune se trouve une sortie donnant sur la rue des Réservoirs (p. 355; tramway pour les gares, v. p. 352), et à rO., ime autre, sur l'avenue de Trianun.

Les Trianons.

L'rtven^/.e de Trianon mène au C4rand-Trianon, qui est situé à ^/4 d'h. au X^.-O. de la terrasse du palais de Versailles ou à ^2 ^^ de la gare de la rive droite. Tramway jusqu'à l'allée St- Antoine (v. p. 352) : de la station franchir la grille et suivre l'avenue en face.

Le Grand- Trianon est un élégant petit château, composé seulement d'un rez-de-chaussée, que Louis XIV fit construire de 1687 à 1688 pour madame de Maintenon, sur les plans de J. Hardouhi- Mansart. Il occupe l'emplacement du petit village de Trianon que Louis XIV acheta eu 1663. Le roi y séjourna assez souvent et y donna des dîners, des bals, des jeux, des comédies, etc., mais toujours en petite compagnie. L'intérieur du château est fort beau. Il y a des tableaux de Mignard, Le Brun, Boucher. Rigaud, Van Loo et Coypel, et d'autres œuvres d'art. Entrée, à g. au bout de l'allée de la Reine, Visite, v. p. 350; un gardien vous mène rapidement.

Dans le salon des Grlaces, une table avec un dessus en chêne d'un seul morceau, de 2 m. 80 de diamètre. Dans la 4e pièce, le «salon de famille», des portraits de Louis XV et de Marie Leczinska , par J.-B. Vanloo. Le ^' grand vestibule » de la partie centrale renferme un groupe en marbre par Vincent Vda (1862), l'Union de la France et de l'Italie. C'est dans cette salle qu'eut lieu le jugement du maréchal Bazaine. dit jugement de Trianon, sous la présidence du duc d'Aumale, en 1873. Dans le salon suivant, à dr. , Olympia abandonnée, marbre par Mex. Deux salles plus loin, quatre vases en porcelaine de Sèvres, imitation de celle du Japon; une pendule en porcelaine de Sèvres; sur la cheminée, un basrelief camée antique en albâtre oriental (Sacrifice au dieu Pan); tableaux de Bon Botdlongne et de N. Coypel, etc. Ensuite un salon avec de beaux vases en malachite, donnés à Napoléon 1er par Alexandre le^ de Russie. Puis un salon contenant quatre tableaux àe Boucher: Neptune et Amymone; Vénus et Vulcain; La Diseuse de bonne aventure, la Pêche. — Il y a sur la gauche une aile du palais dite Trianon-sous-Bois, qu'on ne visite pas. — Ensuite les petits appartements de Napoléon 1er, \q salon avec une table en mosaïque de Rome donnée par Pie VII à Napoléon 1er, etc.

Le JARDIN DU Grand-Trianon est ouvert au public comme les autres. Entrée, par une porte à dr. de la façade, ou même du jardin du Petit-Trianon , à g. derrière le Salon de Musique (p. 373). On y voit le Buffet de V Architecture, petite cascade d'après J. Hardouin- Mansart, composée de trois gradins en marbre rouge, de vasques eu marbre blanc et de statuettes et ornements en plomb doré. A g. de

372 ^"î"- (i<' ^'<fr. 23. VERSAILLES. Triamms.

là est un bassin dit le Plafond de Mansart ou le ^liruir, avec deux dragons et quatre groupes d'enfants par Hardy.

Le MusÉK DKS voiTuiiKs, à dr. du Grand-Trianon, est ouvert aux mêmes heures que les palais et on est conduit par un gardien.

Il y a huit voitures de gala: celle du sacre de Napoléon le'", celle qui lui servait étant !«'• consul, celle de son second mariage, la *voiture du sacre de Charles X, restaiirée, comme les autres, sous Napoléon III,

Î)0ur le baptême du prince impérial; celle du baptême du comte de Chamlord et du mariage de Napoléon III, celles du baptême du roi de Rome, des ambassadeurs aux grandes cérémonies, et la berline qui a servi en 18'J6 aux souverains russes en visite à Paris. Autour de la salle, de magnifiques harnais et des traîneaux historiques, p. ex., celui de Marie- Antoinette, avec des panneaux de Watteau, l'élégant traîneau de Mme de Pompadour en forme de coquille, le traîneau plus lourd de Mme de Maintenon supporté par une tortue, et celui de Marie Leczinska. Enfin, les chaises à porteurs de Louis XIV, de Louis XVI, de Marie-Antoinette, etc.

Le Petit- Trianon, à peu de distance au N.-E. du Grand, ou à dr. en arrivant, a été construit en 1766 sous Louis XV, pour la comtesse Dubarry, d'après les plans de Gabriel, et fut le séjour favori de ]\larie-Antoinette et de la duchesse Hélène d'Orléans. L'impératrice 3larie -Louise y demeura aussi quelquefois. Il se visite comme l'autre. La décoration de l'intérieur est dans le style Louis XV, à l'exception de quelques pièces qui ont été modifiées pour Marie- Antoinette.

Antichambre: tableaux de Xatoire. Salle à manger: traces d'une trappe par où se montaient les tables des «petits soupers» de Louis XV; tableaux de Pater- portraits de Louis XVI, par Collet, et de Marie- Antoinette, par Boslin. Ballets dansés à Schœnbrunn par Marie-Antoinette, encore arcliiduchesse. — On monte au 1er étage par un escalier avec lUie belle lanterne. Cabinet de travail de la reine: dessus de porte et de glace, par Natoire et Lépicié. Salon: clavecin de 1790, tableaux de Pater, œuf d'autruche peint par Lebel, vases en bois pétrifié. Boudoir: buste de la reine en biscuit de Sèvres, brisé à la Révolution et restauré depuis. Chambre à coucher: portr. présumé de Louis XVII, attribué à Mme Lebrun (plutôt une copie d'après Kocharsky). — A g. du Petit-Trianon, le jardin français, par où l'on y entrait, avec le pavillon français, construit sous Louis XV, où il y a une grande salle à manger d'été.

Le *JARDIN DU Petit-Trianon, avec son hameau, est ouvert toute la journée. On y entre ordinairement par la porte à dr. dans la coirr. C'est un parc dans le style anglais, créé pour Marie-Antoinette, et qui contient encore bien des vestiges de l'ancien jardin, surtout les arbres exotiques, plantés par Bern. de Jussieu. En tournant à dr. le long d'un ruisselet, on passe à un « temple de l'Amour », où se trouve un Amour d'après Bouchardon (original au Louvre, p. 115).

Le hameau (restauré en 1899) se compose d'une dizaine de maisonnettes rustiques groupées autour d'un petit lac. Construit par Mique et Hubert Robert de 1782 à 1786, il était destiné aux dames de la cour qui voulaient s'y livrer à la vie idyllique mise à la mode par le Devin du village (p. 206 j de J.-J. Rousseau. Il y a une «maison du seigneur» et une autre «du bailli», un «presbytère», un «moulin», un «boudoir», une «laiterie», une «tour de Marlborough », redevable de son nom à la célèbre complainte, qui était alors en vogue, la «maison du garde» et plus loin la «ferme». — Le chemin de l'autre

RAMBOUILLET. ^^r. de Par. 23. 373

côté du lac ramène près du château, où il y a un «Salon de Musique», avec une petite pièce d'eau, des rochers, etc.

De Versailles à St-G-ermain-en-Laye. — 1° Par le chemik de FER DE Gra^tde-Ceixture , (le la gare des Chantiers (p. 351): 23 kil., 45 min. à 1 h.; 2 f r. 05, 1 fr. 60, 1 fr. 25. Au sortir de la gare, un petit tunnel. Le ch. de fer passe d'abord dans un tunnel de 700 m., puis non loin de la pièce d'eau des Suisses (p. 369), et l'on a un beau coup d'oeil sur le château du côté de l'orangerie. — 6 kil. St-Cyr (4253 hab.), aussi desservi, de Versailles, par un tramway (p. 352), et connu par son école militaire, établie en 1806 dans l'anc. maison d'éducation fondée par Mme de Maintenon et pour laquelle Racine composa «Esther» et «Athalie». Cette école compte 750 à 800 élèves de 16 à 20 ans, et il en sort annuellement env. 400 officiers. — 9 kil. Baillij. — 11 kil. Xoisy-le-RoL On entre dans la forêt de Marly (p. 375). Un petit tunnel; puis, un beau coup d'oeil à dr. sur la forêt (p. 375). — 14 kil. St-Nom-la-Bretèche-Forêt-de-3[o.rly, où l'on rejoint la ligne de Paris à St-Germain par Marly (p. 375).

11° Par le chemin- de fer de l'Oltîst, c.-à-d. par Ta ligne de Paris jusqu'à Bécon (p. 341, 342), puis par la ligne de St-G-ermain (v. ci-dessous): trajet en 1 h. Va env., pour 1 fr. 60 et 1 fr. .35 c.

De Versailles à Rambouillet. — Cheiux de fer de l'Odest: 32 kil., 32 à 50 min., 3 fr. 50, 2 fr. 35, 1 fr. 50 c. (de Paris à Rambouillet, 53 à 75 min., 5 fr. 40, 3 fr. 35 c). — Jusqu'à St-Oyr (6 kil.), v. ci-dessus. — 12 kil. Trappes, d"où l'on peut visiter les restes de l'abbaye de femmes de Port-Royal des Champs, fondée on 1204, mère de celle de Port-Royal de Paris (p. 333). et célèbre par le séjour des Arnauld, Pascal, etc. — 17 kil. La Verrière. — 22 kii. Les Essarts-le-Roi. — 26 kil. Le Perray.

Rambouillet (hôt. : du Lion -d'Or, de la Croix- Blanche) est une ville paisible de 6090 hab. Hôtel de ville de 1809; église goth. de 1868: palais de justice de 1896. Son château, où l'on parvient à g. au sortir de la gare et qu'on peut visiter en l'absence du président (v. ci-dessous), est des xiv® et xvie s., mais en grande partie reconstruit; il est dominé par une grosse tour à créneaux du xiv^ s. François I^'' y mounit en 1547 et Charles X y abdiqua en 1830. Le long corp's de bâtiment à l'entrée est une école préparatoire militaire. Les -^parcs de Rambouillet, qui comptent parmi les plus beaux des environs de Paris, se composent d'un petit parc, près du château, avec une jolie pièce d'eau, d'un parc anglais, qui contient des ruisseaux, une bergerie célèbre, une laiterie construite pour Marie-Antoinette, un ermitage, etc., et d'un grand parc qui a 1200 hect. de superficie. Les chasses de Rambouillet sont réservées au président de la République. — V. aussi p. 415.

Le chemin de fer continue sur Maintenon, Chartres, etc.; v. le Nord- Ouest de la France, par Bsedeker.

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